LA VOLONTE DU PEUPLE
Mais au-dessus du Gouverneur, audessus du premier ministre, au-dessus du leader de l'opposition, au-detsus même du parlement, — puisque le parlement, le gouverneur et la constitution même en dépendent, — il y a la volonté populaire; et je dis que le parlement, même à l'unanimité, n'a pai le droit de voter une loi comme celle-ci sans avoir obtenu l'assentiment du peuple.
En 1904, est-ce cette politique de défense navale, est-ce le principe de la participation du Canada à toutes les guerres de l'Empire que sir Wilfrid Laurier faisait triompher au Canada?
Non !
Que présentait-il au peuple en 1904?
Son attitude à la conférence de Londres, le discours du 15 avril 1902, que je vous ai lu tantôt, où il dénonçait comme un crime la politique qu 'il veut nous imposer aujourd'hui.
En 1908, quel est le principe qui
triomphait encore avec sir Wilfrid Laurier, — dans la mesure où le peuple s'est préoccupé de cette question? C'est encore le principe de l'autonomie, que les représentants du gouvernement canadien revendiquaient à Londres, en 1907, avec la même énergie qu'en 1902.
Et depuis 1907 — avant comme pendant et aprè3 le péril allemand — jusqu'à sept jours avant l'introduction de ce bill, toujours nous avons entendu la même voix charmeresse moduler ses accents, tantôt au diapason nécessaire pour endormir les consciences d'Ontario, tantôt revenant vers sa "chère vieille province" de Québec. Dans un seul de ces moments, à travers la plus souple, la plus délicate, la plus harmonieuse de ces modulations, avez-vous jamais saisi le moindre accent, la moindre parole qui ressemblât à celles que je vous ai lues tantôt?