SCÈNE VIL
CH4MPEIN, YERGEOT.
VERGEOT, à part, eu souriant.
Il était avec les petits... Bon!...
. CHAMPEIN, à part.
Satanée commission!... Comment entamer la chose?...
(Moment de silence.)
CHAMPEIN, avec emphase, ôtant son chapeau.
Môsieu...
VERGEOT, retirant le sien et sur le même ton.
Môsieu...
CHAMPEIN, à part.
C’est-y humiliant d’avoir à demander quelque chose à ce lapin-là... J’en sue à grosses gouttes, ma parole d’honneur !... (il s’essuie le front arec son mouchoir.)
VERGEOT, à part.
Ce pauvre Cliampein... faut l’aider un peu... (Haut.) Couvrez-vous donc, môsieu.
CHAMPEIN
Je n’en ferai rien, môsieu!... Après vous... (Élevant la roix.) Après vous, puisque je suis parent du côté du jeune homme.
VERGEOT.
Eh bien, couvrons-nous ensemble...
CHAMPEIN
c’est une idée, (il se coiffe le premier. Voyant que Vergeot a son chapeau à la main, il s’écrie.) Pourquoi ne vou3 couvrez-vous pas, môsieu... puisque je suis couvert?
VERGEOT, sc couvrant.
C’est bon!... voilà!...
CHAMPEIN
Vous avez tous les privilèges, puisque vous êtes parent du côté de la jeune personne... D’ailleurs, vous êtes mon ainé.
VERGEOT, à part.
Satané bougon, va !...
CHAMPEIN
Plaît-il, môsieu?...
VERGEOT.
Rien, je vous attends...
CHAMPEIN, grommelant entre ses dents.
Vous m’attendez, vous m’attendez!... C’est que vous avez l’air de marmotter... Pourquoi marmottez-vous?... Du reste, c’est une habitude que vous avez... vous marmottez toujour.
VEHOEOT, s'enflammant.
Est-ce que je ne suis pas libre de marmotter si ça me con- vient?...
CHAMPEIN, s'embrouillant.
Si... mais faudrait pas avoir l’air... parce que... Enfin... vous êtes du côté de la jeune personne... n’y a rien à vous dire... vous avez tous les privilèges.'
VERGEOT.
Comme ça, c’est à propos de Mariette Evrard que vous désirez me parler?
CHAMPEIN
Oui, c’est à propos de Mariette Evrard... C’est ce petit imbécile de Zidore qu’est venu me relancer pour ça...
VERGEOT.
Pour ça, quoi ?...
CHAMPEIN
Pour ça, quoi?... Pour que je vienne vous trouver...
VERGEOT.
Ah ! bon !... (il aspire une prise de tabac en passant à gauche.)
CHAMPEIN *, à part.
Il a une manière de prendre du tabac... on dirait qu’il veut me narguer... Il ne m’en offrirait pas, allez, de son tabac !...
Il est vrai de dire que je n’en accepterais pas !
VEnGEOT.
Pour lors, paraîtrait que les enfants s’aiment ?...
CHAMPEIN
A cet âge-là, qu’est-ce que vous voulez qu’ils fassent?... qu’ils s’égratignent?...
VERGEOT, riant.
Ben au contraire... les pauvres petits !... ils sont geptils comme des cœurs... L’amour... Eh!- eh I... j’ai connu ça.
(il finit sa prise.)
CHAMPEIN, à part.
A-t-il assez l’air d’un homme qui a connu l’amour 1... Si ça ne fait pas mal, mon Dieu, si ça ne fait pas mal !
VERGEOT, suivant sa pensée.
Je me rappelle une certaine Madeleine Biroux...
CHAMPEIN
Madeleine Biroux... la tille à Biroux le meunier ?...
VERGEOT.
Une grosse commère... Eh! eh !...
CHAMPEIN
Une rude fille... c’est vrai tout de même, (a part.) Je lui faisais la cour, et c’est lui qui... 11 a toujours été veinard, ce secot-làl...
- , . , VERGEOT.
Qu’est-ce que vous avez à rognonner ?
* Ver. Chain.