SOUVENIRS DE
Est-ce avec des hommes comme ceux qui siégeaient à Ottawa en 1899 ?
Je me souviens, entre autres, d'un des plus honnêtes.
/ Le 5 octobre 1899, ne prévoyant pas /que M. • Laurier retirerait le 13 octobre / la parole qu'il avait donnée le 3, il gon- ' fiait sa poitrine pour en faire sortir des flots d'éloquence émue, tonitruante, et s'écriait que si le gouvernement osait envoyer un seul soldat en Afrique, il se lèverait — fût-il seul contre tous — et le dénoncerait ! Trois mois plus tard, il approuvait, à la Chambre, l'envoi de trois mille hommes en Afrique, et m'avouait ensuite, en dehors de la Chambre, que j'avais raison, qu'il pensait comme moi, mais qu'il voulait " sortir de la politique", — et quelque mois plus tard, il en sortait en effet, pour monter, — peut-être; moi, je dis pour descendre, — sur un banc de juge ?
M Je pense, aussi, en ce moment, à l'un des hommes les plus distingués qui aient passé par le parlement canadien, à l'un des magistrats les plu» intègres et les plus honorables des Provinces Maritimes, qui, en 1899, lui aussi, voulait " sortir de la politique". Il prononçait des discours archi-impérialistes, il réfutait me.? arguments, et lorsqu'il était assis et que je me levais, il soulevait le couvercle de son pupitre et me soufflait des arguments contraires. Lui aussi est " sorti de la politique."