I. AndriesJ.c, 18 et suivv
LA SPHERE U ACTION
Suène ' ; les endiguements de poldres et la Concession-Van Damme, décrétée par Napoléon en faveur du général de ce nom, fit le reste '.
Napoléon eut cependant l'idée de nous donner une nouvelle communication avec la mer. II ordonna, en 1810, de creuser un canal de Bruges à l'Ecluse, par Damme, et ordonna de chercher à le prolonger jusqu'à Rreskens ; mais les travaux commencés et conduits avec une extrême lenteur, n'étaient pas terminés à la chute de l'Empire ^ Le canal de Bruges à l'Ecluse, ne date donc, tel que nous l'avons actuellement, que de i8i3 ^.
Restait la ressource d'aller à la mer, par Ostende. L'Iperlée, avec son embouchure dans la Suène, utilisée par le commerce avant 1 167 '=. venait de Plasschendale, oij elle descendait de l'Ouest. Elle formait donc une première section d'un canal vers Ostende. L'I perlée pouvait nous mettre tant bien que mal en communication avec la mer, dans laquelle elle se déversait par des cliques, à l'ouest d'Ostende. Mais quand les dunes furent ouvertes, à l'est de cette ville, en j 584, il ne manquait plus à Bruges, pour sa communication avec ce nouveau poi t, que le prolongement de l'Iperlée, de Plasschendale à Slijkens. Un petit canal, pour transpoit de matériaux de construction fut creusé, en iSgg, lors de la construction du Fort de Breedene '^. Ce tronçon fut creusé définitivement en 1 66g, jusqu'à Slijkens ', et l'écluse de Plasschendale avancée jusqu'à cet endroit. ' Adjugés en i66g, les travaux de l'écluse de Slijkens furent continués en 1672. achevés, malgré tous les déboires, en 1676, et l'ouvrage inauguré solennellement par un Te Deum à St-Donatien *. Ceci coïncida Avec le creusement de notre Bassin de commerce, inauguré en i665. L'écluse de Slijkens, qui s'écroula, en 1752, fut reconstruite et achevée en 1758 ?.
Bruges avait reconquis son" accès à la mer : mais son commerce était perdu "'.
En i86fi, feu le Baron de Maere d'Aertrycke lança l'idée d'une communication directe de Gand avec la mer, pai Heyst. Puis, en 1877, il publia sa première brochure, sur la communication directe de Bruges avec la mer, reprenant ainsi le projet de Lancelot Blondeel. Immédiatement le Meeting biiigeois se constitua, en dehors de toute idée de parti politique, et M. le bourgmestre Visart se plaça à la tête du mouvement. Il y est encore. Il s'agissait de créer un port en eau profonde sur la côte, entre Blankenberghe et Heyst, communiquant avec la ville par un canal maritime direct, à grande section, et qui serait pourvu d'installations maritimes locales.
J'ai eu l'honneur de saluer l'heureux projet, dès 1880 ". Il a été appuyé par toutes les sociétés de la Ville '^
On préconisa et critiqua divers plans ". La discussion a produit, en brochures, tout un rayon de bibliothèque. En novembre 1889, on parlait encore d'établir notre communication avec la mer par Ostende '*. Le Brugeois fut tenace, et il l'emporta. Dès 1890, le Gouvernement parla devant la Chambre et le Sénat, de l'intérêt national qu'il y aurait, d'avoir un port d'escale sur notre côte. Un concours international pour recueillir les propositions, en vue de la construction du port d'escale, du canal maritime et des installations à Bruges, fut institué. Le dispositif de MM. les ingénieurs Cousin et
1. Ibi.l.. 41. 44. ^ 2. /6iJ., 47. ^ 3. D^s J'uies navigables eu /ie/f:,ç„e ComiJ,} aliuiis histmigiies suivies Je />, ,./,„si/io>,s dire) ses,., oiivraKe rétlipé par l'orthe (iu dépattement des tr.ivaux publics, 1842, p. gç). «^ 4. AndrIBS. 1. r.. 16. ^ .=i. Pins haut, l3. 37 ; V. 3. WG. 326. * 6 E. Vl.IBTlNCK, lie! Ou.h: Oosievde, 1807. 66. col. 2, noie i. On na pu me fournir, aux AA, le Kes;. (î)2. ^T. /<«., 66. ^ «. CE, III. 5,14; IV, 7; Cusils, m. 276; Gaii.1.., Kron. 279. Cfr. F. FoPPENs, Dilices des Pays-Has. 1711, I. 208-9.^9. CE, IV. 201. 202.230.570-71. et carte. Md. i^a•, V.sk\:c., Jaeib. Vrye. m iq; Cusils, m. 558. ^ 10. Sur le rôle d'Ostende.voircidessus. 77. ^ ii.KDH,xv.(i88o). 216, surtout xvil. 71. 408 et xxv. 338. ^ 12. Voir la pétition A<i Davidsfonds Ae Bruges, juill. :885, RDH, xx. 267. ^ i3. Voir les tables de RDH., depuis 1879. ^ 14. RDH, xxiv. 411.
Coiseau fut adopté. Le i'' juin 1894 fut signée la convention entre l'Etat, la Ville de Bruges et MM. Louis Coiseau et .Jean Cousin, pour la construction des Ports et du ipprouvée par la Loi du 11 septembre 1895.
iqiic du 23 au 24 août 1895, pendant clion de classe ni d'opinion politique,
ime.
Cette convention fut L'enthousiasme délirant de la Niiil iquclle la population tout enticie, san
s. à 102 voi.\' contie 14 et i abstention, port d'accostage, et la grande fcte du dimanche 29 octobre 1895 prouvent suffisamment que, si les romanciers décadants ont pu parler jadis de Bruges la morte, sa population, toujours ardente, compte bien faire revivre l'ancienne Venise du Nord.
Le Sénat a confirmé, le 6 septembre le vote de la Chambre des Représentants, par 38 voix contre g abstentions. Déjà la Ville de Bruges et la Province de la Flandre Occidentale ' avaient voté les crédits nécessaires pour canal maritime à grande section, iisi que pour les bassins, les quais. s hangers et l'outillage à établir à Bruges même. La Ville intervient pour 5.258.446 fr., y compris la subvention de deu.v millions, votée par le Conseil Provincial. La part de l'Etat monte à 26,810,629 francs ; mais augmentera encore. La Société anonyme interviendra poui- 6,900,000 francs.
Les travau.x commencèrent au printemps 1897 ; la dune fut percée le 23 novembre 1899, le premier caisson du môle, posé le 2 mai igoo.
Dès 1903, des navires arrivaient directement de la mer jusqu'à Bruges.
Nous n'avons pas à décrire la bénédiction du Port, faite par l'Evèque de Bruges, sur le môle, le 23 juillet 1907, en présence du Roi, et l'inauguration, le même jour, des installations locales ; ni des fêtes de la semaine historique (21-28 juillet 1907). Mentionnons seulement la visite, le 2g du même mois, des délégués de tous les gouvernements du monde, réunis alors à la Haye, pour la seconde conférence de la Pai.x, conduits par M. Auguste Beernaert, ministre d'Etat de Belgique.
On a commencé (décembre 1907) à creuser trois darses, amorcées au canal maritime, près de la ville, sur l'ancien territoire de St-Pierre, incorporé à la ville.
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Les travaux de l'avant-port et du canal auront coûté, en chiffres ronds, soixante millions de francs, quand les travaux connexes du chemin de fer direct de Bruges à Heyst etc. seront achevés.
Des rectifications se font au canal de Gand à Ostende, qu'on se propose d'élargir et d'approfondir. Resterait à mettre Bruges en communication avec Roulers, ce qui présente de sérieuses difficultés techniques, qui ne sont cependant pas insurmontables.
Travaux divers. — On avait établi, avant 1127, une écluse de reienue des eaux, dans le fossé du vieux moulin, au bout de la rue haute '.
L'on restait maître des eaux de la Reie, de la Boterbeke, etc., au moyen de deux écluses. Une première écluse de retenue se trouvait en amont au sud de la ville, à l'entrée de la Reie en ville. C'éiait \'ins;en!iim ante Bcgliinas ^, nommé Sas der VII dueren (14151, réduit à trois arcades, en iSiq. Une autie éclusette, bachten Wyngaerde, au Coe/'«(j/-/e, à l'extrémité des Maiais, existait' avant 1 334 et fut reconstrLiite, en 1397^. là où se trouve l'ancien moulin portant encore les armes d'Evrard Tristram avec le millésime i638.
L'écluse en aval était à Damme *. Mais en 1 291 , il y avait déjà une écluse dans la Reie à la Speipoorte, porte qui se trouvait sur la rive droite ^. L'écluse de la porte St-Léonaid, rive gauche, ne date que de 1375 ''; elle donnait issue à l'eau de Vlperlcet. Plus tard, et jusqu'au creusement du nouveau canal de déiivation. en 1897, les eaux de l'ouest s'écoulèrent dans le canal d'Ostende, près du Bassin, par l'échise de Walewein. Il y avait encore nombre d'éclusettes qu'on voit dans leur forme ancienne, sur la cane de Marc Gheeraerts.
On maintenait la profondeui- de la Reie et des canaux intérieurs ou anciens fossés pai- des travaux de draguage et d'endiguement '. dès le XI II'" siècle *. A la même époque on répare ou leconstruit des murs de quais '> et ce travail est poursuivi avec vigueur, au siècle suivant. Ces quais, appelés lyere, au XIV^ siècle, étaient garnis Je poteaux pour l'amarrage des bateaux "', et interrompus par des abreuvoirs, en pente pour chevaux, ou à escalier, qu'on appelait Sccp, alors tout comme aujourd'hui ".
* Le nombre de ponts a beaucoup diminué par le comblement ou levoûtage de canaux intérieurs. Dès la fin du XIII' siècle, certains ponts étaient en pierre. Ainsi le pont des Augustins (iSgi) ; mais il n'était pas le premier, car il devait être construit d'après le modèle de ponts voisins '^. C'est surtout depuis i33o qu'on remplaça beaucoup de ponts en bois, qu'on avait l'usage de goudronner '■'. par des ponts en pierre '+. Comme nous le voyons encore au pont des Augustins. les parapets étaient garnis de banquettes, sur lesquelles on étalait les marchandises présentées en vente. Les parapets du pont St-Jean, ou Nieitii'jaerbrugg-e, remplacé aujourd'hui par le voùtage, qui forme la place Jean van Eyck, avaient aussi leurs sièges courants en pierre et portaient des niches abritant des statues '5. Celles du côté du quai du miroir représentaient St Lambert et St Georges ; celles de l'autre côté, St Jean et probablement la Ste Vierge. Sur le pont de l'Eekhout, on construisit, en 1421, une chapelle avec crucifix'*', qui fut remplacée par la statue de St Jean Népomucéne, en 1767. Au coin des ponts se trouvaient souvent des maison-
1. GP, :69; F, m. 14S. ^ 2. F, m. .53 ; ^ 3. I.I. 44<); I. iri. 470. ^ 4. Ci-.i-.ss,.s, p. 38. « ,v IJ, 3q5. 347-4Q- * 6. I. 1.1. 341 ^ 7. 1. 1. 448; IJ. 470. ^ 8. IJ, 388-9. *9. IJ, 380; jfe 10. /6/d.. 449. * 11. I, .. 4:6. ^ 12. AE, il. .90; cette clia.leest perdue. IJ.02 ^ I3.IJ, 452. ^ 14, IJ, 404-4J0. ^ ih. IJ, 404 ; I, V. Ô20-I. tj). 16. IJ. 407.
nettes, abris pour les pijnders, de service près du pont, ou des échoppes en pierre, dans le genre de celles que nous avons vu démolir, en 1866, de part et d'autre du pont de l'Ane aveugle.
En i562, il n'y avait aucun pont-levis en ville, sauf aux portes. Ces derniers s'appelaient valbrugglie, valbrugghe métier contrepoise, tfentelbrtigghe ; et je suis tenté de croire que la draybrugghe (i384-85) à la porte de Ste-Croix ', était un pont-levis comme les autres, mais se levant par un treuil =, au lieu de se lever en bascule ; à moins que ce ne fût un pont roulant '.
Nous avons parlé des travaux de pavage du Xlll<^ siècle -t. Le pavement
dos
rgeur des rues principales ; dans les rues secondaires, il ne
0 ane, couvrait toute la I couvrait que le milieu, et était retenu de part et d'autre par des bordurea en bois de chêne, fixées par des éclisses de fer ^.
Un Gantois fournit plusieurs milliers de paves, en 128081 ; il en fournit encore près de 141 mille, l'année suivante °. On employait des pavés, souvent équariis, de Beyghem, de Vilvoi de, de Leuze et de Bel hune.
Nous remarquons une recrudescence dans ces travaux surtout aux périodes suivantes : de i33i à i336; de 1341 a
1 345 ; de 1395 à 1404,
* Ces travaux de pavage répétés ont exhaussé le sol des rues et des places. Jl n'est guère possible de creuser le sol de nos rues, sans que la stratification des couches superposées de sahle ^ . y p ,,^1 1,,„„. „j„ , „^
jaune, employé aux tra- 1. a luc de lanc aveugle. v
vaux de pavage, ne vienne attester l'exhaussement.
Le seuil occidental de l'ancienne église de St Basile
construite au XI I« siècle, se