L'OPPORTUNISME DES POLITI- CIENS
Messieurs, le danger, le seul danger, c'est précisément de ne pas aborder cette question avec fermeté et avec franchise.
Le danger, c'est l'opportunisme de nos politiciens. Le danger, ce sont les fluctuntioTis par où nous voyons passer les partis et les hommes — en commençant par le plus grand, le plus illustre,
le plus éloquent de tous, sir Wilfrid Laurier, qui a été tour à tour impérialiste, anti-impérialiste, annexioniste, partisan de l'indépendance; partisan de la protection, partisan du libre échange, partisan d'un tarif de faveur; qui disait à Boston en 1891 qu'il préférait le dollar américain au shilling anglais, et qui aujourd'hui a l'air de croire que notre existence même dépend de l'Empire.
Le danger, c'est de voir des hommes comme M. Borden renier trente annéesdes meilleures traditions du parti conservateur, renier sir John A. Maedonald et sir Charles Tupper, à qui, en 1878, on reprochait de mettre en danger, par l'adoption d'un tarif protecteur, les intérêts de la mère-patrie et qui répondaient: "So much the worse for britisn. interests." — sir John Maedonald qui, en 1885, niait au ministère de la guerre le droit de recruter des troupes au Canada; sir Charles Tupper, qui, en 1893, déclarait que le Canada avait fait plus que son devoir envers l'Angleterre!