CXII
Les dignitairevS élus pour l'année courante furent les suivants :
Président : lieut. -colonel G. T. Denison. Vice- Présidents : (Ontario), Sir Oliver Mowat, Sir MacKenzie Bowell, M. Alex. McNeil, M. P.; (Québec), Lord Strathcona, l'honorable J. I. Tarte, M. A. McGoun ; (Nouvelle-Ecosse), Sir M. Daly, Monseigneur O'Brien ; (Nouveau -Brunswick), Sénateur Wood, Dr Weldon ; (Ile du Prince- Edouard), M. Howland, ancien lieutenant-gouverneur; (Manitoba), l'honorable J. C. Patterson ; (Territoires du Nord-Ouest), l'honorable C. R. MacKintosh ; (Colombie anglaise), M. Hewitt Bostock, M. P.
(Bruis A Empire Review, vol. I, No. 10, avril 1900.)
RÉUNION DE IÇOI
L'assemblée de 1901 s'ouvrit à Ottawa, le 13 février, sous la présidence du colonel DENISON. Un grand nombre de ministres, de sénateurs et de députés y assistaient. L'honorable M. ROSS, premier-ministre d'Ontario, écrivit, exprimant ses regrets de ne pouvoir assister à la réunion ; sa lettre se terminait ainsi :
J'espère que l'assemblée sera couronnée de succès et qu'elle aura pour effet d'activer nos relations avec l'Empire et de fortifier l'influence delà Ligue qui a déjà accompli un si bon travail.
Le rapport de l'année, en date du 26 janvier 1901, contenait les lignes suivantes :
Votre comité considère qu'on devrait établir un conseil consultatif de l'Empire et prendre des mesures immédiates pour agencer les forces militaires et navales de l'Empire. Votre comité recommande fortement que, comme travail préliminaire, le gouvernement et le parlement du Canada réorganisent sans délai les milices canadiennes, en accroissent l'effectif, et s'inspirent des méthodes modernes de guerre et des leçons que nous donne l'usage des armes perfectionnées au Sud-Africain. Nous avons vu l'Empire tout entier accourir au secours de l'une des colonies. Personne ne peut dire où sera frappé le prochain coup ; et il y va de l'intérêt de chacune des parties de l'Empire de se tenir toujours prête à faire sa part tout entière dans la défense commune, afin de pouvoir réclamer assistance à l'heure du danger. Qu'il y ait une conférence impériale ou non, le devoir manifeste du peuple canadien et son intérêt lui imposent ce travail.
Votre comité a insisté à maintes reprises sur l'importance d'organiser une réserve pour la marine royale au Canada. A la réunion annuelle de cette Ligue, il y a deux ans, sir Louis DAVIES déclara que c'était l'intention du gouvernement de prendre des mesures pour organiser cette réserve. Votre comité a donc confiance que cet appoint à la défense nationale sera bientôt en parfaite opération. — (Page 179.)
En proposant l'adoption de son rapport, le président fit le discours obligé sur la guerre d'Afrique, le sang versé en commun et tous les lieux communs qui inondent l'empire depuis deux ans :
La guerre sud-africaine sera bientôt terminée, espérons-le ; et il nous est maintenant permis de regarder autour de nous et de mesurer la portée du mouvement que les grandes colonies autonomes ont créé en aidant la mère-patrie à défendre les intérêts de l'Empire. Leur part proportionnelle de secours n'a peut-être pas été considérable ; mais elles ont au moins prouvé qu'elles s'éveillaient pour la première fois au sentiment de leurs devoirs envers la mère-patrie et des devoirs mutuels que les colonies se doivent entre elles. Il est maintenant impossible de revenir sur nos pas ; et il faudra, tôt ou tard, discuter et résoudre en entier le problème des devoirs réciproques et des responsabilités de chacune des parties de l'Empire
CXTV
Notre Ligue a fait valoir, tant par résolution que dans son rapport annuel, les avantages d'une conférence impériale. Nous croyons qu'il devrait s'en organiser une en Angleterre cette année. Le temps est opportun. L'Empire est rempli de l'idée
impériale ; Toutes les colonies devraient mettre leurs forces militaires sur une
base efficace, tant en hommes, en armes, en munitions qu'en manufactures d'armes. Chaque colonie devrait s' engager à fournir son contingent, en cas d'urgence, dans une proportion équitable qui pourrait être facilement déterminée. En attendant, nous devrions, au Canada, organiser et équiper nos forces au complet. Nous devrions aussi prendre à nos charges l'entretien des garnisons d'Halifax, d'Esquimalt, de Québec, etc. et maintenir leurs forces respectives afin de pouvoir répondre au premier appel en cas de guerre.
Sir CHARLES HIBBERT TUPPER appuya l'adoption du rapport qui faisait valoir, avec plus de force encore peut-être, les plans d'organisation militaire énoncés par le Colonel Denison. Le rapport fut voté à l'unanimité.
Sir CHARLES HIBBERT TUPPER proposa :
Que cette Ligue, étant en faveur de l'organisation d'un Conseil consultatif de l'Empire, recommande fortement à notre gouvernement et à la Ligue, en Angleterre, qu'une conférence impériale se réunisse en Angleterre, sous un court délai, afin d'aviser à l'établissement de ce conseil et d'étudier aussi les questions de la défense de l'Empire, d'un commerce différentiel dans l'Empire, des cables impériaux, d'une loi de faillite uniforme, et autres sujets qu'on pourrait étudier.
M. Benjamin RUSSELL, M. P., dit qu'il ne pouvait souscrire à toutes les opinions que le Président avait émises en soumettant son rapport ; mais qu'heureusement la proposition actuelle ne les entraînait pas à ratifier les vues du Colonel Denison sur certaines questions épineuses. Il appuya donc avec empressement la dernière proposition
Il est étonnant de constater avec quelle rapidité le pays arrive à adopter des
vues qui, il y a très peu d'années, était l'apanage exclusif d'une demi-douzaine d' hommes qu'on regardait comme des lunatiques
M. R. L. BORDEN, leader de l'opposition, proposa une résolution recommandant la formation d'une réserve de la marine royale parmi nos hommes de mer. Il dit qu'il y avait, dans les provinces maritimes, une aussi belle population de marins qu'on en pouvait trouver n'importe où ailleurs au monde. En organisant cette réserve, le Canada posséderait ainsi une milice navale aussi forte que son armée de terre
M. Aulay MORRISON, M. P., appuya fortement la proposition.
M. Frédéric D. MONK, leader de l'opposition de Québec, déclara que c'était la première fois qu'il assistait à une réunion de la Ligue ; qu'il étudierait soigneusement le rapport et que le peuple de Québec en ferait autant. La province de Québec ne se désintéressera pas des grandes questions qui sont maintenant à l'étude. Elle se rend compte qu'on pourrait améliorer, sur beacoup de points, les relations qui existent entre le Canada et la mère-patrie. . . . y espère que la première résolution sera mise à exécution parce qu'il n'est pas d'endroit où l'on puisse étudier ces relations avec plus d'attention que dans la métropole, ye suis d' accord aussi avec les- autres propositions. Québec a des droits particuliers à maintenir et tient à ce que ces droits soient respectés ; mais notre province se préoccupe aussi, — et elle a prouvé la sincérité de cette pensée — de faire de son mieux pour le développement de notre pays et de ce grand empire.
Tous les dignitaires de l'année précédente furent réélus, sauf pour la Nouvelle-Ecosse, où le lieutenaut-gouverneur Jones remplaça sir M. Daly ; et la Colombie anglaise, où sir Henri Joly de Lotbinière succéda à M. Bostock. On ajouta au comité exécutif MM. Borden, Monk, Kemp, Brock, Barker et tous les autres députés qui n'en faisaient pas partie auparavant.
(Btitish Empire Review, vol. II, No. 9, mars 1901.)