‹ Broncho-pneumonieChapitre 4 sur 29 · INTRODUCTION HISTORIQUE S · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE S

encore plus loin que leur prédécesseur dans cette voie de différenciation des lésions inflammatoires aiguës du poumon et non seulement ils montrèrent que la^'splénisation de Léger était, contrairement à la pneumonie lobaire, bilatérale et souvent symétrique, mais de plus, ils mirent en évidence la disposition lobulaire de la pneumonie de l'enfant, et subordonnèrent cette localisation à la bronchite.

^ Il semblait donc bien évident qu'il ne s'agissait pas là d'une forme de pneumonie franche spéciale à l'enfant, mais d'une maladie toute différente par le processus de ses lésions, et par son évolution clinique. Aussi RiLLiET et Barthez, en 1838, établirent-ils qu'il existe chez l'enfant deux variétés distinctes de pneumonie : l'une lobaire qu'ils considéraient comme toujours primitive, l'autre lobulaire qu'ils regardaient comme secondaii-e. Ils ne tardèrent pas d'ailleurs à reconnaître que cette étiologie différente des processus pneumoniques lobaires et lobulaires n'avait rien de fixe, et qu'il existe aussi des pneumonies lobaires secondaires; encore les considéraient-ils comme très rares et déclaraient-ils que ce n'était là le plus souvent que des broncho-pneumonies.

C'est à cette même époque, en 1838, que Seifert, le premier, employa le nom de broncho-pneumonie sous lequel cette affection fut désormais désignée.

Barhier, quelques années après Rilliet et Barthez, n'hésita pas à rattacher à la broncho-pneumonie ces pneumonies lobaires secondaires. 11 décrivit trois variétés de pneumonie lobulaire : une forme disséminée, une forme généralisée et une forme pseudo-lobaire qui' sauf les lésions des bronches, ressemblait à la pneumonie franche et formait un lien de transition entre cette dernière et la broncho-pneumonie. Barrier indiqua en outre la fréquence de la suppuration du lobule, à la suite de son inflammation, et désigna sous le nom de vacuoles ces abcès lobulaires.

BRONCHO-PNEUMONIIC

Fauvel en 1840 ouvre la période bronchique de l'histoire delà pneumonie lobulaire; il pousse à l'exlr^me la différenciation de la broncho-pneumonie d'avec la pneumonie franche, et n'admet comme lésion inflammatoire constante de la broncho-pneumonie que la bronchite capillaire. Il peut sans doute coexister avec celle-ci des lésions inflammatoires des alvéoles (congestions et hépatisation), mais pour êtres fréquentes, ces lésions n'en sont pas moins contingentes, et les prétendus abcès lobulaires admis par Daiuuer, et que Fauvel décrit sous le nom de grains jaunes, ne sont, pour lui, dus, en réalité, qu'à la pénétration mécanique du pus des bronches dans les alvéoles pulmonaires.

En 1844, Legendre et Bau-ly exagérèrent encore les idées de Fauvel sur la broncho-pneumonie, et n'admirent plus comme lésion inflammatoire que la bronchite capillaire : les lésions du parenchyme ne sont que des lésions purement mécaniques dues à l'obstruction des bronches : tels sont l'état fœtal, la congestion lobulaire et la pneumonie catarrhale. 11 existe bien des hépatisations partielles, des pneumonies lobulaires, mamelonnées, mais Legendre et Bailuy les distinguent de la broncho-pneumonie et n'hésitent pas à y voir de véritables pneumonies franches évoluant dans un lobule.

Bartels (1860) et Ziemssen (1807) enfin mirent toutes les lésions lobulaires sur le compte de l'oblitération mécanique des bronchioles par lemuco-pus, et réduisirent franchement la broncho-pneumonie à la bronchite capillaire.

Une telle exagération devait amener une reaction qui naturellement dépassa le but : on dépouilla peu à peu la bronchite capillaire de son rùle essentiel et primordial, on rendit aux lésions du parenchyme leur importance, on reconnut leur nature inHaminatoire, puis on leur accorda le rôle prépondérant. Cette réaction qui commença avec Lebert, Traube, Vllpian, Uamaschuno,

INTRODUCTION HISTOBIQUE

aboutit avec Roger, Koster et surtout Rautenberg à l'identification absolue des lésions de la pneumonie lobulaire avec celles de la pneumonie lobaire.

Entre ces deux opinions extrêmes attribuant toute l'importance du processus inflammatoire les unes au parenchyme, les autres aux bronches, il y avait évidemment place à une conception mixte de la broncho-pneumonie qui , tout en reconnaissant aux lésions bronchiques le rôle primordial et essentiel, accordât aux lésions du parenchyme, ou tout au moins à certaines d'entre elles, une participation au processus inilammatoire.

Dans une série de travaux publiés depuis 1867, M. le professeur CnARnoT poursuivit ce but et MM. Balzer et JOFFUOY, dans leurs thèses, exposèrent les résultats de recherches anatomiques et cliniques faites à l'instigation de leur savant maître.

M. Charcot montra les différences profondes qui séparaient la broncho-pneumonie de la pneumonie, et qui rendaient impossible toute identification des symptômes ou des lésions de ces deux affections. Il insista sur le rôle prépondérant que joue la bronchite capillaire dans la répartition topographique des lésions du parenchyme, montra que celles-ci n'étaient en réalité que l'extension des lésions primordiales des bronchioles, et enfin distingua nettement de ces lésions inflammatoires du parencliyme les lésions d'atélectasie et d'emphysème dont il démontra l'origine mécanique.

C'était là, on le voit, en quelque sorte, un retour aux idées de Legendre et Bâilly, et la conception du nodule péribronchique accuse franchement l'extrême prépondérance que M. Coarcot accordait aux lésions des bronchioles; mais la nature inflammatoire des lésions parenchymateuses des lobules dépendant des bronchioles lésées, était formellement reconnue, et leur différenciation d'avec les lésions mécaniques nettement établie.

M. Charcot avait assigné à la broncho-pneumonie la

place définilive qu'elle devait occuper dans le cadre des processus inflamnialoires aigus du poumon, et les recherches ultérieures ne purent que mettre en relief certains détails des lésions sur lesquels il serait superflu d'insister ici.

On n'avait pourtant pas encore dit le dernier mot sur la broncho-pneumonie : ses symptômes et les formes diverses sous lesquelles ils se présentent, les lésions qui les provoquent étaient désormais connus, mais leur origine et leur nature demeuraient encore mystérieuses, lorsque les recherches bactériologiques vinrent jeter dans la question un jour nouveau.

Les injections intra-trachéales de liquides ou de corps solides irritants, la section des nerfs pneumogastriques ou desnerfs récurrentsavaientbien déterminé expérimentalement des lésions pulmonaires comparables à celles de la broncho-pneumonie, mais de telles expériences n'expliquaient guère la détermination de la broncho-pneumonie hors des conditions artificielles oii se plaçaient les expérimentateurs.

Ce furent les recherches des bactériologistes qui vinrent démontrer que la pénétration dans les bronches de microbes déterminés, peut, dans certaines conditions, y provoquer l'évolution des lésions de la broncho-pneumonie. Ainsi fut démontrée la nature infectieuse de la pneumonie lobulaire, et comme corollaire de cette notion, sajiature épidémique et contagieuse : de là les conséquences hygiéniques et prophylactiques dont les résultats vinrent confirmer les notions nouvelles apportées par la bactériologie.

Ceux qui les premiers recherchèrent les microbes pathogènes de la broncho-pneumonie., frappés de la pluralité des causes prédisposantes de cette affection, et confiants dans certains caractères histologiques qu'ils croyaient spéciaux à chacune de ses formes étiologiques, considérèrent les bactéries qu'ils trouvaient dans les foyers lobulaires de la pneumonie comme les agents

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