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DÉFENSE DES PAS8AOE8 DE L'OGNON

Il y a trente ou quarante ans, le ravage do eaux courantes mit a découvert, sur la rive droite de l'Ognon, presque «'il

face de- Chassey, au lieu dit redoute <iu Grand-Bruyant^ une doiii.ic rangée de gros pieux espacés d'un mètne environ el planl île distance les uns de- autres, suivant le court

de i.i rivière, il- formaient deux lignes droites de plus de cent pas d'étendue . <•) il- avaient dû servir a soutenir quelque endiguemenl destiné a fermer le passage du mie en cet

e|| lloll.

Aucune trouvaille archéologique n'a été laite jusqu'ici qui ■H- indiquer l'utilité m l'époque de «•«• travail remarquable

\ , eiie époque indi terminée, mais déjà lointaine, puisque

ol de i., vallée <\<- i < )g i était alors de trois métros plus

que le nive tu du ol actuel, les belles prairies,

qui font aujourd'hui la richasse el l'ornemenl «lu paj -, n'existaient pus. A la place d'un pâturage herbeux, il y avait une vaste forêt sillonnée de mortes.. Ces mortes, anciens lits de rivière, formaient de nombreux Uots boisés, désignés comme îles au cadastre, et reconnaissantes par des noues que le temps n'a pas encore comblées 0.

Quand les eaux de l'Ognon sont, très basses, l<- lit «le la rivière, m aval de l'endiguemenl dont nous venons «le parler, paraît établi sur un fouillis d'arbivs de toute grosseur, couclit's ou renversés les ans par dessus les autres, on i<m^ ot on travers. C'est une véritable substructure de chênes dix* huit t'ois séculaires, à demi fossiles, dont quelques rares tronçons sont encore debout (25,

C'esl la constatation de ce fait, facile à vérifier, qui m'a permis de dire tout ;i l'heure que le niveau du sol «'tait de trois mètres au moins plus bas qu'il n'est à présent.

A quoi oo bouleversement, «pu s'est opéré dans un temps («ut court, doit-il être attribué?

Est-il lo résultat d'un cataclysme quelconque?

A-t-il été produit intentionnellement ?

do dernier sentiment me parait préférable.

On peul en effet, sans invraisemblance, rattacher la destruction de cette ancienne forêt a des mesures de sécurité pour ceux qui occupaient lo pays. \.r< Romains avaient peur dos forêts profondes : Non te hoslem vereri, disaient-ils à César, sed angustias itineria ei magnitudinem sylvarum, ils no craignaient rien tant que les défilés ot le silence des grands bois.

Les îlots nombreux, donl .j'ai parlé plus haut, devaient être, avant cette destruction, dos lieux couverts très tacites à

(1) Ou connaît trois 'le cea îles en amonl de Broyé, au dessus 'lu gué 'lii le Grand-Bruyant, et cinq eu aval, à l'embouchure de l'Ognon, dans

les Imis île la Vaine.

(2) 11 serait facile d'en extraire île belles billes, que l'art .le nos ébéniste pourrait utiliser. Mais Broyé est un paj i perdu !

défendre ; des abris où un ennemi invisible pouvait attendre de pied ferme les assaillants, et se rire de la marche serrée d'un corps de troupe.

Deux de ces îlots sont appelés îles des refeux ; n'est-ce pas refeugs qu'il faudrait écrire? Car il est à présumer que plus d'une fois les défenseurs du sol ont dû y chercher un abri en s y réfugiant.

Une autre fortification paraît avoir été établie plus bas sur l'Ognon, vers l'emplacement de l'église du village. C'est ce que les anciens noramaienl la forteresse ou le château du Fousset.

Il y a eu là certainement des constructions h l'embouchure delà Régie ft), sur une roche compacte qui dominait les alentours, gardant, comme un poste à sentinelle, I-' passage de la rivière guéable eu cri endroit.

Ou a retrouvé des dalles, des pilotis, non loin du lieu dil i c de la tour.

DÉFENSE DBS PASSAGES DE Uk SAÔNE.

Les Romains avaient aussi établi sur la rive gauche de la Saône, au port Guerrin, non loin du port Saint-Pierre,à deux kilomètres du village, un cattettwm ou petil fortin, d'où il était facile de surveiller au loin, en aval h en amont, le oours de i.i rh ière quiesl peu profonde en cet endroit. Ce <-tixtfiiiin> pelé .1 Broyé le Chatelot.

une ôminence en terre d'environ mille pas de superficie -> ; ''il'' est entourée d'un lai . el située en '"Mit i onage sablonneux de Sainl Pierre "ù se

.iiiu.nl .i.' l'Ognon.

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h ml .1. | i un. (...) Ii.

voyait encore au siècle dernier une petite chapelle attenante à un très vaste cimetière

Ce fortin était sans doute l'avancée d'un établissement militaire plus considérable dont nous parlerons plus loin.

A la vérité, il ne reste rien des constructions ou baraquements qui auraient abrité un corps d'observation ; mais à défaut de constructions, il y a des vesiiges évidents du chemin ou de la voie romaine qui y aboutissait. Un chemin n'aurait pas eu de raison d'être s'il n'avait eu un groupe d'une certaine importance ;i desservir.

Ce chemin est connu des gens du village sous le nom de vie de Sauvigney. Il se dirige en effet de l'emplacement de Saint-Pierre en droite ligne sur Sauvigney, et sans doute bien au-delà, vers Salins, après avoir traversé la Rêsie au gué des Laies. La chaussée en est si dure, qu'elle n'a pu être détruite par la charrue, et qu'il est facile encore aujourd'hui d'en suivre la direction sur une distance de plusieurs kilomètres. On remarque que, sur le parcours de celle voie stratégique, dans la forêt des Chazeaux, les futaies ne seul pas de belle venue, et le taillis y reste rabougri, étouffé par les broussailles.

Quoiqu'on l'ait dit, ce chemin ne figure sur aucune des cartes modernes indiquant le réseau des voies romaines en Séquanie (1). C'est certainement une lacune imputable à ce que nos antiquaires ont négligé d'explorer l'intéressant pays dont nous nous occupons; et M. Suchaux fait erreur quand il écrit : « A la limite orientale du territoire de Broyé, entre » cette commune et celle d'Aubigney, vestiges d'une voie

(1) La carte dressée et donnée comme fragment de la carte théodosienne, par Ed. Clerc, La Franche-Comté à l'époque romaine, indique fort mal les confins de la Séquanie, qui, d'après ce document, auraient embrassé les deux rives de la Saône et de l'Ognon jusqu'au conlluent de ces deux rivières. En réalité, le pays Eduen possédait la rive droite de la Saône jusqu'à l'embouchure de la Vingeanne, et l'embouchure de l'Ognon jusqu'à Chassey.

•mairie qui se dirigeai! du Nord au Sud, el qui paraîl » avoir été La ligne Gallo-Romaine de Langres à Dammartin, i laquelle traversail l'Ognon entre Pesmes et Broyé M) ».

C'est une complète erreur. Au lieu d'aller du Nord au Sud, notre voie Romaine allait de l'Est à l'Ouest ; prolongée elle n'aurait pu traverser l'Ognon qu'à Banne ou à Marnay.

Trouvaille d'objets antiques.

Ce n'est pas le seul indice qui semble dénoter qu'une station militaire importante avait été établie sur l'emplacement de Saint-Pierre. Car on retrouve de nombreux tuileaux caractéristiques dans les champs d'alentour, des fragments de briques, de poterie, etc.

On a aussi recueilli dans ces parages une grande quantité de monnaies à l'effigie des Antonin, et surtout de nombreux Posthumes bien conservés (-'. « Il y a beaucoup de médailles » de llroye au médaillier du collège (i\os Jésuites) de

i Besançon : on y conserve une petite statue en bronze de la i Fécondité, qui est très curieuse et très rare ; el qui a été i trouvée près de l'ancienne église de Saint-Pierre ('■') ».

.l'ai entendu dire qu'un aurait encore trouvé à Saint-Pierre beaucoup d'autres objets curieux qui ont été perdus ou qui sont enfouis dans des collections particulières. « En 1770, » on a déterré a Broye-lez-Pesmes un superbe vase dans i lequel étaient plus de quatre mille médailles romaines de » différents métaux. On dit que le vase est au Musée de on (•) ».

1 1) Dictionnaire hittoriquê, topographiqui et siniisii jue dea commu i

du départemonl do la liaulc s. e, p

i il hit don -"i Ifoeée di Besançon d'un petit Poithume d'aï trouvé à SalnUPI que beaucoup d'autn médailles dislribui

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BniOT, notice manui 1 1 Ite.

/■, tionnaire de ta Uautê'8a6nêtpê\ ] \ Marc , Gray, 1815 , im- Barbisol

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A Broyé, on n'attache guère d'importance à ces choses là.

Vers 1835, Joseph Perron faisait creuser les fondations d'un hangar devant sa maison. Enfants, nous sortions de classe comme la pioche d'un ouvrier venait dé mettre à découvert une grande quantité de ferraille, une grosse bra* «le vieille ferraille

( )n exhume cette découverte sous nos yeux : on l'examine. C'était des l'aulx en assez bon état de conservation ; mais des faulx étranges dont L'emmanchure étail directe su moyen d'une douille, et non à coude avec une virole, comme celles d'aujourd'hui. On s'étonna de cette particularité dont un assistant fit la remarque, ce dont je me souviens très bien. Puis, la ferraille fut remisée par les soins du propriétaire. Ku ce temps-là, le fer était cher.

Ayant rencontré par hasard, à vingt ans ,1e là, Joseph Perron, je lui demandai s'il avait encore quelques-unes de ses faulx. Eh ! non, me dit-il, et fm ai bien regret. J'en ai conservé longtemps sur le cul de mon four ; mais <■<>,, cfmcun m'en demandait pour faire des pendants de charrue — coutres, — ma provision a fini par s'épuiser... Ah ! quel fameux acier c'était !..< Et quel» pétulants on faisait avec un licier pareil !..,

Je raconte ce souvenir uniquement pour montrer le peu de cas qu'on l'ail au village de toutes les vieilleries qui ne servent plus.

Un exemple encore. On a retiré du vieux cimetière de Saint-Pierre une certaine quantité de sarcophages monolithiques. Si des cercueils pareils n'avaient pas pu être Utilisés comme saloirs ou comme auges à abreuver le bétail, croyez bien qu'on en aurait t'ait du cassage pour servir aux prestations. « Goquibus et son fils aîné ont mis à découvert, » en 1872, un cercueil en pierre paraissant appartenir à une

» époque antérieure au xn° siècle. Cette tombe a la forme » d'une auge à bestiaux, plus rétrécie aux pieds qu'à la tête, » véritable grès en deux morceaux d'une coïncidence

» parfaite Le cercueil dont il s'agit sert de crèche pour

» abreuver les canards et les oies du fermier (•) ».

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