‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 246 sur 289 · L'OEUVRE DE M. LAURIER · texte numérisé non relu

L'OEUVRE DE M. LAURIER

Lorsque dans cette salle même, au mois d'octobre 1908, sir Wilfrid Laurier est venu vous demander un nouveau témoignage de confiance et qu'il vous disait: "Laissez-moi terminer mon œuvre", vous a-t-il dit que la fin de cette œuvre serait de détruire tout ce qu'il avait encensé, de brûler les dieux qu'il avait adorés, de détruire l'œuvre et la mémoire, — je ne dirai pas de Papineau et des hommes de

LE PROJET DE LOI NAVALE

1837: non, non, ceux-là, il y a, longtemps qu'il les a reniés ; et c'est son droit — mais l'œuvre et la mémoire de ceux qu'il a suivis plus tard, de Lafontaine, de Blake, de Mackenzie?

Vous a-t-il dit qu'il emploierait la fin de sa carrière à détruire ce qu'il avait lui-même prêché pendant trente ans, et que, profitant de l'empire aveugle que le peuple canadien lui a laissé prendre sur lui, il nous ferait accepter, en nous trompant, la politique qu'il a dénoncée lui-même comme un crime et un suicide national?

Quelles que soient nos opinions politiques, quelles que soient nos sympathies individuelles, — personne . ici n'a plus aimé Laurier que je l'ai aimé, r-crscnne ici ne lui a plus donné, sans compter, sa jeunesse, son enthousiasme son admiration, son culte,— il y a quelque chose qu'il faut aimer plus que les hommes, il y a son pays!

Et ni M. Laurier ni M. Borden, ni te parlement tout entier, ni le gouverneur-général n'ont le droit d'imposer au pays une politique comme celle-ci sans savoir si le peuple l'accepte ou la repousse.

Je ne vous demande pas ce soir de condamner cette politique, je ne vous demande pas d'accepter sans conteste les paroles que je viens de prononcer.

Kéfléchissez, méditez, comparez. Etudiez la question sous tous ses aspects.

. Ecoutez les arguments de toute sorte.

Mais j'ai le droit de vous demander ce soir, — pas en mon nom, mais au nom de vos fils, au nom de .mu <: qui porteront le poids de cette politique criminelle, au nom de ceux qui solderont les taxes qui s'appesantiront turnous, au nom de ceux qui peut-être s'embarqueront bientôt sur ces vaisseaux pour aller périr sur des mers lointaines —

j'ai le droit de vous demander de vous unir à moi oour faire savoir à lord Grey, à sir Wilfrid Laurier et à M. Borden qu'avant de nous lancer dans cette voie ils doivent nous expliquer leurs desseins, les faire connaître au peuple et en obtenir l'approbation de leur politique.

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