LES CAPITAUX ANGLAIS
On nous dit: "Les capitaux anglais alimentent notre industrie. Que ferionsnous sans eux? Quelle reconnaissance ne devons-nous pas aux banquiers anglais qui sont venus nous aider à bâtir nos chemins de fer, à creuser nos canaux, etc."
Si nous allions dire cela à Londres, nous ferions joliment rire de m us ! Le capitaliste anglais dirige ses mil-
A?inS au Canada> aux Etats-Unis, en Allemagne ou dans l'Amérique du Sud, suivant l'état du marché, la sécurité qu'il y trouve, et le taux d'intérêt qu on lui paie. Il est absurde de conclure de la qu'il a droit à la reconnaissance du peuple canadien.
Au contraire, si nous avons eu un tort, au point de vue canadien et même au point de vue britannique, c'a été de ne nous adresser qu'aux capitaux anglais. Le capital anglais s'est dirigé vers les placements de rapport régulier, dans les chemins de fer et quelques grandes entreprises; mais il a surtout acheté les obligations de no» gouvernements et de nos municipalités
Qu'arrive-t-il aujourd'hui ? C'est que nos industries sont toutes alimentée» par le capital américain.
Nous avons fermé la porte aux capitaux de l'Europe continentale. Le capital anglais, trop conservateur, ne se place pas dans nos industries. Et cependant, le capitaliste américain, non-seulement place son argent dans nos industrie», mais vient implanter ici ses manufactures et ses industries.
D'autre part, notre gouvernement impérialisant ouvre toutes grandes les portes de notre territoire aux colons
américains.
Avec de l'argent et des votes on accomplit de grandes choses ! On achète des journaux "indépendants", et
même des politiciens; ou façonne l'opinion publique.
Vous êtes-vous parfois représenté sir Wilfrid Laurier, dans quinze ans, dans dix ans, saluant l'arrivée du drapeau étoile avec les mêmes accents émus, la même admiration qu'il emploie aujourd'hui à acclamer les gloires de l'"Union Jack?"
Après tout, rien n'est impossible !