NOS INSTITUTIONS, NOTRE LIBERTE
"Enfin, disent les impérialistes, l'Angleterre nous a accordé les institutions politiques et la splendide liberté dont
LE PROJET DE LOI NAVALE
nous jouissons. Le moment est venu de lui payer la dette de notre reconnaissance. ''
Messieurs, cette liberté, je l'apprécie hautement, ces institutions je les aime et vous les aimez. Mais le propre des institutions britanniques, c'est précisément de conserver l'esprit de liberté «t d'indépendance. Je reconnais que l'Angleterre a admirablement gouverné «es colonies, surtout depuis qu'elle s'est décidé à ne plus les gouverner.
La grande école libérale anglaise, plus modeste et moins bruyante que les Chamberlain et les Balfour, a fait l'Empire Britannique ce qu'il est, parce
3u'elle l'a consolidé dans la liberté, ans l'indépendance et dans l'autonomie de ses colonies.
Oui, certes, j'apprécie la liberté dont nous avons joui depuis que les principes libéraux anglais ont triomphé, mais enfin, messieurs, ici encore, devons-nous renier notre passé?
Cette liberté, l'Angleterre nous l'a accordée parce que ceux qui nous ont précédés dans la carrière, moins ardents à rechercher les décorations de Sa Majesté, savaient aller jusqu'au pied du trône faire valoir nos droits.
Nous l'avons obtenue parce que nous avons su la conquérir; pas nous seulement, les canadiens-français, mais les* patriotes d'Ontario comme ceux de Québec, les Mackenzie comme les Papineau; parce que nous avons su, pendant soixante quinze ans, la demander avec énergie, avec calme, dans la pleine conscience de nos droits; parceque nous avons su être un peuple fort !
Mais cette liberté, nous ne la garderons qu'à la condition de garder intacte cette tradition de fierté nationale et. de ne pas amener, après cinquante ansde gouvernement autonome, notre pavillon aux pieds d'un Chamberlain oui d'un Balfour.