‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 76 sur 289 · ARMÉE · texte numérisé non relu

ARMÉE

Dès le 4 mars 1897, Ie capitaine Pirie, député d'Aberdeen- Nord, demandait au sous-secrétaire d'Etat pour la Guerre s'il ne songeait pas à établir des bureaux de recrutement pour l'armée anglaise dans les colonies de l'Empire ; " surtout, disait-il, à cause du sentiment qui vient de se manifester au Canada en faveur de cette idée ; et aussi en mémoire du soixantième anniversaire du règne de Sa Majesté.

M. BRODRICK : Une proposition de la nature de celle que mentionne la question est venue du Canada et nous l'avons transmise au gouvernement canadien pour en obtenir une expression d'opinion. Le gouvernement de Sa Majesté comprend vivement combien il est désirable d* encourager cette tendance des colonies ; mais il est évident que toute démarche dans cette voie exige une attention soigneuse avant qu'on puisse exercer une action de ce genre. — (P. D., Vol. 46, page 1579.)^

On a vu au dossier du Jubilé que M. Chamberlain avait parlé d'un échange de troupes entre l'Angleterre et les colonies. Le 30 juillet 1897, Ie Star y de Montréal, publiait cette dépêche de son correspondant de Londres :

L'intérêt des cercles militaires est vivement éveillé par la déclaration que vient de faire M. Brodrick, le Secrétaire parlementaire du War office, disant qu'il devrait y avoir un mouvement d'échange entre les troupes de l'Empire et que plusieurs des bataillons coloniaux devraient devenir faire garnison en Angleterre tandis que les Réguliers anglais prendraient leur place aux colonies ; on attend les détails avec anxiété. fc

Le 24 février 1898, le même député, M. Pirie, demande si les autorités militaires avaient reçu l'opinion du gouvernement canadien à ce sujet et si elles feraient des démarches pour organiser des districts de recrutement dans plusieurs des grandes colonies.

M. BRODRICK : Le gouvernement canadien n'a pas encore communiqué son opinion au gouvernement de Sa Majesté à ce sujet. Il n'existe pas de projet, que je sache, de créer des districts de recrutement {Regimental districts) dans aucune autre colonie. — (P. D., vol. 53, page 521.)

Notons, en passant, une preuve additionnelle de la docilité du gouvernement canadien à l'endroit de M. Chamberlain. Le 29 juillet 1898, le secrétaire colonial, répondant à une interpellation, déclara que sir Wilfrid Laurier, obéissant à ses instructions (by his direction), avait expulsé du Canada M. du Bosc, ancien chargé d'affaires d'Espagne à Washington (P. D., vol. 63, page 437). Ceci était au début de la guerre hispano-américaine.

Cet acte de complaisance n'a pas valu à nos gouvernants les bonnes grâces des autorités américaines.

Le 9 février 1899, M. Hogan, M. P., demanda

...si on avait décidé de faire un échange entre des troupes impériales et des troupes de la Nouvelle-Galles du Sud ; et si l'on accorderait la même faveur à celles des autres colonies autonomes qui désiraient en profiter ?

M. WYNDHAM : Le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud a accepté le principe de l'échange des troupes ; et les détails du projet subissent en ce moment une considération attentive. Le gouvernement discute en ce moment une démarche de même nature avec les gouvernements des principales colonies autonomes. — (P. D., Vol. 66, page 323).

Le 21 février 1899, on demanda s'il était question de recruter un nouveau bataillon au Canada pour remplacer le Royal Canadien et aussi si l'on ne pourrait faire du recrutement au Canada même plutôt que de laisser les Canadiens dans l'obligation de parcourir une distance de 3,000 milles pour venir s'enrôler.

M. WYNDHAM, (Sous- Secrétaire parlementaire du War Office) : La question de recruter au Canada pour l'armée régulière est maintenant sous considération.

M. ARNOLD-FORSTER : L'honorable ministre veut-il bien dire si les obstacles se sont élevés ici ou au Canada ?

M. WYNDHAM : Je ne suis pas prêt à qualifier la considération nécessaire d'une question du nom d'obstacle soit d'un côté de l'Atlantique soit de l'autre. — (P. D., Vol. 67, page 45.)

Le 27 avril, M. Arnold Forstkr (Belfast, W.), aujourd'hui secrétaire de l'Amirauté (1901), s'exprimait comme suit :

Je désire savoir du secrétaire-financier du bureau de la guerre si on lui a signalé, dans le rapport adressé par le major général Hutton au gouvernement canadien, la partie qui déclare que le gouvernement impérial a proposé que le recrutement du iooe régiment {Royal Canadian) se fasse parmi les sujets britanniques au Canada et qu'on a pris toutes les mesures voulues dans ce but. Je désire savoir si cette déclaration a été faite avec l'autorisation du bureau de la guerre ; si l'on a déjà fait des démarches réelles dans le sens indiqué ; et si, en rappelant du Canada le 100e régiment {Royal Canadian), on se propose de le recruter de cette manière.

M. POWELL WILLIAMS : Le secrétaire d'Etat n'a pas encore reçu le rapport du major Hutton et le bureau de la guerre n'a nullement autorisé une déclaration dans le sens de celle signalée dans l'interpellation. Nous sommes en négociations avec le gouvernement canadien au sujet du recrutement au Canada ; mais les arrangements qui, je suis heureux de le dire, se poursuivent avec un progrès satisfaisant, ne sont pas encore

assez avancés pour me permettre de faire aucune déclaration (P. D., Vol. 70,

Le 2 mai suivant, M. Arnold Forster fit une nouvelle interpellation :

Je désire demander au Secrétaire d'Etat pour les colonies si on lui a signalé le rapport officiel présenté au ministère de la milice du Canada par le major général Hutton, commandant la milice canadienne ; et surtout le passage de ce rapport qui traite de l'enrôlement pour le service impérial : ce passage déclaie que le recrutement du régiment du Prince de Galles {Leinster Régiment, Royal Canadian), pourra se faire parmi les sujets britanniques au Canada ; que l'on a pris toutes les mesures voulues dans ce but, et que le tout sera livré à la publicité dès que l'on aura reçu les instructions définitives et les documents officiels de rigueur. Le major général Hutton est-il bien renseigné et a-t-il fait cette déclaration avec l'autorisation du bureau colonial?

Le Secrétaire d'Etat pour les Colonies (M. Jos.CHAMBERLAIN) : J'ai pris connaissance de la déclaration contenue dans le rapport du major général Hutton, à laquelle fait allusion l'auteur de l'interprétation. Une proposition de la nature de celle indiquée dans le rapport en question a été débattue entre le gouvernement impérial et le gouvernement canadien; et je suppose que le général Hutton a fait cette déclaration dans la conviction qu'une décision avait été prise, ce qui n'est pas le cas. — (P. D., Vol. 70, page 1130).

Le 21 juillet 1899, au cours du débat sur le budget de l'armée à la chambre des Communes, M. Pirie, M. P. (Aberdeen), dit :

Quand nous nous trouvons en présence d'aussi graves embarras que ceux que suscite actuellement le recrutement de V armée, c'est notre devoir impérieux d'émettre toutes les

propositions possibles, de nature à améliorer la situation Les colonies notis offreiit

un champ virtuellement inexploré jusqu' ici. Le bureau de la guerre, suivant son habitude, ajourne, temporise sans cesse et il n'y a pas encore de résultat pratique, tangible quant au recrutement dans les colonies. Ces trois années dernières, la question du recrutement au Canada est demeurée dans le statu que- — (P. D., Vol. 74, page 1639).

dit

En réponse, M. WYNDHAM, sous-secrétaire d'Etat à la guerre,

L'honorable député a fait une suggestion très importante. On ne fait pas assez d'efforts, prétend-il, pour utiliser les colonies ; et il a presque fait un réquisitoire en règle contre le cabinet parcequ'il ne se serait pas remué davantage pour s'entendre à ce sujet avec le Canada et les autres colonies. Ici encore, je prierais les membres du comité de faire appel à leur imagination et de se figurer toute la difficulté de la tâche qui s'impose à la mère-patrie, elle qui possède une si vaste richesse publique accumulée depuis des siècles, quand elle vient à s'aboucher avec un jeune pays, où pareille richesse n'existe pas, afin de faire comprendre à la colonie qu'elle bénéficie dans une très large mesure de la protection de notre flotte, et de lui demander en retour de conclure quelque arrangement pour la défense de l'Empire. Que comporte cette demande ? C'est que force est à cette colonie d'adapter la civilisation naissante à l'ancienne, tâche infailliblement fort ardue. On conçoit tout ce que cela nécessite de diplomatie ; car il faut placer la question sur une base convenable: c'est-à-dire que si une colonie manifeste un vif désir de prendre sa part du fardeau de l'Empire, la mère-patrie doit, dans la mesure du possible, modifier ses arrangements de façon à aller au devant des vœux de la colonie. Dépasser ces bornes serait insensé ; et, même restreinte à ces limites, cette politique nécessite des correspondances et des négociations interminables. Nous avons entamé des négociations avec le gouvernement canadien et elles ont abouti à l'élaboration de certaines propositions que nous venons de rédiger et que nous transmettrons , aujourd' hui ou demain, au gouvernement canadien, dans le but d'obtenir son avis à ce sujet. Evidemment il me serait impossible d'indiquer la nature de ces propositions ; mais je puis assurer l'honorable député qu'il n'y a eu ni incurie ni temporisation de notre part et que nous n'avons pas manqué d'apprécier les aspirations manifestées par le Canada et le désir qu'il a témoigné de prendre sa part du fardeau impérial. — (P. D., Vol. 74, page 1643).

N'oublions pas que ceci se passait près de trois mois avant la déclaration des hostilités en Afrique.

session de 1900

Le 12 février 1900, la Chambre des Lords discutait les mesures militaires que nécessitait la guerre d'Afrique.

Le marquis de LANSDOWNE, secrétaire d'Etat pour la guerre, avoua que " la milice est maintenant de trente mille hommes audessous de son effectif." (P. D., Vol. 78, page 1177). Il fit alors une longue revue des moyens qu'il se proposait d'employer pour augmenter les forces et il ajouta :

Nous nous proposons aussi d'offrir des commissions aux colonies d'où nous sont venus déjà d'excellents officiers ; et je suis convaincu que tous ceux qui connaissent, comme je le connais moi-même, quelque chose de l'Ecole Militaire de Kingston, au Canada, ne doutent pas que les officiers recrutés à cette Ecole sont dignes de prendre rang aux côtés des meilleurs officiers de notre armée. — (page 1180).

Le 15 février, au cours du même débat, Lord ROSEBERY disait :

La chose et connue, le ministre lui-même l'a avoué : le royaume est dépouillé de ses troupes, Vous envoyez en Afrique- Sud tous les soldats et tous les canons dont vous

pouvez disposer. Pouvez- vous compter sur les dispositions bienveillantes des nations étrangères, et vous tenir pour assurés que vous poursuivrez cette guerre sans interruption ? Je le sais, il n'y a rien de si impopulaire, rien de plus désagréable au public angais — et cependant rien d 'aussi salutaire — que de lui remettre en mémoire l'opinion des pays étrangers. Mais que cela soit agréable et salutaire ou non, il est de toute nécessité d'y prêter attention dans la crise que nous traversons. Je l'avoue, j'observe la situation de l'Europe et du monde avec plus d'anxiété que les choses de l'Afrique du Sud.

L'orateur fait ensuite allusion à la froideur de l'accueil fait par l'Allemagne et les Etats-Unis aux' 'ouvertures publiques"du gouvernement anglais "en faveur d'une alliance" ; il parle del'anglophobie du peuple français, en dépit de l'attitude conciliante de son gouvernement, ainsi que des sujets de froissement avec la Russie ; et il ajoute

....qu'en présence de ce manque d'amitié de la part des puissances étrangères, il nous est très permis, tout insouciants que nous soyons, de nous arrêter et de demander au gouvernement de se saisir fortement de la situation et de faire au pays des propositions qui répondent aux besoins du moment. — (P. D., Vol. 79, p. 31).

Lord LEMINGTON dit :

Le Secrétaire d'Etat à la guerre nous dit qu'on a l'intention de donner des

commissions aux officiers coloniaux. Je voudrais savoir s'il n'est pas possible défaire davantage. Il y a quelque temps, on a proposé un échange mutuel de régiments

entre ce pays et les colonies Après avoir vu les troupes coloniales à l'œuvre,

maintenant que nous sommes tn état d' appre'cier leur valeur militaire il me semble que le moment est venu de tenter quelque effort pour concentrer davantage les forces des différentes parties de V Empire .

Après avoir fait allusion à la fédération des colonies australiennes, il ajoute :

Il y a un synchronisme de bon augure dans le fait que pendant que l'Australie inaugure un mouvement politique destiné à étendre ses opérations et à lui donner un regain de force pour sa défense, ce pays, peuplé de gens de notre race, nous ait spontanément et librement prodigué son sang. Ce double événement ne peut que resserrer davantage les liens de l'empire. Et le gouvernement contribuerait puissamment à ce résultat, s'il savait marquer aux peuples des colonies sa haute estime de leurs services, en s' efforçant de les mettre en contact plus intime avec V armée impériale, lorsqu'il réformera notre système militaire ; et cela sans porter en rien atteinte à l'initiative locale. — (P. D., Vol. 79, pages 35-36.)

Le 19 février dernier, M. Dragb (Derby), fit l'interpellation que voici :

Je désire savoir du sous-secrétaire d'Etat pour la guerre si, en reconnaissance des services rendus par les colonies au cours de la guerre actuelle, il jugera utile de consulter les gouvernements coloniaux avant de proposer quelque projet pour la réorganisation définitive des forces de l'empire ; et si, en prévision de la prochaine visite des représentants des colonies australiennes, il suggérera au secrétaire d'Etat l'importance d'obtenir leur avis sur la question ?

Le sous -secrétaire d'Etat (M. WYNDHAM, Dover) : Oui, je l'ai déjà déclaré, nous nous proposons d'attendre et, s'il est nécessaire, de demander l'avis des gouvernements coloniaux à ce sujet et sur d'autres questions similaires. Les représentants vien-

nent ici chargés d'une mission particulière ; néanmoins, leur présence nous fournira sans doute V occasion de discuter officieusement la question soulevée par l'honorable député. — (P. D. Vol. 79, page 364.)

Le 22 février de la même année, étant interrogé, à la Chambre des Communes, sur les dispositions des lois de milice des colonies autonomes, M. CHAMBERLAIN répondit :

Au Canada, le rôle de la milice comprend tous les habitants mâles, entre 18 et 60 ans, sujets britanniques, qui ne sont pas particulièrement exempts du service. La

milice peut-être appelée au service actif soit à l'intérieur soit en dehors du Canada

(P. D., Vol, 79, page 797).

Il est intéressant de comparer cette opinion du Maître de l'Empire à celle qu'exprimait Sir Wilfrid LAURIER dans son interview publié par le Globe, le 4 octobre 1899 (0-

Le 3 avril 1900, le général LauriK, M. P., demanda si les 110 commissions d'officiers offertes à l'Australie et les 44 commissions offertes au Canada étaient une ' ' reconnaissance ' ' des services que ces colonies avaient rendus à l'Empire dans l'Afrique australe ; et si le nombre des commissions offertes au Canada serait augmenté afin d'être égal à celui des commissions offertes à l'Australie.

M. WYNDHAM : Le nombre des commissions est à peu près tel qu'indiqué dans la question. Si toutes les commissions offertes au Canada sont acceptées, le Secrétaire d'Etat sera tout-à-fait disposé à recevoir des offres supplémentaires. — (P. D., Vol. 81, page 1057.)

Le 3 juillet, M. Drage fait une nouvelle interpellation :

Je prierais le Premier-Lord de la Trésorerie {First Lord of the Treasury) de me dire si on a tenté quelque effort pour obtenir l'avis des gouvernements coloniaux et des Indes au sujet de la réorganisation des forces militaires de l'Empire ; et si le gouvernement mettra à l'étude la question de savoir s'il ne serait pas utile d'ajouter au comité du conseil de la défense quelques représentants des grandes colonies autonomes et de l'Inde.

M. A. J. BALFOUR : Je sais qu'on a saisi l'occasion de consulter les autorités sur la question soulevée par l'honorable député. Le comité en question est un comité du cabinet; et par conséquent le gouvernement ne saurait le modifie r dans le sens de la proposition de mon honorable ami. — (P. D., Vol. 85, page 405).

Le 19 juillet 1900, lord BRASSEY saisit la chambre des Lords de la question relative aux forces de réserve en Australie.

Je demande instamment au gouvernement de Sa Majesté de prendre des

mesures, de concert avec le gouvernement de l'Australie, dans le but de recruter dans ce dernier pays une "yeomanry" impériale d'au moins 5,000 hommes, avec l'engagement de servir dans n'importe quelle partie de l'Empire, les frais devant être couverts par des contributions communes provenant tant du trésor impérial que de fonds coloniaux.— (P. D., Vol. 86, page 437).

(1) Voir page xxxix.

Le 11 décembre 1900, sir Charles Dilke fait l'interpellation que voici :

Je désire savoir du Chancelier de l'Echiquier s'il a mis à l'étude le projet de M. Seddon relativement à la création d'une réserve militaire impériale dans les colonies autonomes, moyennant aide du trésor impérial ; et si on lui a soumis ce projet avec les modifications que lui a fait subir, dans ses dispositions financières, le comité conjoint des deux chambres de la législature de la Nouvelle-Zélande ?

Le chancelier (Sir M. HICKS-BEACH) : On ne m'a pas soumis, à moi personnellement, le projet en question ; maisyi? sais que le cabinet Va mis à Vétude. — (P. D., Vol. 88, page 501).

Le 9 mars 1901, M. BRODRICK, le nouveau secrétaire d'Etat pour la guerre, saisit la chambre du budget de l'armée. Il fit un exposé très approfondi de la situation militaire de la Grande- Bretagne ; il exposa les lourdes charges résultant de la guerre sudafricaine et l'impérieux besoin d'une réforme radicale ainsi que d'une forte augmentation des forces militaires de l'Empire. Ce discours mérite d'être lu en entier. En voici quelques extraits :

En abordant la question de réforme, je prierai la Chambre de me permettre de lui signaler deux points sur lesquels nous différons de toute autre nation dans le problème que nous avons à résoudre. D'abord, abstraction faite de la guerre, il nous faut maintenir, en temps de paix, une force énorme en dehors du royaume. Il nous faut pourvoir au recrutement et à l'équipement de 1 15,000 hommes pour les Indes et les colonies, le plus souvent dans des stations tropicales ; et il nous faut chercher à accomplir cette tâche, dont nulle autre puissance ne fait la tentative, en comptant uniquement sur l'enrôlement volontaire.

Dans l'avenir, notre armée se composera-t-elle toujours de volontaires ; ou le recrutement sera-t-il obligatoire ? Je sais parfaitement combien il est tacile de gagner, à bon marché, les applaudissements de la chambre en faisant de retentissantes déclarations sur l 'adhésion au système du volontariat. A mon avis, il n'y a pas lieu de s 'enorgueillir du volontariat pour la défense du pays, à moins que cette défense ne soit vraiment efficace. Mon adhésion au système du volontariat est donc strictement subordonnée à notre faculté d'obtenir de son application une aimée qui permette aux autorités militaires d'assurer au gouvernement qu'il peut compter sur une force suffisante pour repousser l'invasion et qu'il pourra maintenir cette force à sa satisfaction. D 'autre part, bien que le pays soit déterminé à se grever de lourds fardeaux pour échapper à l'invasion, nous reconnaissons qu'il est du devoir du gouvernement d'épuiser tous les moyens avant d'en venir à proposer de semblables mesures, surtout dans les circonstances actuelles Jamais le recrutement n'a donné de résultats comparables à ceux

de l'année dernière, grâce à l'esprit militaire qui s'était emparé du peuple, convaincu qu'il était de la justice et de la nécessité de la guerre... Je ne crois pas que cet enthousiasme pour l'enrôlement conserve la même intensité lorsque la guerre sera terminée. Je doute fort que la facilité avec laquelle nous nous procurons aujourd'hui de l'argent

soit suivie d'un égal plaisir à payer les impôts que ces emprunts nécessitent On me

taxe aujourd'hui de parcimonie; mais le jour n'est pas éloigné où l'on m'accusera de prodigalité;.... et il m'arrive même de me dire, quand j'aperçois le réverbère de là Cour du Palais, que nombre de gens tireraient volontiers sur un bout de la corde, s'ils étaient sûrs que le ministre des Finances ou moi-même fussent attachés à l'autre bout.

Je me refuse à envisager la question d'une guerre européenne : mais personne ici, j'en suis sûr, n'oserait soutenir qu'il sera toujours en notre pouvoir d'échapper aux complications de la politique européenne,., Nous ne saurions écarter comme impossible

la prévision d'avoir à envoyer une armée nombreuse défendre nos possessions ; et il n'est pas permis non plus de supposer que si jamais, par malheur, nous étions entraînés dans une guerre européenne, nous pourrions borner nos efforts à la défense de nos possessions et à l'initiative de notre flotte. — (P. D., Vol. 90, pages 1058a 1063). La milice devrait être forte de 150,000 hommes, tandis qu'elle n'est que de 100,000.

Mais il y a pis que cela Il nous faut recruter et discipliner environ 30,000 soldats

par année, et sur les six années de service, nous ne pouvons atteindre qu'une force totale de 100,000 hommes. Ce résultat, d'ailleurs, s'explique facilement : les avantages que nous offrons aux soldats ne sont pas suffisants pour les engager à demeurer au service.... (page. 107 1).

Aujourd'hui, nous voulons dépenser nos deniers pour l'organisation de la Yeomanry (1); et nous en attendons de précieux résultats. La solde sera de cinq shillings par jour, outre la ration et le fourrage. J'ai pleine confiance que le moment n'est pas éloigné où quelques-uns de nos frères des colonies qui, au cours de cette guerre, nous ont fourni des secours de cavalerie, voudront bien, du consentement de leurs gouvernements respectifs, maintenir des contingents de gendarmerie à cheval, baptisés également du nom de ** Yeomanry" impériale, qui, au besoin, pourraient utilement se joindre à notre Yeomanry, au cas où ils consentiraient à prendre du service à l'extérieur.... (pages 1074-5-6).

L,e 14 mars, Sir Charles DIL,KE, traitant le même sujet, disait:

Après tout ce que nous avons appris, au cours de cette guerre, sur la valeur de l'infanterie à cheval des colonies, tout le monde s'attendait à ce qu'on nous donnât au moins un faible aperçu de la future organisation, par tout l'Empire, d'une infanterie impériale à cheval. On prétend, je le sais, que c'est aux colonies à prendre l'initiative en pareille matière ; mais elles l'ont déjà fait. Il ne s'agit pas de forcer les colonies à adopter ce projet, mais tout simplement d'accepter une offre déjà faite. // nous est déjà venu des propositions dans ce sens du Canada et d'Australie ; et le gouvernement de la Nouvelle-Zélande a proposé un plan bien défini. Le silence du ministre de la guerre au sujet de ce projet sera donc une déception pour le pays.

M. BRODRICK : J'ai parlé nettement de ce projet.

Sir Charles DILKE : La réforme que nous n'avons cessé de demander, ici même, et dont les premiers événements de la guerre ont démontré d'une façon effroyable l'impérieuse nécessité, la voici : c'est de ne pas attendre que la guerre soit déclarée pour faire ces préparatifs, mais bien de s'entendre avec les colonies en temps de paix absolue et d'adopter les arrangements voulus, de façon à ce que tout le mécanisme militaire fonctionne parfaitement, lorsque la guerre éclatera ; car si on attend trop tard, on ne saurait tirer de cette coopération des colonies tout l'appui qu'elle aurait pu rendre au début même de la guerre. — (P. D., Vol. 90, page 1665).

I,e 15 mars, au cours du même débat, M. Arthur L,EE, (Hampshire), dit :

Au sujet du recrutement d'une '-Yeomanry" impériale, je dois exprimer mon profond regret de ce qu'on n'ait pas, au cours de ce débat, saisi la Chambre de la question de la défense coopérative de l'Empire. Le moment n'est pas encore venu, me dira-t-on peut-être. A mon avis, le moment est particulièrement opportun. J'ai passé plusieurs années dans les colonies et je me tiens encore au courant de l'opinion publique qui y règne ; or, je l'affirme sans crainte, quoi que puissent dire les gouvernants de ces colonies, les populations n 'attendent que le moment de s'associer à tout projet de défense coopérative de l'Empire, pourvu qu'on leur en fournisse l'occasion. Les gouvernements coloniaux se tiennent à l'affût des circonstances, regardant de quel coté le veut souffle, et à mon avis toute proposition mûrement élaborée rencontrerait un accueil des plus sympathiques. A défaut de semblables propositions, j'aurais voulu que l'honorable

[1] Sorte de "Grandes Compagnies" nationales.

ministre eût été en mesure de nous suggérer un projet quelconque tendant à faire accepter par les colonies intéressées une part fixe, toute minime qu'elle fût, dans V armée offensive de V Empire. — (P. D., Vol. 91, page 147).

M. Edmund ROBERTSON, M. P. : Il faut distinguer entre les colonies autonomes et les colonies de la Couronne. Nous avons le pouvoir et le droit de faire porter aux colonies de la Couronne une partie des fardeaux de la défense impériale. Quant aux colonies autonomes, si elles comptent pour quelque chose dans le surcroit de dépenses proposé par le gouvernement, elles devraient, à mon avis, contribuer à cette

dépense Lorsque viendra le moment de régler la dette contractée par la guerre

sud-africaine qui est une guerre impériale entreprise pour la défense des colonies, allez-vous vous laisser prendre à toute cette mise en scène à laquelle se livrent certaines colonies qui ont pris part à la guerre ? Est-ce là ce que nous devons attendre en réponse à la demande péremptoire qu'il faut faire aux coloniaux d'avoir à solder leur part du coût de cette guerre impériale ? Si les colonies paient leur part des fardeaux de la guerre, elles devraient payer au moins un tiers de tous les frais que le pays s'est imposés. — (P. D., Vol. 91, page 174.)

L-e 14 mai 1901, la Chambre discutait les projets du ministre de la Guerre pour la réorganisation de l'armée.

Lord STANLEY, secrétaire-financier du Bureau de la Guerre, dit :

On s'est plaint de ce que les colonies ne font pas encore partie de la Yeomanry impériale. Le gouvernement se propose de saisir le parlement d'un projet tendant à créer, au sein des colonies, un corps militaire composé de la même classe d'hommes, soumis aux mêmes règlements, et combattant au besoin, dans le temps à venir, sous le même drapeau et sous le même nom qu'un certain nombre d'entre eux ont assurément contribué à rendre historique (P. D., Vol. 94, page 92.)

M. Freeman THOMAS (Hastings) :

Je me range entièrement à l'avis émis par le très hon. baronet, le député de la Forêt de Dean ( sir Chas. Dilke ), — avis auquel, je suis heureux de le constater, le noble lord a donné l'assentiment le plus complet — au sujet de la " Yeomanry " impériale dans les colonies. Ce serait, à mon sens, un acte de gracieuseté de notre part (!), eu égard aux événements passés, si nous donnions notre acquiescement aux suggestions faites au sujet de ce corps militaire. Je suis convaincu que cette démarche de notre part serait accueillie avec enthousiasme aux colonies ; et je dois ajouter qu'on formerait ainsi un corps militaire qui ne le céderait à nul autre, en valeur, au point de vue de la défense de l'empire. — (page 106.)

L-e lendemain, au cours du même débat, le colonel BROOK- FlEIyD, M. P., critiquait le projet de M. Brodrick, le trouvant tout à-fait insuffisant ; il dit :

......11 est à espérer que ce système impérial comprendra, avec le temps, des

troupes coloniales. Je ne vois pas pourquoi on les exclut à l'heure actuelle On

pourrait y arriver en poussant à prendre du service toutes ces troupes coloniales qu'il — [le ministre de la Guerre] — dit naïvement n'avoir que l'intention de demander d'une manière incidente (P. D., Vol. 94., page 353.)

L,e 20 mai, le Colonel IyEGGE, demande au Secrétaire de la Guerre s'il va aviser à inviter les colonies à recruter des corps réguliers pour servir dans l'armée impériale, en Angleterre et à l'étranger, tant en paix qu'en guerre.

M. BRODRICK : La proposition a été étudiée à maintes reprises ; mais jusqu'ici on ne l'a pas trouvée praticable, y espère que nous allons pouvoir commencer tinc organisation de ce genre grâce à "V Impérial Yeomanry. "- — (P. D., Vol. 94, page 583.)

J'ai eu l'avantage de suivre une partie du débat soulevé par le duc de Bedford, à la Chambre des Lords, en juin dernier, au sujet des réformes urgentes et radicales qu'exige l'armée anglaise. Personne n'a pu entendre le discours du général Wolseley, sans être frappé de la faiblesse militaire de la Grande-Bretagne et des difficultés presque insurmontables qu'éprouvent les autorités pour opérer le recrutement. Voici quelques extraits de ce débat :

Le 25 juin, le duc de BEDFORD (unioniste) proposa la résolution suivante :

Que, dans l'opinion de cette Chambre, les conditions offertes aux recrues ne sont pas suffisantes pour faire face aux exigences que comportent des propositions ; — (P. D. , Vol. 95, page 1370.)

— c'est à dire le projet de réforme du Secrétaire de la Guerre. Le duc dit :

J'attire l'attention — [des Pairs] — sur ces propositions qui sont censées être le

résultat de l'expérience que la guerre actuelle nous a fait acquérir Et cependant

les propositions du gouvernement négligent les trois principales leçons de la guerre.

On ne propose aucune tentative de créer une réserve réelle On ne fait aucun effort

pour organiser un corps de 30,000 hommes, en état de s'embarquer à vingt-quatre heures d'avis, sans qu'il soit besoin de rappeler des hommes rentrés dans la vie civile pour prendre la place des enfants qui servent sous les drapeaux, et de désorganiser ainsi chaque bataillon au moment de l'embarquement. Enfin le gouvernement ne fait preuve d'aucune détermination d'asseoir un plan élaboré de défense impériale sur la réorganisation de notre système militaire et sur le dévouement patriotique de nos colonies (P. D., Vol. 95, pages 1350-51).

Il se prononce ensuite contre l'établissement d'un régime de conscription.

Le 28 juin, au cours du même débat, lord HAMPDEN, ancien gouverneur de la Nouvelle-Galles du Sud, parla de l'organisation de la Yeomamy que projetait M. Brodrick, le ministre de la guerre :

Je voudrais dire un mot de l'action de l'Australie. Je ne veux pas parler des

services admirables et des sacrifices de l'Australie dans cette guerre Ce dont je veux

parler, c'est la possibilité d'une coopération entre les grandes colonies autonomes et le gouvernement britannique pour maintenir une force d'infanterie à cheval qui pourrait être employée dans les limites de V Empire (P. D., Vol. 96, page 213).

Répondant aux critiques du duc de Bedford, le marquis de LANSDOWNE, ancien secrétaire d'Etat pour la guerre, disait :

Que le noble duc nous blâme parce que nous n'avons pas, dans les quelques

mois à notre disposition, préparé et soumis un projet élaboré de défense coloniale me semble le comble de l'exigence déraisonnable. Tout projet d'organisation de la défense de l'Empire sur une grande échelle comporte une coopération des forces anglaises et coloniales et exige la préparation la plus soigneuse et la plus réfléchie. A mon avis, il est absolument insensé de songer à faire adopter un projet de ce genre à la hâte, sous quelques mois, par le parlement de ce pays et par ceux des colonies.... (P. D., Vol. 96, page 219).

Il appuyait aussi sur le danger de trop gonfler le budget. Voici ce que disait lord WOLSELEY :

Des leçons nombreuses et importantes que cette guerre nous a enseignées,

l'une des plus importante.?, dans mon opinion, c'est que notre armée est beaucoup trop

restreinte en nombre Il n'est que deux moyens par lesquels nous puissions^obtenir

une armée suffisante pour notre but. Le premier, c'est le set-vice obligatoire ; — et je ne crois pas moi-même que le temps soit arrivé d'en faire l'essai, que l'esprit du peuple se soit assez familiarisé avec l'idée de la conscription ; et le second, c'est le simple procédé des pounds, schillings and pence Vous faites l'affichage pour avoir des hommes

mais vous n'obtenez que des enfants. Ils disent qu'ils ont 18 ans ; mais nous savons très bien qu'un grand nombre d'entre eux n'ont pas 18 ans ; et s'ils subissent avec succès l 'examen médical et offrent les conditions requises quant à la taille et à la mesure de poitrine, on les accepte. En supposant même qu'une recrue ait 18 ans, elle ne peut faire

un soldat vraiment accompli avant trois ans de service Le nombre d'hommes qu'il

faudra congédier à la fin de la guerre sera très considérable. Je crois que l'année après la guerre il vous faudra de 80,000 à 100,000 hommes ; et l'idée que vous pouvez obtenir ce nombre de recrues par les moyens que le Secrétaire de la Guerre a suggérés dans son admirable et habile discours, est l'idée d'un visionnaire et non celle d'un homme pratique (P. D., Vol. 96, pages 235-6-7).

LORD TWEEDMOUTH : Je ne plaide pas en faveur d'une augmentation

considérable de la paye de nos soldats et j'appuie entièrement tout ce qu'a dit le Secrétaire d'Etat pour les Affaires Etrangères (Lord Lansdowne) quant au danger d'accroître notre budget déjà énorme.. .(P. D., Vol. 96, page 243).

Quelques jours plus tard, parlant à la Royal United Service Institution, lord WOLSELEY disait :

La première question à laquelle nous devons répondre est celle-ci : Quelle doit

être la force de noire armée ? Comment nous aurons une armée se résume, à mon

avis, dans un problème très simple : c'est que tout homme, en Angletere, doit s'offrir lui-même ou payer quelqu'un pour servir à sa place. // nous faut lever une armée et si nous ne pouvons pas y arriver avec un schilling, il nous faut y mettre deux schillings...

' {Times, 8 juillet 1901).

Si l'on confronte les arguments de lord Wolseley et ceux de lord Tweedmouth, qui synthétisent parfaitement les deux courants principaux de l'opinion publique en Angleterre, à l'heure actuelle, on ne peut qu'en tirer la conclusion suivante : l'Angleterre a besoin de soldats ; elle ne peut recruter chez elle que des enfants, à moins de doubler la solde ; et même à ce prix elle n'est pas sûreM' obtenir le nombre voulu de recrues désirables. D'autre part, le peuple abhorre l'idée de la conscription ; et le fardeau des impôts a presque atteint le poids extrême que le contribuable anglais peut supporter. N'est-il pas naturel que les gouvernants de la Grande-Bretagne jettent les yeux sur ces colonies qu'ils ont méprisées si longtemps, auxquelles ils ne trouvent pas possible d'accorder les moindres faveurs commerciales, mais dont ils espèrent obtenir à bon marché des recrues pour leur armée et leur marine ? Et cet espoir se nourrit des protestations enflammées des naïfs colons et des déclarations de nos représentants qui ne manquent jamais, lorsqu'ils vont à Londres, d'assurer à leurs maîtres qu'ils peuvent compter sur le dévouement sans bornes des loyales colonies.

J'aurais pu multiplier les déclarations des autorités militaires, établissant combien l'Angleterre a besoin de venir chercher aux colonies des volontaires et des recrues, pour remplacer ses propres citoyens qui trouvent plus commode de laisser les colons accomplir les devoirs qu'ils refusent eux-mêmes de s'imposer. Je me contenterai de citer un article sur '* l'Armée des Indes", du major-général sir Edwin COLLEN, ancien attaché militaire du conseil du gouverneur-général des Indes. Cet article vient de paraître dans Y Empire Review, décembre 1900 :

On ne saurait guère mettre en doute que quiconque, citoyen ou soldat, qui réfléchit un peu à ce sujet verrait avec faveur la préparation d'un plan de défense impériale embrassant une flotte assez puissante pour commander les mers en défiant toutes combinaisons possibles. Ce plan comporterait une défense efficace du royaume et l'organisation de forces suffisantes pour faire tace à toutes nos responsabilités, dans toute campagne possible ; cette armée devant s'accroître de forces militaires venant des autres parties de l'Empire et organisées d'avance dans ce but ainsi que pour la défense locale. Donnez à cette armée le nom que vous voulez — armée régulière ou troupes permanentes, milice, yeomanry ou volontaires, — il nous faut avoir (t«r must hâve) des soldats bien disciplinés, prêts à entrer en campagne en grand nombre, pour défendre l'Angleterre, les contrées où elle possède des intérêts, et toutes les parties excentriques de l'Empire.

Tel est le problème qu'il nous faut résoudre. Les opinions peuvent différer quant au nombre d'hommes que nous de vous avoir, quant au moven de les obtenir et quant à la manière d'organiser cette armée ; mais il ne saurait y avoir de divergence sérieuse sur le principe général. Il s'élève alors un obstacle important dès le début des difficultés qui nous confrontent, et c'est celui de l'ignorance des faits. Comment pouvonsnous venir à comprendre les conditions de chacune des parties de l'Empire ? Le seul moyen d'y arriver, c'est de faire des efforts pour répandre l'étude de ces conditions. L'instruction supérieure aussi bien que l'enseignement primaire devront comporter à l'avenir un devoir impérieux^; celui d'enseigner sur une échelle beaucoup plus vaste qu'aujourd'hui l'histoire, la géographie, et les conditions particulières des pays divers qui composent l'Empire. Il est nécessaire que ceux qui espèrent conduire et gouverner l'Etat acquièrent une connaissance intelligente de l'organisation navale et militaire et des ressources de l'Empire tout entier

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