‹ Bronzes grecs d'Égypte de la collection FouquetChapitre 17 sur 58 · HERMES ARCHAÏQUE · texte numérisé non relu

HERMES ARCHAÏQUE

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H. Merc. 5i2, Baumeister.

37. — PL XV. H. gg . Vert noirâtre, patine luisante. Fonte pleine.

Hermès archaïque, imberbe, nu, debout sur un socle à deux degrés, lequel était fixé à un support par trois clous, deux devant, un derrière. Le dieu est caractérisé par la qu’il tient

dans la main gauche. Le poing gauche est percé d’un trou, par lequel devait passer un caducée, qui a disparu.

Cette belle statuette, achetée en 1889 à un marchand grec du Caire, a-t-elle été trouvée en Egypte ? On voudrait en être sûr. Si réellement elle y avait été découverte, elle témoignerait que dès la fin du VIe siècle, Athènes était en relations avec le pays du Nil. Car on va voir que cette figurine doit avoir été faite à Athènes, au temps des Pisistratides. Somme toute, il n’y aurait rien cl’étonnant à ce qu’une statuette, fabriquée à Athènes vers la fin du VIe siècle, ait été à cette date importée en Égypte : Platon ( Timée , 21 E), Aristote (’AOrjV. ~q\., 11) et Plutarque (Solon, 26) ne nous disent-ils pas que Solon avait commercé et étudié au pays du Nil ?

Mais peut-être la statuette Fouquet a-t-elle été apportée d’Athènes en Égypte à une date bien

moins ancienne, quand on faisait les fouilles de l’Acropole, il y a un quart de siècle. Des fouilles de cette envergure et de cette durée donnent toujours lieu à des fuites. De toute façon, la statuette Fouquet est pareille, comme type, comme taille et comme socle, à trois statuettes de bronze trouvées à l’Acropole d’Athènes, dans les fouilles exécutées de i8S5 à 1889 (De Ridder, Cat. des bronzes trouvés sur V Acropole, p. 2G7, pl . II, nos 736-738; Deonna, Les Apollons archaïques, p. 268, nos 73-75).

Je ne sache pas qu’on ait proposé un nom pour les trois statuettes de l’Acropole. De Ridder les décrit comme « figurines viriles », sans plus, et Deonna garde la même réserve. L’une au moins aurait dû être tirée de cet anonymat. La statuette n° 736 des Bronzes de l'Acropole tient, comme la statuette Fouquet, une syrinx dans la main gauche. Deonna (Les Apollons archaïques, p. 268, n° 73) doute qu’il s’agisse d’une syrinx, mais le bronze Fouquet lui donne tort, et aussi la belle statuette polyclétéenne de Pan (Bibl. Nat., n°42 8; Roscher, III, i4i5), qui tient la même syrinx, étroite et courte. De Ridder dit de la statuette n° 736, qu’elle porte « une flûte de Pan ». Sans doute, Pan aussi a la syrinx comme attribut. Mais il n’est pas le seul à jouer de cet instrument ; et même, ce n’est pas lui qui l’a inventé : la syrinx est une invention d’Hermès (Hymne homérique à Hermès, 5 12). La statuette Fouquet, comme le

n° 736 des Bronzes de V Acropole (et, par voie de conséquence, comme les nos 737-738), représente certainement Hermès.

Mais, dira-t-on, à l’époque archaïque Hermès était barbu. — Il l’était souvent, mais pas toujours. Les monnaies d’Ænos, qui datent du Ve siècle (cf. en dernier lieu H. von Fritze, dans Nomisma, IV), et qui portent au droit la tête d’Hermès Imbramos (cf. Iliade, A, 5 20 et Étienne de Byzance, s. v. vI[xëpoç), le représentent invariablement imberbe. Sont imberbes encore l’Hermès figuré sur le toXoç d’une des « Caryatides » de Delphes ( BCH , 1900, p. 5S5, pl. VII), de nombreuses terres cuites béotiennes représentant l’Hermès de Tanagra ( Annali delV Istituto, 1S79, p. 143 ; Winter, Die Typen, I, p. 179-180) et, pour ne pas sortir d’Athènes, deux reliefs archaïques, trouvés, eux aussi, à l’Acropole (Léchât, Au Musée de V Acropole, p. 111 et pl. III; Jahreshefte, 1910, p. 298). On notera que l’Hermès d’un de ces deux reliefs (Léchât, op. cit ., p. 111), comme celui du ttoXoç de la « Caryatide » delpliique, tient une syrinx toute pareille, comme forme et comme taille, à celle de nos deux statuettes de bronze, une syrinx étroite et courte, qui semble minuscule en comparaison des larges instruments que les reliefs et les terres cuites prêtent à Pan (Svoronos, Das Athener Nationalmuseum, pl. LXXIII, i445, CXXXVI, 1966) et à Attis (BCH, 1897, pl. V-VI). Sur l’autre relief, on ne distingue plus, par suite d’une cassure malencontreuse, la forme de l’instrument dont jouait Hermès : mais, d’après la position des mains, placées fort haut, assez près de la bouche, Hermès, sur ce relief aussi, devait jouer de la syrinx : du reste, on ne connaît pas d’exemple d’Hermès jouant de la longue flûte, soit simple, soit double.

Ces documents archéologiques, rapprochés des textes, attestent l’importance d’un des cultes qui s’étaient groupés autour de l’Acropole d’Athènes — le culte très antique d’Hermès et des Charités : je dis très antique, parce que c’était évidemment un culte agraire. Il se célébrait, je suppose, en contre-bas de l’entrée de l’Acropole, à l’endroit où Pausanias a vu une image d’Hermès (qui, en raison de son emplacement, était appelée

l’Hermès rcpoTcuXaioç), et un relief des Charités, que son guide lui affirma être une œuvre authentique de Socrate. De ce relief des Charités, nous ne savons rien ; mais une découverte récemment faite à Pergaine a appris que l’Hermès 7tpo7tuXaioç était un buste hermétique, œuvre d’Alcamène (Conze, Sitzungsberichte der Berliner Akad., igo4, p. 69; Ath. Mitth., igo4, pl. XVIII-XX). La aufayè de nos petits bronzes suffirait à indiquer que le culte d’Hermès à l’Acropole ne faisait qu’un avec celui des Charités. On a voulu (Bibl. Nat., nos3 1 1 , 3 1 2) reconnaître Hermès « Argéiophontès » dans les représentations archaïques d’Hermès à la syrinx, sous prétexte que des auteurs de basse époque (Ovide, Métamorphoses, I, 683-688 ; Valerius Flaccus, Argonautiques, IV, 384) racontent qu’Hermès, pour tuer Argos, l’endormit en lui jouant de la syrinx; cette interprétation n’est pas admissible, devant le témoignage des monuments de la période archaïque et de la période classique, qui dans la scène de la mort d’Argos, ne donnent jamais la syrinx à Hermès (cf. Roscher, Lexicon, s. v. Io) et qui ne lui prêtent cet instrument que pour faire danser les Charités. Hermès a la syrinx des pâtres, parce qu’il est un dieu pastoral ('Epfrfç Néfuoç) ; il s’en sert pour faire danser, dans les grottes des montagnes, ses amies les Charités, divinités rustiques comme lui, déesses pleines de grâces, par qui croissent les moissons et multiplient les troupeaux.

On ignore en quels endroits de l’Acropole ont été trouvés et la statuette n° 736 du catalogue De Ridder et les deux reliefs mentionnés cidessus. Peu importe d’ailleurs : car ces ex-voto ont très bien pu être dédiés hors de l’emplacement consacré à Flermès et aux Charités ; ils ont pu être placés sur l’Acropole même, sous la protection de la Déesse, dans l’un ou l’autre de ses temples; peut-être même ont-ils été dédiés à celle-ci.

38. — Pl. X, à droite en haut. H. 31. Xoïs. Vert foncé. Fonte pleine.

Petite applique en forme de terme archaïsant : la tête, barbue et surmontée d’un toXoç bas, représente peut-être Dionysos, plus probablement

Hermès. Les clous d’attache passaient dans deux bélières, de chaque côté du terme. Une mortaise à la partie inférieure ; un trou rond dans le polos : l’objet devait décorer une tige verticale, peut-être une tige de trépied.

39. — PI. XIV, au milieu à droite. Diam. 53. Fayoum. Brunâtre.

Grand bouton, rond et plat. Dessous, un court pédoncule percé de trois gros trous. Dessus, au pourtour, une couronne de laurier, en creux ; au milieu, dans un médaillon circulaire, buste d’Hermès barbu, les cheveux ceints d’une bandelette, la tête surmontée, par devant, du pétale de lotus ; dans le champ, à droite, devant le dieu, son caducée.

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