CYCLE D’APHRODITE
Une foule innombrable de statuettes d’Aphrodite ont été trouvées en Egypte et en Syrie : on se rappelle, pour la Syrie, la série des Aphrodites de bronze de la collection De Clercq ; pour l’Égypte, de nombreuses statuettes de bronze au Louvre (Longpérier, nos i4i, 147-1 54), au musée Britannique (Walters, nos io85, 1086, 1094, 1096), au musée de Berlin et dans les collections publiques et privées du Caire et d’Alexandrie ; aux statuettes de bronze s’ajoute une série non moins riche de statuettes de marbre (De Mot, dans Revue Archéol., 1903, II, p. 10, pl. X-XI ; Edgar, Greek Sculpture, pl. VI ; Coll. Warocqué, 3e fascicule, p. 34, n° 323 ; Rev. Arch., 1907, II, p. 103, groupe appartenant à M. Dattari, très curieux, qui montre à côté l'une de l’autre deux représentations d’Aphrodite : Seymour de Ricci, qui a édité le groupe Dattari, n’a pas rendu compte
"E P'/ZO, KurpOfêvèç 0EÎOV yj’vo;, Sri’ EV ’O/ÛuTEO) ’'Eaat, Osa (îasô.Eta, xa),£> y7]0ouaa JtpwatôJEtp,
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Hymni Orphici, lv, i5-19, Abel.
de cette gémination, dont on connaît un grand nombre d’exemples. A ces indications, on joindra celles qu’a données Theodor Schreiber, dans la Berliner philologische Wochenschrift, 1903, col. 301- 306).
Presque toutes les statuettes d’Aphrodite trouvées en Égypte et en Syrie paraissent dater de la période impériale. Pour le culte d’Aphrodite en Égypte, cf. Pauly-Wissowa, II, 2763 ; pour ce culte dans l’Egypte ptolémaïque, il suffit de renvoyer à Hérondas, I, 26 : y.tl S’ ecxlv o?xoç XTjç Gsoû, « l’Égypte est le séjour de prédilection d’Aphrodite ».
Les gens de ces pays et de ce temps-là semblent avoir eu l’idée — qui n’est pas si mauvaise — que les deux plus grandes disgrâces dont pût être affligé un homme, c’était d’être àvaXçâo-rjxo^ et àva<ppo8cco£. Aphrodite, du reste, n’était pas
seulement la déesse des amours de hasard : elle présidait aux plaisirs licites du mariage, elle assurait la fécondité de la famille. Dans un contrat de mariage daté de la 30e année du règne de Marc-Aurèle, le marié reconnaît que sa femme Thæsarion lui apporte en dot des bijoux d’or pesant trois mines, plus un trousseau estimé à 300 drachmes, et qu’elle possède des paraphernaux parmi lesquels une statuette d’Aphrodite en bronze sur un socle (stuO-çx-ï)) de bois (papyrus de Ptolémaïs Evergètis, au Fayoum, la même ville, croit-on, qu’Arsinoé, publié d’abord par Mitteis, Reichsrecht und Volksrecht, Leipzig, 1891, p. 276, puis par Wessely, Corp.pap. Raineri, t. I, n° 27, p. 138; d’autres papyri, de même provenance, datés du deuxième et du troisième siècle de notre ère, font aussi mention de statuettes d’Aphrodite, en bronze : cf. Pap. Raineri, t. I, n° 21, 1. ig-20 et n° 22, 1. 7 ; Berl. griech. Urkunden, io45, 1. i4-i5 xal sv TOxpaçspvoiç ’AççoStnrjv ; dans les Pap. Raineri, t. I, p. 124, Wessely cite un testament où une femme lègue à un ami des XaXxâ cxs’jfp notamment une Aphrodite). Les filles à marier moins à l’aise que Thæsarion, faute cl’Aphrodites d’argent, de bronze ou de marbre, se contentaient de ces terres cuites bariolées, dont on a retrouvé un si grand nombre en Egypte, surtout au Fayoum. Sauf erreur, c’est Schreiber qui, dans l’article cité tantôt ( B . pli. JV., 1903, col. 306), ale premier attiré l’attention des archéologues sur les mentions de statuettes d’Aphrodite dans les papyri.
Ce que les papyri nous apprennent sur le culte domestique rendu à Aphrodite dans les familles de l’Egypte impériale peut-il s’inférer des autres parties du monde gréco-romain ? Deux lignes de Pétrone nous permettent de jeter un coup d’œil furtif sur le laraire de Trimalchion : qu’y voyons-nous ? Entre les deux Lares d’argent, une Vénus de marbre : grande armarium in angulo vidi, in cujns aedicula erant Lares argentei positiVenerisque signum marmoreum (p. 20 Bücheler). On pourrait commenter ce texte par un grand nombre de trouvailles faites dans des ruines de maisons antiques, en Grèce, en Asie-Mineure, en Italie (beaucoup moins souvent en Gaule, où la rareté des effigies de Vénus cons-
titue un problème qui n’a pas encore été résolu). Mais, tout de même, il ne semble pas, à en juger par la statistique des monuments conservés, que le culte de Vénus- Aphrodite ait eu la même importance dans les autres parties de l’empire qu’en Egypte ou qu’en Syrie. La fréquence des images d’Aphrodite dans ces deux pays tient évidemment à ce qu’en Égypte et en Syrie, Aphrodite était la forme hellénisée, modernisée de la déesse indigène, Astarté en Syrie, Isis-Hathor en Égypte.