ATTITUDES DES HOMMES PUBLICS
Je veux établir maintenant que le mouvement ne s'est pas circonscrit à la période du début de la guerre et à celle de l'agitation électorale — c'est-à-dire à deux époques où les passions populaires exerçaient nécessairement une certaine influence sur l'attitude et la parole des hommes politiques.
Les extraits qui vont suivre sont tirés de discours prononcés, les uns avant, les autres après la période électorale, mais tous à des occasions où la nécessité de faire vibrer la corde populaire ne se présentait pas. Du reste, plusieurs de ces déclarations viennent d' hommes absolument soustraits à ce genre d'influence.
Ce chapitre ne contient que des opinions exprimées en dehors du parlement. On trouvera de nombreuses citations des débats parlementaires aux deux chapitres suivants (IV et V).
Le 15 mars 1900, le "COMITÉ DE LA FÉDÉRATION IMPÉRIALE (DÉFENSE)", adressa à lord Salisbury un mémoire au sujet de la défense et de l'organisation militaires de l'Empire. Voilà un des paragraphes de ce mémoire.
Ainsi, on le voit, tandis que, d'une part, les habitants des colonies ont mérité
dans toute sa plénitude le titre de citoyens de l'Empire, d'autre part, l'aide apportée par une population de onze millions d 'âmes, tant en hommes qu 'en espèces sonnantes, est d'une grande importance au point de vue de la sécurité de l'Empire. En pareilles circonstances, en présence du vif désir actuellement manifesté par le peuple anglais pour la réorganisation de V Et>ipire, le comité ose suggérer au gouvernement de Sa Majesté de convoquer, à brève échéance, une conférence des représentants des colonies autonomes de l'Empire, afin de délibérer de concert avec les membres du cabinet anglais sur les meilleurs moyens de réorganiser la défense de l'Empire.
Entres autres choses, le comité recommande :
(a) L'établissement d'un conseil impérial, tel que proposé par M. Chamberlain en 1897 et tel que suggéré en 1893, à un cabinet antérieur, par la Ligue de la Fédération impériale.
(b) La création d'un fonds impérial dans lequel seraient versées toutes les contributions votées par les parlements des pays autonomes pour la défense générale de l'Empire, pour telle période de temps qui pourra être statuée.
(c) Que la gérance de ce fonds soit confiée au conseil impérial
Le 17 mars, lord Salisbury répondit, par l'entremise de son secrétaire : "Que les observations du comité seront sérieusement étudiées par le gouvernement de Sa Majesté."
Le 3c, M. Chamberlain, accusant réception d'une copie de ce mémoire, dit "que la question de la défense de l'Empire dans tout son ensemble, est depuis quelque temps et contimiera d'être l'objet des plus sérieures délibérations du gouvernement de Sa Majesté." (K. P. H., Vol. I, pages 496-497).
LORD KIMBERLEY. Discours au banquet du club libéral national, à Londres, le 21 février 1900 :
Je suis impérialiste. Dans quel sens, me demanderez -vous ? Je suis impérialiste comme tout patriote anglais, je crois, est impérialiste ; c'est-à-dire que, possesseurs grand empire, nous désirons en relier aussi étroitement que possible les différentes parties, sous l'égide des libres institutions établies. Tous, nous désirons conserver et soutenir l'Empire ; mais quant à l'impérialisme qui vise sans cesse à l'accaparement de nouveaux territoires, je n'en suis pas partisan. Le véritable sentiment impérialiste est celui qui s'est manifesté dans les splendides exemples que les colonies nous ont donnés au cours de la guerre actuelle.- — (E. P. H., Vol. I, page 450).
Discours au banquet de V Eighty Club, à Londres, le 3 avril 1900 :
Par impérialisme il faut entendre le désir de maintenir et de défendre l'Empire;
et dans la situation actuelle du monde il est sage et nécessaire, au point de vue de notre sécurité, de conserver l'Empire dans son intégrité Les sympathies et l'appui des colonies donnent à notre empire une puissance qui, je l'espère, sera exercée dans l'intérêt de la paix, mais [qui n'existerait pas si l'empire se confinait à ces îles, toutes puissantes qu'elles soient. C'est ce sentiment qui s'est emparé, lentement il est vrai, du peuple anglais ; et bien qu'en ce moment il se manifeste sous une forme exagérée, il n'en est
\ pas moins basé sur la vérité et sur des principes forts Il faut envisager la situation
dans sa réalité ; et sans viser à l'agrandissement ternitorial, nous resterons impérialistes
dans notre désir de cimenter l'union des colonies dans l'empire
Je me rappelle avoir reçu, à l'époque où j'étais ministre des colonies, la visite d'un Canadien-français de grande expérience, qui était alors ministre d'état au Canada : et la conversation étant tombée sur cette question, il me dit : "Bannissez toute inquiétude au sujet du Canada. Nous étions autrefois des rebelles ; mais aujourd'hui, grâce aux institutions dont nous jouissons, nous, qui filmes Français, qui sympathisons encore avec nos ancêtres, nous avons appris de vous le secre.t du gouvernement responsable et nous reconnaissons que c'est un bienfait inappréciable. Comptez qu'à l'avenir les Canadiens-français seront tout aussi fidèles à la couronne britannique et tout aussi amis de F Angleterre que s'ils étaient Anglais de naissance." (E.P.H., Vol. I, 'pages 571-573).
Lord Kimberley fut secrétaire d'Etat pour les colonies de 1870 à 1874 et aussi de 1880 à 1882. Il est probable que Sir GEORGES CARTIER est l'homme d'Etat canadien-français dont il parle.
Discours au Club National libéral, à Londres, le 2 mai 1900 :
Le temps viendra, je le prévois, où il s'opérera entre les parties de l'empire une union plus étroite. Et cette union ne sera pas cimentée seulement par le sentiment :
elle s'appuiera sur la conviction qu'il y va de l'intérêt de l'empire et de chacune des colonies, non pas d'imposer cette union, mais de resserrer nos liens en prévision des grandes destinées que l'avenir nous tient en réserve, alors que les extrémités de la terre seront rapprochées... Le jour viendra où, à mon avis, non seulement les colonies se porteront à notre secours, comme elles viennent de le faire si noblement à l'occasion de nos embarras au Sud-Africain ; mais où il deviendra possible d' organiser un système de défense commune dont les colonies bénéficieront à l'égal de la mère-patrie elle-même. — (E. P. H., Vol. I, pages 644-45).
Sir HENRY FOWLER, M. P. (libéral). Discours, à Wolverhampton, à un banquet donné aux volontaires revenus de l'Afrique du Sud, le 16 février 1900 :
Ces peuples indépendants, ces nations autonomes nous ont prouvé — non seulement par des manifestations d'éloquence et des acclamations enthousiastes, mais encore en envoyant spontanément des milliers de leurs fils combattre et mourir pour leur mèrepatrie, — que notre empire est un et indivisible et que si jamais il se trouvait en péril ou dans le malheur, il pourrait appeler à son secours une puissante armée d'hommes de tout rang, de toute croyance, de toute latitude, fiers de leur allégeance au même drapeau et à la même couronne. — (E. P. H., Vol. I, page 447).
Discours à Wolverhampton, le 19 avril 1900 :
Nous avons vu éclater dans toute l'étendue de l'empire nne unanimité de sentiments qui indique une nouvelle époque dans nos relations coloniales. Il y eut un temps où certains hommes d'Etat préconisaient l'abandon des colonies et de l'empire des Indes. L'inexorable logique des faits a pris le dessus et cette école politique a disparu. Nous sommes déterminés à conserver nos colonies, à les unir entre elles et à nous les rattacher par des liens déplus en plus étroits. — (E. P. H., Vol. L, page 607).
LORD SPENCER, (libéral). Discours à une réunion du comité libéral, à Edimbourg, le 24 avril 1900 :
Quelle est notre politique à l'égard des colonies ? Nous voulons resserrer de plus en plus étroitement les liens qui les unissent à la mère-patrie. Nous voulons leur donner une pleine liberté de légiférer à leur guise, pour elles-mêmes ; mais, en même temps, nous voulons nous réserver le droit de maintenir certains principes que nous jugeons essentiels à la mère-patrie, comme, par exemple, le libre-échange, ce système qui a si puissamment contribué à l'expansion du commerce de l'Angleterre et de son influence dans le monde entier. Nous voulons que les enfants des colonies coopèrent avec nous et nous fournissent des officiers et des hommes tant pour V armée que pour la fllotte. — (E. P. H., Vol. I, p. 628).
LORD ROSEBERY. Discours du 4 avril 1900, à la cinquième assemblée annuelle de 4" 'Association de l'Unité de l'Empire", d'Edimbourg, dont il est le président :
En ce moment, je le sais, l'Empire est un objet d'intense jalousie et même de
haine profonde clans toute l 'Europe. Il est inutile de fermer les yeux à l 'évidence des faits ; et ceux qui connaissent cet état d^âme de la grande majorité du peuple des pays d'Europe, sinon de leurs gouvernants, ont bien droit de penser, sans qu'on les accuse de pessimisme ou de crainte exagérée, que nous ne saurions trop nous préparer à faire face à toute éventualité, à une époque où une si forte armée se trouve immobilisée au
Sud- Africain Il faut donc que le pays se prépare et s'organise. Nous avons déjà
fait de grands sacrifices, mais nous sommes prêts à en faire de plus grands encore. Nous sommes décidés à faire tout en notre pouvoir pour favoriser P unité de P empire et
la fortifier ; et quant à nous, membres de cette association, nous saurons épier toutes les occasions, faire surgir et encourager toutes les manifestations qui pourront se produire en n'importe quel quartier, nous permettant d'espérer qu' 'avant longtemps V union de V Empire sera tin fait accompli et constitutionnel et non plus seulement une union de sentiments platoniques. — (E. P. H., Vol. I, page 578).
Sir MICHAEL HICKS-BHACH. ' Discours à un banquet de l'Association Conservatrice, à Bristol, le 19 avril 1900 :
Dans certaines circonstances antérieures, à l'époque de la guerre de Crimée, par exemple, ou lors de l'expédition du Soudan, le Canada et l'Australie ont offert à la mère-patrie le secours de leurs bras ; mais ces manifestations n'eurent rien de comparable à cette explosion des sentiments les plus profonds et les plus forts qui vient d'éclater dans toute l'étendue de notre empire colonial et des Indes ; de ce patriotisme impérial succédant au patriotistîte local, qui fait que nos sujets coloniaux sont déterminés de défendre l'empire et de lui prêter main forte jusqu 'au bout, advienne que pourra. Beaucoup de gens ont exprimé l'espoir de voir s 'établir une fédération impériale quelconque. C'est là, sans doute, un magnifique rêve ; il est même possible que ce rêve se réalise; mais enfin, en pareille matière, il ne faut pas devancer les événements. On est trop porté à oublier que nos grandes colonies d'outre-mer se trouvent, au double point de vue géographique et social, dans une toute autre situation que la nôtre ou que celle des cantons suisses ou des Etats-Unis d'Amérique ; et quant à moi, je dois l'avouer, abstraction faite de ce que l'avenir peut tenir en réserve, je ne conçois pas la possibilité de voir se réaliser, de nos jours, la moindre tentative d'établir un système fiscal commun ou de voir un parlement siégeant à Londres et légiférant sur les afiaires domestiques de tout l'empire. A mon avis, la chose n'est pas même dans l'ordre des choses possibles et raisonnables. Mais Vidée que les événements de cette guerre ont tant contribué à faire avancer est sans contredit celle d 'une organisation commune pour la défense de V empire ;■ et la loyale et généreuse coopération des colonies nous fait entrevoir l 'époque où s'établira au sein de l'empire une organisation commune quelconque, qui sera chargée de l'orientation de la politique générale de l'Empire; et dans cette organisation ouïes représentants des colonies agiront de concert avec ceux du gouvernement impérial, nous prendrons tous notre juste part respective des responsabilités et de la défense de l'empire tout entier. — (E. P. H., Vol. I, page 612).
Discours à un banquet de la Chambre de Commerce de L,iverpool, le 24 octobre 1900 :
Nous avons tous reconnu avec admiration les sacrifices que nos colonies ont
faits en envoyant des soldats d'Australie et du Canada combattre côte à côte avec nos soldats pour la cause de l'Empire au Sud- Africain. Nous apprécions tous la façon dont le sang de ceux qui sont tombés a soudé ensemble les diverses parties de l'Empire. Mais je ne sache pas' que même ce mouvement, si grand et si important qu'il ait été, soit plus remarquable que le congrès des Chambres de Commerce de l'Empire, qui s'est réuni l'été dernier à Londres (1). Il s'est manifesté, à cette réunion, des divergences d'opinion, des divergences parfois fondamentales, sans aucun doute, comme on doit s'y attendre de la part d'hommes instruits à diverses écoles d'économie politique et venus de toutes les parties du monde, de pays offrant des conditions très différentes de celles du pays où nous vivons ; mais, nonobstant cela, tous étaient résolus, si possible, à s'entendre sur une base commune : le désir de se faire des concessions mutuelles, ce qui était déjà d'un excellent augure. Je ne crois pas que ce soit ici le moment de traiter à fond toutes ces questions ; mais il y a deux sujets principaux qui ont manifestement dominé les débats de ce congrès et au sujet desquels j 'aimerais à dire quelques mots, si vous me le permettez. Le premier était le désir d'établir une union commer-
(1) Voir à ce suiet, chapitre VII. I. Congrès des Chambres du Commerce
uv
ciale plus intime entre les diverses parties de l'Empire ; le second était l'organisation plus complète de la défense commune de l'Empire. Or,en ce qui concerne la première, il y a eu, tout naturellement, beaucoup de divergences d'opinion. Le résultat de vos discussions a été quelque peu indéterminé, parceque la question a été examinée par les uns au point de vue protectionniste et par les autres au point de vue du libre-échange. Messieurs, je tiens à déclarer que, pour ma part, je suis convaincu qu'il est impossible de traiter cette question au point de vue protectionniste. Je ne crois pas à l'idée d'imposer des droits différentiels sur les articles importés dans le Royaume-Uni, en faveur de nos colonies et à V encontre des pays étrangers. Je ne veux pas discuter ce point ce soir. Je crois que si j'étais obligé de le faire, je pourrais vous démontrer que l'imposition de ces droits serait dangereuse au plus haut degré pour notre commerce avec l'étranger, lequel est essentiel à la prospéritéjde ce pays. Mais je puis dire ceci : c'est que j'approuve pleinement une remarque que j'ai vue récemment dans la presse, attribuée à sir Wilfrid Laurier. Le Premier Ministre du Canada aurait dit qu'à son avis, un zollverein impérial, possible seulement dans un avenir éloigné, ne saurait être établi qu'au moyen du libre-échange absolu dans toutes les parties de l'Empire. Je suis convaincu que cette grande question — et c'est une grande question — ne peut être examinée et traitée que d'après les principes du libre-échange, et que toute tentative ayant pour but de la traiter à la lumière d'autres principes serait injuste et peu bienveillante envers nos colons eux-mêmes, et de nature à les induire en erreur touchant les possibilités du sentiment public en ce pays. Supposer que notre pays, après cinquante ans d'expérience sur ce que signifie pour nous l'exemption d'impôts sur les importations de matières premières et de denrées alimentaires, va, de propos délibéré, avoir recours à un. impôt sur les matières premières et les produits alimentaires provenant des pays étrangers, c'est, à mon avis, supposer une impossibilité. Je ne veux pas discuter davantage à ce sujet. Comme je l'ai dit, je désire tout simplement déclarer que tout homme qui, ici ou aux colonies, entrevoit la possibilité future d'une solution quelconque de cette question sur une base autre que celle du libre-échange, bâtit sur le sable ; et je ne voudrais pour rien au monde prendre la responsabilité de dire à nos co-sujets que nous pouvons discuter cette question sur une base autre que celle du libre -échange. Mais, messieurs, j'en arrive maintenant à la deuxième question. C'est le problème de la
défense impériale
L'Empire s'est agrandi sous des gouvernements successifs, dont quelques-uns n 'étaient pas du tout favorables à son agrandissement. On ne saurait entraver l'expansion d'un empire comme le nôtre ; et il n'y a aucun doute que cette expansion entraine une augmentation de dépenses. Comment cette dépense doit-elle être payée? Je suppose qne chacun répondra que c'est par le Trésor Impérial. Je souhaiterais qu'il y en eût un. Mais je sais très bien que rien au monde ne décidera nos grandes colonies autonomes (et cela est juste) à renoncer au pouvoir qu'elles ont de prélever leurs ^propres impôts, en faveur d'une assemblée au sein de laquelle leurs votes seraient dominés par les vote du Royaume-Uni. Avec un Empire qui grandit, nous devrions avoir un système de contribution à la défense de l'Empire beaucoup plus largement réparti que celui dont nous jouissons maintenant. Je ne crois pas que vous puissiez trouver une seule colonie qui s'opposerait à cela. Toute l'histoire de la campagne sud-africaine démontre qu'elles se sont volontairement portées en avant comme un seul homme au sujet d'une question qui, d'aboid, ne semblait pas devoir les affecter, et qu'elles ont mis leurs hommes et leurs ressources à la disposition du gouvernement de Sa Majesté, pour la sécurité de l'Empire. Et je suis convaincu que nos colons d'Amérique, du Canada et de l'Australie sont beaucoup trop fiers pour vouloir imposer à la mère-patrie quelque chose de plus que ce qu'elle doit raisonnablement contribuer à la défense de l'Empire. Au moment actuel, nous constatons un profond sentiment d'enthousiasme de la part des sujets de Sa Majesté dans toutes les parties de l'univers. Pour le présent et pour l'avenir de l'Empire, je désire voir utiliser ce sentiment. Je désire que tous les hommes politiques de ce pays et des colonies, que tousles hommes d'affaires fassent de leur mieux pour utiliser et pour organiser en système, pendant qu'ils le peuvent, ce sentiment enthousiaste. Il y a naturellement de grandes difficultés; car en assumant le fardeau de ces contributions, les colonies devront un jour
partager la responsabilité de notre politique étrangère. Mais ees questions devront être débattues et étudiées par les représentants du gouvernement impérial et des grandes colonies autonomes, dont les opinions ne doivent pas être mises en oubli ; et nous faillirions à notre devoir si, au cours des années à venir, nous ne tirions pas parti de V enthousiasme que la guerre sud-africaine a évoqué, en nous efforçant de faire au moins un pas en avant vers l'adoption du principe de la défense commune d'un empire commun. — (E. P. H. Vol. II, pages 383 et 385).
LORD SALISBURY, premier- ministre de la Grande-Bretagne. Discours à un banquet de la ligue de l'Empire britannique, à Londres, le 30 avril 1900.
Les services que les contingents coloniaux nous ont rendus sur les champs de bataille sont assurément admirables et sans précédent ; mais à mon avis ils nous ont rendu un service encore plus précieux : ils ont fait V union de l' Empire
C'est un grand événement que celui auquel cette guerre et le dévouement des
troupes coloniales ont donné naissance Nous savons que, grâce à l'attitude des
colonies, nous avons grandi en importance, comme nation, aux yeux du monde
Tout naturellement, les résultats de cet étrange développement d'un empire qui s'est, pour ainsi dire, élevé sous nos yeux, a porté certains esprits à se demander s'il n'est pas possible de venir quelque peu en aide à la nature et à la Providence, et d'accélérer le mouvement par des moyens artificiels. Bien entendu, il ne s'agit iciquc du côté militaire de la question. Je ne veux point me prononcer sur des propositions que je n'ai pas étudiées. Néanmoins, parlant d'une façon générale, j'incline à désapprouver tout effort qui chercherait à devancer le développement naturel des circonstances où nos colonies et nous-mêmes nous trouvons placés. Ces circonstances ont déjà produit des résultats considérables. La coopération impériale, qui en est le fruit, a dépassé nos plus vives espérances Si quelqu'un d'entre vous proposait de se hâter de faire voter une législation
coloniale, je le supplierais de temporiser. Le concours des causes mondiales, pour me servir d'un langage moderne, — je préférerais dire : le concours des causes providentielles— a merveilleusement opéré l'union des différentes parties de l'empire. Il en est résulté une force de cohésion qui s'impose à l'attention des autres nations ; et pour peu que vous laissiez cette force se développer suivant ses propres lois et V impulsion de sa propre vitalité, cette force exercera indubitablement sur le caractère, les mœurs et le progrès du monde une influence que nul autre empire n'a encore exercée. — (E.P.H., Vol. I, pages 634 à 636).
LE DUC DE DEVONSHIRE, Lord- Président du Conseil. Discours prononcé à la troisième assemblée annuelle de la ' ' Ligue de l'Empire britannique", à Londres, le 23 juillet 1900 :
Dans le cours des mois derniers, tout l'Empire s'est, pour ainsi dire, transformé en ligue de l'Empire britannique ; et chaque habitant de l'empire, soit dans les confins du Royaume-uni soit aux;colonies|ou dans grandes dépendances, est devenu un membre inconscient de la ligue. Ce n'est pas à dire que tous soient devenus membres actifs de la ligue ; mais peut-être serait-il opportun, en prévision des événement futurs, que quelques-uns d 'entre eux se demandassent s'il n'est pas de leur devoir de le faire. Toutefois, ils sont tous, de cœur et d'âme, membres de la Ligue de l'Empire britannique, de cette association qui a pour but de provoquer, par tous les moyens en notre pouvoir, Vunion plus intime et peut-être, en dernier ressort, la fédération de toutes les parties de T empire Il est assez difficile de préciser la date à laquelle a commencé à se former cette vague énorme qui poursuit sans cesse sa marche envahissante. Le mouvement a commencé à s'affirmer au grand jour en 1897, ** l'époque des fêtes jubilaires ; alors que les représentants de toutes nos colonies se réunirent pour rendre hommage à notre illustre souveraine, à l'occasion du soixantième anniversaire de son règne. Ce fut à ce moment que nombre d'entre nous découvrirent, pour la première
fois, que nos colonies ne sont pas seulement de vastes territoires offrant un champ illimité à l'immigration et au déploiement des énergies industrielles et commerciales de notre peuple; mais qu'elles sont, en outre, de grands états parfaitement organisés, jouissant d'institutions politiques semblables- aux nôtres, ayant leurs cabinets, leurs parlements et leurs hommes d'Etat, tant au pouvoir que dans l'opposition ; et nous découvrîmes du même coup que non seulement elles sont organisées au point de vue administratif en temps de paix, mais qu'en outre elles possèdent dans une large mesure V outillage voulu pour la défense de V empire et au besoin, pour les guerres extérieures. Nous découvrîmes en même temps que ces peuples sont animés des mêmes sentiments de patriotisme et de dévouement à l 'Empire que nos propres nationaux. Les événements de l'année courante ont démontré d'une façon tangible la puissance et la vitalité de ces sentiments lorsque nos colonies sont accourues à notre secours dans cette guerre sud-africaine qui a duré si longtemps et qui malheureusement se poursuit encore. Les sacrifices et les souffrances de cette guerre ne sont pas restés sans compensations. ( Il se dégage de cette guerre, tant pour nous que pour nos colonies, plusieurs enseignements qui ne seront pas perdus. L'enseignement donné à nos colonies c'est que nous, le peuple et le gouvernement anglais, nous avons entrepris et nous poursuivons cette guerre pour défendre, en principe, les intérêts des citoyens britanniques disséminés par tout le globe et non pas seulement ceux des petites îles britanniques ; c'est que nous sommes décidés à protéger ces intérêts dans le monde entier, tout comme nous sommes prêts à défendre nos propres intérêts. De notre côté, nous avons appris à comprendre que si nous tenons à nous acquitter des devoirs que nous imposent notre génie colonisateur et notre besoin d'expansion, il faut non seulement compter sur nos propres forces et sur la puissance de notre bras droit, mais encore reposer pleine et entière confiance dans P aide loyale et spontanée que chaque colonie de V empire britannique, ainsi que les faits l'ont prouvé, est prêle à nous offrir. — (E. P. H., Voi.I, pages 807-808).
LORD BRASSEY, (libéral). Discours à une réunion du Conseil Libéral de l'Empire dont il est le président, à Londres, le 22 septembre 1900.
Parlant de l'expansion prodigieuse de l'Empire britannique :
Nous avons presque atteint la limite au-delà de laquelle il serait téméraire de
nous avancer. L'extension du territoire entraine des dépenses proportionnellement croissantes pour les préparatifs navals et militaires. Tant que le pays est prospère, le peuple supporte ce fardeau sans murmurer ; mais le budget devient impopulaire lorsque le commerce est dans le marasme et qu'il est difficile de se procurer du travail. Nous pouvons, en toute sécurité, conserver ce que nous avons. L'homme d'Etat prudent hésitera avant d'augmenter des responsabilités déjà si formidables. Je me prononce d'autant plus fortement sur ce point que mon attention s'est portée en grande partie sur les questions relatives à la défense navale. A ce point de vue, la fédération de [Empire Britannique est un sujet d'importance majeure et des événements récents ont fait marcher cette idée à pas de géant. La mère-patrie et les états qui sont nés d'elle, ■ — dans l'un desquels j 'ai récemment passé cinq années de bonheur — se sont unis comme ils ne l'avaient jamais fait jusqu'à présent. Le temps semble maintenant arrivé où Pon pourrait établir un rouage permanent modelé sur le Comité des affaires étrangères au sénat américain. On pourrait accorder à toutes les parties de l'Empire britannique droit de représentation au Conseil privé ou à la chambre des Lords; et dans l'un ou dans l'autre de ces corps, on pourrait constituer un comité consultatif d'aviseurs, auquel les traités pourraient être soumis, et qui aurait voix au chapitre pour discuter les questions de paix ou de guerre. Tout en s' attendant à ce que les colonies fassent les premiers pas vers la fédération impériale, les hommes les plus éminents des deux parties contractantes feraient bien de considérer ce sujet comme étant tout-à-fait digne de leur attention — (E. P. H. Vol. II, page 36^).
M. JOSEPH CHAMBERLAIN. Discours à un Banquet de la " Compagnie des Fishmongers" de Iyondres, le 24 octobre 1900.
Ce n'est que depuis ces dernières années que nous avons affirmé notre caractère comme grande nation impériale ; ce n'est que depuis ces dernières années que nous nous sommes affranchis de cette répudiation pusillanime des obligations nationales et impériales. // s'est produit un grand changement chez notre peuple. Je crois pour ma part qu'il s'est produit chez le peuple avant de se produire chez nos gouvernants. Maintenant, il domine le peuple et les gouvernants — maintenant, nous sommes tous impérialistes
Ce qui est peut-être ia particularité la plus importante de toute notre histoire
moderne ; si fertile en événements, c'est l'attitude des colonie *, des colonies qui se gouvernent elles-mêmes, dans cette période de difficultés et d'épreuves qui s'est abattue sur la mère-patrie. Quelle synpathie n'ont-elles pas manifestée ! De quelle manière pratique ne l'ont-elles pas manifestée ! Comme ce sentiment a été universel! Je parle des colonies autonomes, parce que, dans les circonstances, c'était leur aide seul que nous pouvions accepter. Pour des raisons politiques, nous n'avons pu accepter les offres qui affluaient chez nous de toutes les dépendances de la Reine, et surtout celles des princes feudataires qui reconnaissent sa bienfaisante suzeraineté dans notre grande dépendance de l'Idde. Mais pour ne parler que des colonies autonomes, qu'ont-elles fait pour nous ? Dès la première menace de guerre, elles se sont hâtées spontanément — ce n'est pas nous qui le leur avons suggéré (!) : cette bonne pensée est venue d'elles — elles se sont hâtées spontanément d'offrir leur aide et elles nous ont donné dans cette guerre leurs meilleurs et leurs plus braves guerriers. Ceux-ci ont combattu et quelques-uns d'entre eux sont morts pour maintenir l'houneur du drapeau et les intérêts communs de l'empire. Elles ont fait plus : elles nous ont donné leur appui moral — l'appui moral de grandes nations libres et indépendantes, fières de leur propre liberté, et capables de concevoir une opinion judicieuse et impartiale sur les causes réelles de la lutte que nous avions à soutenir. Je crois que rien n'aurait pu mieux mériter la reconnaissance de la population de notre pays, que rien ne pouvait nous être plus utile dans notre position vis-à-vis des autres nations, que de voir les colonies de la Grande- Bretague s'empresser librement de donner leur appui à la mère-patrie dons une cause qu'elles considéraient elles-mêmes comme une cause juste. Alors, en vue de tout ceci, est-ce aller trop loin que de dire que durant les derniers douze mois, nous avons assisté à la renaissance de V Empire ? Il n'y a aucun doute que l'empire n'est- plus seulement l'empire de l'Angleterre, mais que c'est presque l'empire du monde — c'est l'empire de toutes nos possessions, de toutes nos dépendances ; que l'on se rappelle à l'avenir que nous reconnaissons chez elles V égalité absolue de leurs droits et de leur position dans tous ce que nous réclamons pour nous-mêmes . Je crois que ce nouveau sentiment est une compensation pour la guerre. Dans notre épreuve, nous avons été soutenus par nos c >lonies, comme les mains de Moïse ont été jadis soutenues par Aaron et Hur, jusqu'à ce que la victoire se déclarât en faveur de nos armes. L'oublierons-nous jamais ? Ferons-nous jamais preuve d'ingratitude ? Quelqu'un osera-t-il encore affirmer que les colonies sont un embarras pour l'Empire qu'elles ont tant contribué à soutenir et à appuyer ? Telle est la nouvelle situation ; tel est le nouvel impérialisme qui a été si grossièrement dénaturé, mais qui est ceqendant si bien compris et qui a reçu l'appui catégorique de la grande majorité du peuple, sans distinction des partis ou des nuances politiques généralement reconnus.
Je ne puis m' empêcher de croire que, puisque ce progrès s'est accompli en si peu de temps — un moment dans l 'histoire d 'une nation — je ne puis m'empêcher de croire qu'il y aura encore des progrès à l'avenir. Je ne crois pas me tromper en voyant dans la Confédération du Canada et dans l'union indissoluble de l'Etat de l'Australie, un signe et un exemple pour nos possessions dans l'Afrique du Sud, le signe avant-coureur d'une plus grande fédération — une fédération des nations alliées par le sang — qui réalisera le rêve de tout patriote et donnera aux fondements de notre Empire une force telle
que, la divine Providence de Dieu aidant, l'Empire continuera pendant longtemps à l'avenir à remplir sa mission, sa mission manifeste de justice, de civilisation et de paix. — (E. P. H., Vol. II, pages 379 et 380).
LORD WOLSELEY.— Discours à la 279e fête annuelle de la " Compag?iie des Couteliers", de Hallamshire, à Sheffield, le 1er novembre 1900.
Au sujet de l'armée, je ne puis oublier l'énorme différence qui existe entre
l'armée d'aujourd'hui et celle que nous avions il y a nombre d'années et dont j'ai parlé. Comme je l'ai déjà dit, l'armée ne comprenait alors que les troupes que nous avions en ce pays : l'armée régulière, la Yeomanry, la Milice et les volontaires. Mais jetez un regard en dehors du royaume et voyez de quoi elle se compose maintenant. . Qu'a-t-on fait dans le Sud- Africain relativement aux forces militaires qui s'y trouvent ? Il y a huit, neuf ou dix mois, on considéra que l'effectif qui se trouvait dans le Sud- Africain n'était pas suffisant. Cette opinion s'étant accréditée par tout le pays, quel a été le résultat ? Du nord au sud, de l'est à l'ouest nous arrivèrent des demandes de la part de chaque colonie sollicitant l'avantage et l'honneur de servir sous les drapeaux de Sa Majesté. Les colonies ont non-seulement offert volontairement leurs services, [mais; elles ont envoyé leurs soldats dans l'Afrique du Sud ; et je suis convaincu que parmi toutes les troupes qui sont allées au Sud-Africain, il n'y en a pas qui aient fait un meilleur service que les contingents fournis par le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et même par nos plus petites colonies. Depuis dix, quinze ou vingt ans, l'on nous a beaucoup parlé de la fédération de nos colonies. Eh ! bien, la guerre est une chose terrible, et nul ne connait ses horreurs s'il n'y a pris part ; mais elle a son beau comme son mauvais côté ; et Vun des grands résultats, des bons résultats, que la guerre actuelle a produits, c' est qu'' elle a contribué directement à assurer la fédération de nos colonies. Je crois que nous aurions pu adopter des Actes du Parlement pour faire cette fédération que nous appelons de nos vœux depuis tant d'années ; mais je crois qu'ils seraient tombés à plat et n'auraient accompli que très peu de chose comparativement à ce qu'a produit ce profond sentiment de camaraderie entre des hommes venus de toutes les parties de nos possessions pour combattre côte à côte — (E. P. H., Vol. II, page 397).
Right honowable JAMES BRYCE (radical). Discours à un banquet du Ninety-Nine Club, à Leeds, le 29 novembre 1900 :
Je ne sache pas qu'aucun membre du parti libéral ait jamais proposé que nous
abandonnions aucune partie de nos immenses possessions, ou que nous relâchions en en aucune manière les liens qui nous unissent soit à nos colonies, soit à nos propres possessions. Au contraire, je crois que si quelqu'un peut suggérer un projet au moyen duquel nos colonies autonomes puissent établir des relations plus intimes, une parenté mieux définie avec la mère-patrie, grâce auquel elles pourront supporter leur part du fardeau, de la défense de V Empire et avoir aussi voix consultative dans les questions
impériales — je crois que le parti libéral accueillerait cordialement cette proposition
(E. P. H., Vol. II, page 457).
LORD AVEBURY (unioniste). Discours au banquet du Royal Colonial Institute, à Londres, le 24 avril 1901 :
Jamais la mère-patrie et les colonies n'ont été plus unies de cœur, plus loyales
envers la Couronne et l'Empire. J'espère que le temps viendra, bien que sa venue ne puisse être hâtée, où ces sentiments chaleureux se manifesteront par une Constitution plus définie de V Empire. On nous parle souvent du Trésor Impérial, des deniers impériaux, des forces impériales. De fait, il n'existe rien de tel. Il y a un Trésor pour la Grande-Bretagne et l'Irlande, un Trésor indien, un Trésor canadien, et ainsi de suite ; mais il n'y la pas de Trésor impérial. Dans l'Afrique du Sud, nous avons aidé
nos compatriotes, opprimés et spolies, à défendre deux de nos colonies qui étaient attaquées. Cela nous a coûté des milliers de vies précieuses; cela a ajouté plusieurs millions à nos impôts et au-delà de cent trente millions à notre dette. Nous avons pu faire ces sacrifices allègrement, parce que nous étions convaincus qu'il était de notre devoir de les faire ; mais il est évident que nous ne pouvons les faire à plusieurs reprises. Nul ne saurait dire quelle autre partie de l'Empire sera attaquée la prochaine fois — d'où peut surgir le prochain danger. Il est clair que le poids de la responsabilité de V Empire devra être éventuellement supporté par V Empire dans son ensemble et non par une partie quelconque de l'Empire. Les colonies ont loyalement et courageusement reconnu la valeur de ces considérations ; et de notre côté, nous reconnaissons cordialement l'aide matérielle et peut-être encore plus Tappui moral qu'elles nous ont donnés en un temps où la presse étrangère, à part quelques exceptions honorables, nous a si grossièrement dépréciés et vilipendés. Aux hommes d'Etat britanniques de toutes les parties de l'Empire incombera le devoir de préparer quelque organisation qui nous permette de créer des fonds impériaux et des forces impériales, et peut-être puis-je ajouter un Conseil
Impérial, pour pourvoir aux services, aux besoins et à la sécurité de tout l'Empire
(E. P. H., Vol. Il, page 593).
LORD GOSCHKN (unioniste), Premier-Lord de l'Amirauté (Ministre de la Marine). Discours au même banquet du "Royal Colonial Institute", à L/ondres, le 24 avril 1901 :
Une dépense énorme a été faite pour le maintien de l'unité de l 'Empire. Le
compte a été présenté et l'on en exige le paiement. La dépense est énorme. Elle a été exposée devant le pays dans les termes les plus clairs et les moins atténués. Et il est bon qu'il en soit ainsi. Il est bon que la nation puisse se faire une idée exacte de ce que coûte l'empire. Toutes les classes sont maintenant appelées à le comprendre— à le comprendre d'après ce qui constitue, s 'il m'est permis d'exprimer mon opinion personnelle, la distribution équitable des fardeaux que nous devons supporter en vertu du budget proposé par le Chancelier de l'Echiquier. Toutes les classes doivent contribuer au coût des intérêts impériaux. Il est naturel, en un temps comme celuici, que nous considérions comment les contribuables du Royaume .«-eront probablement affectés par la demande qui a été faite — et faite dans l 'intérêt de l'Empire- Uni...
Nos co-sujets des colonies verront l'attitude que nos contribuables ont
prise à ce sujet. Il verront avec quelle bonne volonté nous portons ce fardeau. y espère que nos concitoyens des colonies accepteront avec enthousiasme Vidée suggérée par Lord Avebury ce soir au sujet d'un Trésor impérial. Je n'ai pas remarqué, cependant, que l'on ait accueilli avec enthousiasme l'idée générale delà création d'un Trésor impérial. Les colonies verront cependant que, dans les Iles Britanniques, nous n'avons pas hésité à prodiguer notre trésor afin de sauvegarder ce qui n'est pas seulement un intérêt britannique, mais un intérêt impérial, cher à toutes les parties de l'Empire (E.P.H., Vol. II, pages 593-594).