‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 81 sur 289 · RÉSERVE NAVALE COLONIALE · texte numérisé non relu

RÉSERVE NAVALE COLONIALE

" L'Amirauté s'est demandé comment une réserve navale pourrait être organisée " dans les colonies. Il a expliqué qu'au moyen d'une organisation convenable, le " gouvernement pourrait obtenir un précieux contingent du Canada ou de l 'Australie! " Que les négociations avec le Canada étaient en bonne voie de progrès ; que le 11 Canada avait demandé que la période du service préparatoire fût réduite, mais " qu'une décision finale n'avait pas été prise à ce sujet.' '

. 2. Des négociations ont-elles été ouvertes, ou sont- elles actuellement en voie, entre le gouvernement britannique et le gouvernement canadien, ou entre quelques-uns de leurs membres, sur la question mentionnée par M. Goschen ?

Le Premier-Ministre (Sir Wilfrid LAURIER) : On a signalé au gouvernement le rapport de la déclaration dite avoir été faite par M. Goschen ; mais le gouvernement ne croirait pas sage de prendre officiellement connaissance d'un rapport de cette nature sans avoir vu la déclaration même du ministre. En attendant, je puis dire qu'il n'y a eu ni arrangement ni négociations. Seulement il y a eu des communications non-officielles entre le gouvernement et les autorités impériales.

{Débats Parlementaires, 1900 — version française — vol. I, page 1455).

Je dirai en passant, pour l'honneur de ma langue, que ceci est une traduction officielle, c'est-à-dire barbare. J'avais posé cette question en anglais.

Mais ce qui n'était pas officiel ni même connu au parlement canadien était bien connu à Londres. Le Globe, de Toronto, reproduisait, le 12 mai 1899, quelques lignes d'un article de la London Letter où je trouve ce qui suit :

L'Australie contribue dès longtemps en deniers à l'entretien d'une escadre de petits croiseurs ; la Colonie du Cap propose de payer l'intérêt du coût total d'un vaisseau de guerre ; le Natal offre du charbon gratuitement — et maintenant le Canada propose de recruter des hommes disciplinés. En dépit des assurances optimistes de M. Goschen, nous devons considérer la contribution du Canada comme la plus précieuse de toutes. Il est peut être aussi facile que l'assure le premier Lord de l'Amirauté d'obtenir autant d'hommes qu'il en faut pour la marine même. Il est assurément plus difficile de trouver le nombre voulu de recrues satisfaisantes pour la réserve de la marine royale {Royal Navy Réservé), A l'heure actuelle, si nous étions obligés de mobiliser à la hâte, tous les hommes disponibles de la marine rovale et de la réserve seraient également nécessaires pour équiper les vaisseaux que nous avons aujourd'hui. Nous n ''avons pas de réserve réelle. De plus, nous augmentons chaque année le nombre de nos vaisseaux et nous ne pourrons pas les fournir d'équipages. Un autre argument en faveur de la proposition du Canada, c'est qu'il est désirable d'avoir à notre disposition des hommes disciplinés sur les lieux afin de remplir les vides faits dans les engagements. A tout prix, que l'Amirauté fasse tout en son pouvoir non seulement pour aider le gouvernement du Canada à mettre ce projet à exécution, mais pour induire les gouvernements des autres colonies autonomes à adopter des projets analogues.

On verra plus loin, au chapitre VII, que sir Louis Davies reconnut lui-même, à une réunion de la Ligue de l'Empire britannique, tenue à Ottawa, en avril 1900, "qu'il avait eu l'honneur de discuter cette questioyi avec M. Goschen et qu' elle avait fait des progrès satisfaisants."

Il est évident que certains hommes publics croient devoir répondre de leurs actes à la Ligue de l'Empire plutôt qu'au parlement de la nation.

Je tiens de source absolument certaine et très autorisée, bien que je ne puisse dévoiler de nom propre, qu'au cours de l'été de 1899, Ie général Huttpn demanda à un officier Canadien-français de notre milice de lui préparer un rapport approximatif établissant le nombre de jeunes gens qu'on pourrait recruter pour la marine anglaise dans les comtés de la province de Québec qui bordent les deux rives du bas St-L,aurent.

Union Commerciale : Ses lenteurs

On a vu que tout en admettant les difficultés qu'ils rencontrent sur la route de l' impérialisme militaire, les hommes d'Etat britanniques n'ont jamais fait la moindre tentative pour répousser les propositons favorables à la contribution des colonies au soutien de la marine et de l'armée anglaises. Au contraire, ils ne perdent pas une seule occasion d'assurer au parlement et au peuple de la Grande- Bretagne qu'ils font de leur mieux pour faire mûrir ce projet. " Soyons discrets, soyons prudents, disent-ils, et nous atteindrons le but."

Voyons comment les ministres de Sa Majesté ont accueilli les rares propositions faites au parlement britannique dans le but de favoriser le commerce des colonies.

Xe 27 avril 1897 :

M. J. F. HOGAN, M. P.; Je demanderai au Secrétaire d'Etat pour les Colonies: (1) S'il a noté que le nouveau tarif canadien établit un commerce de faveur avec la mère-patrie ; (2) si le gouvernement de Sa Majesté saisira la première occasion favorable pour reconnaître cette action du gouvernement canadien, sur un sujet aussi important, et pour y répondre, si possible, par une action réciproque ?

Le Secrétaire d'Etat pour les Colonies, M. CHAMBERLAIN : La réponse à la première partie de la question de l'honorable député est affirmative. Le gouvernement de Sa Majesté ressent cordialement le bon esprit qui a inspiré l'action du gouvernement canadien ; mais je comprends que ces propositions ne dépendent nullement d 'aucune modification du régime de libre-échange établit dans le Royaume-Uni. — (P. D., vol. 48, page 1138).

Nous allons voir maintenant le sort qu'ont subi trois propositions analogues dont Sir Howard Vincent était le père ou le parrain. Ces propositions furent faites respectivement en 1897, ^99 et 1901. On constatera de quelle façon progresse, dans la mère-patrie, cet amour réciproque que la guerre d'Afrique et "le sang versé en commun" ont, au dire de tous les panégyristes de cette horrible boucherie, fait germer avec tant de splendeur.

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