II. — L'HYPOCHLORURATION
Nous le répétons, ce n'est pas avec la prétention de faire une étude chimique et physiologique de la diète hypochlorurée que nous avons abordé cette modeste étude.
Sur cette voie, nous arrivons bon dernier, et, de plus, étant donné notre faible compétence en la matière, étant donné aussi la perfection des résultats obtenus par nos prédécesseurs dans leurs investigations, il nous serait bien difficile d'arriver à énoncer des idées qui aient quelque apparence de nouveauté et surtout de personnalité. J.-N. Laufer, dans sa thèse inaugurale, a étudié avec conscience le rôle des chlorures dans lorganisme, et dans l'alimentation, et l’action des composés bromés sur l'organisme soumis à l'hypochloruration.
Cette parte de notre étude serait au reste forcément incomplète, puisque nous ne nous sommes pas livré aux recherches de nos prédécesseurs el que, en particulier, en ce qui concerne l'analysé des urines, nous n'avons pas expérimenté personnellement.
Les bromures alcalins et le bromure de potassium en particulier semblaient done être la vraie, la seule ressource, le moyen héroïque de juguler sinon de guérir les crises convulsives. | En 1878, Ch. Richet fit paraître dans le Journal de l'Anatomie el de la Physiologie, publié par Charles Robin et par
G. Pouchet, une étude sur les Propriétés chimiques 21 physiologiques du suc gastrique ches l'homme et les animaux. Gette étude se terminait par quelques lignes, éminemment suggeslives, par ce fait qu'elles font déjà prévoir la méthode qui nous occupe. Qu'on nous permette de citer textuellement :
. «Je noterai un essai expérimental qui peut être rapporté, quoiqu'il m'ait malheureusement donné des résultats négatifs. Espérant remplacer, au moins en partie, l'acide chlorhydrique de l'estomac par l'acide bromhydrique, je donnai, pendant dix jours, à un jeune chien, environ 12 gram. par jour de bromure de sodium.
» L'animal étant très affaibli, ceite alimentation bromurée fut cessée brusquement, el remplacée par du Jait, Au bout de vingt-quatre heures, l'animal fut sacrifié : mais, ni dans l’estomac, ni dans le suc gastrique, il n’y avait trace d'acide bromhydrique où même de bromures. Je me propose de reprendre cette expérience en modifiant les conditions expérimentales. »
Telle est l’origine de l’hypochloruration. Ch. Richet reprit cette étude et il la reprit en collaboration avec Ed. Toulouse, médecin en chef de Villejuif |
Dans la séance du lundi, 20 novembre 1899, de l’Académie des sciences, Marey présenta au nom de MM. Ch. Richet et Ed. Toulouse une note du plus haut intérêt. (Effets d'une alimentation pauvre en chlorures sur le traitement de l’épilepsie par le bromure de sodium). Les vues du physiologiste ont été mises à profit par le clinicien, et nous voyons l’hypochloruration systématique proposée dans le traitement de la névrose, en vue de rendre plus sensible l’action des bromures sur l'organisme.
Connaissant les quelques lignes de Ch. Richet, citées plus haut, et qui sont, en quelque sorte, les prémisses dé la méthode, le principe qui à guidé les innovateurs est facile à comprendre.