‹ Bronzes grecs d'Égypte de la collection FouquetChapitre 31 sur 58 · VI · texte numérisé non relu

VI

Si candida jusserit Io,

Ibit ad Ægypti finem calidaque petitas A Meroe portabit aquas, ut spargat in aede Isidis.

Les Grecs et les Romains ont noté le rôle que l’eau du Nil jouait dans la liturgie égyptienne;

BRONZES GRECS d’ÉGYPTE

qu'il suffise de rappeler le témoignage de Vitruve (De architectura, VIII, 1, Rose) : Aqua non solum potus sed infmitas usu praebendo nécessitâtes, gratas quod est gratuita praestat utilitates. Ex eo etiam qui sacerdotia gerunt moribus Ægsptiorum, ostendunt ornnes res e liquoris potestate consistere. Itaque cum hydria aqua ad templum aedemque casta religione refertur ; tune in terra procumbentes manibus ad caelum sublatis invent ionis gratins agunt Divinae Benignitati.

La statuette Fouquet a été achetée en 1892 de M. Dinglé, marchand d’antiquités au Caire. Une statuette moins grande et moins bien conservée, mais tout à fait pareille comme type, et provenant, elle aussi, d’Hermonthis, a été vue naguère chez un marchand du Caire par Rubensohn, qui en a publié une photographie dans VArcli. Anzeiger, 1906, p. 139. Elle aurait été vendue à William M. Lafïan, conservateur du Musée de New- York.

83. — PI. XX, au milieu de la rangée du bas. H. 7a. Vert foncé.

Applique fondue, creuse par derrière, et qui devait être, non pas clouée, mais soudée. Personnage de profil, crâne et menton ras, sans doute un acolythe portant sur l’épaule gauche un chaudron (ôïvo;). Comme vêtement un long pagne de lin, à lisière plissée, attaché sous les aisselles, et tombant jusqu’aux chevilles. L’attitude du corps penché en avant sous le faix du vase, la démarche lente sont rendues avec une vérité parfaite.

Pour la couleur et la matière du vêtement et pour la façon de le draper, cf. Apulée, Métam., XI, 10 : antistites sacrorum, qui candido linteamine cinctum pectoralem adusque vestigia strictim injecti. Sur les fresques herculanaises, le grand prêtre d’Isis est drapé de lin blanc, des pieds à la tête ; ses acolythes sont drapés comme notre statuette : on voit leurs bras et le haut de leur torse. Cette façon de draper le vêtement de lin blanc est très fréquente dans les monuments d’art proprement égyptien qui représentent des prêtres : cf. Erman, Die âgypt. Religion, fig. n4. S. Reinacli a reproduit dans son Répertoire, t. IV, p. 304, d’après 1 e Münchner Jahrbuch der bildenden

Kunst, 190g, II, p. 201, un torse d’Isiaque en marbre blanc, trouvé à Rome et acquis naguère par la Glyptothèque de Munich, antique d’un grand intérêt, parce qu’il prouve, d’une façon péremptoire et définitive, que Dennison (American journal of archæology, igo5, p. 11) avait raison de reconnaître des portraits d’Isiaques dans les têtes glabres dites jusqu’alors « portraits de Scipion » ; en effet, le torse de Munich est drapé jusqu’aux aisselles dans la grande tunique de lin. Ce détail capital a disparu dans le croquis du Répertoire.

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