‹ BrugesChapitre 105 sur 137 · VI · texte numérisé non relu

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la Seigneurie de la Prévôté et du Canonicat ', et d'autres modiricatioiis se pioduisirent surtout depuis que le Ghyselhiitis passa à la commune et à la suite de la convention de 1541 '. Fortitié par Baudouin f^, il doit avoir été démantelé en grande partie entre 1 190 et 1281 ''. Le fossé méridional existe encore; la Reie, qui servait de fossé occidental, est voûtée ; les deux autres ^ sont comblés depuis longtemps. Les murs existaient encore partiellement, vers 1540°. Il conserva longtemps ses portes; celle de l'Est fut reconsiiuite en 1342, et l'on plaça, à l'une d'elles, une statue de la Vierge, en 1602; à la fin du XVI Il« siècle, elles existaient encore ?. Il ne fut jamais qu'un lieu secondaire de réunion pour la Grande commune \ Des judicatures diverses y étaient établies '>. Mais le il- septembre 1790, les patriotes plantèrent, au milieu du Bourg, le « poteau de la liberté». La Révolution française a fait du Bourg, la Place de la Préfecture; son ancien m. ni lut consacré en 1844.

11 serait aisé de faire ici une étude d'architecture comparée. La chapelle basse du St Sang représente le XI 1= siècle; l'Hôtel de ville, leXIV'; les façades de la chapelle du St Sang, le XV« siècle et le XVI« siècle gothique; l'ancien greffe, à notre gauche, la première Renaissance. Deirièie nous, la Prévôté de St- Donatien, au coin de la rue de la Bride, est du XVI !<= siècle ; le Palais de Justice, du XVI I h ; le pàié de maisons qui y fait face, bàti sur l'emplacement des gretlès et autres bureaux, et de l'ancien Steen, date de la première moitié du XI X<^ siècle. Les bureaux du Gouvernement provincial sont un spécimen des mieux réussis de lart... des ingénieurs des Ponts et Chaussées vers 1860.

Le côté occidental. Voir gravure, p. 118. Nous parlerons tantôt du St Sang. De ce côté se trouvait le Steen. Voir pp. 117, 339. Ce nom se tiouve en 1290; on lit le Pierre [\2ggl. Lapis, déjà dans la Keitre donnée vers 1 190. Le u-;6)''l é're/'-Me-'c'iM.'ussèf'' .ne Steeii &\iï& été Ie première habitation de nos Comtes, à Bruges, modifiée., 1905. depuis Baudouin i^'". Construite dans l'angle sud-ouest,

du Bourg, cette première habitation comtale aura été démolie lors de la construction de l'église de St Basile (avant 1 147) et l'on aura construit alors un nouveau Steen. à l'emplacement occupé par celui que montre la gravure de la page 1 18. St-Basile lut construit en partie seulement sur le terrain du Canonicat ; le nouveau Steen. entièi ement sur cette juridiction. La lapidea domiis comitis, à Bruges, désignée dans une charte de 1088 (n. s.) " est-elle encore le vieux Stee7i ? N'est-elle pas déjà la Loove, construite sans doute sous Robert le Frison, qui transféra à Bruges le siège de son influence '-?

A l'époque de la construction de la Loove, le vieux Steen comtal sera devenu l'habitation du châtelain '■'. Celui-ci l'aura quitté, lors de sa démolition pour la construction de St-Basile, et sera allé habiter le nouveau 5/eeH, construit au nord de l'emplacement ancien '♦. Ce second Steen est postérieur à 1089, année de l'érection de la Seigneurie

,. Vu.rp III .fca.Cfr.p. ■Ou.,i.-,i3, . p. 24,^4. Voir p. 128. *S. Cil'. 7.^40.121.* 6. CP.Il. l5; AA,c. 1514-42, fol.79;c.l6oi-2, fol. }à. * 8. Voir p. 2 ^ 12. Plus liaut, p. z6. ^ i3. Excmiecasieltani Hacketi^ Franc, vers J190, nu. 5); — ctiria casteUani (cliartesde 12:

CP, 11.126; M. IV. ii5. ClMl. liô. *5. Voir pp. 80-82. Grav. des murs, ; liuHedeconfiiniation. CP.li. nj; M, iv. ii5. * 7. /i/.i'.- GEU, 188. ^ 9. Voir p. 194. ^ 10. Voir pp. 20, Si. ^ 11. AE, LVilI. io3. ), G P, 5o. ^ 14. De stibinoniliont limnims aii /apùieni [\iemc du 2i8); — Domiim peit e (IrBRR-s, xm" siècle )

ecclésiastique, puisqu'il était constiuit sur sou teriitoire'. Vredius donne au ^^ee/î le nom de « Maison du châtelain », et il dit que celui-ci y avait une chapelle ='. Celle-ci lut consacrée le lo septembre i i85 ■', et démolie en 1243 ■*. Le châtelain y avait son tribunal, où les échevins de la Chàtellenie rendaient justice depuis 1089^; et le Lanthuus du Franc ou Chàtellenie de Bruges se iiouvait du côté occidental du Bourg, sous le Swen, en i 289 °. Après le rachat de la Châiellenie, par Jeanne de Consraniinople, 1224, le Sleeii fut utilisé à divers usages. Le bâtiment principal servit de prison ?. On trouve encore établies sous le Steen proprement dit, soit successivement, soit simultanément, les juridictions des échevins du Franc, de la Cour féodale uu Bourg, da Sijsseelsche et du Hoiitsclie.

Le Sleeii fut cédé à la Ville de Bruges, en lySa ^. Les documents graphiques qui nous restent du Steen ? semblent prouver que l'incendie de 1689 avait sévi surtout sur le côté occidental, où la construction en briques louges semble postérieure au sinistre. A la face orientale, il semble y avoir des parties romanes. — Le bâtiment avait été orné d'échauguettes, qu'on voit sur la gravure de Marc Gheeraerts. Il fut encore remanié, en i6o3 ■". Devant le Steen, grav. p. 118, on voit d'abord l'Escalier du St-Sang, puis le Greffe criminel de la Ville, 1 529-33, décoré par Jean Zutterman ; 1 333] " restauré en i8q3. La première des constructions en bois, relativement récentes, a remplacé l'entrée du Lantliuus du Franc. Le Lanthuus existait, en cet endroit, en 1289 ; il fut reconstruit en 1415, et cède a la Ville, en 1539 ". Le Franc y avait le comptoir de son receveur, la salle des clercs de son tribunal, sa chambre pupillaire, son réfectoire et sa cuisine, venant contre la Keie. 11 se trouvait en partie devant, en partie sous le Steen, et en partie derrière celui-ci. C'est dans ce local qu'on donna les leçons de la fondation de Cuba '^ et des cours d'anatomie '■». Tout cela avait déjà bien changé depuis 1379 '^ La prison du Steen était à l'étage et l'on y montait par le steegher, si connu dans les documents.

Rue de la Bride, dans laquelle on entrait par la Hofbrugge — Hubiiigge (n i3) '*>, pons casiri (1 127 "], reconstruit en pierre au XVll^ siècle, voûté en 1790, — a pris son nom au pont même. Des gens de la suite de Guillaume de Juliers étaient logés, en i3o2, en diverses hôtelleries à Bruges. Riquard de Castele était chez Marie up de Hofbrucghe '*. Ce nom reste jusque dans le XVI' siècle, quelquefois mal orthographié Hoofdbrugglie ou Hoochbnigghe, dés le XV' siècle. Mais à partir de la fin de ce siècle on commence à dire Breydelstraet, qu'une charte de i5o2 traduit par Vicus frenoium '?. Le nom officiel de rwe delà Bride, accepté en 1844, fut changé en rue Breidel vers i856 et admis ainsi sur les plaques, en 1884. C'est un tort qu'on a eu : l'on ne doit pas donner à une rue, le nom d'un homme qui n'y a pas habité. Il faut croire que l'ancien nom était venu des boutiques de marchands de brides, qui s'y seront fixés dans la seconde moitié du XV« siècle. — Voyez la jolie façade, n" 18 : 1662.

Depuis 1898, les Archives communales sont installées au-dessus de la Poste au.v lettres. Entrée par la rue de la Bride. Ce dépôt est des plus importants. L'Inventaire des chartes, jusqu'à i3oo, par M. l'avocat L. Gilliodts-van Severen, archiviste, forme 6 vol. in-4'', plus un volume d'introduction. Le i"' volume des tables comprend un Gtos-

I. CP, II. 127. t-îxle. le ia convention de i540(v. s.). ^2. Fiatuii. Ethn.i^l.^i. AE, Liv. lOO ; Lvl. 2DO ^4, AE, 280; LVI. 166. ^5. VEhD.,1. c. A-m>^ve.su90, CF, 11. 4. * 6. B, Iv. 46; UT. 201 ; GB, 5? : WG. iv. 2X0.^7. Pliisliaut, p. ^8. Plusliaut, p. 117. jfe 9. Grav-, plus liant, 41, 118. VoirBibl.de Brug., portefeuille 462-2-, iil. .1; 402-4', pi. 33, 42; Gaill., R kist... it Sa»g. 192. Tableau.x anciens au Jlusée de Gruuilinse. * 10. AA.. c. icoi 2 loi 34 ; 1002-3, loi. 3o. ^ ii.Pl.isliau 338,352; AA,c. i534-j5, fol. 68.^12. WG.iv. 280; I, v.52q-3o; K, iv. 89. ^ i3. AE, xxxiil 54.^ 14. l'I.is li.mt, p. 202. * i5. 1 celte année, cfr. AE, xuil. iSg. ^ 16. M, m. ôo. ^ 17. UP, 49. 7J. 121. ^ 18. 1. 1 82. ^ ig. Voir létyinoloBie .lonnée pa Gezelle, RDH, il. 210 (Cfr. VS, 93-96. RDH, xviil. 358) ; elle semble inaceptable.

saire pai- M. Edw. Gailliard. Pourquoi la Ville ne coniinue-t elle pns la publication de rinveiiiaiie, qui est lédigé ?

Au local des Archives on conserve : un poitiait, par Hubert Goiizius, ijjS, du frère Cornelis Adriaensen. de Dordrecht, le seul connu du célèbre prédicateur ' ; quelques glaives de justice ; des sceaux anciens et des matrices, etc. La Ville y a déposé les cuivres gravés de la carte de Bruges par Marc Gheeraerts.

En élargissant la rue, chose préméditée depuis 1880 ^ on a commis une grave faute esthétique ^. Les premières démolitions datent de 1891 ; elles furent continuées en iqoS et l'on commença, en 1907, les travaux pour cette autre faute impardonnable, l'alongement de moitié, de la Pi évôtê ; bâtiment dont le grand mérite consistait en sa proportionnalité.

LA PRÉVOTÉ, La7ici huis, gia\., p. 93 et i35, était le siège de la juridiction que les Prévôts et le Chapitre de St- Donatien exerçaient sur la Seigneurie^, coinprenant certaines parties du Bourg et neuf autres beloopen dans i'Echevinage de Bruges ■\ Les Prévôts de St- Donatien étaient, depuis 1089, chanceliers héréditaires de Flandre^. Leur charge passa à l'Evèque de Bruges, lors de l'établissement de l'Evêché, en 1 56o '.

La construction actuelle est de i665-66. Elle a été élevée d'après les données de Frédéric van HiUewerve, chanoine de le Cathédrale, par l'architecte Corneille Verhouve. C'est une construction en pierre de taille, appai tenant au style delà seconde période de la Renaissance en Flandre. Le retour à l'art antique s'y caractérise bien plus que dans l'ancien Greffe, dont la conception a beaucoup d'originalité et dont l'ensemble s'est inspiré de l'art national. Le bâtiment de la Prévôté donnait satisfaction à l'oeil, par sa juste proportionnalité. La terminaison du bâtiment vers l'est a été remaniée, il y a un demi-siècle.

Au coin sud-ouest de la Prévôté se trouvait la porte du Bourg, qui fut encore reconstruite vers i665 : elle s'appuyait sur le pignon du Sieen et sur l'angle du Palais épiscopal. Devant la Prévôté, il y avait des boutiques qui furent louées à partir de i665.

L'habitation du Gouverneur, au fond de la cour, ancienne maison du Prévôt, puis de l'Evêque jusqu'à la Révolution, fut restaurée en i556. quand on construisit la chapelle, puis en i63o. Elle fut beaucoup modifiée depuis lors.

Le palais épiscopal a vu passer plusieurs évêques nés distingués. Mentionnons le savant Pierre de Corte, i'^"' évèque de Bruges, ancien professeur de Louvain, brugeois de naissance, l'ami de Vives et de tous les savants de son époque. Parmi ses successeurs, notons le vaillant Rémi Drieu.v, Antoine Triest, plus tard évêque de Gand, le mécène des lettres et des arts, qui commandait des tableaux à Rubens et à van Dyck, et qui fut le promoteur de l'horticulture gantoise, si renommée depuis lors; Huinbert-Guillaume de Precipiano, qui devint archevêque de Malines ; Henri-Joseph van Susteren, dont le nom est mêlé à l'histoire du développement de toutes nos institutions pieuses, et qui était un protecteur très-éclairé des arts et des lettres. Le savant Charles van den Bosch, IX« évêque de Biuges, puis évêque de Gand, était un bibliophile d'une grande sagacité : il entretenait des relations avec les Elzevir, les Meyssens et tous les éditeurs les plus en renom de son temps, et possédait une bibliothèque fort remarquable.

L'espace planté d'arbres était occupé par l'ancienne collégiale de St Donatien.

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