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La place est nommée, au XVIe siècle, tantôt Ziivelmarct, tantôt ter eyerhoucke. Le marché de détail du beurre, des œufs et du fromage se tenait en 1614, sur cette place ainsi qu'en plusieurs autres endroits '. tous les mercredi, vendredi et samedi. Les marchands francs pouvaient vendre à domicile ~.
Côte oriental du Marché. — Nous avions ici le lit de la Reie, coulant devant les murs du Bourg et les jardins de la Prévôté. On y construisit la Nouvelle Halle (grav. pp. 41. 33. II 5). à clîeval sur la Reie, par laquelle les bylanders traversaient la ville-'. Le bâtiment se trouvait sur la juridiction du Canonicat de St-Donaiien -t. Le nom de Nova Halla est donné au bâtiment, dans le compte de 1284, où l'on commença les préparatifs pour la construction. Ce nom resta au bâtiment. Cependant on trouve Lalcenhalle, à partir du XY° siècle ^ ; Waterhalle, a partir du siècle suivant *. Le bâtiment servait encore d'entrepôt pour les merceries et les draps, surtout étrangers, en 1768". Derrière le bâtiment, du côté de la rue delà Bride, se trouvait la maison Cruninghe, vendue par la Prévôté à la 'Ville, en 1292, dans laquelle fut établi, au XI 11^ siècle, un bureau pour le contrôle des draps, et, au XV<= siècle, une balance pour le pesage de ceux-ci. La large porte dans le pignon septentrional donnait accès à un plan incliné, par lequel les charrettes, même attelées, pouvaient amener le drap à l'étage. Au coin méridional, sur le Marché, se trouvaient le Pilori et le Cep '\ Un bureau du Poids public avait été bâti sur le Marché, en 1282?, et l'on y établit une grue, en 1288'°. Nous avons parlé des changeurs établis contre le pignon septentrional de la Waterhalle et sur le quai du pont sur la Reie, qui prit le nom de Wisselbrugge ou Pont du Change ". Les arcades du bâtiment étaient ouvertes. Voyez tous ces chariots de toutes formes ; ces marchands, aux costumes variés de tous les pays ! Quel mouvement ! Dès le XVe siècle, de petites boutiques s'étaient établies entre les contreforts de la Halle ; mais les grilles des deux arcades centrales restaient ouvertes pendant le jour, pour le chargement et le déchargement des marchandises. — Lisez l'histoire de la construction, plus haut, p. 345. Nous avons à ajouter que 18 piliers en pierre de taille vinrent remplacer, en 1526-29, les anciens piliers qui portaient la partie supérieure du mur gouttereau, du côté de la Prévôté. Des travaux assez importants, dont plusieurs peuvent avoir modifié un peu l'aspect extérieur, furent faits en 1598-99 "".
Le 3o novembre 1786 eut lieu l'adjudication pour la démolition de ia Waterhalle '^. La première pierre, pour la construction du nouveau bâtiment, fut posée au nord, le 20 juillet 1789, d'après la pierre qui a été trouvée en octobre 1908, dans les décombres; mais la date réelle semble être le 22 du même mois '4. La première pierre au sud fut placée le 10 juillet 1790 '5. Ce bâtiment, dont nous avons des gravures et des lithographies, dans les ouvrages de Rudd et les publications de Buffa, déparait notre Marché '^. II comprenait au centre, l'Hôtel Provincial, détruit par l'incendie dans la nuit du 19 au 20 février 1878 ; aux deux extrémités, les Café Foy et Café Suisse, puis quelques maisons particulières et le local de la Société littéraire, qui fut démoli en 1882. L'Hôtel du Gouvernement Provincial et celui de la Poste aux lettres (Delacenserie et R. Buvck) furent commencés en 1887. Le Conseil Provincial put y tenir sa Session en 1892. Depuis le mois d'octobre 1898, les remarquables Archives de la Ville de Bruges sont
I. Itid., VI. 298. ^ z. Uid., VI. 291. j(> 3. I, IV. 416. Voir plus liaut, p. 41-43 ; cfr. Délices des Pays-Bns, 1711. i. 208. — C'est le Vndmn sous la nouvelle Halle: A A, c. 1207, fol. 12 v. ^ 4. Um-umcnis de 1540-1760. ^ 5. Zbgbr van Mâle, Lame»/.. 45 ; n 526; Diiices desPaysBns, 1711, 1. 208. ^ 6 D. 17. ^ 7. CE, IV. 288. ^ 8. Voir plus haut, p .iS. ^ ci. I, IV. 20.S. Voir plus haut, p. 40. ^ I.]. CE. 1. 7.I; 1,1V. 21,5. ^ n. Plus haut, p. 48; voir la fiav., p. 41. ^ 12.AA, c. i5«8-ç9. fol. 3J. 1. et v. ^iJ.AE, XLVm. 35o. <j^ n. Journal de Copfielers, l.'il. ^ i.V AE, il.vill Ô57. ^ t6. Voir plus haut, p. 3S3.
conservées à l'étage des nouveaux bâtiments de la Poste aux lettres (entrée par la rue de la Bride). La démolition du Café For et maisons adjacentes, au sud et à l'est, fut commencée le 27 juillet igo8, et il existe un avant-projet de M. J. Coomans, pour construire, au coin du Marché et de la rue Philipstok. l'Hôtel d'habitation du Gouverneur.
Cô/é méridional . La Halle et le Beffroi. — Gravures, pp. 41. 114. 1 15. Le premier texte qui parle de la Waterhalle, l'appelle la nouvelle Halle. Il y en avait donc une vieille. En effet, elle est nommée Vêtus Halla, en 1298 ', Onde Halle, au XI V« siècle. Elle se composait de quatre ailes, entourant une cour, mentionnée en 1291 ^. Nous avons tâché d'établir son origine, pp. 342-45. Avant sa construction, un cours d'eau, reste sans doute de l'ancienne Bueterbeke. coulait vers la Reie, à deux ou trois mètres au sud du bâtiment qui fait face au Marché ^. L'histoire de la construction a été traitée, pp. 342 et suivantes. Entre i3oi et 1393, nous trouvons, dans les comptes, des réfections, surtout aux toitures, couvertes en tuiles plates rouges, decktes^helen. Certaines parties furent couvertes en ardoises, à partir de 1834. Ces réparations sont quelquefois très importantes fi334. 1346. i384-5), surtout après le grand ouragan mentionné au compte de 1389-90 ■». dont on a exagéré l'importance. Dans les réparations qui suivirent, on voit à peine figurer le tailleur de pierre et le maçon ; mais les travaux de consolidation sont importants. Au XVe siècle, il n'y a presque pas autre chose que des réparations aux toitu ■ res. Celles-ci étaient ornées d'un grand écusson émaillé, en 1340. Celui-ci fut réparé, en 1874. En 1424-25, on y plaça deux grands écussons en plomb, aux armes de Flandre et de Bruges, qui furent repeints en 143S-39 -\ Les avant-corps ou grandes lucarnes *, ne furent enlevés qu'en 1822.
De grands travaux furent faits aux Halles, pendant le XVI« siècle. Nous les résumons rapidement, d'après les textes des comptes, que nous avons copiés. Porte d'entrée centrale (1524-25), porte de la Boucherie 1 1526-27), quelques arcades {winkelen) face au Marché (mêmes années), et probablement la porte, côté de la rue aux Laines. On constata, en i555-56. que l'aile du côté de la Reie, rue aux Laines, déversait dangereusement. Les travaux de reconstruction, par parties, furent commencés aux deux ailes latérales, en i56i. et du côté du Vieux Bourg, en i562. Ils se terminèrent par la pose de faîtières en pierre blanche, la construction des deux escaliers dans la cour (1564), et des travaux de dallage fi 566-7). Nous avons tâché d'indiquer, à la page 142-3, les parties anciennes qu'on conserva alors. Remarquez les belles ancres du XVI' siècle. Les coibeaux sur lesquels portent les consoles (XVI II« siècle) de la corniche (cour), appartiennent aux travaux achevés en 1564. Y appartiennent encore: les murs intérieurs, à l'est et à l'ouest de la cour et toutes les arcades d'étalage (winkels) sur trois faces ; les fenêtres à arc brisé, sauf au côté du Marché, oiî les ébrasements et les meneaux seuls furent renouvelés ; les fenêtres rectangulaires du second étage ; les créneaux, chenaux et échauguettes d'angle, sauf les bases, à la façade septentrionale (Xllli= siècle) et à la face méridionale (XIV<= siècle) ; presque toute l'aile du côté du Vieux Bourg. Mais les étages supérieurs des échauguettes d'angle et les créneaux ont été renouvelés encore en 1861. Les voijtes des galeries latérales portant sur des colonnes en pierre bleue, furent commencées en 171 5 et achevées avant 1719. Ce travail se fit dans le double but d'avoir, à l'étage, de vastes greniers à blé, ainsique de donner plus de stabilité au monument et à la tour t.
11 se trouvait une statue de la Ste Vierge, au-dessus de la porte, avant 1845 *. Les
. I.I.47. ^ 2. A.\. c. 1291, loi. 27. ^ 3. Plushaul, pp. 12. 214. !3o; RDH, ïv. i53. *4- I, ^ a. Voir Kravv., p. 41, 114. Il5. ^ 7. AA, c. 1714-15, fol. 82 v. ; c. 1715-16, fol. 62 v. Cfr. 1 V. jt> 8. Plus haut, p. 286-88. Voir I, m. 178; 407. 408.
archives nous apprennent, qu'en 1525-27, Lancelot Blondeel fit un projet pour une nouvelle niche avec staïue. Jacques Dodekin fit plusieurs projets pour la statue et ccile-ci lut exécutée par Corneille et Roger de Smet ', Le dessin tracé par I,ancelot Blondeel. d'une façon très sommaire, est conservé aux Archives. La gravure représentant l'incendie de 1751, concorde avec lui. La statue et la niche furent réparées en 171 1. Brisée par les Révolutionnaires, en 1794, on en fit une nouvelle en l8IQ^ et comme la statue tombait en morceaux, on y plaça, en 1886, celle qu'on venait d'enliver de la porte d'entrée de l'Hôtel de Gruuthuse ^ Il est question d'une restauration.
Au-dessous de la Vierge se trouve un balcon. C'est le t'einstre daer meii de ghebode pleight te doene. qu\ ex\slail avant 141 3 ^. On disait aussi le Ghebodt liiij's. au XVI1<: siècle 5. C'est de là qu'on proclamait les Hallegeboden^. La fenêtre a été remaçonnée, en i526. et restaurée en 1873. — On y plaça, en i526, la belle balustriide en cuivre, coulée par Jacques de Keyzer ". Elle est ornée des statuantes de St- Donatien et de St-Eloi, du lion, de l'ours et de la Rucelle portant les clefs de la Ville. Elle a été restaurée, en 1873, par J. Fleurinan.
* La cour des Halles, qu'on proposa de couvrir, en 1860 — quelle idée ! — a servi longtemps de marché au lin. Il s'y tenait le samedi.
Les Halles elles-mêmes furent utilisées à des services très variés, et il y avait des préposés à tous ces services *.
Le rez-de-chaussée des Halles servait de marché couvert. Les étalages se faisaient sur les volets rabattus des baies ouvertes, protégés par des auvents (lotiven), et sur des échoppes (krmneu, cainere, stallen, toghebaiicken) placés à la file, à l'intérieui' C'était un vrai bazar permanent. On pouvait y acheter de tout, en 1398 : des sucreries et des fruits confits aussi bien que des gants, des tapis de haute lisse et des sabots, des casquettes, de la sellerie, des couteaux, des flèches, des ceintures et même des chapeaux de prêtres '. Les recettes des étaux figurent même au compte de 1281-82. année après l'incendie du Beffroi, et les échoppes établies sous son entrée y sont mentionnées '". L'aile orientale était dite la Halle aux Ep'ices (Criiiidhalle), i3o4"; les merciers et la Coiissehalle (i368) occupaient l'aile occidentale. En 1788, l'on n'y trouve plus que les criideniers. les lyniuadiers et les tabaquisten ". La Bourse avait quitté, vers i663, sa place ancienne, pour s'établir dans la cour et les galeries de la Halle, et elle occupa le coin nord-est de la Pandhalle, de 1784 jusqu'à la Révolution. Un corps de garde existait, vers la même époque, en bas, au coin nord-ouest. Mais les patriotes avaient établi le leur, en 1790, à l'entrée actuelle du Musée, où nous avons connu le Hooge wacht jusque vers 1875. La Boucherie occupe toute l'aile occidentale et une partie de celle du midi depuis 1819, à la suite de la démolition du \Veiit-vleesx:hhuis; mais àtpws 1860, les bouchers peuvent également vendre de la viande fraiche, à domicile. Le Musée de la Société archéologique, institué en 1866, dans l'ancienne Trésorerie du Beffroi, occupe l'aile orientale, depuis 1878; mais une partie des collections de cette Société fut transférée à Gruuthuse, en 1906. — L'on dit que Louis de Nevers fut emprisonné à la Cruudlialle, du mois de février i325 jusqu'au 18 février i326'5.
L'étage était appelé la Pandhalle: on y tenait la Foire de Mai '^, supprimée pour la première fois en 1909. Il servait aussi au.x grandes réunions de la commune. Les tréso-
I. t. II. 314. ^ 2. KDH. vil. i6[^ ^ J. Ji,J .Tii. 11,7. ^ 4 I, V. 3oQ. ^ ^ 6. Voir plus liant, p. 188 ^ ;. AA, c. i5a6, fol. nn. ^ 8. Plus liant, p, 170. Î44. 162. ^ 1... F, m. i3o-40. ^u Plus haut. pp. 46-47. * i:. AA, AV*f>i<//f t,i#i J^ se lapporlaiit à la dclivracice ifu Comte, I, 11, 3S9. ^ 14. Plus haut, p. 39.
. 5. Excmiile: .Srcr. lesolulùb. l67i)-So, fui
. So.