‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 216 sur 289 · L'ANGLETERRE PAIE-TELLE LE PRIX DE NOTRE DEFENSE · texte numérisé non relu

L'ANGLETERRE PAIE-TELLE LE PRIX DE NOTRE DEFENSE

"Mais, dit-on, le contribuable anglais se taxe, et se taxe lourdement, pour défendre l'empire, et par conséquent le Canada; tandis que nous, nous ne supportons qu'une proportion infime de la défense impériale. Nous acceptons la protection de l 'Angleterre et nous ne faisons rien, même pour l'aider à nous protéger. C'est une situation humiliante, indigne d'un peuple fier."

Telle est la nouvelle thèse. C'est celle que M. Borden faisait la semaine dernière à Ottawa, après beaucoup d'autres impérialistes, du reste.

Ici encore, le leader de l'opposition me permettra de lui opposer des autorités aussi compétentes que la sienne.

Nommerai-je M. Asquith, premier ministre de la Grande-Bretagne? Lord , Beresford? Sir Charles Dilke, l'un d< hommes les mieux renseignés, non seulement sur les questions de la politique anglaise, mais surtout, peut-être/ sur

les problèmes de l'empire et su/ la politique mondiale?

Je pourrais citer des paroles de ces trois autorités, comme d'un grand nom:

bre d'autres, établissant que le Canada fût-il séparé demain de l'Empire, l'Angleterre ne pourrait pas épargner un seul sou, ne pourrait pas désarmer un seul soldat, ne pourrait pas licencier un seul matelot, ne pourrait pas vendre un seul navire de guerre.

La raison en est bien simple— et je l'ai indiquée il y a un instant: — c'est que l 'Angleterre doit conserver les mers ouvertes pour recevoir son pain quotidien.

La Grande-Bretagne ne produit de blé que pour nourrir son peuple pendant six semaines; elle n'en emmagasine que pour six mois; et elle est obligée d'aller demander sans relâche à la République-Argentine, aux Etats-Unis, au Canada et à la Russie les blés, dont elle a besoin pour nourrir son peuple.

Sur ce peuple de quarante millions d'habitants, huit millions, disent les uns, treize, disent les autres, vivent dans un tel état de pauvreté que le moindre accroissement de leur fardeau, la moindre augmentation du prix du blé les réduirait à la famine.

Il n'y a pas une autorité en Angleterre qui oserait déclarer que le budget de la marine pourrait être réduit d'un iota si le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande étaient séparés de l'empire, et par conséquent, je nie que nous soyons un fardeau pour le peuple anglais, qu'il s'impose un sou de taxe pour la défense de notre territoire.

L'OPINION DE SHt CHARLES TUPPER

Messieurs, — je m'adresse en ce moment aux partisans de M. Borden, — si vous voulez vous convaincre de la force de mes paroles, lisez le discours que sir Charles Tupper prononçait à Winnipeg en 1893. Vous verrez que sur tous ces points — la protection que l'Angleterre nous accorde, le fardeau • des taxes militaires qui retombe sur les épaules du citoyen britannique, la dette que nov.s devons à l 'Angleterre-^vous constaterez que sir Charles Tupper n'hésitait pas à dire, comme sir Richard Cartright, du reste, que nous avons fait pour l'Angleterre et pour -le défense de l'Empire plus que nous ne sommes tenus de faire, et que ceux qui prétendent que nous occupons dans

l'empire une position humiliante, ceuxlà ne sont pas de vrais patriotes! (1)

Non, ceux qui méconnaissent le fardeau que nous avons porté jusqu'ici, moins glorieux peut-être que celui de l'Angleterre mais aussi fructueux certainement,— et je parle ici des Canadiens de toute origine et de toute religion,— ceux qui oublient tout ce que nous avons fait pour développer cette colonie, dont la prospérité matérielle comme le progrès intellectuel et moral rehausse la gloire de l'Angleterre; — ceux-là qui, pour nous entraîner dans une politique nouvelle que rien ne justifie, viennent dire que nous occupons dans l'empire une position humiliante, ceux-là ne sont pas de vrais patriotes! Ils nous calomnient, ils calomnient nos

pères, ils calomnient tous ceux qui ont fait la grandeur de la confédération canadienne!

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