‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 77 sur 289 · TROISIEME CONTINGENT CANADIEN · texte numérisé non relu

TROISIEME CONTINGENT CANADIEN

En attendant les pièces officielles que je ferai sortir des ténèbres à la prochaine session — à moins que Son Excellence le comte de Minto, vicomte de Melgund, ne décide, en son omnipotence, qu'elles ne sortiront pas — on a maintenant l'explication de ce troisième contingent, offert par le cabinet fédéral en mars ou avril 1901 et accepté récemment par les autorités britanniques. M. Brodrick, dès le 9 mars, et lord Stanley, le 14 mai, nous donnent même le pourquoi de ce nom de Yeomanry qui a si fort blessé la vanité de nos jingos. L,es ministres anglais ont tôt fait de jauger notre puérile vanité : ils ont changé le nom ; — mais Xefait reste et un millier de Canadiens sont encore partis pour le Sud-Africain.

Le gouvernement ne peut invoquer, cettte fois, l'excuse de la pression populaire. Il subit la pression politique de Downing Street. Il ne s'agit plus seulement d'une levée extraordinaire de troupes pour l'Afrique du Sud : c'est l'inauguration, au Canada, d'un système permanent et régulier de recrutement pour l'armée anglaise. Les négociations dont on a pu suivre les traces à chaque page qui précède ont enfin abouti. Les autorités britanniques réalisent leur rêve longtemps caressé et accomplissent les promesses réitérées qu'elles ont faites au Parlement et au peuple de la Grande- Bretagne : elles "organisent" la "'loyauté'" des colonies.

L'envoi de ce régiment est donc plus grave, au point de vue de notre avenir, que l'expédition des deux premiers contingents.

On s'évertue à faire valoir que cette nouvelle levée de troupes est sans conséquence, attendu que l'Angleterre en solde tous les frais. En sommes-nous vraiment rendus à ce point d'ignominie qu'une question de piastres et de sous a plus d'importance à nos yeux que la dignité et l'indépendance de notre pays ?

Je ne parle pas de la responsabilité morale que nous encourons en participant à une guerre odieuse, où la corde et la torche deviennent les armes favorites ; — une guerre qui révolte la conscience des peuples, sinon celle des gouvernants, du monde entier ; Une guerre qui fait rougir de honte et pleurer de douleur la partie la plus saine et la plus noble du peuple anglais. Les sages en place ou en quête de place me font déjà passer pour un peu fou ; si j'abordais le côté moral de la question, on me fermerait les portes du Parlement, pour cause d'insanité d'esprit ; — or, j'ai encore quelque chose à dire à Ottawa.

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