‹ BrugesChapitre 130 sur 137 · AE, IX · texte numérisé non relu

AE, IX

XV, 36i

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TRÉSORS ARTISTIQUES; SITES ET SOUVENIRS. Sôj

aménagé comme caserne de cavalerie, vers i835. — Au-delà de la caserne, il y a quelques façaJes intéressantes : B. 140, bïasserie de Zontie, 1710; B, [48, tympans à basreliej^. représentant lés travaux du maréchal ferrant; B. 1 5o, XVII<^ siècle, tympans à cartouches ; B. i52, de 1731. — De l'autre côté delà rue, entre la rue Longue et la rue de Bapaume {Papamel, Papalmus, Pamel, au XVI« siècle), se trouve un pâté de propriétés. (voii- la grav. p. 86), où il y a une chapelle, aujourd'hui A. i83 et i85, et, au coin opposé, une construction à tourelle. Celle-ci, appelée het Tort ek en en iSyg, était une habitation particulière. La chapelle est celle de l'Hospice Colomma. Etienne de Columna. romain de naissance, chanoine de St- Donatien (i 35 1-78) et doyen de la Collégiale de St-Omer, qui mourut à Rome, 1379, cardinal-diacre du titie de St Eustache, avait fondé cet f^ospice, d'après la tradition, en i362. Les «doyen et coiifières de la société de la chapelle ou Hôpital de Columprw n obtinrent, le i5 mai 1 363, du chapitre de St- Donatien, de construire une chapelle '. La tourelle datait de 1453. Cette chapelle était dédiée à la Colonne delà flagellation, ce qui la fit appeler de ^u>epen Christi. C'est là que le chapitre de St-Donatien allait, processionnellement, le vendredi avant le dimanche des Rameau.v, chercher les palmes à bénir. L'hospice fut fondu avec celui de St Aubcrt, à une date que je n'ai pas découverte, et la chapelle passa aux charretiers, et au.x garçons brasseurs, en 1490 ', et fut vendue en 1695 '. La chapelle cependant ne fut démolie qu'en 1786. Elle occupait l'emplacement des maisons A. i83. i85. — Le carrefour entre les rues de Bapaume et du Poivre s'est appelé Wagenaersplaels, et l'on y voit deux chariots, sur la carte de MG, grav. p. 86. Ces chariots étaient en pierre 4. — PORTE DESTECROIX, graw. pp. 86. 268. Lire, p. 355-56. Cette porte a remplacé, en 1297-99, celle de vieux moulin (voir p. 56 1). En i3o4-5 on y plaça une croix et une statue. Reconstruite par Matthieu Sagen et Jean Slabbaert, en 1366-67, elle le fut entièrement, avec recouvrement en pierre blanche du Brabant. par Jean van Oudenarde et Martin van Luevene, en 1402 et années suivantes. Ce qui en reste, est de cette reconstruction. Les tours extérieures existaient encore, en 1760 ^ Mais depuis lors, toute la partie au delà du fossé a disparu, aussi bien que le pont levis, la herse, et les couronnements des tours. Cette pnrte, quand elle était complète, était un des plus beaux monuments de nolie architecture militaire. S'il fallait compléter une de nos portes, c'est celle-ci qu'on devrait choisir. — C'est par la porte de Ste-Croix que Napoléon I et Marie- Louise firent leur entrée en ville, le 18 mai 1810*. Il reste encore au rempart, un moulin à vent. Voir p. 263 et grav. p. 247. Vers i853, tout le rempart de Bruges était encoie garni de moulins. 11 en avait été ainsi dés le XIII"^ siècle. Voir les plans de Bruges de MG, de Deventer, Guiccardini, Blaeu, Sanderus, etc. — Le Manège pour la cavalerie date de 1861. — Les terrassements du Boulevard Ste-Croix ont été commencés en 1876. — A trois kilomètres de la porte, Château de Maie, grav. p. 148 '. La première construction date de Philippe d'Alsace, qui y séjourna souvent. Le premier diplôme qu'il y donna, date du 4 septembre 1 166, et est donné dans la nouvelle église du Comte. Celte chapelle avait été bénite par St Thomas de Cantorbery. De grands travaux furent faits au château, à la fin du XI V^ siècle. Louis, dit de Maie, y est né le 25 novembre 1329. Philippe le bon occupa aussi le château. Vers l'année i5oo, le château fut abandonné à la garde d'un capitaine ; et Philippe II le vendit, le 6 mars 1 558 au chevalier Juan Lopez Gallo (voir plus haut, p. 55 1). La seigneurie de Maie avait son Pilori,

t. AA Evêclié, AcI. cafit. S. i5oM., Ueg. A, fui, iSi V. ^ 2. De StOOP, TadJ. indicati/. ^ 3. AE XLIII. 8}. ^ 4. J. Gaill., Amb 1» fier., 11. 192. « 5. Bibl. delà Ville .le Hrug,, porter 46i-4', dessin n- 26. ^ 6, GK,.158. ^ ?■ Vue du Cliiteau, au

qui se trouvait devant le château. Il fut enlevé, en 1874 ; il paraît qu'il a été reconstruit dans la cour d'un cabaret. — Nous avons parlé de la paroisse de Ste Croi.v '. Au nordouest de l'église se trouvait le lilauivhuus. château de Marc Laurtn, appelé aussi Villa Lauriiioritm et Lauro-Corinlhus (voir MG|. Ce château dijt être démoli en 1378 ; mais il ne fut vendu qu'en ngS^. — Hors la porte, au sud de l'église, près du Smul, se trouvait un lieu de supplice, tgerecht, dont il est souvent question à la fin du XV« siècle ^. Le Geieclit de la seigneurie de la Prévôté se trouvait le long du Biieveistveg *. — Le château Pi vyeghein, habité depuis longtemps par la famille Visart de Bocarmé, avait été acheté par l'Evêque van Susteren, pour servir de maison de campagne aux Evêques de Bruges. D'où lui est venu le nom de '5 li'sscliops kasteel; et l'on allait encore se promener au 'i Bisscliops drei'e, vers 1860 ^

9. Coupure. Ce canal a été creusé en 1751 52, pour permettre au.ï bâteau.x de passera travers la ville et d'y accoster aux quais, sans devoir faire tout le tour par le rempart. On y établit ÏY^eren Hekicen'', à travers l'eau, à l'amorcement au Rempart. Cette clôture se fermait le soir, pour éviter les fraudes à l'Octroi ; voir p. 544-45. Elle a éie enlevée lors de la suppression des Octrois communaux, en 1860; mais le nom d'y^e-zt'» Heliken est encore resté, comme celui d'un lieu-dit. L'écluse à sas, dite achter Pi edikheei en, a été creusée en même temps. — A l'e.xtérieur le long du- Tragel ou Kelsbane, chemin de terre entre le rempart et le ciiigel, vis-à-vis de la coupure, on a constiuit au XVIII' siècle un moulin à huile, avec maison surmontée d'un moulin à vent. Cette construction était très pittoresque. — Nous sommes ici dans le quartier dit TKN Oye. Il s'étend en triangle, le long du rempart, depuis la rue des Oies et l'ancienne Rame jusqu'à la Porte de Gand ; et va jusqu'au sud du Parc, ancien Couvent des Frères Mineurs. Ce triangle constitue la partie s'inclinant vers la Reie des terrains sablonneux de l'étage paniselien ' d'Assebrouk et d'Odeghem * et des bruyères ou wastines du Veld ". Odeghem près de Steenbrugge dérive du même mot Ode, Oie. Mais dans nos textes brugeois, on écrit le mot Oie avec la lettre H. C'est une particularité brugeoise, à partir de la fin du XI 11'^ siècle et jusqu'au XVII^, de mettre cette lettre initiale où elle ne doit pas se trouver, et de la supprimer au.^ mots, qui l'ont. Cela vient de ce que nous ne prononçons pas cette aspirante. Le nom Hoie, ten Hoie, teii Hoye se trouve du Xllle au XVI II* siècle. Une partie de la rue qui devait conserver le nom de ce lieu-dit, est devenue la rue du Foin, au lieu d'être la rue de la Bruyère. L'autre partie est devenue Schaerestraet, du nom de l'enseigne que portait la maison au coin sudest, près du pont de la Coupure, quand celte rue a été coupée par celle ci, en 1751. On y trouve le Hoogstik, rue de la Colline, connu comme lieu-dit, sans ajoute du mol sUate jusqu'au XVI I« siècle ; ainsi que le Groeiie straetkin, qui reçut son nom, sans doute à cause du contraste d'aspect du quartier ten Oye avec le terrain à travers lequel elle fut tirée. Nous avons parlé aux pp. 56i. 565, des Ramen et des prairies qui voisinaient avec la bruyère. Ils s'appelaient licinia ten Hoye (i288-i3i5 etc.). — Tout le triangle, qui nous occupe, était encore peu habité, au XVI' siècle. On y trouvait beaucoup de Heesters et de jardins légumiers '" ; et bien longtemps on n'indiqua la situaiioii des propriétés que par rappoii au Boninswal, aux Frères Mineurs, aux Guillemiies, etc. Boninswal est resté le nom représentant, au XVI« siècle, les

I. Plus liaut, pp. 21. 3o-3c. 34-35. 276. 278. 556. ^ 3. Sur les Lauiiii, cfr. AE, ixxvi. 281 ; et plus loin, nie Vieux Boiiik. gfi. AE, XJXVl iàà-.xun iîT-Ut Het Boeckvanaldallrr gheicifdlis ^lnHel^ltll,sglle^l^^^-I^g^),i2i.^ii.iy:,e^c. ^^ AE xiivi. 366 *5 Cfi KDH, 1. 385; vu. 403 (grav.), 404. Lire M//.t litre, sans milie. ^ 6. Ces mois ont été déplacés sur mu

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rues appelées lielleboomstiaet, Gapaerdstraet, Hoogstic et même Groenestraet. Le nom de Visierslrael n'apparaît qu'au XV1« siècle ; seul io Vilerstrate {vylierstrate, XV-XVI' siècle ; pi nffeliersti aetkin, vers 1640) app.uaîl dans le documents du XIV^ et du XV' siècle. — Rue des Ciseaux, B. 54, intéressant linteau sculpte, orné de si.\ figures d'anges et d'écussons de la famille Biesbrouck, débadigeonné en 1882. — Rue du Foin, B. i3-i5, l'ancien Vrouiven raspkuis, voir p. 117 et 3o8 ; pignon vers 1540. En 1847, cette maison renfeimait ejicore deux belles cheminées sculptées'. Le local a servi de m.igasins pour les matériau.v de construction de la Ville jusqu'en i885. En 1908 on y a construit six maisons poui- sous-officiers mariés, en remplacement de celles qu'on avait démolies rue de Wulpen. — Tout près d'ici, il y a encore plusieurs pignons très intéressants du XVI[<= siècle, avec leurs portes primitives à oj;;;e/7/c/!/. — L'Hof van Maldeghem, avec heesler, a été entamé lorsqu'on creusa la Coupure. Il occupait l'angle sud ouest du Rempart Boonem (mauvaise forme pour Bonin). — BONINSWAL, voir MG, constituait une très grande propriété, qui a été constamment entamée par des démembrements ». Ce qui en reste constitue A. 17, rue des Ciseaux. Le Boninsival est connu dès 1341. A-t-il appartenu à un des « Bonm van den Gapere », famille opulente du XIII'^-XIV'^ siècle ^, d'où peut être aussi le nom de Gap.iertsli ad ? Clais Bonin de le Gapere est connu comme courtier en i328, et comme Homme de la cour féodale du Comte, en i33i, avec Jan, qui était peut-être son père. Clais Bonin tenait le parti des Klauit^aatts en i3o2. — Le Prieuré des Guillelmites, dit du Val St- Antoine, grav. p. 98, contre la Porte de Gand *. Des Guillelmites, prêtres de l'Ordre de St Benoit, du couvent dit de la Wastiua de N.-D. à Bierviiet, arrivèrent à Bruges, vers 1430. Ils y avaient construit déjà en 1433, puisque, en cette année, la Ville leur paye un subside pour le pavage devant leur couvent '" ; et dès 1434, on trouve au compte de la Ville : de strate te Willeliiiiiien, die iiien lieet dedreve". Au XV"^ siècle, certaines amendes infligées aux condamnés, leur revenaient'. Leur église fut coiisaciée, le 16 août 1478, en présence de Maximilien et de sa cour*. Les Guillelmites furent chassés de l.i ville, en i58o; mais ils revinrent, en 1584. Les derniers religieux, en vertu d'un décret d'extinction du 18 décembre 1764, quittèrent leur Prieuré pour rejoindre leurs confrères de Nivelles. Le couvent fut vendu publiquement à leur profit, en 1765 ; mais l'église de St Antoine et ses dépendances '> furent amortisées pour servir à l'église paroissiale de Ste Catherine ; et l'église de Ste Catherine, à la porte de ce nom, qui était fort délabrée, fut alors sécularisée. Les paroissiens de Ste-Catherine, qui avaient déjà fait usage de l'église des Guillelmites, en 1384 (voir p. 279), y restèrent jusqu'à la Révolution. Après «elle-ci, l'église étant ruineuse, ils furent établis dans l'ancienne Madclaine, et l'église des Guillelmites fut démolie. Le souvenir du Prieuré est conservé dans le nom d'Avenue des Guillelmites, Willelmijiiedreve. Les Guillelmites avaient donné avec éclat l'enseignement des humanités, au XVI' siècle, — voir p. 293 ; mais leur école a sombré, sans doute au temps des Gueux. — Eglise de la Madelaine. Voir l'histoire de la paroisse aux pp. 278-80. L'église actuelle occupe le coin sud-ouest du jardin de l'ancien couvent des Frères Mineurs. Architecte de l'église et de la tour, Pierre Buyck. La tour n'a reçu sa flèche et ses tourelles d'angle, qu'en 1860-64. La polychromie (1873) n'est pas heureuse. Deux bons autels latéraux, dessinés par Thomas Harper King et sculptés par Geerts, de Louvain, 1854. Fonts baptismaux, King, 1854. Les cloches, en acier (1869),

I. GEB, 106. ^ 2. Description, an XVt- siècle, IJ. 5jo. ^ 3. I, l. 398. 4I7 ; il. 5i5. — Voir plus haut p. 55i. * 4. J'ai donné leur histoire, en 1872, dans RDH, VII. 66. 74. 81. 100, avec plan terrier (1690; p. io3.^ 5. 1, V. 46. ^6. IJ. 491- •)(! 7- I. VI. 342. ^ t. Htl botck van al... le Briigge, 7. jg 9. AA Evêclié, Octroi d'amortissement de Marie-Tliérèse, du «juin 1766.

provienmnt de l'usine de Bochiim (Westphalie). — I.e Square devant l'église (1904^ occupe une partie de l'ancienne place Si Marlin, diie aussi ton Staelyscre, avant 1400. Une maison sur cette place s'appelait teii Staelliiserc, en 1409 '. Ce mot siijnifie vierstacl ou vicrslagh (Kiliaaii). Pompe au cygne, E, Simonis, iSSy. — Frères de St Martin, du lieis oidre de St François, dits Obst-rvanis et Conventuels, et, d'après remplacement de leur couvent, Staelyserbrocders. On les appelait aussi St Maerteiisheercn (XV!"^ siècle), et l'image de St Marlin se trouvait encoie au-dessus de la porte de l'ancienne chapelle, en 1684'. On dit qu'ils furent fondés en 1246. Il existe luie pièce de 12.. (les derniers chiffres sont illisibles) ^ qui constate la présence à Bruges des Frères de la Charité de St Martin. Mais je n'ai découvert aucune pièce les reconcernant, entie celle-là et une charte du 2 mars 1437, more gallicano. La chapelle, leconstruife sans doute, fut consacrée le 3o mai I-145. Le couvent se trouvait sous le patronage de N.D. <. 11 y avait des prêtres parmi ces religieux. Leur ciiapelle fut rebâtie, avec campanile ei avec cimetière vers 1487 ^. Mais il faut croire que la tourelle fut renouvelée en 1507". Lors des troubles religieu.v (i 582) le couvent fut approprié pour les drapiers de Raiileul 7, et attribué, en i583 à l'Ecole Boggarde. Mais il fut cédé aux religieuses de St Trudo, en iSgS. — La Corbystraetkm était une impasse, à l'ouest du Couvent des Frères de St Martin (voir MG).

10. Rue neuve de Gand. Voir plus haut, p. .^oo. .le ne trouve le nom de nieuwe Ghendwech qu'en iSgS. En 1291 et 1294, on appelait la section de celte rue entre la Forte et la Staelyserplaets du nom de ante Sconamys ou prope Sconamj's. — PORTE DE GAND. Avant la construction de la grande enceinte (1207), il y avait, un peu au nord de VAlteby (1664). appelé plus anciennement '/ Goed te Vynckenbrouck *, un petit château du nom de Beaupriet (1282) ou Scoenamis {\2()-j). Beaupré a appartenu au Comte de Si-Pol, et fut démoli, en 1390-91, pour la défense de la ville ; mais il fut reconstruit (voir M G) et reste encore connu comme cour dégarnie, au XVI 1« siècle °. Hame signifie pré. Ce nom est donc identique de sans, dans les deux langues. C'est dans ou contre ce fief que fut construite la porte de Gand, en 1297-99. Elle est toujours appelée du nom de porta juxta Scoenamis, de 1297 à i3io; mais le nom de Ghentporte apparaît vers i336. On y plaça des barbacanes (1 337-38) ; mais la porte était en reconstruction en 1361-63'°. Mathieu Sagen et Corneille van Aeltre y sont les principaux entrepreneurs. Au temps d'Artevelde (i382-83), on n'y fit que des travaux accessoires. Une reconstruction complète fut faite d'après contrat avec Jean van Oudenaerde et Martin van Luevene, conclu en 1400 ". Elle devait être construite en pierre, comme celle de Ste-Croix. Nous constatons qu'ici le revêtement est en briques. Elle fut achevée en 1407, par la construction du pont en pierre. En 1448 on y plaça une statue en pierre de St Adrien, par Jean van Cutsegheem, qui fut polychromée. Notez que toutes les girouettes et d'autres détails étaient peints et dorés. En i5i3-i4, Jean de Maech y fit des travaux pour vingt livres de gros. C'est en cet état que MG l'a dessinée (grav., p. 98). Elle était encore complète au XVII' siècle ; mais la porte d'avant-corps avait disparu avant 1781 '^. Une statue de la Vierge, sculptée par M. Michel D'Hondt, a été placée dans la niche, en igoS. Gravure, dans son état actuel, p. 438. — Cette porte a été le témoin d'événements qui méritent d'être remémorés. Louis de Maie refusait obstinément de rendre aux Gantois leurs privilèges. En 1 382, Philippe van Artevelde

I. VS, i3j. ^ 2. D, 8. ^ 3. DELBriRRB, Ptrcis annalyt., I. 4. l3. ^ 4. Eli, I. 107, et Delrp., I. c„ 88. ^ 5. ^ 6. EB, I. I9«. ^ 7. Uid , aoo. ^ 8. AE, xxxvl. J91. ^ 9- Cfr, CBB, l. 38i. ^ 10. A A, comptes <ie ces années. ^ 11. Contrat, m. 477-80. ^ ij. Bibl. Brug., Portef. 462-4', pi.

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TRÉSORS ARTISTIQUES; SUES El SOUVENIRS. Syi

et son armée se dirigent sur Bi uges, où se trouvait le Comte. C'était le 3 mai, jour de la procession du St Sang. Campé à la Wuestine du Beverhoutsveld, van Artevelde marche vers la ville. Nos milices vont à sa- rencontre,- p. ir la porte de Gand, et grâce aux efforts du brave Heylaert van Poucke, gouverneur de la ville, l'arrêtent un instant. Mais les forces gantoises étaient supérieures', et nos hommes durent plier devant elles. Un combat acharné se livra alors à la porte et au rempart. Eciasés par le nombre, les Brugeois doivent se rendre et Philippe d'Artevelde en'tra en ville, par la porte de Gand, en tète de ses troupes '. — Rue vieille de Gand, Vieux veisus Gaiidavum (1288), Vicus Gandensis (i285), Glienttvecli (i3o2), ouden Ghentifcch, à partir de i3'32, laiighe Ghendweg (1394-96;. Hors de la porte, au sud-est de l'église de Ste Catherine, se trouvait un lieu-dit du nom de Daverloo (i3o5. 1397) ^ où il y avait une taverne de ce nom, en 1579. lin hospice de ce nom, se trouvait, dit-oii, dans la rue vieille de Gand, au côté occidental de la rue. — On y trouve le Kleermakers rente, hospice fondé par le métier des tailleurs, en i5i2, attribué aux Hospices civils le 1 1 germinal au XI (f avril i8o3j. Le bâtiment actuel (C. i3o-i34)est construit en style Louis XV. — Un peu plus loin, l'enclos dit Kloefjespoorte {C. 114-122). Marc Gheeraerts nous dessine ici une habitation à tourelle qui pourrait correspondre avec la Blanchisserie de Rebbe (C. 98), et qui appartenait en 1579 a Henri Anchemant. — Rue du Corbeau, encore ur.e transformation absurde du nom Boudin Ravenstraet ou rue Baudouin Rave, qu'on trouve dès 1394 jusqu'à la fin du XVni« siècle. Cette rue se désignait quelquefois, depuis le XVI 1= siècle, sous le nom de Vestesti aetkin. — La rue des Jacobines s'appelait Clofhamer et s'écrit parfois Clophamei , à partir du XVI« siècle. — Rue du panier, voir p. 3o3. Remarquez la borne de juridiction, au coin C. 40 ; grav., p. 93 ; lire, p. 92. — Rue de l'Atelier, nom moderne de la cleen Eechoutstr aetkin. — Dépôt de Mendicité, voir p. .hi8. L'emplacement du Dépôt était anciennement percé d'une impasse aboutissant à V Hof van Ooslcamp, se trouvant dans la rue Vieille de Gand, habitation à grand terrain. — Hospice de Tollenaere, i656. — Rue des trois Gobelets, dite encore (1379) Roosti aetkin ou Vlainincstraelkin et Drie croesestraetkin, d'après l'enseigne (1579) de la maison du coin, C. 3i . Hospice van der Straeten, dit de N. D. des sept douleurs. Remarquez la porte, au millésime 1654.

II. Le Parc, planté en i852, sur l'emplacement du Couvent des Frères Mineurs. Le couvent était entouré de tous côtés, sauf à l'ouest, par une rue, désignée sous le nom de Freren muer. Remarquez, à l'est du Parc, les maisons B. 5 et 7 (XVI I« siècle) et B. 22, 1640. La façade en bois, B. 10, provient de l'ancienne maison de St Luc, à Bruxelles (1573), et tut reconstruite ici par feu M. Verhaeghe-Lebret. La rue Fontaine des Fi ères s'est appelée anciennement d'un nom qui s'écrit très différemment : Vor die poorte van Abengys (1341). bi Abengyspooi te (iSgS), an de Ammelinsclie poorte 1450). Je ne saurais e.xpliquer ce nom, qu'on rencontre encore, estropié, à la fin du XVIe siècle. Un puits public, le Freren Fontein, au milieu de cette rue, avait emprunté son nom au couvent tout proche. — COUVENT DES FRÈRES MINEURS, Grauipe broeders. Ces religieux avaient été établis, de l'assentiment de Jeanne et Marguerite de Constantinople, dans une terre appartenant à Henri dit Ram, terre à laquelle, par suite de sa mauvaise situation, nos concitoyens avaient peu d'accès. Pour cette raison, le Magistrat de la Ville de Bruges leur donna, en mars 1245 (v. s.), quatre mesures et un quart de sa prairie dite Bramberg^. L'église fut construite vers 1254 ; lire, p. 320. En

I. Preuve», I, II. ^u-iS, ^ 2. Cart. A dEekbout, fol. 34 V,, io6. - Voir KDH. V. 3o6 : VI, 3o5, sur la riie de Daverloo

572 NOS PLACES El NUS RUES, MONUMENTS ET

1288. la Ville subsidie les réparations à faire au dortoir. Le cloître fut reconstruit en i43()-3i. Les Frères Mineurs furent sépaiés de la Piovince de Paris, en i523 '. A raison de leur vaillance à défendre la Foi, ils furent l'olijel de violentes persécutions au temps des Gueux ^ C'est surtout au Fiére Corneille de Dordreclit que les liéritiques en voulaient, et poui cause ■". On l'a surnommé le maliens liaei eticot um. Aussi le couvent fut-il aussi bien que détruit, en 1578'". La reconstruction du couvent et de l'église était commencée dés 1598", mais n'était pas terminée en 161 1*. Le chœur fut consacré le 4 octobre 1612. Une nef fut ajoutée à l'église, vers i655. Le couvent fut démoli, après la suppression (1798). Giav. p. 3i, Il restait, en i85o, une partie du cloître des religieux, dont les arcades construites en pierre de taille étaient de style classique. Dans cette église fut instituée avant iSgô, la mémorable confrérie de N. D. de l'arbre sec ', dont Pierre Crisius, le peintre, et sa femme furent membres, et qui comprenait depuis 1606, seize membifs, appartenant aux familles nobles de la Ville. Cette confrérie ne resta pas chez les Frères mineurs. On la trouve, entre 1618 et 1703, à N.-D., puis à l'Eekhout, enfin à St-I3onatien. Elle passa à Ste-Walburge, en 1779, et fut supprimée par Joseph II, le 2g avril 1780. Cette confrérie, sous le symbole de l'arbre sec, ou du buisson ardent, honorait l'Immaculée conception de la Ste Vierge. — L'église des Frères Mineurs servait de sépulture à un grand nombre de nos principales familles. On y trouvait, les tombes de plusieurs Evèques auxiliaires de Tournai. St Bernardin de Sienne ht un séjour au couvent. 11 y bénit un puits, réputé depuis lors pour les giâces qu'on y obtenait ". Un des religieux du couvent, le B"^ Gauthier de Bruges, s'est acquis une grande réputation de savant. Devenu Evèque de Poitiers (1278), il mourut dans sa ville épiscopale, le 21 janvier i3o6.

12. Rue neuve de Gand, suite. Attenant au couvent des Frères Mineurs. — la luclle le long du Parc n'existait pas — se trouvait le couvent des Frères de charité de StMaitin. Voir plus haut, p. 570. 11 est devenu l'AlîB.WE DE St Trudo, des chanoinesses régulières de l'Ordre de St Augustin. — COUVENT DE ST TRUDO. Nous avons à distinguer ici trois institutions connues sous le nom de Si Trudo : un monastère de moines, un monastère de moniales, une église paroissiale ; tout cela du côté de Steenbrugge. Nous traiterons de l'Eekhout, plus loin. La page qui suit, résume un travail inédit, fait sur documents. — A. Nous connaissons l'existence du Prieuré de moines, près d'Oostcamp, par des documents formels. Galbert parle de la Cellula Sti Trudonis juxta Orscamp sita, qui fut dévastée de fond en comble, le 9 juillet i 128, par l'armée de Guillaume de Normandie, tellement qu'il n'y restait ni livre ni calice pour célébrer la messe '>. Galbert avait dit, plus haut, que le « moine » Radulf de St-Trudo avait porté, le 6 mars 1 127, à Simon, Evêque de Noyon, une lettre du Prévôt Berthulf"". C'était un prieuré. En 1 133, Thierry d'Alsace, sans doute pour indemniser les moines de la destruction de leur Prieuré en 1 128, par ses adversaires, donna une « terre à l'église de St Trudo et aux pauvres moines qui y servent Dieu ». Leur prieur Letard est nommé dans la charte. Celte teire, jadis inculte, qu'on appelait encore ci chemin », s'étendait en longueur entre Cortabrigga " et la terre Odmarcsham, appartenant déjà à l'église de Si Trudo ". Le nom de cette terre se présente avec plusieurs variantes : Hamersmu (1207. 1232), Hammersam {\2^%), Ammersam (1281), Heimersam (i335), Admarcsham (transcription de 1394).

I. M, IV. 652. ^1. AE, «ivll. 3a5-45;ZBGERV*NMAL., Lnmeul., .r ^ J. Ibid .m-iris,. ^ 4 UulLL. Wevdts (éd. t. Varenbergli), 3. ^5. CE, m. 35o. ^ 6, Giav., GRl', .Î7. * 7. AE, ixviil. 141. Cfr. plus haut, Kelisede SIe \Valbm[i. 556; et RDH, IV. 237. * S.KUH.il. 59. ^ r,. t;P, 167. * 10 lbid.,n- * ii. Piêsde rilleBlicm, a Si Miihel. jft 12. X'', m. 276; A A Sémin., cartul. A de TEeklioul, fol qI v.

TRÉSORS ARTISTIQUES; SITES ET SOUVENIRS SyS

Voilà, sans doute, le siège du nouveau Prieuré de St Trudo. Les donations du Seigneur d'Oiscamp, de terres sises entre Ammersam et St-Trudo (1207) appuyentelles cette hypothèse? La charte de 11 33 coiitirme aussi les dons que les prédécesseurs de Thierry d'Alsace avaient faits à cette église. Une lettre de Raduif, abbé de St-Trudo, en Hesbaye, écrite vers ii3o, dit que St Trudo avajt un alleu à Bruges (donc au Vll<= siècle), où il fonda un monasière de quatre-vingts religieux ». Ici une tradition, que je crois inacceptable, vient se greffer sur l'histoire. Vredius a écrit des développements étendus sur le te.\te -, et les chroniques du couvent, que Foppens a suivies ^, ont a. iopté ces traditions <. La ('clliihi Sti Triidonis existait antérieurement à 1 1 28 :" cela seul est acquis. Je trouve encore l'ancien ermite ircdJitiis), frère Richard Metiiis. moine proies du monastère de St j'rudo lez Bruges, dans une vente de terre au profit de son monastère, en i38g '\ Après la dévastation du Couvent de St Trudo ( 1 128), la construction du monastère a sans doute éié faite dans le lieu dit H ammersam. Nous parlerons de cela taiilôt. — B. Il y a eu des moniales de St Trudo, certainement au X1I<= siècle : les te.vtes ne m'amènent pas plus haut. Une donation de Marguerite d'Alsace est faiie.en 1 194, en faveur des " moniales de St Tiudo « ". En 1219, on parle d'une Prieure de St-Trudo ^ ; l'Abbesse de St Trudo est citée dans une charte de 1 3oo ". Il y a eu un double monastère d'hommes et de femmes ; ce dernier régi d'abord par une Prieure. Nous savons qu'après l'érection du chapitre de N.-D. à Bruges (1091 ), pendant l'absence du Prévôt, qui étudiait en Lotharingie, Bertliulf remplaça les chanoines par des moniales. Celles-ci durent quitter, quand l'Evèque de Tournai réintégra les Chanoines, en 1 101 9. La tradition dit que ces moniales se ti.\è:ent à St-Tiudo. C'est possible. — C. Il y avait près d'Orscamp, une église de St Trudo, qui fut ravagée en i 128. C'est celle de la Ccllula. En i i33, Thierry d'Alsace donna une terre qui allait jusqu'à celle dite Odmai csham, appartenant déjà à l'église de St Trudo '° ; et, en 1206, il existait, en ce lieu une église, s'il faut en croire Beaucourt, qui cite une charte de cette année, que je n'ai pas retrouvée ". L'existence de cette église n'est cependant pas mentionnée dans deux confirmations de 1207, de l'achat de la terre dite Albalsin ackcr, qui faisait partie de celle sise entre Hamersam ttl St-Trudo'^. Mais la maison, appelée aussi Curtis d'Heimeisam (i.iaj: a appaitenu originairement à l'Abbaye des dames de St Trudo '\ L'église de la cclla de St Trudo étant détruite, en 1 128, il serait vraisemble qu'elle fut reconstruite dans l.i vieille propriété d'Odmaresham, possédée avant 11 33, comme on le voit dans la charte de celte année. Car, ayant été incendiée, en 1261, par la foudre '4, l'église fut reconstruite, au dire de Sanderus, en un lieu plus commode. Or, nous la trouvons, depuis lors, à Odeghem, et dans les limites mêmes du monastère, comme l'affirme une charte de 1483 '^ ; et elle s'est tiduvée là jusqu* sa destruction. — L'église de St Trudo figure dans le Pouillé du diocèse de Tournai (i33o-3i* '^. L'abbesse de St Trudo avait le droit de collation de la cure et de la chapellenie '?. Celle-ci datait de 1254"^. En i5o3, les revenus des Dames étant trop restreints, le Pape .Mexandre VI unit à ceux-ci. les biens de l'église paroissiale dOdenghem ">. — La cclla, les moniales, l'église de St Trudo semblent n'avoir fait qu'un avec l'abbaye d'Eekhoui, depuis l'origine de celle-ci (voir plus loin), jusqu'en 1 248 ; et

I. M, I, 61-62, ^ 1. Flan.lr. El/tn.. 413-14. ^ 3, M, m 57. * 4- Voir ;,usm ,S^nii|.:kus, 11, 90. qui se ■éléie ^ul AA des diaiioinesseideStTm.lo. * 5, A A Etat, oiiB., fomls St Trudo. ^ D, M. IV, 22n, ^ 7. C.iittil. A précité, fol, 54 V, ^ 8, AA Etal. Krui-., fonds cité, n- bleu 7468. ^<) Cliane, ap. CiAiLLIARn, Iiiscf .finiér. ,leN.-D . p vu ^ 10, Voir paKe piéL-éJ. ^ 11, Discr. de N.-D., 2g6. ^ 12. Caitul. i-ilé, fol. 99. * i3, Cart, cité, fui, 12 v., et A A Etal,* .4 Meïkr, ^-(/i/i,^, 78 V, * l5. AA Etat, fonds cité. * 16, AE, xxll, 206-7. * 17- Charles diverses, fonds cité. * l». A A Etat, fonds cité, * 19, Ibid, - Le lieu-d.t Odet,gkem se trouve nommé dans une cliarte de ii63. Voir aussi, plus baut, p. 504,

l'abbaye d'EekIiout, à mon avis, est soiti de la ('clhila Sti Trudunis. Des biens de St-Tiudo et d'Eekhoiit ont été communs. (.)iiand, en i i63. Waller, abbé de .St-Martin à Tournai, veut échanger les biens trop distants de son Monastère, situés à (i Odehglieem n, c'est à l'Abbaye d'Eekiiout qu'il les transmet '. La charte de ii33 concédant des terres entre Cartabri^ga et Odmarcsham, aux moines de Si-Trudo, figure dans le cartulaire de l'Eekliout, et dans le vidimus de 128t. iinnscrivani les chartes de TEekhout ". Les moniales et les moines des deux maisons étaient de l'ordre de St .\uguslin (i38o) ^, et de la Congrégation d'Aiouaise. Les auteurs disent que la séparation des moniales de St TVudo d'avec l'Eekhoui. fut faite en 1248 ♦. Je n'ai pas trouvé la charte qu'on dit être de Waller, Evéque île Tournai, et du 23 aoûi 1248. Mais, de fait, il y a des donations faites en commun à St-Tiudo et à l'Eekliout. .l'ai trouvé des chartes ou des confirmations de pareilles donations, des années 1207, 1219, i23i ^ La dîme d'Odenghem est accensée en ii63, à l'abbé d'Eeckhout "^ et la charte en est portée au vidvnus de 1281, parmi celles de cette abbaye. Mais la pièce piincipale est celle de 1 2 19. Jeanne de Flandre fait une donation près à'Alscot (Eekloo), conjointement à l'Eekhout et aux Prieure et Dames de St-Trudo. Or celte donation est confirmée par la Comtesse Marguerite, le ]■■ juillet i25i : et et ho\s à' A Ischoud, kVesK d'EekIoo, y est dit avoir été donné à l'Abbaye d'Eekhout : il n'est plus question des moniales t. La séparation des biens était-elle donc faite entre 121g et i23i ? Notons encore que l'Eekliout continua à payer aux moniales, leur qunte part dans les revenus de ces biens *. Les chroniques du couvent des moniales disent que celles-ci ont quitté la congrégation d'Arouaise, en 1248. pour s'affilier à celle de Si-Victor; et qu'Usilia, moniale de l'abbaye de Pont-Rouard (Rousbrugge) est venue pour être leur pi emière abbesse ' ; et Meyer dit que c'est à la demande de celle ci que la séparation fut faite. C'esl possible. L'Eekhout, au contraire, a toujours appartenu à la congrégation d'Arouaise. — L'abbaye de Si Ti udo fut incendiée par la foudre, le 22 juillet 1261, et fut reconstruite, mais pas exactement au même endroit. Les Dames de St Trudo acceptèrent la réforme de Windesheim, vers 1460 "% avec clôture. C'est depuis lors que ces chanoinesses portent le surplis. — Esquissons rapidement la suite de l'histoire de ce monastère. L'abbaye des Dames fut détruite par les Gueux, en 1 578 Elle possédait, depuis le 29 octobre i566. la Cour de St Bavon, marché au Fil, avec le verger attenant, appelé Bleekei ie aux registres des Seslendeelot ", en même-temps que l'impasse dite Coi bysiraetkin (connue depuis i3o2). Elle acheta, en i588, le couvent des Stacljyseï broedeis '^. La chapelle des Frères de St Martin resta à leur disposition. La construction du Couvent n'était pas encore faite, en 1616. La Révolution française dispersa les religieuses, et ce ne fut qu'en 1816 qu'elles purent acquérir une partie de leur ancien couvent et bâtir leur chapelle. — Objets d'art. Statuette de St Trudo, XVe siècle; — deux chandeliers d'autel, vers 1480; — un ciucifix de jubé, vers iSoo ; — beau panneau du XVl^ siècle, représentant un frère du Tiers Ordre, avec Dieu le Père, le Christ, la Vierge, St Pierre, St Jacques et des anges ;

— volets de triptyque: St Luc el St Grégoire; sur le revers l'Annonciation, 1619.

— Jacques van Oost, le vieux, fut enterré dans l'église de l'Abbaye ; sa fille Marie y avait pris le voile, en ib58. Jacques van Oost peignit pour l'Abbaye, en cette année,

i.Crtul A nié, fol

R.V ^ 2. Fol. q8 V, et fol. .ii. .liirs le viditmis ilc 1281, ^ 3, 0. is., A A Eut, Fo.i.is Sl-Ti udo. ^ 4. Mi

Ami.flanii, .ia\.^6■.S"

livi plus ou moins fidèlement par ses successeurs. ^ 5. Ca.tul. A, fol. 9Q. 64 V. 00. ^ 6. Cartul. A, fo

^7./â,d.,{oi.bi ^S.

Eieiuple, i,V15, A A Etat, tonds St Trudo, el Carlul. A, fol. iz. ;j(.9. Ap. Sanubr., /■Vai/rfr. i7/(h/v., ii.i

^10. BBRLiiim. £7.. »i<

.r>7..i34; Sandkrus. Fl.,iUuslr.,\\. i2i. ^ 11. AE, iLiii. i35. ^ 12. EH, 1. 210; A A Etat, Bruges, H

SlTriido.actMdeHéce.

ubreiSaS et du 28 novembre 1598; Delbp., Précit.anat,\. 2. 169.

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une Ste Gertriide, étant le portrait de sa tille, qui se trouve aujourd'hui au Musée d'Ostende. Sa tille s'étant plainte, dit la tradition, de devoir se passer de la présence de son père, celui-ci piiiîiiit encore, en la même année, pour satisfaire à ce désir, le tableau de la descente du Si Esprit ainsique l'Annonciation (voir Sl-Sauveur, p. 464). Cette œuvre se trouvait dans le chœur des Dames ; e^ de cette façon, le père se trouvait en portrait, avec son tils Jacques, en compagnie de sa fille. L'abbaye possédait neuf de ses tableaux'.— Rue des Jacobines, dite Pçst Clofhatiieis (1288), Clofhameinliaetkin (i3o2), qui ne devient Clophamer qu'au XV1« siècle ; et rue des Jacobines, au XVI 1'^ siècle. C'est dans cette rue que les Dominicaines ou Jacobines possédaient, dit on, leur Refuge, depuis i534^. Ce monastèie fut fondé en 1284, sous le titre à'EiJgelejtJale, à AssebrotiU, avec St Michel pour patron. Chassées de leur couvent, en 1572, par les Gueux, les religieuses s'installèrent dans leur Refuge; et l'Kvéque leur permit de s'éiigL-r une chapelle, le 14 juillet 1572'. Elles commencèrent la bâtisse de leur nouveau monastère, en 1597. La première pierre de leur église fut posée en 1609; elle fut consacrée le 5 avril 161 1, le jour de Pâques, sous le litre de St Michel. Supprimées par décret de Joseph II, du 17 mars 1783, leurs biens furent incorporés à la soi-disant Caisse de Religion. En 1788, les Conceptionnistes (voir p. 496) échangèrent leur couvent contre celui-ci ; mais elles en furent chassées le 28 novembre 1796. et le couvent fut vendu, comme bien national. En 1834 y fut installée une maison de santé, et deux religieuses de l'hospice des vieillards de Courtrai furent appelées à soigner les malades, en 1846. Elles prirent l'habit de Si Dominique, et tirent profession le 17 mars 1847. L'une d'elles, Amélie-Françoise van der Stichele, de Winkel-St-Eloi, (Mère Marie- Dominique), décédée, 22 mai 1887, reconstitua l'Ordre des Dominicaines en Belgique, et fut la première supérieure générale de la Congrégation de Ste Catherine de Sienne, en Belgique. Les Dominicaines desservent encore la Maison. 'Voir p. 523, rue St Georges.

1?. Marché au Fil. — Le marché au fil se tenait, à la tin du Xlll« siècle, le long du côté méridional de St-Sauveur*. Nous constatons que la Vlasmarkt était établi à l'endroit où il se tient encore, en 1541 = ; le nom de Gaeinmerckt était connu au commencement du XVI Il« siècle. Mais la place s'appelait ten Na^arette, dès i36o •>. Ce nom vient de l'HosPlCE DE NAZARETH, où l'on recevait les voyageurs indigents et les pèlerins '. 11 existait avant i334 ', mais on le fait remonter à i326. L'Hospice était tenu par des frères dont le chef s'appelait Magister. La chapelle fut consacrée le 16 janvier 1430. La porte est encore de cette date, mais le fleuron (grav. p. 412) a été renouvelé plus tard..'— Les œuvres de la fondation restèrent en action jusqu'en 1796. — HOSPICE DELA MadELAINE, érigé pour les Lépreux. Nous avons fait son histoire ?. Par suite d'un ordre du Magistrat (9 avril 1578) el d'un octroi de Philippe II (17 février 1579 11. s.), l'Hospice de la Madelaine, hors la porte des Maréchaux, fut démoli, et les lépreux furent transférés dans une partie de celui de Nazareth, où les deux institutions demeurèrent séparées et indépendantes. En même temps, une maison de correction pour hommes y fut annexée. Entre i586 et 1614, la Léproserie acquit vingt-deux maisons dans la rue vieille de Gand, où l'on construisit les bâtiments, dont les ancres portent le millésime 1617. Les jeunes gens déréglés (voir p. 358: y furent transféiés vers 1739. dans une « maison de Force » qui avait été construite aux frais de l'Hospice. Elle était dirigée par les frères et les sœurs, qui restaient chargés de leurs autres offices. Un nouveau règlement

Descamps, Voyage filloresçni de la Fi. el du Hy„h , 1792. 255, *2. GK, 247, *3. AE. iLvi. 627. •)l}4- EPK.i 247.370. 11. 128. ifeô. I, IV. JOO. ^7. Ci-dessus, p. 3o3. ^8. I, 11. 3uS. ^9. Voir pp. 27. 28. 227.

pour les Hospices de la Madelaine et de Nazareth et pour la « Maison forte >. . fut lédigé en 1752 '. Les maisons de correction étant devenues une chart^e de l'Etat, à la Révolution française, la Maison forte de \i Madelaine fut supprimée, comme l'hospice lui-même, en 1797 98. En i8o3, l'église fut mise à la disposition de la paroisse de Ste Catherine, qui prit le titre de la Madelaine. en 1809 (voir p. 280). En même temps l'Ecole de Ste Eiisaheih fut installée dans les bâtiments jadis occupés par les sœurs hospitalières de la Madelaine ; elle y resta jusqu'en 1870. Les Bureaux des Hospices occupèrent l'immeuble, de 1882 à 1893 ; et le Musée, commencé au Pont du Roi, prit ici un certain développement. Le Cercle Militane y trouva aussi des locaux de 1888 à 1893. — La Maison de lefuge de l'Etat fut installée, en 1903. dans l'immeuble C. 100, datant de 1617. Vers IQ114. on a commencé à construire un nouvel établissement, à St-André lez Bruges, où l'on espère transférer la Maison de refuge, vers 1912. Les locaux actuels serviront probablement à agrandir le Dépôt de Mendicité. — Marché au Fil. — Nous sommes ici sur la juridiction du Zuiid-Pi oosclien, qui commençait au cleene-eelilioutbriigge. bâti à l'endroit où cesse la rue de l'Eechout et où commence le Marché au Fil'. On voit cncoie une pierre, avec le (j, à la maison B. 1, à côté de la Reie voûtée. — Au côté oriental se trouve VHofraii St Baefs, de Gand (B. 25). L'extérieur présente certains caractères architecturaux ; une galerie intérieure existe encore (voir MG) et on y trouve une salle avec des poutres à semelles. Ce refuge nous est connu par des textes de 1479 et de i566. Raphaël de Mercatel, évêque auxiliaire de Tournai, s'y était retiré en 1307 et il y mourut, le 3 août i5o8. Le Refuge était devenu, en i556, la propriété de l'Abbaye de St Trudo, lez Bruges; et fut incorporé au couvïiit, quand les moniales se retirèrent à Bruges (voir p. 574). — Un peu plus loin se tiouvait VHo/ rail Maldighcw. Voir les maisons B. 3-5 (grav. p. 359). L'une de ces deux maisons appaitenail, en 157(1. ^ Zeger van Maie ^. Au marché au Fil se trouvait aussi un waiiclcer dit ten Pauliine (1379. 1496), incorporé, vers 1598, à ï Ho/ van Ste Hai'/s. — Au côié occideni.il. nous avons V Ecole normale pour religieuses âes Dames de St-ANDRIl deTouniiU Elles s'établirent à Bruges, rue Fontaine des Frères, B. I, en 1839; passèrent à la Place StJean, en 1870, voir p. 53i ; et s'installèrent ici, aux Pâques 1879. Leur école normale pour religieuses fut adoptée, le 24 décembre 1870. Elles ont un pensionnat de demoiselles, un externat et des jardins d'enfants. Leur propriété comprend une partie de l'abbaye d'Eekhout, au nord de l'embranchement de la Reie, qui traverse ce bloc. Mais la partie au sud de la Reie, avec la grande porte d'entrée est l'ancien Hôlel de Cuba, où Jean de 'Witie naquit de 6 août 1475 et mourut le 16 août 1540. Entré dans l'ordre de St Dominique, il devint le premier Evêque de l'île de Cuba, découverte, en 1492, par Christophe Colomb. Nous avons parlé de la célèbre fondation qu'il fit, de chaires publiques pour l'enseignement supérieur 4. -- Rue de VEekhout. La Reie sépare le Marché au Fil, de la rue d'Eekhout, Le pont, en cet emplacement, ?,'apY'^\a\\. smaelre bi ucghe (\2q2), smaelre Eechoutbrucghe (i33i), cleene Eechoutbrugghe (1496 etc). — Façades, B. 3, vers i56o; B. b, de Draeclee. vers i56o. enjolivée vers 1900: les vitrines datent de ce travail ; — B, 11, 1570 (réseaux); — B. 17, construite en 1900. Le millésime reproduit celui qui se trouvait sur une poutre de la charpente ; — B. 25. i63o. Au côté occidental : C. 2, d'après dessins de Ch. Dewulf. h)04 ; la rue a été élargie, sans y faire une trouée. Il

I Vmr pliisli.iiil. p. 117. CH, ii. 74g. !l^ 2. Cfi. F, Tv, 3(q, acte .le I2n. '"r !■» piopriélé du zn.UeigaHC. ^ ,1. Voir p, ^»i. ^4, Plus haut, 290. 564. Voir aussi, Sandebus, /•'/. iV/.,n. loj.

faudrait faire chose semblable, en conservant l'angle de l'étage, à la maison B. 41, à l'entrée du Maiché au Fil. — Entre C. 6 et 8, une des portes de l'abbaye d'Etkhout. Sur le bourdon : 1718, les images du bon Pasteur, de N. D et de St Joseph, et l'écusson au Ij ; — C 20. autre porte de l'abbaye, avec l'incription : SaNCTK AUGUSTINE CANON VI r.E CANONlC.t; ORA PRO NOBIS Deum. 1790. — Il y a encoie plusieurs façades iiitéres^anIes, de ce côlé-ci de la lue. — Riif Gheeidlf. dite, au XVl"^ siècle, sheei- Glu-eiofsnaetlcin jegliens over de pooric van deii cloosti c yait den Eechoute. Les Geerolf constituaient une famille liés noloiie .i Biuj^es, à partir du X1II« siècle. La ruelle s'est appelée aussi Cleen Eechoiilstraelhin. D.ins cette rue, façade B. 12. 1627, qui mériterait une restauration. Je crois que le pont Vnur deii frei en muer (1417) se liouvait à la soiiie orientale de cette rue. — Au bout de l'impasse, entre les maisons maïquées B. 35 et 37, se trouvait le pont appelé //f/eH biuxkiii (1349). bjchlen fi ei er, (ilnyt) freren miueiiren bitiggheskin (i552). L'impasse même s'appelait sHeer WiUemsti aetkin (XV1>^ siècle). On disait cependant aussi Pantstraetkiii. pnice que celte impasse offrait anciennement accès latéral vers le Pmit de la ville (voii- plus luin, p. Syg). Le heer Willem est apparemment Guilliiume Gheerolf, qui joua un lôle politique important, en 1430-34, et fut plusieurs fois echevin. — A BH AYE D'EEKHOUT. - Comme je viens de le dire-, l'abbaye d'Eckhoui. à laquelle on attribue, sans produire de document, une origine presque iici/,l- f.is séculaire, est sortie de la Celliila Sti Tt itdonis. Celle-ci étant détruite par les tniiemis de Tliieiry d'Alsace, dans la guerre de compétition pour la couronne de Flandre, les moines ont dii chercher un refuge. Et, aussitôt la paix rétablie. Thierry les a placés dans son domaine comtal. leur cédant tous ses dioits sur iEchout. qu'il dit se tiouvcr, in Raya vivario meo. c'esi-à-dire dans 1 ile de la Reie ^. Cette donation, il l'a libellée dans la charte de 1 1 3o, de même il a vouki aider à rétablir la Celliila de St Tiudo, prés d'Odeyhem, par sa donation de 11 33. Dans l'acte de i 1 3o pour TEekhout, il est dit que le don est fait » à l'église qui y est fondée et à ceu.\ qui servent Dieu en cette église, dédiée à la Vierge, à l'Apôire St Barthélémy et à St Willibiord « ^ Les moines de Si Tiudo avaient sans doute bâti dans l'Eekhout, immédiatement apiès leui- désastie, du coiiseniemcnt vocal du Comte. Le Cartulaire de l'Eekhout, compilé par ordre et sous les it-gards du savant abbé Lubert Hautschilt, à la fin du XIV'' siècle, ne renferme aucune charte antérieure à ces deu.\-là. Mais à partir de ces dates, celles-ci sont nombreuses. Aucun Abbé d'Eekhout n'a été découvert jusqu'ici, avant Lambert, qui figure en II 57; et la première bulle de confirmation des biens de l'Abbaye est de 1179^. La charte de 1 1 3o est la première, que je sache, dans laquelle le nom Echoiit tsi énoncé. Comment alors admettre la tradition, assurément moins absurde que la première, qui fixe la fondation de l'abbaye à l'an 1006. Ce qui semble plus admissible, c'est qu'il y a eu un eimitage. dans l'Eekhout, avant le XI 1= siècle, et peut-être une chapelle. Une dalle tumulaire de l'église d'Eekhout, nous apprend le décès en 1060, dans l'ittsula luci îiusti i, de l'anachorète Everelme ^. Mais cette dalle a disparu ; et nous ne savons de quelle époque elle datait. — L'Abbaye fut donc construite dans l'île de la Reie ^, comme on peut le voir sur la carte de MG. Plus tard elle eut une sortie par la porte marquée C. i3, rue Neuve de Gand, vis-à-vis de la rue de l'Atelier, appelée jadis Petite rue de l'Eekhout. La Bulle de confirmation de 1179 nous apprend que les religieux sont des

I, sans doute, une lie n.iluteile delà Reie. antérieure aux Reie n'ait pu avoir un brasaunoid deN,-D. ^ 3. F. m 275.

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chanoines réguliers de l'ordre de St Augustin et qu'ils sont exempts. Nous savons qu'un chanoine régulier d'Arouaise devint Abbé d'Eekhout, vers i iqS '. — Nous avons une bonne vue de l'Abbaye dans Sanderus, et sur la carte de MG. Le nouveau dortoir, hâti vers 1410, fut encore construit en bois. L'église et le monastère eurent à souffrir des Gueu.\ en nyS "^ ; mais l'Abbé fit si rapidement les réparations que l'église put être consacrée par l'Evêque de Bruges, le 25 aoijt 1584. L'abbaye, cependant, avait tant sourt'crt que, sans le travail opiniâtre de l'Abbé qui put recruter des novices à l'Ecole Boggarde, elle aurait sombré. Il était déjà question de la céder soit au.x Jésuites soit au.v Dunes. La lourde l'église ne datait que de i66.;-63 ; époque à laquelle fut construit le dortoir en briques. Le nouveau cloître était postérieur à cette date ■'. Il ne reste de T'Abbaye que les portes, rue de l'Eekhout. Lors de l'invasion française, l'abbaye et ses biens fuient confisqués et la riche bibliothèque, dispersée. Les Archives sont au Séminaire de Bruges. — St Bernard visita l'Abbaye en 1146. L'abbé Lubert Hautschilt, décédé en 1417, qui était un mathématicien et un lettré très érudit *, portait la mitre, à titre de privilège personnel, que lui octroya le Concile de Constance, auquel ce prélat assista. Elle est fort simple : on peut la voir au trésor de la Cathédrale. L'abbé Nicolas van Trooslenberghe obtint, le 3i mai 1628, pour lui et ses successeurs, l'usage des ornements pontificaux. Nous avons parlé des Librairiers et des Miniaturistes, qui étaient fixés à l'Eekhout ^. Dans l'église, on vénérait beaucoup l'image du Christ ci ucifié, qui est du XIV« siècle, et se trouve aujourd'hui à la Cathédrale °. L'Abbé d'Eekhout était un homme tiès important, à Bruges. Il s'intitulait Abbas britgensis, au XI V= siècle. Aussi Bruges n'eut un second Abbé qu'en 1628, lorsque l'Abbaye des Dunes se reconstitua en notre ville (voir p. SSy). L'abbaye portait comme blason celui de la Ville, brisé de deux crosses en sautoir sur le tout ; mais son sceau, en 1449. portait l'image de St Barthélemi, avec l'Agneau divin, en contre-sceau. L'Abbé Comeille Zegers, en la même année, portait l'écu à trois fasces, au lion couronné brochant et deux crosses en sautoir sur le tout. C'était à l'Eekhout que se payaient les briefs d'Aertrike et d'Assebrouk (1307-1642 etc). — Une partie du terrain de l'Eekhout a passé aux Dames de St-André, comme nous venons de le voir ^ ; une partie est couverte de propriétés particulières ; sur une autre partie encore est établie la Société de St François Xavier, dont l'entrée est au ii"9, rue de Groeninghe. Cette Société compte 3oo membres. La chapelle fut inaugurée le 28 janvier 1877 ; et les bâtiments, agrandis en 1903. La chorale Eekhoutgalm fut fondée en 1899.

14. Quai du Rosaire, ou plutôt des Patenôlriers ; grav. p. i5o. — Pont de St Jean Népomucène, voir plus loin p. 583. — A l'Ouest du pont, nous avons le Dijver. Voir p. 497. On a eu le tort de démolir le mur de Quai de la Reie, jusqu'à la place des Tanneurs (1870-72) et du côté du Dijver (1873), et de supprimer les échoppes qui se trouvaient de ce côté. Le mur de quai étant bien plus brugeois, la disparition de la balustrade en fer tieviait compléter la restauration de ce beau site urbain. La vue sur les constructions du St-Sang, de l'Hôtel Provincial et sur quelques constructions privées, est très belle. La Malterie date de 1904 (M. Etienne Timmery). La maison des Tan neurs sera restaurée incessamment. Les échoppes, dont nous venons de parler, placées ici en 1745 *, étaient le dernier souvenir des Roo^enhoedstallcn , échoppes des fabricants de chapelets, et non pas de chapels de roses, comme on l'a dit. Le nom du quai, avant 1745,

I, F. 111. 2;«. ^2 Van Mals, Limtn/atù-, p. lo ; F, 111. 2S0. * 3. Gi .iv. URP, 24 ; et liibl. .ie lîriices, poilefe.iille 462-4-, n-6. ifn. Voirsabiographie.F, m. 181-86. ^5. Plus haut, p. 386. ^6, Plus haut, p.4e6 ^7- Plus liaut, p. 5;6 ^ 8. AE, iLVlll 33l

était Zoutdyk. quai au sel — Remarquez la Façade du Moorkinsgat, vers 1660, avec sept bas-reliefs des œuvres de la miséricorde dont l'un a disparu ; (B. 1-2) ; la superstructure est portée sur des arcs posés en encorbellement sur le rez-de-chaussée. Maisonnette au coin, près de l'entrée du Petit Marché au poisson, au millésime de 1716, grav. p. 239, dont on devrait déterrer la base. — PaNDREITJE ', dit gioenmai ht {\\ au lieu de gi oensehiia< ht. Sur le bras de la Reie, qui formait le côié oriental du quadrilatère de l'île de la Reie, se trouvaient plusieurs ponts, dont nous avons parlé, à la p. 577. Celui par lequel on passait du Quai du Rosaire au Braemberg (qu'on voit sur notre gravure de la p. 41), est appelé Hudcyelten,bnicghe (i3o2), Vlasbi ucghe (i33i-XVI« s.). Cockmitbrugge (X'Vl» s.). Un souvenir se rattache à ce pont. L'on sait que les ponts servaient bien souvent de lieu de léimion, pour y trancher de graves questions. L'on connaît l'issue fatale à Jean sans peur de la conférence sur le pont de Monteieau-sur-Yonne (1419) =. Bien souvent on éligeait domicile sur un pont, pour terminer une affaire. Nous en avons encore un exemple, en i5i3, en ce qui concerne le Vlasbriigghe. C'est là que notre Maître-maçon Jean de Maech et Chiétieii Stieiman, ceinturier. élisent domicile pour légler des atfanes concernant la mortuaire de Jons de Caestickers ^ — Le quai le long de cette seci ion de la Reie, au sud de ce pont, au Pand> eilje, s'appelait au XVI' siècle, tantôt U'(7/.^t7;e Kaye. à laison de la pro.vimité de la rue Wallonne (dire : rue des Français), tantôt lloutitye. — Au fond méridional de la place, se tenait un Marché au lait (XVI« siècle) 4, devan| le Pand deser stede (voir MG). On y vendait du beurre, du fromage et des œufs, le mercredi, vendredi et samedi de chaque semaine. En 1482, la Commune vota la construction, en emphytéose, sur une partie du terrain des Frères Mineurs, d'un cloître qui était destiné à l'étalage des joailliers, durant la Foire de Bruges *. Ce pand n'appartenait donc pas aux RecoUels, et n'était pas le pand ou cloître des religieux. Celui-ci se trouvait au sud de leur église, et j'en ai pu voir encore certaines parties, en i85o. L'ouverture de la Foire aux joailleries se tit en 1483, et l'on constate qu'il y eut alors 187 étalages ^. Les orfèvres, pour augmenter l'espace disponible, firent les frais d'un pand intérieur, construit en bois, qu'on pouvait démonter ; et des échoppes furent placées le long du mur, vers l'église. 11 est tout naturel que les jeunes filles aimaient à être conduites à cette foire, et le nom de Pand/eeste, cadeau de foire, est encore le nom générique qu'on donne aux présents de toute nature, qu'on offre à l'occasion de la Foire de Mai. Le mot reste, quoique même la Foire du Pa7id des Halles ait disparu, en 1909, et que celle du Pand des Frères Mineurs ait été supprimée en 1671. Les chaudroimiers utilisaient aussi le Pand. en 1576'. Ce cloître a servi également de remise pour les Géants de la "Ville, d'oià son nom de Reu^enpand. — En 1671, on utilisa le Pand pour y établir un 1 asphuis (voir plus haut, p. 117) ou maison de correction ; et, après l'incendie du Stecn, en 1689 (p. 117), y fut établie la prison communale. En 1827, fut faite l'adjudication pour compléter les constructions de la prison. Ces travaux étaient achevés l'année suivante. Agrandie encore, vers i85o. On construisit, en 1861, la Prison cellulaire, connue sous le nom de Maison de sûreté civile et militaire. — Le Pandi eilje fut voûté, à une date que je n'ai pu trouver ; mais il l'était en 1773 '. En 1745, le maiché aux légumes fut déplacé, de la Grand'Place au Draemberg 1. — Remarquez la maisonnette B. 7, de 1637, restaurée en 1892, ancienne maison des Porteurs de blé {coorndiaghers] , avec figures des travaux de la corporation. Les Coornmeters avaient leur

I. Voir RDH, s. 142, où il y a quelques inexactitudes à corriger. ^ a. Voir la miniature reproduite par Paul La Croix, Mœurs, mages et costume, p. j53. ^ 3. AA, Reg.fupill. SI- Douai., 141Q-1524, 26 sept. i5i3. ^ 4. Voir plus haut, p. 534.^5. CE. u. 239-40 jfe 6. Ibiil. ^ 7. DblïP., Précis anal., 1. 1. 142. ^ 8. Lire BaAucouRT, Descr. de N.-D.. 292. ^ 9. AE, xLvill. 33i.

58o NOS PLACES ET NOS RUES; MONUMENTS ET

maison au côte sud de la rue aux Ronces, partie orientale de la maison qui est marquée aujourd'hui B. 2, rue Suvée.

i5. Petit Marché au Pois^un, dit Place des Tanneurs ; grav. p. 72. Les marchands de vieilles ferrailles y faisaient anciennement leurs étalages. La place est appelée Hudevi-ttinsiiam, en i3o2. Le compte de i3o3-4 mentionne déjà que cette place était donnée à cens, par an, aux Tanneurs. Elle resta, à partir de i3i6, à leur disposition exclusive. Le marché des peaux brutes, réorganisé en 1640, s'y tenait le saine, li, avant midi ; les autres jours, on le tenait devant les Halles '. La place était fermée par des portes, plus tard des grilles, à ses deux entrées (voirgrav. p. 41). Les Tanneurs s'en rendirent si bien maîiies, que la Ville dut Kiir interdire, en 1468, d'apposer sur les murs de la place, les armes de la corporation. Les Tanneurs eurent à leur charge, jusqu'en 1424, l'entretien des quais au pont dit Vlas ou Coekiiitbi 11 gge,c\u on désignait aussi sous le nom de Hiuieveltei sbi ii^gf. Au milieu de la Place, se trouvait, en 1 502, un obélisque orné de deux lions, qui tenaient la balance dans laquelle on pesait le cuir avant de le plomber. En i63i, Its Tanneurs firent un emprunt pour reconstruire leur maison corporative '. Mais la construction porte le double millésime : i63o — XVr XXX. Cette maison avec sa tourelle vers la Reie (restaurée igoS) fut longtemps un estaminet dit le Rivage, het Di evekeu. Les projets de restauration de la maison, faits depuis 1908, restent encore en souffrance. — L'estaminet adjacent portait le nom de Grooten Hollander, en 1676^. Il devint la Vadie, pendant les troubles de i8?o; pour redevenir plus tard, quand l'effervescence fut diminuée (vers \83g), (la Vache Hollandaise, et de Hollander quand tout fut rentré dans le calme. — BrAAMBKRG. Nous avons ici un de nos vieux lieuxdits, qui s'étendait jusqu'à Ten Oye. C'était une prairie, appartenant à la juridiction de la Ville, dont celle-ci céda, en 1245, quatre mesures et demi pour la construction du Couvent des Frères Mineurs (voir plus haut, p. 571 )*. Il y avait aussi la place publique du Braemberg, se trouvant à la lisière septentrionale de la prairie, contre le rempart. Celle-ci servait de Marché, et les recettes, pour 1280 et 1281 figurent dans le plus ancien de nos comptes ^. La place était déjà pavée, au XIII« siècle. Nous connaissons plusieurs des maisons qui s'y trouvaient à cette époque éloignée. L'Abbé d'Oudenburg vendit à la Ville en 1299, la maison qu'il y possédait*. On y trouve la .Monnaie, en 1372 et en 1419 ^ ; voir plus haut p. 5o. Nous v trouvons des échoppes variées, au WV^ siècle, ei les chaudionniers avaient droit d'y étaler, au XVl^ siècle. Mais la place servait de Marché aux céiéales, en 1291, oij l'on signale le pont de l'Ane aveugle sous le nom Ae. pons frttniciiiDi uni. Le marché s'y tenait le mercredi et le samedi. 11 n'est donc pas étonnant que la loge des porteurs de blé se trouvait à proximité. — En 1745, le Marché au poisson qui se tenait à la Grand'Place jusqu'alors (voir p. 433i, lut transféré au Hraenibeig '^, e\ lemaiclié aux céréales se tint au Grand Marché, comme cela se fait encore de nos joins. Après nouvel examen, je crois que le tableau de Beerblock, grav. p. i36. représente l'exode des Marchands de grain, quittant le Braemberg, en 1745 ; tandisque le tableau de M. de Man 9, représente le marché au poisson et la minque, établis en 1745. Le maiché, en ordre dorique fut construit en 1821, d'après le plan de Jean-Robert Calloigiie. et les étaux en bois furent remplacés par des étaux en pierre d'Ecaussines, en i832. On eut le tort de démolir, en 1866, les échoppes des marchands de merluche, qui se trouvaient de part et d'autre du pont de l'Ane aveugle. Voir, sur ce pont, p. 448. — Tout le côte

,.I)F.l.Br,, />.««,.«„/,, 1.3. 57 * 2. CE, m 4.1, * 3 Um.KX-, Précis a„.,M..l i 08 * 4. M. iv 55, ,,. 5, F, m ..1q. 145; I.I.488 ii& Voir leruiieus lécitiie HuvcK, AE, XLVlll, 32g. A q Cutalonue île l'Expusilioii lei.ue

TRESORS ARTISTIQUES; SITES ET SOUVENIRS. 58i

oriental de la place, sauf la maison au coin du Quai des Marbriers (voir les gravures, p. 41 et p. i36) était occupé par V Ooslvleeschliuus, autour duquel les Bouchers avaient de iiombieuses maisons avec une cli.ipelle au Quai des marbriers '. Cette Boucherie existait avant i?q6. — Remaixjiiez les façades B. i3, de Carpel ; B. 11, in S. lacob, 1626; la maison conlre le pont, B. 7, qui est l'ancien comptoir de la perception des accises et dioils sur la bière. La façade à pignon vers le pont, grav. p. 35y, est un de nos types architecturaux. Elle porte le millésime 1 .S70. La triple vitrine date de la restauration faite en 1872 ; à laquelle appailient aussi la sculpture dans le tympan au-dessus de la porte. Remaïquez le trumeau couronné de gradins. — Arrivés ici à l'ancien rempart, nous devons un coup d'œil d'admiration aux bâtiments du Franc de Bruges. Remarquez d'abord, au nord du pont, deux constructions, 1614 et 1608 (restauration, 1880). 'Voir grav. p. 2 I 3. Les bâtiments du Fianc sont très intéressants au point de vue des évolutions de notre ait des façades. — Grav. pp. 137 et 190, des façades à tourelles du Franc, commencées en i52i>. par le célèbre Jean van de Poêle, et continuées par Godefroid Cauwe et Roger Witlebroodi ^ La restauration, faite en 1874, par feu Pierre Buyck, a suscité certaines polémiques. Toute cette construction est d'une élégance rare, d'une disposition de lignes on ne peut plus heureuse. Ajoutez-y le charme du canal, les arbres qui vivifient le quai des Marbriers, la perspective d'un pont ancien à dos d'âne (grav. p. 116), et l'on comprendra ci.mmcnl il se fait que les aitistes dressent si volontiers ici leur chevalet. Nous sommes sur le chemin de ronde extérieur de l'ancien rempart de la ville, appelé aujourd'hui Qtiai des Marbi lers t\ Qtiai vert. Le Steenhuuu'ersdjrc, ainsi nommé au XIV« siècle, ^nllait. avant qu'on ne creusât la Coupure, de la Place du Braemberg, jusque près du pont du Vieux moulin (plus haut, p. 56i et grav. p. 3i5). Ce nom vient-il des Tailleurs de pierre? .l'en doute. Je ne sache pas qu'il y ait jamais eu une maison corporative de ce métier, au Quai des marbriers. De plus, nos comptes nous apprennent que la pierre de taille pour les constructions était amenée à l'endroit de la Reie le plus rapproché du chantier. Le nom ne viendrait-il pas du nom d'une famille, connue à Bruges à la fin du XII 1« siècle ^ ? — Les maisons B. i et 2 représentent celles qui appartenaient autrefois aux Sceppeis ou tailleuis et leur maison corporative. Plus loin se trouvait la Halle à la garance (voir plus iiaut. p. 552). Nous avons parlé des ponts que nous trouvons ici, aux pp. 552 et 553, Signalons, au Quai des Marbriers, la façade B. 3, vers i55o, qui est tiès-intéressante, avec son étage en encorbellement et son grand arc de décharge maçonné dans le mur sur la largeur de toute la façade. — Il y a quelques constructions intéressantes, au côté septentrional de l'eau. Reinarquez, à la façade postérieure d'une maison de la rue Hertsberghe, les bras en fer à anneaux, qui ont peut-être servi à y passer des perches pour sécher les fils ou les étoffes teintes. — Dans la partie méridionale de la rue de l'Hydromel se trouvaient, avant 1419, des maisons appartenant à l'Abbaye de St Berlin, qui fixa plus tard son Refuge lue Nord du Sablon (voir p. 5 12). — Qitai veit, dénomination assez récente de la paitie du Sleenhoitwersdijk. à l'est de la rue du Clieval. Le peuple dit Up '/ Groe7ie. — Hospice du Pélican, fondé en 1708, par François van Beversiuys et Marie Madeleine van Wesivelt, dans une propriété dite de Pelicaen, attenante au sud à la maison de gouden Pillicaen, sise dans la rue des Dominicains, B. 7 t. Remarquez les maisonnettes et la porte, de 1707, grav. p. 3o8 ; mais la construction à l'ouest, est de 1634. — A l'est de l'Hospice

I. IJ. 320. Voir aussi Sl-Jacgues. plus haut. p. 482. ^ 2. Voir plus baut, 35i. 446 ^ .V 1,1, 373. ^ 4- Documents etc.

s'ouvrait le Pape Moen straetkin. avec une porte du côté du Quai. Voir la grav., p. 3i5. — Un peu plus loin, voir même gravure, le Vulders reitje se déversait dans le Rempart ; et là se trouvait un ponceau app.;ié Lossche brucglie, déjà cité en i33i, par lequel on entrait dans la propriété construite au noid-ouest du pont du Moulm, comme on peut le voir, p. 3i5.

i6. — Rue des Ronces. — Jusqu'au XVK' siècle, le nom de liraemberg, auquel on commence alors à accoler le mot strate, était appliqué à la rue commençant au Pandreitje et allant jusqu'à la rue Longue. 11 n'en est plus ainsi. Cette rue se termine à celle dite Fontaine des Frères. B. 7, ci-dessus, p. 579 ; — B. 9, façade de 1674. Au sud, Petite rue des Frères Mineurs, Frerenstraet/ciu, aujourd'hui Rue Sui'ée. Elle doit son nom actuel, qui lui fut donné avant 1844, à Joseph Suvée, né à Bruges le 3 janvier 1743, qui a fourni une carrière artistique assez remarquée, et est mort à Rome, en 1807, étant directeur de l'Ecole française '. — Remarquez une ancienne borne d'échevinage ; grav. 94; lue, p. 92-94. — La lue des Ronces nous ofîre l'occasion d'une étude comparative de façades: B. 19, façade en pierre détaille, 1740; B. 25, grav. p. 211 =, bâtie en 1629, dans un style mélangé, la maçonnerie étant de goijt bien plus ancien que la corniche et les ancres ; restaurée vers i85o. Je ne sais pourquoi on a dit que cette maison était aux Tanneurs. — La partie occidentale de B. 2, rue Suvée était, en 1579, la maisonnette des coornmeters ; B. 7, devint, en :637 (voir p. 579). la loge des coorndraghers, et la maison lut rebâtie; B, 14, bras de lanterne, milieu du XVI 11'= siècle; — B. 16, m-AMon de Goude Rake, 1328 ■', m^us les arcades portant l'étage sont de 1627 (restaurée, 1892) ; — B. 24, Onse Vrauwe van den drooghen boom (voir, p. 572). B. 32, maison de Zwane, 1664, à bas-reliefs, les quatre saisons et les Evangélistes ; achetée parles charpentiers, en 1393. — Frercn-Fonteiiistraet, voir plus haut, p. 571. Ici nous entrons dans la Rue des Dominicains. Celle ci commence à être appelée Jacobinestraet, au XVl^ siècle ; sans que le nom de Bi aembei chslrate cesse de lui être attribué. Les dernières propriétés, vers l'est, étaient le Couvent des Jacobins ou Frères Prêcheurs. Voir, plus haut, p. 363. — Dans cette rue, remarquons : B. 2, style Louis XV, avec lucarnes anciennes; — maison B. 28, dite de Carmignole, avant 137g; achetée par Jacques van Oost, le vieux, le 21 juillet i633, ayant alors pignon en bois (MG). il y mourut en 1671. La maison fut reconstruite, en 1660 et vers i83o ; et vendue par Jacques van Oost, le jeune, en 171 1, à Jacques Dobbelaere ^. — B. 36, grillage en fer battu, en style Louis XV, oeuvre remarquable de M. Edward de Vooght, 1871 ; — B. 23, façade de 1692, à rustiques légèrement saillants ; — A. 29, façade de 1756, qui mérite une restauration. — RUES DES CORROYEURS. Les deux rues des Corroyeurs, H en blanc et en noir cuir », sont connues dès la fin du X1V« siècle. — Les taneurs en blanc quir (i328) préparaient les peaux de mouton et de chamois ; les ouvriers en noir quir {i328) préparaient les cuirs pour souliers. — Rue des Corroyeurs en noir cuir. Voyez la façade, B. 20, Het Paradijs, construite vers i65o, avec quatre bas-reliefs représentant l'histoire d'Adam et d'Eve après la chute et la mort d'Abel. — Dans cette rue se trouvait jadis l'Hospice de Ste Anne, fondé en 1644, par Anne van der Straeten, veuve de Richard Brouckman. Cette fondation a été jointe à la Poterie. — La seconde maison, à l'est de la rue, en allant vers le sud, était le Weduwenluiys, dit Couvent van Zuutwcrven, ou plutôt van Zouburch (r539), du nom du fondateur. — La Chapelle de St Aubert, du métier des boulangers, fut bâtie, en 1469, au coin nord-est de la rue

, p. 3S0. ^ 1. Voir DAF, j5. s8. 29. 45. ^ 3- DAf , 40, 43, ^ 4-

et de celle qui est appelée Cretenbiii chsiraetkin (XVI« siècle). La corporation possédait près de la Chapelle, ses maisons- Dieu, B. 22. 24. 26, reconstruites dans leur forme actuelle, au XVI 1 1' siècle ; mais leur maison corporative se trouvait rue des Pierres (voir p. 494). — Hoipice du comte de Fontaine, grav. p. 307. B. 66, rue des Corroyeurs en noir, fondé en i636 par le général messire Paul-Bernaid. comte de Fontaine, pour douze soldats blessés, ou, à leur défaut, pour autant de familles pauvics. L'hospice a fort bien conservé son aspect, surtout à l'e.xtéiieur. Au-dessus de la petite porte, une inscription remémoie la fondation. Elle porte les armes du fondateur. Le Comte de Fontaine, Grand Bailli de Bruges et du Franc, sauva notre ville d'un siège, pendant la guerre de la France et des Provinces Unies contre les Pays-Bas catholiques. Bossuet a vanté sa bravoure dans son Oraison funèbre de Louis de Bourbon, prince de Condé, en narrant la bataille de Rocroi (19 mai 1643). Le comte de Fontaine, qui avait un accès de goutte, se fit porter sur le champ de bataille, où il trouva la mort, à l'âge de 63 ans. « Trois fois, dit Bossuet, Condé fut repoussé par le valeureu.v comte de Fontaine, qu'on voyait porté dans sa chaise et, malgré ses infiimités, montrer qu'une âme guerrière est maîtiesse du corps qu'elle anime. » Son corps fut rapporté à Bruges, et enterré chez les Frères Muieuis.

17. LE VIEUX BOURG. Nous entrons ici au /}z«r^ primitif de Bruges, que nous avons essayé de déciiie à la paye i5. Voir aussi la carte sommaire. L'on a accès, par le sud, au vieux Bourg, pai le Pi)}it St Jean Népomucène. construit sur la Reie, qui servit ici plus taid de vieux rempait à la ville (voir p. 82), et qui fut d'abord le rempart méridional de notre piemier Bourg. Ce pont est ainsi dénommé depuis qu'on y plaça, en 1767, la staïue du Saint. Il s'appelait primitivement de Echoudbrugge (1282), die grote eeke brucglie (1340), et le nom de Grand pont de l'Eekhout lui est encore donné en 1745. Ce pont avait été reconstruit en pierre, en 1357. Il le fut encore en 1642. Les Pyndevs du pont de l'Eekhout furent autorisés, en 142 1, à construire sur le pont, une chapelle avec crucifix. Je crois que c'est la petite construction qu'on voit sur notre gravure, p. 41, à l'entiée méridionale du pont. Elle semble trop importante pour être le steenen appclvet kooper winkelken, mentionné aux registres des Sestendeelen \ Il ne semble pas non plus que ce puisse être le aibeyders hiiyseken des Pyndevs du pont. — La staïue de Si Jean Népomucène par Pierre Pepers (1767) fut jetée à l'eau, la nuit du 6 au 7 octobre 1795 ''. Elle a été replacée, le 12 mai 181 1, comme le dit l'inscription du socle. Le pont a été modernisé en iSSp. — RUE AUX LAINES, grav. p. go. C'est le Viens lainvis {\ i%o), WM/Z/ni^ra/t; (1288), appelé déjà Wul/iustrate, en i3o5. Ce dernier nom prédomine encore aux XVI^ siècle, quoique vers la fin du XV« siècle, la forme Wullestrate revienne en usage. Ce nom vient du Wtiihuus ou entrepôt des laines, qui s'y trouvait. — Au coin oriental du pont, B. 41. belle maison en pierre de taille, consii uite vers 1480, avec double tourelle. Le pignon septentrional a fait place à la porte cochèie. La tourelle la plus gracieuse a disparu (voir grav. p. 41). Quelques bâtiments ont été ajoutés, le long de la Reie, vers 1765. La restauration a été faite en 1909. Voir la gravure, avant la restauration, p. 78. La porte cochère a été faite par L. Delà Censerie vers 1880. Cette maison est mémorable parce que le St Sang y a été caché. Le 20 mars 1678, Bruges fut envahie par les Gantois, conduits par François de la Kethule, seigneur de Ryhove. La relique du St Sang fut donnée alors en garde à Anselme de Boodt et à Jean Perez de Malvenda ^. Ce noble espagnol

137 *2. CoPPlETEiiS, 7oi/.i/a/, p. l^i. Voir RDH, xi. igj ; xvi. 327. ^ 3. Voir plus liaut, p. 497 et RDH, m. 19S.

la caciia chez lui. Nous ne connaissons pas la premièie maison où Peiez de Malvenda cacha la Relique, ni la date de son entrée dans la maison de la rue Neuve, C. 3, où la relique resta jusqu'à ce qu'il vint demeuier ici. 11 la cacha dans la cave, dont le soupirail est visible du côté de l'eau. Une plaque commémorative a été placée en cet endioit, en 1892. Le quatrain qu'on y lit, est de Guide Cezelle. La Relique fut i émise à l'Evéque de Bruges, le 29 novembre 1584, et portée processionnellement à St-Basile le lendemain, dimanche 3o novembre '. — De l'autre côté de la rue nous avons la maison dite le grand mortier, C. 28, bâtie en 1634, grav. p. 90 '. Le pignon à gradins a été enlevé au XVI 11<= siècle. Everard Trisiram, qui la fit construire, reçut de la Ville un encouragement pécuniaire, comme cela se pratiquait alors en faveur de chaque belle construciion domeslique. Les tympans des fenêtres supérieures sont ornés de bas-reliefs, repiéseniant Orion, Neptune et Gérés. Les bas-reliefs au rez-de-chaussée représentent la délivrance de Bruges des armées de Frédéric de Nassau, prince d'Orange, par Jean de Nassau, allié des Espagnols, événement qui eut lieu en juillet i63i ^, Le canon qui sert de borne, au coin, a sans doute été captuié sur les troupes du prince d'Orange ; il porte sous la kimière les chriffres S^-ô- 1 . De la n'est pas venu le nom de mortier donné à cette maison. Notons au-conlraire, qu'un moiticr avec pilon se trouve dans le trumeau, au premier : il y a peut-être un jeu de mots dans la dénomination de la maison. Entre les jambes du cheval du chef d'armée, on lit C. 1. D. NASAU, ce qui veut dire Cornes loattnes de Nlishu. La vue sur la ville qui sert de fond à ces bas-reliefs, est prise du côté de l'ancienne porie de Damme t. M. Banckaert a fait restaurer cette façade en 1874, — L'identification de trois maisons, un peu plus loin, à l'est de la rue, vers le milieu, a donné lieu à contestation 5. H faut cependant tenir à celle que j'ai donnée en i883 '', L'acte de vente de la maison de Znndberg- {B. 2y), en 1678, dit que cette maison se trouve entre YOuden Stecii, au sud, et de Pensée, au nord, — B, 3i, comprend le Wiilhints, qui se trouvait attenant au Steen, du côté méridional. L'entrepôt des laines devait avoir une grande importance à Bruges, où la draperie était si prospère. Voir p, 58, Le premier texte, au sujet du Wiillniuf est celui du Wiilhiistrate, du compte de i3o5 (p. 583). Puis, en 1414-15, la Ville achète le IVh//!2/(/4- prée.xistant, des héritiers de Lubrecht de Scuetelare ?, La charpente dut être renouvelée en 1433 ; et le texte, qui concerne ce travail, nous apprend que le bâtiment s'étendait depuis la rue jusqu'à la Reie *. Nous voyons, dans les comptes, que la Ville exploitait cet entrepôt ". La Ville agrandit le Wiilhmts, en 1479, par l'achat de la maison contiguë '". Avec la décadence de notre industrie drapière, le Wttlhuus perdit de son importance. Quoique la Ville urgeât encore, en i554, le monopole du Wulltiiiis, pour la pesée de la laine, nous voyons que dès i53i elle y introduisit les bâtonniers (stokhouders), qui y faisaient la vente des mobiliers provenant, entre autres, de mortuaires. On ne pouvait y vendre des meubles ou des vêtements neufs, ni du drap ". Le bâtiment prit alors le nom de Stedenhitus, que j'ai rencontré assez souvent entre 1 553 en 1667; et il n'avait encore d'autre nom, dans notre population, en 1868, que celui de Steênhuiis. Jusqu'en cette année, on y tenait une salle de vente, et Van Buylaere fut le dernier Stokhouder qui y fut établi. M. Merlin consliuisii, cil cette année, ses magasins, sur le terrain du ^/^tvi/zz/z/i et de la maison attenante au sud. Le Wulliuus était séparé du vieux Steen par une venelle '=. On utili-

l. AE,i..5.i; ROH.I r ^ 2. Voir RDH, xiv. 35o ; U.iF, 46. 4,t. ^.I.Lire Vrehius, 5ïi-i7/«, 2q5. j|> 4. Voir plus liaul, p 90^ ^ h. IJ, 333 ; GT, .i02. ^ 6. Bruf;es en trois jours, 258. ^ ;, I, IV, 340, ^ S. I, V. 211. ^ q. /*/W., el CE, V. 128 ; VI. 38?. j^io. AA.c. 1479. ^11. Ubeep , Pricisanal , I, 2 100; 2. io5; 3. 90; 2. l3j. * 12. A A. c. 14S1, fol. iqs.

sait quelquefois, au XV'^ 3ié>;le, la Halle aux laines, piur iiéb^ri^er, pendant quelques jours, lies b.indes notnavies d^gipsienen. qui s'y tioiivaieni sous la surveill.mce du doyen de la ferme des boues. — B. 29, désigné, en 1364, s )us le nom de Gronte Steeii et, au XV>= siècle, sous celui de 0«ii? Sree/î. Lamiison portait, v,irs 1875, le millé^imi 1669. Faut-il conclure, avec Verschelde ', que VOude sU't'it est l'habitation primitive du châtelain, dans le Vieux Bourg ', ou bien ce nom rappelle t il la Prison, d uis le Bourg primitif? — B. 27, de Zandberg-, 1678, restauré en 1904; — B. 25, de Pensée. Sous le plafonnage de cette maison, à très grosses murailles, on trouverait les traces d'une façade peut-être fort ancienne. Les deux dernières maisons ont des cives remarquables, à colonnes avec chapiteaux tournaisiens de la fin du XI 11= siècle. — B. 21. Cette maison A'iXt't Groenhuys, tn 1579, doit avoir été luxueuse.au XV1« siècle. Vers i83o, 011 y trouvait, à l'intérieur, des détails architecturaux très intéressants, et, à l'étage, une cheminée sculptée dont le manteau était décoré d'une Adoration des Mages, sur fond d'or. — B. 10, façade au millésime 1769. Le propriétaire mérite bien des éloges pour l'avoir restaurée objectivement, en igo5. sans sacrifier à la manie des vitrines de façon bruxelloise. — RUE dite VIEUX BOURC;. Le nom ancien a la forme de celui d'un lieudit : In veteii iirbe (1293), en flamand de Oudeburch. du genre féminin, depuis nos premiers documents (XIII<= siècle). Il s'écrit en deux iTiots, dans les documenis les plus soignés. Vers la fin du XIV= siècle, le nom est quelquefois écrit au masculin, et le genre féminin ne se retrouve plus que rarement, aux XVI^ siècle. Les Bureaux de l'Hôiel de Ville ont été les premiers, au XIX« siècle, pour accoler le nom de Rue à celui du lieu-dit. Mais le peuple, qui conserve mieux sa langue, se garde bien de parler de VOudenbiirg STRA.VT. — L'antiquité de ce lieu d'habitation pourrait encore se conclure de la multiplicité des venelles qu'on y trouvait. Au côté septentrional, en commençant aux Halles, on trouve, allant vers l'ouest: la ruade St Nicolas (1290), appelée aussi Mostaeidstiaelkin [XW-XVll^ s.) ^, où se trouvait peut-être déjà une chapelle des merciers, dédiée à St Nicolas, au XI 1 1<^ siècle. Puis vient l'impasse appelée Zomerstrate, donnant autrefois accès à la chapelle de St Nicolas, et qui doit son nom à la maison C. 16, appelée de lomere {\ôj<j). Enfin la rue de Lophem, appelée en même temps Inghelstraet, au XVIi^ siècle, d'après l'enseigne de la maison, C 1, place Simon Sievm. qui portait déjà l'enseigne de l'Ange, en 1426, et la portait encore avant sa leconsiiuction vers 1870. Cette rue était encore appelée derde halfpontstraetkin (pont ou cont) au XVI« siècle. — Au côté méridional il y avait deux rues et plusieurs venelles. La rue sheer Gillis Dop, dont une section forme la rue actuelle des Chartreuses. Cette rue, s'amorçant à la rue aux Laines, continuait tout droit vers l'ouest, jusqu'à la ruelle représentée par le passage, fermé par une porte, à l'est de la maison C. 23, qui constitue avec C. 25, la maison de Lanchals *. Mais elle avait un coude allant au nord, section septentrionale actuelle de la Rue des Chartreuses. La partie orientale, entre les maisons C. 26 et 28 de la Rue aux Laines, s'appelait quelquefois Clofhamerstraet, de l'enseigne de la première maison, au sud, en y entrant, à côté de B. 28. Gilles Dop, oppidanus ville brugensis de veleii urbe (1282), était un personnage important. Il est regrettable que son nom ait disparu de notre toponomie. — Ensuite venait la rue des Merciers (Merceiiierstraet/cin, Mercemanstrate), qui se séparait de la rue sheer Gilles Dop et se dirigeait vers le nord. Voir MG et la carte peinte à Gruuthuse. Sa sortie au Vieux Bourg est représentée aujourd'hui par le petit pignon dans lequel se trouve la grande porte de

VS, 40. ^ 3. Plus haut, p, i3. ^ 3. Plus liaut, p. 494. ^ 4. Lire la convention de 1486, IJ. 355.

la Gilde der Ambachten, ancienne entiéedu Couvent des Cliarireiises '. Puis venait le Wyngjertstraetkin, appelé aussi KytJgoeiistractkiu ei Stoofstraetkiii. qui fut incorporé, vers 1609. au Couvent des Chartreuses. L'enliée de cette ruelle est représentée p;ir la partie mitoyenne des maisons de Valcke (pignon, vers 1675) et lict Wyitgaerdekin (pignon gothique, i56o). — il y avait encore le Winterslraetkiii, représenté par le passage masqué par la porte à l'est de C. 21, vis avis de l'impassp dite Z()me>straat. — On y trouvait enfin un Raemstt actkiti, à\^c\\t à identifier. La multiplicité de ces ruelles indique assez que le terrain du Vieux Bourg devait être très morcelé vers le XIII' XIV' siècle, et avoir une population fort dense. — Derrière la Halle se tenait, au XVI' siècle, le Marché aux toiles ', qui a été transféré dans la cour des Halles. — Remarquons, dans le Vieux Bourg, au côté septentrional, la façade C. 26, qui porte le millésime 1564 et est construite en style fantaisiste. Cette façade a été très mal restaurée, en 1876. On a maltraité les tourelles et de vulgaires museaux de lion en terre cuite ont piis la place des bustes, qu'encadraient autrefois des médaillons circulaires. — Au fond de l'impasse de l'Eté, façade construite vers i5oo. — C. 8, Ponrte ter Ware (1579), qui semble indiquer qu'au fond il y avait un cours d'eau ^ — C. 2, façade, vers i53<). avec une porte du XVI 1 1' siècle. — Au côté méridional. C. 11. de Tassche. tiès vieille enseigne, reconstruit en 1718. — C. i3, Oud scepenhuus, nommé, au XVI' siècle, 't Biuin casteel *. Les parties inférieures sont construites en grosse mouffes très anciennes.— C.17, double pignon, dont l'un est intéiessant, sans être beau. — Façades de la Gilde des Métiers. La Gilde des Métiers (Gilde der Ambachten). fondée en 1887. dans l'ancienne Congrégation du chanoine Tanghe, au W'estmeeisch, fut transférée dans les locaux du Vieux Bourg (partie de l'ancien Couvent des Chartreuses), en 1893. Plusieurs des façades sont fort intéressantes. 11 y en a une de 1612 ; une autre, vers i56o. Toutes ont été arrangées avec goût par Charles De 'Wulf ( 1894-96 et 1902-3). La grande salle fut constiuite par le même artiste, en 1894. — A l'emplacement des maisons C. 12 et 14. s'en trouvaient autrefois trois. Celle du milieu s'appelait anciennement Oiidt Bretagne, tx, en 1579, de Gotiden nobele. En cette maison est né Olivier de Wree, le 28 septembre 1596 5. — La maison de Pierre Lanchals occupait l'espace des maisons marquées C. 23 et 25. Nous avons parlé de Pierre Lanchals, qui fut décapité, le 22 mars 1488 (n. s.), pour sa fidélité à Maximilien, et sous le préte.xte d'exactions qu'il aurait commises *. L'immeuble devint la propriété de Maïc Laurin, Seigneur de 'Walervliet ; et c'est ainsi que l'Hôtel de Watervliet tut transféré au Vieux Bourg '. Marc Laurin l'agrandit, en 1567, par l'achat d'une partie de VHnf van Bet'eie, lue Neuve, B. 3. 3 et 7. L'immeuble principal de Lanchals avait été reconstruit vers i525. Voir MG. Une partie de la façade existe encore (C. 25). La restauration qu'on en fit en 1881, n'a pas été l'objet de tout le soin voulu. Ainsi, les moulures des fenêtres, qui sont les mêmes que celles des bureaux, qui ont été, construits par .lean de Maech, à l'Hôtel de ville, en i523, reposent au rez-de chaussée sur des bases de colonnettes trèsgiacieuses ; à l'étage, au lieu de rétablir des bases en pierre, d'après ce type, on a rétabli les lourds amortissements de chanfrein, du XVIII' siècle, qui n'ont aucune raison d'être. — A l'intérieur, la base de la tourelle existe encore. On y voit aussi une belle grille en fer forgé, du XV' siècle. — Marc Laurin *", seigneur de Watervliet, était petit-fils de

I. Bibl. Brug., Porlcfeuille 4622', pi. 26. ^ i. CE, vl. 200. ^ 3. VS, 28, et plus haut, p. i5. sur les fouilles faites sous la maison C. }i. ^4. IJ, .133. ^ 5. Voir plus haut, p. 423. 428.^6. Voir plus haut, p. 477, sursoii tombeau. Documents sur Lanchals,

AE, T 32 ; iiivi. 3i3; K. .11. 25?. 266-7 ; GAiLL., Inscr./iin. JV. D., 33o; I, vi. 299. Cfr. Het Botck...., p. 205-209. ^ 7. Voir

plus haut, p. 533. ^ S. Sur les fières Marc et Gui Laurin, \oir AE, xixvi. 283-339- - Sur leur château dit Lauro-Corimhus. voir plus haut, p. 568.

Jérôme Lauwerin ou Laurin, qui endigua les poldies de St Christophe, de St Jean in ereiiio et de St Laurent, et fonda la ville de Watervliet ainsi que sa belle église. Marc Laurin était un des meilleurs amis d'Erasme. Celui-ci, qui avait une prédilection pour la ville de Bruges, venait souvent passer quelques jours chez Marc Laurin. Celui-ci et Gui, son frère, étaient des protecteurs éclairés des lettres et des arts. Par l'intermédiaire d'un ami commun, l'éminent géographe Abraham Ortelius, ils engagèrent Hubert Goitz, à venir s'établir à Bruges. Celui-ci s'était déjà fixé à Anvers, comme peintre et trafiquant d'objets d'art et d'antiquités. GoItz et les Laurin s'associèrent pour continuer la publication des ouvrages commencés sur les médailles antiques. Arrivé ici le 14 août 1 538, GoItz entreprit bientôt un voyage scientifique, et revint à Bruges avec plusieurs milliers de dessins de médailles. Il se fi.\a, en notre ville ; mais ce ne put être dans la rue Neuve, comme on l'a dit, dans une maison de Marc Laurin ; car celui-ci n'acquit ces propriétés de la rue Neuve qu'en ibôy. Ce qui est certain, c'est que-Goliz acheta lui même, en i562, la maison de Groene Wj-ncle, place des Biscaiens '. A l'inverse de Goliz % Marc et Gui Laurin étaient foncièrement catholiques et fidèles au Roi. Ils furent bannis de la Ville, par le magistrat partisan de la Reforme, en i58o '. Marc mourut à Calais et y fut enterré. Gui revint à Bruges, en 1584. Il eut alors des démêlés avec Goltz *. Il mourut à Lille, en iSSg. — Une partie de l'hôtel Laurin a été occupée provisoirement, en 1820, par les Sœurs de Chariié. Voir plus haut, p. 5o6. — Au Vieux Bourg habitait, vers le milieu du XVI 1« siècle, Thomas Preston, fils de Jean-Antoine, vicomte de Tarah, dont la grand'mére était flamande. Il était l'ami de Charles II, roi d'Angleterre '. Celui-ci jouit de l'hospitalité de Preston, du 22 avril au 3 juin i656, jour auquel il alla tenir sa cour au Casselberg, rue Haute •'. — Rue des Chartreuses. Nous venons de parler de la topographie ancienne de cette rue ?. Ancien Couvent des Chartreuses. Un Prieuré de Chartreuses fut fondé, en 1348, sous le nom de Ste Anne in de Wuestine, prés du champ de Bensebrouc, à St-André lez Bruges*. Le couvent et l'église furent immédiatement construits, avec l'aide du Magistrat de Bruges 9. Le cloître fut saccagé par les Gantois, en 1492, ci ravagé par les Gueu.v, en iSyS. Les religieuses se retirèrent alors à Bruges, dans le Refuge qu'elles possédaient dans la rue dite sher Giiiis Dop. Elles y étaient établies en 1379-80 ■"; mais obtinrent du Magistrat, l'autorisation de construire leur couvent, en 1607, et celle de l'agrandir, en 1610 ". Elles acquirent plusieurs propriétés contiguës en 1609 et en 1627. Leur église fut reconstruite en 1716. Elle existe encore ; mais le couvent fui supprimé le 27 avril 1782 '^. Les Chartreuses possédaient une intéressanie statue de la Ste Vierge, assise, œuvre Bandro-brabançonne du XIII« siècle '^ — Les Sœurs de Charité, de Gand, se sont établies dans l'immeuble, en 1820. Elles ont quitté pour entrer au nouvel Hospice, près du Minneivater, en 1892. Voir plus haut, p. 3o6. — Les Bureaux des Hospices civils (voir p. 376) ont été transférés dans cette propriété, en 1893. Le Musée (voir p. 490) a été mis en adjudication, en 1894 et ouvert en 1897. En 1902-3 ont été bâties les jolies constructions en style du XYlIi^ siècle, dans la rue des Chartreuses. Le Cercle Militaire, fondé en i836, dans certains locaux du Séminaire, transféré à l'ancien hospice de la Madelaine, le 6 février 1888 (voir p. 576), a éié installé dans une des dépendances du Couvent des Chartreuses, depuis le 6 aoîit 1893, et fait

I. Plus haut, p. 53o. Sur les ouvrages de Goltz, voir B. 111. 246. ^2. Voir plus liaut, p. 3qi et S3o. ^ 3. AR, ixxvi. 324 ^ 4. Ibid., 338. ^ 5.CBB, I. 201. ^6. Plus haut, p. 55i. * 7. Plus haut, p 585. ^ 8. il, iv. $99; Delkp., Piicis anal., I. 4. 36 IJ.453. - SuracHSfiJDwr.cfr. plushaut, p. 220. * 9. IJ, 453. * 10. AE, ILIII. 189. ^ 11. Delep., /», tc.j »«a/,, I. 3. 35. 3;. ^ u. AE, xLvm. Ô48. ^ i3. J'en possède la photographie.

usat>e de l'ancienne église des Sreiiis. — RUE DK I.A HaI.I-E. à l'ouest de celle-ci. dile rtc/i/f;- dhalle (jbjq) ou tieffciis de Italie (vers iSSy). Nous avons à noter ici quelques souvenirs, se rattachant aux maisons de cette rue. C. 10-12 est l'ancien Refuge de St Maiiin, de Tournai, qui s'est trouvé rue d'Hertsberghe, avant i3o3 (voir p. 552). — C. 8, en 157g, df mode dviti e. Cette auberge a conservé sa vieille enseigne de Roo poorle (la porte rouge). La façade, construite vers iSyo. grav. p. 454. est peu ornée; mais elle est d'un effet pittoresque à cause de la saillie notable de l'éiage sur le rez-de-chaussée. A cet endroit, les trumeaux et les arcades reposent sur de gracieu.x culs-de-lampe. La maison C. 6. l'Etoile d'or, que le peuple continue à appeler lu-t sien eljf. fournira aux folklorisles des âges futurs une chansonnette, qui doit avoir son

origine vers 1820 Celte maison, dent les parties inférieures rappellent l'art

gothique de nos façades du XVI« siècle, fut probablement bâtie, avec C. 8, sur l'ancien lit de la Biteteibeke. Nous avons parlé plusieurs fois de la liotei behe. Primitivement elle s'est jeiée probablement dans la Reie, vers la maison, B. 1, de la rue aux Laines. Lorsqu'on creusa le premier fossé de rempart au Sablon, devenu plus taid le Smede-rei. on a détourné la Boterbehe par un canal, vers la Suène. Cette dérivation est devenue. en 1297. une section de la grande enceinte, depuis la Porte de la Beuverie jusqu'à la Reie à sa sortie de la ville. 'Voir pp. i3 (et addenda), 214. 23o. — La maison C. 4 s'appelait autrefois de Riteterbeke ; mais en 1579 elle portait l'enseigne de Scliaepsclaeu (voir p. 12). — C. 2. s'appelait anciennement Scharlaekeu, mais portait, en 1579, l'enseigne Onse Vrainve rande Snee, rappelant l'origine de la Basilique de Sauta Maria Maggiore. de Rome. L'enseigne s'est « la'icisée », il )• a quelques années, en La Montagne de Neige. — C. Q (Grand' Place) est l'ancien Gt oencroorde. qui eeivit longitmps de local aux Scerrciuetters (voir p. 172-73).

Nous voici à notre point de dépaii, et nous avons teiminé nos promenades dans la 'Venise du Nord. Si nous n'avons tout vu, ni recueilli tous les souvenirs, nous avons du moins relevé les choses pruicipales. Il nous reste à remercier l'aimable compagnon qui a voulu nous suivre et nous écouter. Que ne pouvons nous le traiter comme le Bourgmestre Jean Metten Eye traita Louis de Neveis. apiès lui avoir montré la ville (voir p. 493) et l'inviter le wine ende le ciude. pour le lemercier de sa bienveillante attention.

ADDENDA ET CORRIGENDA.

ADDENDA ET CORRIGENDA

Le iiiimériilage des maisons devra être renou décennal. 11 s'en suivra que plusieurs numéros des 1 à la réalité — La carte peinte de la Ville de Bruges comme datant des environs de 1480. Elle est antérie de fixer la date à laquelle elle est postérieure ; à peinture, — Sur la c^rie des environs de Bruges et s

E et W, indiquant l'est et l'ouest, ont été interverties

'elé. avant la fin de 1910, à l'occasion du recc laisonf, repris en ces p;iges, ne correspondront plus , qui se trouve à Gruutliuse, ne doit p:is être notée ure, en tout cas, à in:;o. Il ne me parait pas possible aison des multiples contradictions que présente cette ur les cartons qui l'accompagnent, le nom OJef^liem ouver plus à l'est, — Sur quelques plans, les lettres

Bande

Rue rta-

6 — i5. Effacer les mots : songe/ il St Pi sur la digue.

Sur les variations dn lit de la Su lire p. 277-8.

i3 — g. Lire : ne serait pas un fossé creusé par les moines de TEekhout pour défendre ou abreuver leur monastère ; mais un bras de la Reic, fonnani une île. Voir pp. 497. 577.

i3 — 21. Lire: Elle n'a pas été absorbée dans le rempart de Baudouin 11 (878-919) ou tout au plus tard, dans celui de 1128. Nous voyons, au compte de 1297, lors du creusement de la grande enceinte, l'amorcemcnt de la Boterbeke. et du rempart 2. Elle avait été détournée bien avant celte époque.

Lire aux pp. 214. 23o. .^88.

i3 — 3o-3i. Lire : et l'on y eut également...

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