‹ Broncho-pneumonieChapitre 5 sur 29 · INTRODUCTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE

pathogènes de l'affection primitive. Ils envisageaient donc les broncho-pneumonies secondaires à la rougeole, à la dipthérie, à la fièvre typhoïde, comme des localisations pulmonaires des microbes de ces différentes affections. Aussi jusqu'à ces derniers temps de'crivit-on comme microbes de la rougeole (Thaon), de la diphtérie {Thaoïi, Prudden et Norlhrup), de la coqueluche (Afanassiew, Wenclt), de la grippe (Gilles, Jolies, Ribbert, Vinkler), les microbes décelés dans les foyers de broncho-pneumonie survenus dans le cours de ces affections.

Mais on ne tarda pas à remarquer que les lésions histologiques étaient dans tous les cas essentiellement identiques, qu'elles ne différaient que par des détails insuffisants à les différencier, variant indifféremment suivant les cas, et qu'elles étaient dues à un nombre restreint de bactéries déterminant indistinctement tous les processus peumoniques aigus. Dès lors, la bronchopneumonie ne fut plus considérée que comme une infection primitive ou secondaire, survenant alors dans le cours d'affections diverses et due à des microbes identiques dans tous les cas et n'ayant aucun rapport avec l'agent pathogène de l'affection primitive.

Cette conception de la broncho-pneumonie démontrée par les études spéciales des broncho-pneumonies secondaires à la rougeole [Tobeitz, Gmriiieri, Moreï), à la diphtérie (Loef/ler), à la fièvre typhoïde [Neumann, Fraenkel, Karlinski,Aruslamoff), aucho\éva{bubreuilli) , à la grippe (Ménétrier, Talamon, Weichselbaum, etc.), fut confirmée par les recherches faites par Pipping, Fraenkel, Cantani sur les broncho-pneumonies primitives, et par celles de Weichselbaum, Netter, sur toutes les broncho-pneumonies, primitives ou secondaires, sans distinction d'origine.

Il convient d'ajouter que malgré ces tentatives d'unification des causes de la broncho-pneumonie, il est bien difficile actuellement d'assigner à celte affection un agent pathogène unique, et les auteurs s'accordent à

reconnaître h A microbes diiïérenls la dclermination des lésions de la pneumonie lobulaire.

La pathogéiiic de la broncho-jineumonie est en somme moins avancée que celle de la pneumonie lobaire, que les bactériologistes s'accordent actuellement à attribuer au seul pneumocoque lancéolé de Talainon-Fraenkel .

Les différences profondes et infranchissables que la clinique et l'anatomie pathologique établissent entre la pneumonie lobaire franche et la pneumonie lobulaire, imposaient évidemment des recherches destinées à mettre en évidence une distinction correspondante entre leurs agents pathogènes.

Fraenkel le premier, dès 1886, s'efforça de distinguer, au point de vue de leurs origines bactériennes, la broncho-pneumonie de la pneumonie franche : il attribua celle-ci au pneumocoque lancéolé, et n'admit le pneumobacille de Friedliinder que comme agent possible de la broncho-pneumonie.

Des recherches assez multipliées sur des bronchopneumonies d'origines diverses, m'avaient conduit à ne considérer le pneumobacille de Friedlander que comme un saprophyte souvent associé aux agents pneumonigènes, et à attribuer au streptocoque pyogène la détermination des lésions de la broncho-pneumonie. Autorisé dans une assez large mesure par l'anatomie pathologique et la clinique à rapprocher de la pneumonie lobaire la forme pseudo-lobaire de la bronchopneunomie, j'avais envisagé celle-ci comme une forme de la pneumonie franche; j'avais d'ailleurs constamment mis en évidence, dans les cas que j'avais étudiés, la présence du pneumocoque encapsulé.

Un récent travail de M. Netter n'a pas confirmé cette opinion, et cet auteur attribue la broncho-pneumonie à l'action d'agents pathogènes multiples, et parmi eux, souvent au pneumocoque lancéolé.

C'est là, on le voit, un point de pathogénie encore

INTEODUCTION HISTORIQUE

discuté, que de nouvelles recherches cliniques, anatomiques et bactériologiques auront à élucider, car il semble a priori difficile d'attribuer au môme microbe des lésions aussi différentes que celles de la pneumonie lobulaire mamelonnée et celles de la pneumonie lobaire.

Page 1