SCÈNE VI
ISIDORE
Un autre?...
Q MARIETTE
Mon parrain?...
Oui, ton parrain, qu’avait profité de mon absence pour me faire un passe-droit... Vergeot, qui, par jalousie, par ambition, m’enlevait une occasion de servir mon pays et la récompense qui aurait payé mon dévouement... Voilà ce que, depuis ce jour-là, j’ai sur le cœur contre lui, et ce que jamais je n’ lui pardonnerai.
MARIETTE
A lpi, c’est possible!... Mais, moi, suis-je coupable?...
CHAMPEIN
C’est vrai, au fait... c’est pas sa faute si...
MARIETTE
Mon père était votre ami... Avant de mourir, il vous a fait jurer de veiller sur moi... sur mon bonheur.
CHAMPEIN, attendri.
C’est encore vrai, ça!...
MARIETTE
Et un brave, soldat doit être fidèle à sa parole !
ISIDORE
Elle a raison, mon oncle.
CHAMPEIN
Eh! parbleu!... je sais ben tout ça... je ne dis pas le contraire; mais...
MARIETTE
Songez qu’il ne s’agit que d’une simple démarche...
Une démarche!... une démarche!... Si vous croyez que ça m’amuse!... Enfin, puisque j’ai promis à ton brave homme de père, puisqu’il y va x de ton bonheur...
ISIDORE
Vous consentez?...
CHAMPEIN
Eh ben, oui... je verrai M. Vergeot... je lui parlerai... demain, un de ces jours...
MARIETTE
Oh! non... aujourd’hui...
ISIDORE
A l’instant!
CHAMPEIN
A l’instant?... Vous êtes donc ben pressés?...
MARIETTE
Dame!...
Allons, soit I...
CHAMPEIN
MARIETTE, arec joie.
Ahl... .
’ ISIDORE
Avez-vous des gants, mon oncle?...
CHAMPEIK.
Des gants!... Pourquoi faire?...
ISIDORE
Pardi!... pour faire la demande...
CHAMPEIN
Faut que je mette des gants?...
MARIETTE
Sans doute...
ISIDORE
C’est l’usage.
Fiche-moi la paix avec ton usage! (se calmant.) Enfin, quoi, je mettrai des gants... (u les tire de sa poche.) puisqu’il faut des gants pour parler à M. Vergeot...
ISIDORE, regardant vers la droite.
Chut!... c’est luit...
CHAMPEIN
Lui!... déjà.?...
MARIETTE
Nous vous laissons ensemble...
CHAMPEIN
En voilà une corvée!...
ISIDORE
Air de Strauss.
Mettez vos gants.
CHAMPEIN, les mettant.
Mettons mes gants.
MARIETTE
Pas d’airs blessants!
CHAMPEIN
Pas d’airs blessants!
ISIDORE
Soyez charmant!
Je s’rai charmant !
MARIETTE
F,t caressant!
CHAMPEIN, avec humeur.
Et caressant!...
(Isidore s’éloigne avec Mariette par la gauche, Vergeot arrive par la droite.)