‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 193 sur 289 · L'IMPUISSANCE DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

L'IMPUISSANCE DU PARLEMENT

Et si le parlement ne siège pas ?

Alors, répondent les organes du gouvernement, il sera convoqué sans délai; quinze jours plus tard les législateurs seront à Ottawa.

Et qu'y feront-ils ?

Quinze jours plus tard, les vaisseaux, seront victorieux ou coulés à pic !

Messieurs, souvenez-vous de ce qui s'est passé en 1899, alors que le gouvernement — violant la loi, de l'aveu même du premier ministre et du ministre de la marine, n'ayant pas mêmel'ombre d'un texte pour se couvrir, d'un texte comme celui qu'ils pourront désormais invoquer, si cette loi est votée— alors que Je gouvernement avait

engagé le crédit du pays pour quelques centaines de milliers de dollars et expédié deux mille hommes sur les côtes d'Afrique avant même d'avoir songé à convoquer le parlement !

Il y a plus encore. D'après le texte que je vous ai indiqué, du moment où la guerre est déclarée, par l'Angleterre ou contre l'Angleterre, le Canada est en guerre, — c'est le premier ministre qui le proclame — de ce moment — et c'est M. McKenna, le ministre de la Marine britannique, qui vous le dit, -notre flotte entière est sous l'autorité de l'amirauté anglaise.

Par conséquent, non seulement lorsque le parlement se réunira quinze

jours plus tard, mais même si le parlement est en session, les députés pourront, s'ils le veulent, — j'en doute — renverser le ministère ; mais les flottes seront parties et ils ne pourront pas même les rappeler; car grâce au

texte de loi que je vous ai lu, grâce à l'article 18, du moment où la guerre est déclarée, du moment où le gouvernement a mis notre flotte au service de l 'Angleterre, ce n 'est plus une flotte Canadienne, c'est une partie de la flotte anglaise jusqu'à ce que la guerre soit finie. Et les protestation»

du parlement ne seront que de vaines paroles, aussi vaines que les leurres par lesquels on veut nous aveugler aujourd'hui.

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