VRAI PRINCIPE DE DEFENSE IMPERIALE
M. Laurier et M. Borden, conquis a l 'impérialisme, nous parlent aujourd 'hui de l 'accomplissement de nos devoirs de citoyens britanniques.
Alexandre McKenzie, Sir John Mac- Donald, Edward Blake, Sir Charles Tupper, et même, remontant plus loin dans l'histoire de notre pays, de vieux torys comme Sir Alexandre McNab, des conservateurs de vieille roche comme son collègue Sir Etienne Pascal Taché, concevaient leurs devoirs de citoyens britaniques d'après un principe qui avait bien aissi, je crois, sa valeur et sa respectabilité.
Sans doute il est possible que ce3 devoirs aient changé; mais avant de décider tout un peuple à transformer la base de son organisation nationale, on doit lui donner des raisons plus probantes que les phrases sonores de politiciens en quête de popularité.
Dès 1863, le gouvernement britannique, par r«nt-(wise du Duc de Newcastle, alors ministre des colonies, tentait d'imposer au ministère Macdonald-Sicotte, une organisation militaire se rapprochant en principe de celle
(1) "We are growing as a nation and it is the penalty of being a nation that we .'îave to bear."
(Débats non revisés (anglais), col. 55.
L Jïï l'UOJET D E LOI NAVALE
qu'on nous propose aujourd'hui. Mais après un échange de correspondances, le gouvernement de la colonie fit reconnaître le principe de l'autonomie absolue des colonies en matière d'organisation militaire.
En 1885, pendant la guerre du Soudan, les autorités britanniques firent des tentatives auprès de sir John Macdonald pour en obtenir l'enrôlement de troupes au Canada. Sir John Macdonald refusa. Il déclara que le gouvernement britannique pouvait compter sur les Canadiens pour la défense de leur territoire, mais qu'il n'avait pas le droit de venir chercher ici des soldats pour ses aruerres étrangères.
C'est le même principe que sir Wilfrid Laurier en personne, dès après la guerre d'Afrique, a proclamé à Londres en 1902 et en 1907.
Et ce principe, c'est que chaque colonie organise la défense de son territoire, que l'armée et la flotte de l'Angleterre restent libre de se porter sur les points faibles de l'Empire; mais qu 'il est aussi inopportun de faire de de l 'Empire britannique un empire-un, un empire compact, au point de vue militaire, qu'il est impossible, au point de vue commercial et géographique, de réunir sur un seul territoire la Grande Bretagne et ses colonies éparses sur tous les points du globe.