‹ Bronzes grecs d'Égypte de la collection FouquetChapitre 22 sur 58 · PI. XVI. en haut à droite. H. 103. Jaunâtre · texte numérisé non relu

PI. XVI. en haut à droite. H. 103. Jaunâtre

Hélios, reconnaissable au disque dont sa tête est surmontée, et à sa longue chevelure dénouée (comme Phoibos-Apollon, Hélios est àxeçasxo|j.n]£). Sur le disque, quatre rayons en creux. Le dieu est nu, debout, dans une attitude hanchée, le poids du corps portant sur la jambe droite avancée. La main gauche à la hanche. L’autre main présentait un attribut, brisé en haut, au ras du poing. Le fouet est l’attribut ordinaire d’Hélios (cf. la fresque de Pompéi dans Museo Borbonico, VIL 55 — lloscher, I, 2003), parce que ce dieu parcourt le ciel sur un quadrige. D'après ce qui subsiste de l’attribut que notre statuette tenait dans la main droite, on songerait plutôt à une corne d’abondance. Si ce bronze, ou si le suivant a quelque rapport avec le colosse de Rhodes, exécuté par Charès vers l’an 300 avant notre ère, et détruit une soixantaine d’années plus tard (E. Gardner, A Hnndbook of Greeli Sculpture, p. 444), on n’en saurait rien dire, faute de renseignements sur le type du colosse.

Hélios a été l’objet d’un culte important de la part des Grecs d’Égypte. Il ne pouvait en aller autrement, dans un pays où l'homme sent peser si lourdement sur lui l’influence dominatrice de l’astre solaire. Les divinités principales de la vieille Égypte avaient été des divinités solaires : on sait le rôle immense que joue dans la théologie égyptienne le dieu Râ, en qui se sont peu à peu confondus tous les dieux solaires et célestes de l’Égypte. La ville de Pi-Râ, « l’habitation de

BRONZES GRECS d’ÉGYPTE

Râ », où le Dieu avait résidé avant de monter au ciel, était appelée Héliopolis par les Grecs (Sourdille, Hérodote et la religion de V Égypte, p. 192 sq). Ceux-ci, du reste, n’identifiaient pas leur Hélios seulement avec Râ : dans le Memnonion d’Abvdos, à côté d’une figure d’Harmakhis, on lit, gravée par un xaToxoç du nom de Démétrios, cette oraison jaculatoire C'Hkte, PoY|Gfffov AïifjnjTÇio.

Peut-être aussi convient-il de faire aux Rhodiens, si nombreux en Égypte à l’époque ptolémaïque, une certaine part dans la diffusion du culte d’Hélios dans ce pays. Le dieu paraît fréquemment sur les monnaies d’Alexandrie et des nomes. Il y reste une divinité purement grecque, il n’emprunte les caractéristiques d’aucune divinité solaire égyptienne : la remarque est de Poole, Alexandria and the Nomes, p. 377. Il convient toutefois d’observer, à propos de notre statuette et à propos des deux suivantes, que l’idée de coiffer Hélios du disque solaire ou d’un astre radié, paraît plutôt égyptienne que grecque : ce sont les divinités égyptiennes — solaires, lunaires ou stellaires — qui portent sur la tête le disque ou l’étoile ; l’Hélios grec proprement dit a pour caractéristique, non pas l’astre solaire, mais les rayons.

Les statuettes de bronze qui représentent Hélios ( Rép ., II, 110-111; III, 30), paraissent de la période impériale, et portent témoignage du mouvement religieux qui, parti de la Chaldée et de la Syrie, finit sous l’Empire par s’imposer au monde romain tout entier : « Une divinité unique, toutepuissante, éternelle, universelle, ineffable, cpii se rend sensible dans toute la nature, mais dont le Soleil est la manifestation la plus splendide et la plus énergique, telle est la dernière formule à laquelle aboutit la religion des Sémites païens et à leur suite celle des Romains » (Cumont, Les religions orientales dans le paganisme romain, p. 161). Le culte qui, dans l’Égypte impériale, répond à cette tendance universelle, est celui d’Hélios- Sarapis, culte syncrétique dont l’importance est attestée par l’épigraphie (Rosclier, Lexicon, I, 2025-6).

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