les épices, les draps s tiennent la hausse et
C'est le capital qui s'affirme avec ses employés postés sui- tous les marchés importants. Or. ces puissantes sociétés ne pouvaient s'accommoder avec la rèHlemenlalion
a'etapl
proht du bourgeois, telle qu'elle s'était constituée a partir du XIl-^ siècle, déjà si lointain.
De même que le droit urbain avait remplacé alors le droit primitif, assis sur la propriété
nienic le droit comme, cial du XI 1 U-Xl V<-' siècle était devenu suranné lui-même. Mairie cela, les tendances lonnistes s'ai-
ent
proi rirni
l'on lais de 1470
Biuges, où renouveler 1477 les privilèges qui avaient lait sa grandeur au commencement du X1V« siècle, mais auraient éloigné le grand commerce, à la naissance du XV h', même si la Suène ne s'éiait pas ensablée. Le mAwncn Au Ltslgeld, l^l\ pondt^eld tx autres charges surannées semblables, devait écailer le commerce qui se modernisait =. Ajoutez, qu'à l'époque même où le capital affirmait sa puissance. la monnaie manquait à Bruges. Nous en avons des preuves dès 1434 ^.
: X..bl<.M«,-«/</<J ciliilis * i. I. V. ig ; GT,
GRANDEUR ET DECADENCE
Considérables furent les efforts faits p.ir notre ville pour conserver son commerce et son industrie.
Nous décriroiis. au chapitre des travaux, ce qu'on fit pour maintenir notre communication avec la mer. Le magistrat, en même temps, fit l'impossible pour faire fleurir nos foiies et retenir les nations éirangèies. Ainsi, l'expropriation du fonds pour l'aménagement d'une place libie devant l'Hôtel des Orientaux, en 1437; l'acquisition, en 1493, de maisons puui permettre la coiislruction des Hôtels des Bisca'iens et des Espagnols, qui menaçaient de nous quitter, et des Portugais, qui faisaient vers cette époque diriger leurs bateaux sur Anvers '.
A partir du W\'' siècle le magistrat tâcha d'attirer les navires par des primes aux pilotes =', et pourvut à la sécurité de l'entrée du Zv^ijn par l'organisation d'un service de
pilotage (1484), qu'il améliora en
:omprennent toute une série de documents, allant Le marasme étant si grand vers la fin du XVI
1487 et en 1499. Huit stations de stiermans furent établies, aux frais de la Ville, à Heist, à Blankenberghe, à Wenduine, à Slependamme, à Ostende, à Lombardzijde, à Dunkerque et à l'Ecluse '. L'établissement de balises et de feux ne fut pas négligé *.
Un service de Barges fut organisé entre Bruges et Gand, en 1624 '', qui fut prolongé par les beurt-schepen, jusqu'à Bruxelles et Anvers, en 1722''. Dés i638, le magistrat sub- \entionna des gazettes hebdomadaires, donnant les mercuriales ?.
En même temps la Ville s'etforça d'acclimater des industries nouvelles. Le tissage de la soie fut encoulagé en i363 " ; on facilita l'acquisition du droit de bourgeoisie, pour attirer les artisans (1344)", la Ville acquit, en 1 566 et en 1602, le renouvellement de l'étaple des laines d'Espagne '°, qui arrivaient par Calais ", et aussi, en fraude, par Anvers '-.
Bruges fit tout ce qui était humainement possible pour récupérer l'étaple des laines d'Angleterre et des draps anglais : nos archives surtout de i5ô6 à 1578 '^ le siècle, le magistrat proposa toutes
I. ^ 4, CE, IV. 627-8. ^ 5. CE, m. 488. ^ 6. CE, iv. 4. 5. CE. IV. 611. ^ 10. CCE, 56o ; CE, IJI. i8ô. 240- î45. 36i. ^ ]8. zio. 216 263, etc.
;CE. ,v. 6„2-6.o... * .>. .
.140. * 7 (iU.3u. *8. Cl 6 la. CCE. 5oj. ^ i3. CE,
GRANDEUR ET DÉCADENCE. 77
sortes de mesures '. On réclame entre autres la libre entrée en Angleterre, des dentelles, et des réductions sur les droits d'entrée sur les toiles, futaines, coutils, draps et houblons. Bruges n'ouvrit ses portes au duc de Marlborough. le i'' juin 1706. qu'à condition d'obtenir la liberté du commerce avec l'Angleterre. Mais le tarif qui fut accordé alors prohiba l'entrée des dentelles flamandes, et mit des droits d'entrée élevés sur nos houblons et les produits de notre industrie -.
Le magistrat encouragea de toutes ses forces l'industrie locale ^. Celle des futaines nourrissait, en 1727, plus de i3.ooo personnes dont 9.497 en ville *.
L'industrie des toiles à voiles et des filets de pêche reçut des encouragements ; une compagnie de commerce organisa l'assurance ainsi qu'un chantier naval qui eut son époque de prospérité '. Vers le milieu du XVlIIe siècle, on s'occupe de l'industrie du coton, des syamoises, des molletons, de la draperie, du tissage des toiles". En 1741. le magistrat accorda un local à Charles Pulinx, pour établir une verrerie, et dix ans plus tard, une maison à Henri, fils de celui-ci, pour y établir la faïencerie de laquelle sortirent tant de belles œuvres d'art, dont plusieurs figurent au Musée archéologique '.
Au XVI II"' siècle furent réorganisés les marchés aux laines (1744I et au fil (1749^ ". En i665, on avait réorganisé la Bourse, dans les bâtiments des Halles ", et deux ans plus tard, un octroi de Charles II établit provisionnellement une chambre de commerce, réorganisée plusieurs fois, dans la suite '°. L'activité de cette chambre de commerce fut considérable. On lui doit un Mémoire très intéressant sur les mesures à prendre en faveur du commerce, qui date de 1745 " et qui reflète les idées courantes, à cette époque, en matière commerciale.
L'institution de la Compagnie royale des Pays-Bas aux Indes orientales et à la Guinée, en 1698. fut surtout la cause du renouveau que nous constatons au XVFIl^ siècle. La ville de Bruges s'y intéressa immédiatement '^. Un nouvel octroi en faveur de la compagnie fixait son étaple à Bruges ou à Ostende '^. Malgré toutes ses représentions, notre magistrat ne parvint qu'à s'attirer l'inimitié d'Ostende, qui nous joua tous les tours possibles '+.
Notre ville profita cependant largement de ce commerce qui amenait, au témoignage d'un document de 1729, les marchandises les plus diverses ".
Un de mes vieux oncles, qui était né en 1765, m'a raconté, dans mon enfance, qu'étant gamin, il avait encore passé de l'un côté du Bassin à l'autre, en sautant d'un navire sur l'autre. Prenons qu'il ait exagéré, le bon nonagénaire, en vrai latidator temporis acti. 11 est certain néanmoins que la construction reitérée de nouveaux magasins (^iic/f/;/(M r;//e lt>s;ie) en 1756. en 1771, en 1781, et le tonnage montant des marchandises y consignées démontrent l'activité croissante de notre commerce '*. Ajoutons-y que le magistrat dut prendre des mesures sévères contre le travail de nuit "'. Nous constatons aussi que l'uidustrie drapièie e.\istait encore à Bruges en 1783 ''*.
Mais survinrent les giandiloquents envahisseurs de la République Française, qui nous écrasèrent sous leur rhétorique boursouflée; et les pleurnicheurs romantiques des dernières années du X1X« siècle ont pu rêver une « Bruges la morte ». après que les hauts faits et les ronflantes périodes de leurs « glorieux ancêtres » l'eussent tuée.
JI.5. CE.>v ,.22;-Iv, .55. 6.^8: i«t *9. CE.
0 ^ lî, CE. m .197,508.