‹ Bromures et l'Hypochloruration: Leur Emploi Dans Les AsilesChapitre 11 sur 13 · II. — L'HYPOCHLORURATION N’EST-ELLE PAS NUISIBLE · texte numérisé non relu

II. — L'HYPOCHLORURATION N’EST-ELLE PAS NUISIBLE

Un régime pauvre en chlorures met l'organisme à même de mieux se laisser pénétrer par les bromures alcalins. Nous n'avons pas étudié le mécanisme de cette substitution des sels de brome aux sels de chlore dans l'organisme, mais nous avons, croyons-nous, assez cité de noms pour uous en dispenser. Ce mécanisme, établi par Richet, Toulouse, Neucki, Schoumow-Simanouwski, par J.-N. Laufer (Revue de psychiatrie, septembre 1901) est suffisamment connu aujourd'hui, et nous pouvons nous borner seulement à rappeler les conclusions de ce dernier : |

« Nous pouvons conclure, relativement à l'action des bromu- » res avec l'hypochloruration, à une substitution, dans une » certaine mesure, du brome au chlore.

» Le sel chasse le brome de l’organisme et augmente son » élimination, qui devient à la fois plus rapide et plus inteuse ; » 1] chasse également les phosphates. »

Mais cette substitution ne va-t-elle pas produire d'accidents ? Nous avons eu l’occasion de voir bon nombre de malades, soumis à la dièle hypochlorurée, chez qui, non seulement, l'état général ue souffrait pas, mais qui n'ont, à aucun moment, présenté des manifestations d'intoxication bromique. Il nous sou. vient d’un seul malade. Un dément précoce, déchireur acharné, se masturbant avec frénésie, chez qui on n’arrivait à un résultat

cas ee

* qu'au prix de l’alitement continu, du traitement bromuré et de l'hypochloruration. Lui seul a présenté de l'acné bromique persislante, Quant aux autres accidents, ils ont loujours été évités, soit par la suppression graduelle du médicament et du régime, soit par des bains fréquents el une sage action sur le tube digestif.

Si l'on consulte Féré, le seul moyen d'éviter les accidents bromiques, c'est l’antisepsie intestinale : pour lui, la série des naphtols constitue les meilleurs remèdes pour assurer cette fin.

Dans un article de la Revue de Médecine (1900), Ch. Féré, parlant de la tolérance des bromures, déclare avec justesse, qu'un vieil épileptique, dont les accès sont suspendus, n’est pas un épileptique guéri, et que la nécessilé de persister dans l'usage du médicament s'impose. « La bromuralion progressive surveillée, dit-il, nè présente à aucun âge, d'autre danger que la constatation de l'intolérance du malade et de l’ineftficacité du traitement.

» L’antisepsie intestinale et cutanée favorise grandement la tolérance, comme je l'ai montré à plusieurs reprises. La mort ne peut jamais être considérée comme une conséquence normale de la bromuration; elle est une conséquence d'un défaut de surveillance de la bromuration.

» MM. Richet et Toulouse ont soutenu récemment que la suppression du chlorure de sodium ajouté aux aliments dans le régime ordinaire, exalte l’activité du bromure de sodium, qui peut même produire du bromisme à doses faibles, de # gr. par exemple. On ne peut pas augmenter l’activité du médicament sans augmenter les chances de l'intolérance ».

Il est vrai que l'hypochloruration exige dela part du médeein qui l’applique à ses malades plus de précaution et de survêillance ; mais si cette hypochloruration est sagement appliquée, peut-être peut-on arriver à surveiller d'assez près

l'intolérance pour en éviter les chances, qui, jusqu'à un certain point, deviennent effectivement plus nombreuses, si on exalte la puissance du médicament.

Quant à l’antisepsie intestinale, elle a été inconsciemment tentée depuis qu'on a essayé de soigner scientifiquement les maladies nerveuses. |

Nous disons antisepsie ; il vaudrait mieux dire désinfection ; c'est-à-dire qu’on a essayé d'agir sur le tractus intestinal, de façon à réaliser le libre cours des matières par des laxatifs ou même des purgatifs fréquents, ce qui est assurément le meilleur moyen d'éviter les fermentations putrides et les infections coli-baciilaires el autres. Ceci ne veut pas dire, bien cutendu, que si l'on peut ajouter à ces moyens d’autres agents désinfectants, nous ne saisissions l’occasion de Îles employer.

Certes, l’hypochloruration a du bon, est très utile. Mais, peut-être, les reproches de Ed. Féré sont-ils un peu justifiés. Bien que ni M. Toulouse, ni les médecins italiens ou allemands, ni tous ceux qui l'ont expérimenté, n'aient paru avoir à signaler des cas réels d'intolérance bromique, cependant, il est très légitime de redouter cette intolérance. C'est ici où nous apercevons l'utilité pratique du régime hypochloruré tel que nous l'avons vu pratiquer à l'asile de Mayenne, régime qui répond à une donnée des plus rationnelles, puis-

qu'il tend à diminuer le chlorure de sodiam de l’alimentation :

et qu'en même temps il assure une certaine quantité de sel de luxe, permettant ainsi d'éviter une action trop brutale du bromure. | |

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