Pl. XXXVI, au milieu. Long
Vert foncé.
Hippopotame male, debout, la tête à droite, la bouche ouverte pour crier. Un trou percé dans le dos de part en part, indique que ce bronze,
qui est fondu en plein, devait être suspendu : il servait de peson, ou peut-être d’amulette.
Un hippopotame analogue, long de 5i, dans Bibl. Nat., n° 1225, où l’on aurait dû dire qu’il avait été publié par Caylus, Recueil, t. I, 2, 3; Caylus déclare l’avoir reçu d’Égypte (le dessin de Caylus est reproduit par Reinach, Rép., t. II, p. 766, n° 4). Un autre hippopotame, de grandeur naturelle, en rosso antico, trouvé à Rome, dans les jardins de Salluste, est aujourd’hui à Copenhague (Glyptothèque Ny-Carlsberg, pl. XIV).
L’hippopotame était considéré comme sacré dans plusieurs nomes d’Égypte (Hérodote, IL 71, avec le commentaire de Wiedemann, p. 307-310). La dée'sse Ooutjçiç avait la forme d'un hippopotame femelle : concubine de Typhon, elle l’avait abandonné pour se ranger du côté d’Isis et d’Horus, et avait sauvé celui-ci de la morsure d’un serpent (Plutarque, De Is., ig). Comme l’Ileithye grecque, elle était adorée par les femmes en couches : une statue fameuse du musée du Caire (Maspero, Guide to tlie Cairo Muséum, n° 1016, fig. 56), dédiée par Nitocris, fille de Psammétique Ier, et d’innombrables amulettespendeloques la représentent comme un hippopotame femelle, à seins et à bras de femme, dressé sur les pieds de derrière. Les canines d’hippopotame servaient à faire des amulettes pour les enfants (Jéquier, Rôle protecteur de l'hippopotame, dans Recueil de Travaux, t. XXX, p. 4o). Le bronze de la collection Fouquet représentant un
hippopotame mâle, ne doit point avoir rapport à A en croire Plutarque, l’hippopotame
mâle était considéré (dans les parties de l’Egypte qui ne lui rendaient pas de culte) comme un animal typhonien, symbole de l’àvafôsia (De Is., 32). Dans certaines légendes, il apparaît comme ministre de la vengeance divine : ainsi Ménès est enlevé par un hippopotame (Manéthon, p. 7S Unger). Dans les représentations du jugement dernier, on voit « la chienne du maître de l’Amentît », la déesse Amaît, sous la forme d’un hippopotame femelle : accroupie devant Osiris, elle attend, la gueule ouverte, qu’on lui livre les morts reconnus coupables. L’hippopotame, que les armes à feu ont repoussé au sud de Khartoum, abondait jadis dans le Nil égyptien. Les artistes alexandrins qui ont dessiné les cartons des mosaïques à scènes nilotiques, n’ont eu garde d’omettre cette bête caractéristique. Le culte rendu à l’hippopotame dans les temps les plus anciens est attesté par des ivoires d’art thinite, trouvés à Abydos. Les beaux hippopotames en pâte blanche émaillée de bleu, trouvés dans la nécropole thébaine de Drah Abou’l-Neggah, datent de la XIIe dynastie.