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REPRÉSENTANTS RÉUNIS EN CONFÉRENCE

— pas même par leurs parlements ! —

Que la représentation dans un conseil fédéral devrait être proportionnée à la contribution respective des divers Etats ;

Que des copies de cette résolution soient envoyées à lord Sahsbury et aux premiersministres des colonies autonomes pour être soumises à leur considération.

Il convenait que cette résolution fnt appuyée par un ' ' loyal ' Canadien. Ce fut à M. Thomas McFARLANE, délégué du Board of Trade d'Ottawa, et de plus, fonctionnaire du gouvernement fédéral, que l'honneur fut dévolu. Dans son boniment, cet impérialiste ardent cita le discours de lord Salisbury, au banquet de la Ligue de l'Empire, le 30 avril 1900. C'est dans ce discours que le Premier- Ministre conseillait aux impérialistes de ne pas aller trop vite en besogne (1). M. McFarlane reprocha à Lord Salisbury sa politique de temporisation et co7iseilla aux autorités britanniques de revenir à la politique centralisatrice et autoritaire de lord Beaconsfield à l'endroit des colonies.

Le sénateur DRUMMOND, délégué du Board of Trade de Montréal, vint à la rescousse. Il déclara que la proposition de M. Tonks n'allait pas assez loin ; que les coloniaux, les Canadiens en particulier, ne voulaient pas se contenter de mots si vagues que 1 'sympathie croissante" et "sentiment d'union".

(1) Voir au chapitre II, page lv.

Je crois, dit-il, que le moment est arrivé où l'Angleterre reconnaîtra qu'elle doit s1 attacher (she miist bind) ses colonies comme parties intégrantes de l'Empire ; et que ce qu'on décrit comme un simple "sentiment d'union" ne prendra pas racine un seul instant.

Les délégués britanniques eurent toutes les peines du monde à calmer l'ardeur de ces enflammés. Lord AVEBURY, délégué de l'Association des chambres du commerce du Royaume-Uni et représentant de la chambre de Londres, leur fit observer qu'en

. . . .votant pour la première proposition, nous désirons qu'on comprenne^que nous croyons que la résolution de la Chambre de Birmingham nous mène aussi loin que nous sommes prêts à aller. Beaucoup d'entre nous, tout en appuyant ce que la Chambre de Birmingham propose aujourd'hui, croyons que le moment n 'est pas éloigné où nous verrons adopter ce qtie suggère la Chambre de CapeTown.

On s'entendit enfin pour formuler une nouvelle proposition que M. Tonks substitua à la première. En voici le texte :

Que les sentiments de citoyenneté impériale qui remplissent l'Empire, et l'union déjà accomplie entre la mère -patrie et ses colonies, rendent praticable et désirable la formation, à date prochaine, d'un Conseil Impérial et consultatif de représentants, où la mère-patrie et ses colonies auront une représentation équitable pour traiter (to deal with) des questions coloniales et impériales ; et que cette question soit soumise au gouvernement de Sa Majesté.

M. McLKOD, délégué de Fredericton, Canada, appuya cette proposition.

Quelqu'un fit observer que les mots "to deal with" faisaient du prétendu Conseil consultatif un véritable Exécutif. On substitua les mots ' ' consider and advise " à " to deal with ' ' — non sans que le brave délégué canadien protestât : dans son zèle impérialiste, il voulait supprimer d'un trait de plume notre gouvernement fédéral et nos huit gouvernements provinciaux.

La résolution passa d'emblée.

La proposition en faveur de l'union douanière de l'Empire fut faite par M. KEMP, délégué de Toronto, aujourd'hui député à la Chambre des Communes du Canada. La plupart des délégués des Chambres britanniques la combattirent. Les délégués coloniaux invoquèrent en vain le suprême argument qui leur faisait défaut au congrès précédent : je veux dire la contribution des colonies à la guerre sud-africaine. Les Canadiens firent aussi valoir les bonnes dispositions que leur pays avait manifestées en accordant un tarif de faveur aux produits britanniques. Tous ces arguments laissèrent les représentants anglais et écossais absolument froids. M. THOMP- SON, délégué de Manchester, parlant des colonies, résuma ainsi sa pensée et celle de ses collègues :

Leur commerce nous est d'une grande valeur; mais nous prisons leur amitié beaucoup plus que leur commerce. Les événements de l'année dernière ont convaincu tous les Anglais de l'énorme appui moral et matériel que nos compatriotes, des colonies peu-

vent donner et donnent réellement à la mère-patrie pour la défense de l'Empire. Voici qui vaut beaucoup mieux qu'une simple communauté d'intérêt ; c'est essentiellement une union des coeurs.

C'est vraiment attendrissant !

M. ANDERSON, délégué d'Edimbourg, peignit la situation en deux mots et dit nettement aux coloniaux :

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