‹ Bronzes grecs d'Égypte de la collection FouquetChapitre 41 sur 58 · SUJETS DE GENRE · texte numérisé non relu

SUJETS DE GENRE

113. — PI. XXIX, à droite en bas. H. 74. Memphis. Belle patine vert sombre, luisante.

Jardinier, coiffé d’un pauvre chapeau sans bords, vêtu d’une tunique retroussée haut et, sur la tunique, d’une peau de chevreau. Dans le coin de cette peau, il porte des raisins et d’autres fruits; la main droite devait tenir une paire d’énormes courges, dont il ne reste plus cpie le bas: on se rappelle ce vers de la Copa , 22 : Est pendens junco caeruleus cucumis. Le personnage marche en regardant à droite. Son pas est lourd, sa taille courbée par le poids de la marchandise et par le travail quotidien, qui plie vers la glèbe l’échine du jardinier. C’est la même démarche, pesante et penchée, que celle du paysan d’un des plus fameux reliefs « hellénistiques », celui de Munich, qui représente un paysan chargé de denrées, menant sa vache à la foire (Schreiber, Hellenistische Reliefbilder, pi. So). Tel on se représente le paysan Simulus, providus héros du Moretum, quand il allait vendre ses légumes à la ville :

Hic non domini — quis enim contractior illo ? ■ —

Sed populi proventus erat; nonisque diebus

Vénales olerum fasces portebat in urbem;

Inde domum cervice levis, gravis aere, redibat (78-81).

114. — PL XXIX, rangée du milieu, à droite. H. 61. Patine vert gris, luisante.

Garçon, vêtu d’un chiton retroussé un peu plus haut que le genou. Les pieds sont nus; la tête

coiffée d’un petit chapeau conique. Le personnage est représenté dans un mouvement de marche rapide, la jambe gauche avancée, le bras droit levé, pour brandir une arme ou lancer une pierre. L’autre bras, cassé au-dessus du coude, devait être tendu en avant. Peut-être s’agit-il d’un berger, lançant le XayoêôXov ou ramenant à coups de pierre, vers le gros du troupeau, une bête indocile ; peut-être d’un veilleur, écartant, à coups de mottes de terre sèche, les oiseaux qui viennent picorer un champ ensemencé ou mûr pour la moisson : encore aujourd’hui, en Egypte, c’est de cette façon que les gamins préservent les champs contre les ravages des oiseaux.

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