ARTICLE DU "TIMES, " 30 JUIN
Sir Wilfrid Laurier a exprimé avec éloquence ce double sentiment de fière indépendance et d'adhésion volontaire à l'Empire, que les trente dernières années de notre
existence nationale ont développé jusqu'au point où il se manifeste aujourd'hui
Par suite de l'événement qu'on célébrait hier, le Canada occupe une position unique dans notre système impérial. Il nous a tracé la route vers le régime fédératif et il demeure comme une leçon de choses permanente pour les colonies qui n'ont pas encore réalisé leurs aspirations. Faire un empire est une opération qu'on ne peut précipiter. Les fondations doivent s'appuyer dès la base sur le consentement éclairé et déterminé — [du peuple] — si l' on veut que l' œuvre subsiste. De là, nul désir, en aucuns quartiers, d'une solution prématurée des problèmes qui s'imposent à notre attention. Du reste, tous doivent constater que ce "Jubilé est un stimulant d' une force incalculable, dont l'effet deviendra sans doute apparent dans tin avenir rapproché, en continuant la grande oeuvre accomplie par le Canada avec tant de succès. Si l'on ne doit pas se hâter, on ne doit pas non plus cesser le travail, tant que les groupes divers des colonies géographiquement homogènes ne seront pas réunis en unités qui pourront devenir les parties composantes de cette fédération ultime que nous entrevoyons sans pouvoir dire sous quelle forme et de quelle manière elle se réalisera.