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Les vrais remèdes eflicaces pour diminuer le pouvoir excitoréflexe médullaire sont les seuls bromures alcalins. Or, pour diminuer le nombre des accès d’épilepsie, nous disons diminuer et non arrêter, il faut arriver à administrer des doses quasi-énormes de bromure. C'est ainsi que l’on voit journeilement dans les établissements où sont soignés les épileptiques, et en particulier dans les asiles, des malades soumis depuis longtemps déjà au traitement bromuré, qui prennent, dans les vingt-quatre heures, jusqu'à quinze grammes de bromure de potassium, et au-delà même.
Suivant une expression connue, le bromure doit être l'aliment de l’épileptique: celui-ci doit en être littéralement saturé. A ce prix seulement, la cessation des accès, et parfois même la guérison complète, après une très longue période de traitement, peuvent survenir. On comprend aisément combien doit souffrir un organisme soumis à un pareil régime, et combien cet estomac « fatigue », puisqu'il est entendu que, seule, une intolérance trop prononcée peut être un obstacle insurmontable à l'application du médicament.
Il ne nous appartient pas ici de parler des accidents d’intoxication et des symptômes d’intolérance consécutifs à l’accumulation du bromure. Nous ne voulons pas, après {ant d’autres, énumérer les principales modalités du bromisme : d'ailleurs, il nous sera loisible d’en dire quelques mots lorsque nous envisagerons la possibilité d'éviter les accidents en combinant la diète hypochlorurée au bromure, ce qui, nous nous en doutons déjà, aura pour premier avantage de nécessiter des doses moindres du médicament, mais aussi de rendre l’axe médullaire et tout l'organisme plus sensible à ce médicament.
«Nous avons pensé, disent Richet et Toulouse, qu’en privant, dans une certaine mesure, l’organisme des chlorures, on devait le rendre ainsi plus sensible à l’action des bromures. Comme, selon toute vraisemblance, les actions médicamen-
teuses sont dues à l'imbibition des cellules par tels ou tels poisons, les actions doivent être d'autant plus intenses que l’appétilion des cellules pour ces poisons est plus intense, et par conséquent, elle doit être augmentée pour lessels alcalins thérapeutiques par l'absence des sels alcalins alimentaires.
» Les faits ont confirmé notre hypothèse.
»Chez trente épileptiques (femmes) soumises à un régime alimentaire spécial, pauvre en chlorures, des doses de 2 gr. de bromure par jour ont fait, partois en moins d'une semaine, disparaitre les accès épileptiques, quelle qu'ait été leur fréquence avant le traitement. »
Avant d'aller plus loin, et de pénétrer plus avant cette note des deux maîtres, qu'il nous soit permis de trouver un peu trop optimiste cette assertion. Loin denous la pensée de juger el d’essayer de critiquer la méthode, qui, si elle n’a pas donné tous les résultats qu'on semblait devoir en attendre, et quelle que soit d’ailleurs la justesse de l’hypothèse de Ch. Richet, ne laisse pas cependant d’être une excellente ressource thérapeutique, à laquelle le médeein, et surtout le médecin des asiles, devra recourir dès qu'il le pourra, en évitant cependant de faire suivre la diète hypochlorurée dans toute sa rigueur. : |
Cependant, il nous semble que c’est aller un peu vite en. besogne, et si l’on peut voir des épileptiques soumis au régime hypochloruré se trouver très bien, quant à leur névrose, dudit régime, nous avons eu aussi l’occasion d'en observer, pendant notre internat, chez qui le régime aurait eu de très fâcheuses conséquences, si sous l'inspiration du docteur Broquère, médecin en chef de l'asile départemental de la Mayenne, on n’avait sagement mitigé ce régime, de telle façon que le sujet était bien soumis à l'hypochloruration, mais que cette hypochloruration, tout en abaissant le taux des chlorures de l'organisme, était telle cependant qu'elle ne pouvait être
nuisible en aucune facon, tant du fait de jintolérance bromique que du fait de la diminution excessive des chlorures.
Ceci dit, continuons à parcourir la communicalion de Richet et de Toulouse :
« Certains sujets, disent-ils, soumis à ce régime alimentaire (pauvre en chlorures), et traités par 2 ou 3 grammes de bromure de sodium, n’ont eu ni accès, ni vertige depuis plus de six mois. Mais il a suffi de les faire revenir au régime alimentaire ordinaire, même en continuant la médication bromurée, pour faire reparaitre les accès, ce qui prouve bien que c'est la combinaison du régime pauvre en chlorures avec la médication bromurée qui produit l'effet thérapeutique.
» Ce régime alimentaire n’a pas d'influence nocive sur la nutrition générale. Le poids a diminué quelquefois, mais, dans d’autres cas, il a augmenté. Nous n'avons pu observer aucun trouble organique, ni thermique, ni vasculaire, ni névro-vasculaire.
» Naturellement, il faut surveiller avec soin les malades, car le bromure de sodium étant, dans ces conditions, beaucoup plus actif, peut produire des accidents de bromisme, même à la dose relativement faible de 4 grammes. De même, il est prudent de ne pas cesser brusquement le régime, de peur qu'il ne survienne, au moment de son interruption, des accès fréquents pouvant dégénérer en état de mal. »
Cessons de citer. Nous sommes en mesure de concevoir le schéma de la méthode : diminuer les chlorures de l'organisme pour le rendre plus sensible aux bromures, et, dans ce but, instituer un régime particulier sur lequel nous reviendrons, régime dans lequel le NaCI n'entre que pour une proportion aussi minime que possible, en sorte que le sel de brome se .substituera au sel de chlore, ce que, du reste, avait déjà entrevu Richet, le jour où il fit l'expérience relatée dans le Journal de l'anatomie et de la physiologie (1878), et le jour où
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il constata dans les urines de sujets soumis aux bromures un excès de chlore et aussi de fer.
Du reste, le fait a été bien et dûment constaté : « Nencki et Schumow-Simanowski, dit M. Linossier, ont démontré, il y a quelques années, que le brome peut se substituer au chlore dans les tissus de l'organisme. Après un traitement bromuré de dix jours seulement, ils trouvèrent dans les divers tissus et organes d'un chien plus de brome que de chlore... Et le brome ainsi fixé n’était pas seulement surajouté aux éléments minéraux du tissu, il était, en réalité, au moins en partie, subsüitué au chlore, car la proportion de ce dernier était moindre que la normale. De ce fait, et d’autres qu'il serait trop long de rapporter ici, résulte cette notion que le brome introduit dans l'organisme ne s'y comporte pas comme un corps étranger, mais peut, dans certaines limites, se substituer au chlore, dont il est si voisin, chimiquement, pour le suppléer physiologiquement.
» Un bon exemple de cette suspléance du chlore par le brome est fourni par l'étude de la sécrétion stomacale. Chez un animal soumis à l’action des bromures, une partie de l'HCI du suc gastrique peut être remplacée par de, l’HBr, en proportion équimoléculaire.
» Si on appauvrit un organisme en chlorures, en supprimant le sel de l’alimentation, tous les tissus deviendront très avides de chlorure et, très probablement aussi, de bromure, qui peut physiologiquement le remplacer. » (M. Nencki et E. O. Schoumow-Simanowski, studien über das chlor und die Malogene im Thierkôrper).
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IT. — DES MOYENS D'ABAISSER LE TAUX DU CHLORURE DANS L'ORGANISME LA DIÈTE HYPOCHLORURÉE
Il est évident qu'il faut, avant tout, restreindre, dans l'alimentation, la consommation du sel et, partant, donner des aliments le moins salés possible. Ne serait-ce qu'au point de vue de la gustation, le NaCI joue un rôle important, sinon indispensable. La thèse de J.-N. Laufer nous instruit sur les diverses circonstances qui président à l'absorption et à l'élimination du chlorure de sodium. Mais, restant dans une sphère plus modeste, nous pouvons nous demander si un sujet peut ainsi s'accommoder d'une privation presque complète de sel dans ses aliments, et nous entendons, en ce moment, le sel pris comme simple eondiment, puisque nous verrons que nos aliments contiennent une assez forte proportion de Na pour parer à l'inanition chlorurée.
Quel était done le régime de Richet et Toulouse ?
L'aliment idéal en matière d’hypochloruration est, sans contredit, le lait, qui ne contient pour 1.000 que 1,06 de chlorure de sodium.
Aussi voyons-nous les partisans de la diète en faire un large et fréquent emploi.
Ce n'est ni le lieu ni le moment de considérer les avantages