PL XXIX, au milieu. H. 60. Basse Égypte
Patine vert clair. Grelot à battant sphérique.
149. — PL XXXIV, rangée du milieu à gauche. H. 38. Achmounéin. Vert foncé. Sur notre reproduction, l’objet a l’air d’avoir une douille ; en réalité, il n’en a pas. Il a été posé, pour être photographié, sur un support de cire, que j’ai oublié de faire effacer par le photograveur.
Marteau surmonté d’un petit bonhomme imberbe, qui, on dira pourquoi tantôt, doit être un nain. Il est vêtu d’un cucullus, dont le capuchon lui couvre la tête. Il est accroupi, le pied droit avancé, la jambe gauche repliée. Le <pàXX oç, démesuré, a été brisé ; il reposait sans doute sur la petite saillie qui surmonte la tête du marteau. A droite et à gauche du personnage, sur les côtés du marteau, descend une guirlande. Le marteau est percé en dessous d’un trou d’emmanchement, large de 5, profond de 12.
Pendant l’impression de cet ouvrage, XL F011quet a acquis au Caire un autre marteau long de 5i, haut de 65, en forme de <pâXXo£ (comme celui de la Collection Warocqué, n° 55) surmonté d’un Pygmée ; le Pygmée, qui est coiffé des « bourgeons », tient dans la main droite une fleur de lotus, dont il respire le parfum. Le petit bonhomme qui surmonte le marteau reproduit sur notre planche XXXIV doit, disions-nous, être un nain : il est analogue, en effet, comme type et comme vêtement, aux nains à cuculle des intailles de la période romaine (Furtwângler, Antike Gemmen, XXIX. nos 28, 29, 31, 32).
150. — Pl. XXXV, en haut à gauche. H. 75. Vert foncé, mat. Fondu.
Pied de tripodiscos, en forme de griffe léonine, surmonté d’une tête de « griffon perse » : la tête est celle du lion, elle est surmontée de deux cornes recourbées de bouquetin, et encadrée de deux ailes recoquillées.
Pour le « griffon perse », en forme de lion ailé à cornes de bouquetins, cf. Furtwângler dans Roscher, Lexicon, I, 1775, et Antike Gemmen, pl. XII, 4 ; Dieulafoy, L’art antique de la Perse,
t. III, pl. 17 ; Babelon, Cabinet des antiques, pl. L et Collection Pauvert, nos 21, 37 ; Carapanos, Dodone, pl. XVIII, 2 ; etc. Il est particulièrement pertinent de comparer à notre pied de -otTccSurxoj les trapézophores de Pompéi, décorés eux aussi d’une protome de griffon perse (Overbeck, Pompei, p. 379). Parfois le griffon perse a la tête, non d’un lion, mais d’un aigle — comme le griffon ordinaire, dont il se distingue par ce qu’il porte des cornes de bouquetins, au lieu des longues oreilles qui s’érigent sur la tête du griffon ordinaire : un bon exemple de griffon perse à tête d’aigle et à cornes de bouquetin est fourni par le splendide rhyton d’argent, publié par Laiton, Treasure of the Oxus, pl. 22 (d’où Reinach, Rép., IV, 513, q, qui y reconnaît, par inadvertance, un « o vidé »). Quand le griffon cornu est figuré de profil, on ne lui voit généralement qu’une corne, celle de devant étant censée cacher l’autre : d’où l’erreur de ceux qui ont voulu reconnaître dans le griffon cornu une représentation de la Licorne (Perrot, dans BCH, 1881, p. 20 et Histoire de l’Art, V, fig. 486). En réalité, comme je l’ai fait observer ailleurs ( Revue critique, xgo4, I, p. 123), la Licorne, ou plus exactement l’Unicorne, est un monstre tout différent, une sorte de cavale portant sur le nez une corne unique, longue et pointue ; la représentation de la Licorne ne parait pas, que je sache, avant le Moyen Age.
1 5 i . — Pl. XXXV, à droite en bas. Long. i5o. Memphis. Vert gris; boursouflure d’oxydation.
Lampe en forme de tête d’éléphant. Par derrière, une poignée, ornée de lierre : cet ornement rappelle que l’éléphant est une bête dionysiaque, Dionysos ayant conquis l’Inde, pays des éléphants ; aussi certains monuments le montrent-ils revenant de l’Inde sur un char traîné par des éléphants ( Arch . Jahrb., 1900, p. 216-218). Le couvercle, sur le haut de la tête, est surmonté d’un personnage à mi-corps, imberbe, casqué, cuirassé, la tunique bouffant largement sous la cuirasse. La main droite, abaissée, manque aujourd’hui ; l’autre main brandissait quelque chose,, qui a disparu. Ce personnage est le cornac, il devait tenir dans la main droite l’instrument en fer
avec lequel les cornacs dirigent et stimulent leur bête ; pour les noms grecs et latins de cet instrument, et pour les monuments anciens qui représentent un éléphant dirigé par un cornac assis sur son cou, cf. S. Reinach dans le Dict. desAnt., t. II, 1, p. 54i. Dans le grand cortège mythologique qui, en 280 se déroula à travers Alexandrie, figurait Dionysos, couché sur un éléphant ; devant le Dieu, sur le cou de la bête, sitl tù xça XTjko, était un jeune Satyre en guise de cornac (Callixène, dans Athénée, V, 200 c). La trompe de notre éléphant est repliée à droite, dans un mouvement violent, que soulignent les stries sinueuses dont le profil du pachyderme est sillonné : évidemment, d’après le mouvement de la trompe comme d’après le harnais militaire du cornac, le bronzier a entendu représenter un éléphant de guerre chargeant l’ennemi, en fouettant l’air de sa trompe. Rappelons à ce propos les appliques de vase en pâte bleue, de provenance alexandrine et d’époque ptolémaïque, qui représentent des éléphants au galop : une figurée dans la Coll. Hoffmann, 1899, p. 5, 110 19; d’autres dans la collection Fouquet. Une belle lampe de bronze, au musée de Dijon, est ornée d’une tête d’éléphant ( Rép ., IV, 544, 4). Pour les documents égyptiens concernant la chasse à l’éléphant, cf. Dittenberger, OGIS, nos 82, 86, et Rostowzew, dans YArchiv fur Papyrusforschung, t. IV, p. 301.
152. — PL XXXVI, à gauche en bas. Long. 88. Erment (Hermonthis). Vert noirâtre.
Lampe en forme de rat. La queue est recourbée de façon à former un anneau, par où l’on passait un doigt pour porter l’ustensile. Poils indiqués par de menues incisions.
Pour d’autres lampes de bronze en forme de rat, cf. Saint-Germain, n°4y5. Pour d’autres petits bronzes représentant des rats, des souris, des musaraignes, cf. Bibl. Nat., nos 1209-1218; Répertoire, II, 777, 778; III, 223 ; IV, 545-547. Pour ces espèces en Egypte, cf. Anderson et de Winton,
Zoology of Egypt, Mammalia, p. 275 sq. Le rat, la souris, la musaraigne recevaient un culte en certains endroits de l’Égypte : cf. Hérodote, II, 66, Strabon, p. S13, et le fragment de la comédie des Ilokstç, d’Anaxandridès, cité par Athénée, VII, p. 299 f = Kock, Com. att. fr., t. II, p. i5o, n° 39, v. i4 : Suvaxat. ttaç.’ upïv ixtiyak-ç, tcap’ spot 5s y’ ou. Inversement, Hérodote (II, 166) mentionne un vcfiôp MusxçoptTïjç. Le lecteur curieux de plus amples détails lira Wiedemann, Herodotos IT’ Bucherlilârt,Y>. 2 $9 et Lefébure, Les Dieux du type rat dam le culte égyptien, ap. Sphinx, t. VI, p. 1S9 et t. VII, p. 25.