‹ Bronzes grecs d'Égypte de la collection FouquetChapitre 24 sur 58 · PL XIV, en bas. H. 4o. Patine vert foncé; luisante · texte numérisé non relu

PL XIV, en bas. H. 4o. Patine vert foncé; luisante

Buste d’ Athéna, sans trace d’attache. La tête, de trois quarts à gauche, est coiffée d’un casque à petit cimier. Chiton agrafé sur les deux épaules.

59. — PL XVIII. H. n5. Memphis. Grande applique noirâtre, pesante, fondue en plein. Trou de clou dans la barbe.

Tête du dieu Océan. Les joues sont recouvertes d’algues ; la bouche s’ouvre pour respirer ou crier : les cheveux et la barbe sont remplis d’eau, et les dauphins qui s’y jouent, semblent s’ébattre dans les flots. Ces dauphins ont la queue enroulée

à la base de deux longues et lortes cornes verticales qui, partant de chaque côté de la tête, formaient une sorte d’anse ou de poignée ; mutilées à leur extrémité, elles se terminaient, je crois, en pinces de homard.

Pièce admirable, où s’exprime le sentiment grandiose que l’art hellénistique a eu de la majesté de la mer. Assurément, le masque cornu, inventé par l’archaïsme pour représenter Achéloos et les dieux-fleuves, est l’origine du type dont nous parlons. Mais l’art hellénistique, en développant le thème antique, l’a transfiguré : c’est lui qui a eu l’idée d’élargir la face du dieu des vastes mers, de couvrir d’algues les joues, de faire ruisseler d’eau les cheveux et la barbe et d’y faire s’ébattre des dauphins, qui semblent bondir dans les vagues. Ces larges joues, ces grands yeux droits font songer aux espaces marins ; la bouche entr’ ouverte suggère l’idée de la vague, qui palpite et qui parle ; les sourcils froncés donnent à la figure une expression mélancolique. Oui vraiment, l’art hellénistique a senti la poésie de la mer : qu’on se rappelle par exemple le buste hermétique de Pouzzoles, au Vatican, si bien analysé par Helbig ( Guide dans les musées d’archéologie classique de Rome, t. I, p. 218, n° 302 ; Roscher, Lexicon, t. III, col. 818), ou, pour rester dans le domaine de la toreutique, les figures de Triton et de Tritonne qui ornent les anses du cratère de Boscoreale, au musée de Berlin ( Arch . Anzeiger, 1900, pp. 182-3).

Les cornes du buste de Pouzzoles sont de courtes protubérances, comme des cornes de taurillon. Mais la vraie caractéristique iconographique du dieu Océan, c’est les cornes en forme de pinces de homard, yr[k(xî. Elle a échappé à l’auteur de l’article « Océan », dans le Dict. des antiq., t. IV, p. i44. Cf. la statuette de bronze de la Bibliothèque nationale (n° 64), qui est sûrement, malgré les doutes de S. Reinach ( Rép II, p. 42, n° 4), une représentation d’Océan ; cf. encore la tête d’Océan, sur l’autel de la Lune, au Louvre (Clarac, t. II, 1, p. 342, pl. 170 et, mieux, p. 355, n° 2 14) ; cf. enfin les fresques pompéiennes (Fiorelli, Giornale degli scavi di Pompei, 1861, pl. III, 6, p. 16; Helbig, Wandgemâlde der

vom Vesuv verschütt. Stâdte, n° 1023) et les mo* saïques ( Monuments Piot, t. XII, pl. IX = Dict. des antiq., s. v. Musivum opus, p. 2116, fig. 525i, mosaïque d’Althiburus, en Tunisie; Cat. du musée Alaoui, mosaïques, n° 12, pl. II; Bull, archéol. du Comité des travaux historiques, i8go, pl. I, mosaïque de Montréal, département du Gers ; id, p. 3g, mosaïque du musée de Toulouse ; id, p. 4o, mosaïque du musée deVienne, Isère; etc). Parfois, comme dans la mosaïque d’Althiburus, l’Océan a la tête surmontée, non seulement des pinces, mais des antennes du homard. Les Centaures marins et les Tritons, à l’imitation de leur roi l’Océan, peuvent porter les (notamment

sur un sarcophage du Louvre, publié dans Clarac, II, 1, p. 5oo, pl. 206, n° xg4). De même Thétis : la statue de Thétis, qui se dressait sur l’un des Forums de Constantinople, avait la tête surmontée des pinces de homard (Arétas, Schol. Aristid., dans Mai, Collect., I, 3, p. 45).

Cette caractéristique a été léguée par l’art romain à l’art palæochrétien (tête d’Océan peinte à fresque au IVe siècle dans la catacombe de Calliste : Wilpert, Die Malereien der Katakomben Roms, pl. 134 ; Marcel Laurent, L’art chrétien primitif, pl. III), et à l’art byzantin : Thétis dans une des miniatures du Dioscoride de Vienne, exécuté au début du sixième siècle (Millet, dans Y Histoire de l’art d’A. Michel, t. I, 1, p. 20g), a la tête surmontée des yr[k ai; telle Thétis apparaît encore au quatorzième siècle, dans une fresque de Gracanica en Serbie (Millet, Rev. Archéol., igo8, I, p. 175). L’art byzantin est allé jusqu’à orner de X^Xac le front des Fleuves (Tikkanen, Psalter- Illustration im Mittelalter, p. 25, fig. 27-2g), notamment le front du Jourdain (Rev. arch., igoS, I, p. 176) : comme il n’y a pas de homards dans les cours d’eau, les yrf<x(, dans ce cas particulier, sont des pinces d’écrevisse.

60. — H. 123. Vert gris. Fonte pleine. Nous n’avons pas cru devoir reproduire la photographie que nous possédons de cet objet ; elle en aurait donné une image trop peu claire ; il aurait fallu un dessin au trait.

Anse verticale (d’amphore ou d’hydrie), décorée en relief d’une feuille à fortes nervures. Sur l’attache inférieure, Amphitrite (ou Néréide) sur un hippocampe, abritant sa tête sous son voile. Devant le groupe, un dauphin se précipite sur un gros poisson.

61. — Pl. XXXIV, au milieu. H. 63. Fayoum. Belle patine vert brunâtre.

Buste de Démèter-Isis formant applique. La tête, tournée à droite, est coiffée d’un diadème et surmontée d’un petit boisseau, devant lequel est un grand croissant. La déesse est vêtue à la grecque, du chiton et de l’himation.

Pour le culte de Démèter à Alexandrie, cf. Pauly-Wissowa, s. v. Démèter, col. 2742 ; Schreiber, Die Nehropole von Kôm-esch-Schukâfa, p. i44, fig. i85.

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