INSTRUMENTS
146. — PI. XXXIX, en haut. Larg. 2o5. H. des œillettes 177. Fonte pleine. Patine vert clair.
Mors de cheval, complet, sauf qu’il manque le haut d’une des œillettes. Au milieu de chaque œillette, en dehors, un grand anneau, pour attacher les rênes. Au-dessus et au-dessous de cet anneau, les œillettes sont percées de trous, par où passaient les montants du bridon ; ils soutenaient le mors et fixaient les œillettes à la position qu’elles devaient occuper par rapport à la commissure des lèvres. L’embouchure est hérissée de pointes qui étaient destinées à rendre très efficace l’action de ce mors. En réalité, l’effet obtenu par des mors aussi barbares devait être déplorable, et l’on n’aurait plus l’idée aujourd’hui, ni la témérité, d’employer ces instruments de supplice pour monter des pur sang. On a renoncé, depuis le dix-septième siècle, aux mors à pointes; si les Grecs s’en servaient, c’est qu’ils étaient loin de pratiquer l’équitation d’une façon rationnelle.
L’embouchure à pointes s’appelait s^tvr, « peau de hérisson » ( Delphes , p. 97, n° 48 1). Le musée du Caire possède un mors de bronze, analogue à celui de la collection Fouquet, sauf que l’embouchure n’y est pas garnie de pointes (Caire, n° 27901, pl. XIX). Pour les mors antiques, cf. Delphes, p. 118, n° 626, où j’ai réuni la bibliographie; j’aurais dû remarquer que les fragments de mors trouvés dans le sanctuaire pythique sont peut-être des offrandes à Poséidon ; car cette divinité, à qui le cheval était consacré, recevait un culte
dans le sanctuaire de Delphes (Pausanias, X, 24, § 4; cf. Pauly-Wissowa, art. Delphoi, col. 252g).
147. — PL XXXIX, en bas. H. 92. Memphis. Vert sombre. Fonte épaisse.
Porte-guides provenant d’un char. Cette pièce, forte et pesante, est formée d’une douille ronde à trou carré, et de deux anneaux (SaxTuXtot.) en col de cygne. Sur le haut de la boule qui termine la douille, une grosse rosace en relief, à six pétales. Un clou en fer traversait cette boule d’outre en outre : on le distingue très nettement sur notre photographie.
Les objets de cette catégorie sont assez nombreux dans les collections. On n’en connaît pas moins d’une trentaine. Le lecteur les trouvera énumérés presque tous avec l’indication des nombreux travaux dont ils ont été l’occasion, dans les Mémoires (et non dans le Bulletin, comme dit le Rép., IV, p. 4Si) des Antiquaires de France, 1907, pp. 268-296 (adde Bull, des musées, Bruxelles, 1908, p. 31 ; Rép., IV, 176, n° 1, et pour le bronze du musée de Dijon, Rép., IV, 274, n° 2). C’est Léchât (Rev. ét. anc., 189g, p. 167) qui a proposé d’y reconnaître des porte-guides. Je me demande si le bronze delphique où Homolle a vu une quenouille (Delphes, V, p. 117, fig. 427), n’est pas le porte-guides d’un char archaïque. De tous les objets de ce genre, c’est à celui de la Collection Warocqué (ier fascicule, n° 72) que le bronze Fouquet ressemble le plus.