‹ Bronzes grecs d'Égypte de la collection FouquetChapitre 16 sur 58 · PAN · texte numérisé non relu

PAN

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Lucie», Deor. dial., XXII.

36. — Pl. XIII, en bas, à droite. H. i4o. Alexandrie. Vert foncé.

Applique fondue, qui doit provenir d’un grand vase. Cette pièce, aussi remarquable par son style et ses dimensions que par sa conservation, représente une tête de Pan. Le dieu est reconnaissable à ses cornes de bouc, juxtaposées à leur naissance sur le haut du front, et à sa barbe, dont la longueur rappelle que Pan est un dieu-bouc. Noter encore l’oreille caprine, dont le haut pointe en avant, le caractère franchement bestial des traits du visage, l’expression furieuse (Théocrite, I, 16iS : xôv Ilâva 8s8o!xapLe£ ' eaxi 8s TCtxpoç, Kat 0! as! 8pt.pt.eTa xAà tcox! ptvl xâôijxat), et comparer la description que Lucien fait de Pan, dans son Dionysos, ch. 2 : xsçâaxiov àv0po)7cov, xpâyo xà vspOsv sotxcxa, xop.T|TYjv xà axs AT], xspaxa syovxa, (3a6’j- Tcwyuva, opytXov xa! ôupaxov. Dans la lutte contre les Indiens, Pan commandait, selon les uns (Polyen, I, 2), l’armée dionysiaque; selon d’autres, l’aile gauche de cette armée (Lucien, Id., ch. 4) ; plusieurs sarcophages le représentent comme uTroaxpàx'ïjyop de l’armée dionysiaque (Robert, dans Hernies, XL VI, p. 223).

Il est souvent nommé, dans les textes, épigraphiques et littéraires, qui concernent l’Egypte grecque et romaine (cf. Roscher, Lexicon, III, 1372-5), surtout dans les inscriptions et graffites de la Thébaïde, où les Grecs l’avaient assimilé à un dieu indigène de la fécondation, Chem ou Min. Dans le Sud de la Thébaïde, Pan-Chem était adoré, sous les noms de llàv eüc&oç, auxijp, STnjxoop, par les gens qui faisaient route à travers le désert, pour se rendre, par exemple, aux mines d’émeraude (Dittenberger, OGIS, nos 38, 70-2, 132 ; Proceedings of the Society of biblical archæol., 1900, p. 323 = C. R. de Y Acad, des Inscr., 1910, p. 539). Dans le Nord de la Thébaïde était la ville de Chem, Chemmis, ou de Min (d’où son

nom actuel, Akhmin), dénommée par les Grecs la ville de Pan, Ilavo? iz6\iç, ou des Pans, Ilavov 7t o\iç (Strabon, XVII, 1, § 4i), car Pan était de ces divinités qui parfois doublaient, ou même multipliaient leur forme pour apparaître aux hommes. Chemmis, dès les temps les plus reculés, était une ville de carriers (Strabon, I. cit. : Ilavôv trcXip, XiOoupyMV xatom'a), qui exploitaient le beau calcaire blanc du Djebel Toukh. Dans leurs carrières, ils adoraient leur dieu Chem : les graffites démotiques du Djebel Toukh appellent cette montagne « le lieu où Chem séjourne et se repose » (Legrain, Mémoires de la mission française du Caire, t. VIII, p. 373), et les graffites grecs y parlent de Pan (Jouguet, BCH, 1896, p. 247). Je me demande si c’est à bon droit qu’on a rapporté à Ptolémaïs (G. Plaumann, Ptolema'is in Oberâgypten, Leipzig, 1910, p. 109-111; K. Fitzler, Steinbrüche und Bergwerke im ptolemaïschen und rômischen Ægypten, Leipzig, 1910, p. 108) les graffites grecs du Djebel Toukh. Sans doute cette chaîne est à quelques kilomètres au sud et Chemmis à dix kilomètres au nord de Ptolémaïs; mais le Djebel Toukh et Chemmis sont du même côté du Nil, sur la rive orientale, et Ptolémaïs est de l’autre côté; le fleuve devait former la limite entre le territoire de Ptolémaïs et celui de Chemmis. D’après le témoignage formel de Strabon, je rapporterai aux carriers de Chemmis les graffites du Djebel Toukh. On sait, notamment parJuvénal

( Sat ., XV, 35), combien vives étaient entre les villes d’Egypte les «jalousies de clocher ». Si les carriers du Djebel Toukh avaient été des Ptolémaïtains, ils n’auraient pas pour patron le dieu de leurs voisins de Panopolis.

Si dans la Haute Egypte, Pan n’était qu’un dieu indigène hellénisé, en revanche Alexandrie, d’où provient notre bronze, adorait le vrai Pan de la Grèce et de la Macédoine. Alexandrie, fondation macédonienne, devait bien un sanctuaire à un dieu dont le culte semble avoir eu en Macédoine une importance extrême, comme l’indiquent les monnaies macédoniennes, tant celles des rois que celles des villes, Pella, Thessalonique ( Beschrei bung dergriech. Mïinzen [zu Berlin], t. II, p. 2o4i).

Dans son pays d’origine, Pan habitait les grottes des montagnes, il hantait les hauts lieux où errent les chevriers ; ceux-ci l’entrevoyaient de loin, sur les roches des cimes, regardant au loin de tous côtés, (xttoo’xottsÛuv (cf. Roscher, Lexicon, III, i4oi). Ce montagnard, ce guetteur des hauts sommets se serait mal trouvé, pensait-on, dans un endroit aussi parfaitement plat que le site d’Alexandrie ; on lui avait donc élevé, dans la ville, une montagne artificielle, d’où il pouvait jeter ses regards de tous côtés (Strabon, XVII, x, § 10: SCTl Si XOCl Ilàvstov, uvjjoç Tl XetP0TOlY]T0V ffTpoêlXoSlSsÇ spçspèç 7iCTpu8et 81 à xoxXiou tyjv àvâëaaiv

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