Pl. XII, au milieu. H. 82. Achmounéin. Vert foncé
OEnochoé minuscule, à ouverture trilobée, la panse en forme de tête de Bacchante, couronnée de lierre. Le menton, tendu en avant, donne à cette tête un port raide qui rappelle l’archaïsme. Les vases de ce type sont en effet une création de l’archaïsme grec : ils abondent dans la poterie
attique à figures rouges de style sévère ( Monum . Piot, t. IX, pl. XIV). Sur le haut de l’anse de notre petit bronze se dresse un pétale de lotus, qui indique l’origine alexandrine.
Une œnochoé de bronze, analogue à la nôtre, haute de omio, en forme de tête de femme (sans la couronne de lierre) a été trouvée par Petrie dans ses fouilles de Kantarah ( Arch . Anzeiger, i9°3> P- *46, fig. 3 f = Caire, n° 27743, pl. VII). Une œnochoé assez grande (omi6), en forme de tête de Diadumène, provient de Syrie (Coll. De Clercq, n° 278, pl. 45). La collection Pierpont Morgan possède une œnochoé de bronze à tête de femme, dont la coiffure en petites tresses étagées garantit la provenance égyptienne ; Sambon, qui a publié l’objet dans Le Musée, t. III, p. 430, pl. LXII, a cru pouvoir le dater du quatrième siècle de l’ère vulgaire : je le crois loin de compte.
32. — Pl. VIII (en deux vues). FI. 197. Basse Égypte. Vert foncé. Fonte pleine.
Très grande anse, à laquelle manquent l’attache inférieure et le fleuron qui terminait la partie gauche de l’attache supérieure. Le plan de celle-ci formant un angle avec celui de la partie verticale, il est croyable que l’anse provient d’un vase à ouverture oblique, par exemple d’un àaxoç. La partie verticale est décorée d’une Bacchante qui surgit, visible jusqu’aux hanches, d’une gaine de rinceaux et de pétales de lotus. La Bacchante est nue, sauf qu’elle a la nébride nouée sur l’épaule droite. Dans sa main gauche repliée sur la poitrine, elle tient une couronne; sur le bras gauche elle porte des fleurs, et une panthère (mal conservée), qui la regarde câlinement. Le bras droit est replié sur la tête, d’un geste gracieux ; la tête s’incline à droite, dans une pose abandonnée et lasse. Mais l’artiste a su concilier la grâce avec le sens du grandiose : sa Ménade 11e ressemble en rien aux Bacchantes de Clodion ; elle est d’une beauté surhumaine et superbe.