‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 226 sur 289 · LA NEUTRALITE DU CANADA · texte numérisé non relu

LA NEUTRALITE DU CANADA

"Mais, objectera-t-on avec M. Laurier, le Canada étant une colonie anglaise, si l'Angleterre est en guerre, il peut être attaqué, même s'il ne prend aucune part aux hostilités."

Sans doute, en théorie.

Mais outre que ceci dispose des phrases grandiloquentes de M. Laurier sur le Canada, NATION indépendante et libre, je crois vous avoir démontré que, —les Etats-Unis mis à part, et peutêtre le Japon, grâce à l'Angleterre — nous ne sommes guère exposés à l'attaque d'aucun pays.

Nous le serions certainement moins, détachés de l'Empire que colonie anglaise.

Mais il y a une autre réponse.

Si nous avions persévéré dans la voie du ' * self-government ' \ si nous avions affirmé hautement notre déter-

mination de limiter nos armements et notre intervention militaire à la dépense du territoire canadien, nous aurions fini par faire reconnaître par les nations étrangères notre neutralité dans tous les conflits de l'Angleterre où les intérêts et le territoire du Canada ne sont pas en jeu.

Et si l'on se récrie sur l'absurdité de cette théorie, je réplique que la Grande Bretagne et la Russie l'ont reconnue et pratiquée pendant la guerre de Crimée dans toutes les possessions anglaises et russes du littoral du Pacifique.

Du reste, cette théorie n'est pas plus absurde ni moins impraticable que le droit du Canada de négocier et conclure lui-même ses traités de commerce avec les nations étrangères. Et nul plus que M. Laurier n'a travaillé à nous faire reconnaître ce droit; et ses efforts ont été couronnés de succès.

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