‹ BrugesChapitre 49 sur 137 · lèid., 204, su · texte numérisé non relu

lèid., 204, su

^ 4. A A, secr. itsoiiitieb., fiasu'm.

ïv. ; KDH, I. 338. ^ 8. AE, Lii. 246.

gistrat et le peuple de la Ville, comme en témoignait une inscription peinte autour de l'arc de la porle d'entrée de l'église des Jésuites (actuellement Ste-Walburge), inscription qui a malheureusement disparu, lors de la dernièreieslauration de l'église '. Le 2 février 1667, quand le fléau eût disparu, des messes solennelles d'actions de grâces furent chan-

tées en la cathédrale de St Donatien et en l'église des Jésuites ; et l'anniversaire de la délivrance de la Ville, de cette dernière atteinte du fîéau, fut célébré en 1766, en 1816 et en 1866.

D'après une tradition, difficile à admettre, le dernier décès se présenta, en 1666, au coin de la rue Poictevin et de la rue St-Georges -. Il y avait, en cet endroit, une peinture

Bckcudc PasI. St-GiUis,

LA SPHERE n ACTION

représentant des patrons contre les maladies contagieuses, devant laquelle on venait prier, en 1529, lors de l'épidémie de la Suette, qui sévit parmi la population de St-Jacques, en cette année '. Ce tableau continuait à être vénéré depuis lors. Depuis 1666, on commença à donner le nom de Pesteschilderie à ce tableau, qui fut renouvelé en 181 1, restauré en 1866 ^, et remplacé en 1900, par la peinture émaillée actuelle. La procession du mardi des Rogations y fait une Station. La Pesteschilderie, qui se trouve actuellement au Musée archéologique (grav., p. 224) fut peinte, en 181 1. pat Beirlant et restaurée par Pierre Maes, en 1866. L'inscription sur la planchette date de 1818, , et le chronogramme fut ajouté en 1866^.

Les soins religieux à donner aux pestiférés furent confiés, par la Ville, au Roode Pater, tantôt prêtre séculier *, tantôt fourni par les Augustins, les Carmes ou les Capucins. La vtmhe iu pestestok se faisait, au XVI !>; siècle, par l'Evèque lui-même, en présence du magistrat et du clergé, en une solennité touchante. Après la peslmisse, ils conduisaient solennellement le rooden Pater à l'Hôpital des pestiférés, pour lui diie adieu ^. Le Père Melchior de Menin, des Capucins, après que cinq de ses confrères fussent morts, victimes de leur dévouement, en 1666, et deux, en 1669, prouva une vaillance peu commune, en cette dernière année. Quand le fléau eut cessé, il offrit son pestestok rouge, à l'image de N. D. des sept Douleurs, à St-Sauveur. Cette verge est encore appendue à la main de la ' statue*. ;

Depuis lors, ces grandes épidémies ne frappèrent plus notre Ville, ; jusqu'en i832,oùnous fumes atteints, la première fois, par le c/io/t''/"ii. " La maladie asiatique vint encore éprouver la Ville de Bruges, en - 1849, 1854, 1859 et 1866, Depuis lors, il n'y eut plus d'épidémie, ; quoique cetle maladie produisit encore de 1892 à 1894, trente-quatre ', décès. Le service d'hygiène communal a pu, par des mesures préven- : tives. sauver rios populations, menacées plus ou moins du choléra, : de i883 à i885, et de la peste, en 1897. j

L'épidémie de la suette, en 1529 ?, fournit de nouvelles preuves de la sollicitude du Magistrat. Par son ordre, on institua des processions *, et nous savons que la maladie sévit spécialement dans les classes aisées et notamment dans la paroisse de St Jacques, où les habitants de la rue des Tonneliers, des l'elleiiers et du Vieux sac s'effarouchèrent". — Lors d'épidémies de gravelle, en 1341, en 1666, en 1693, la Ville fit venir des lithotomistes réputés '" ; cette maladie devint fréquente, au XVI"; et au XVI Ii^ siècle: des enfants même étaient atteints ".

Un mot de la lèpre. La science n'accepte plus que la lèpre aurait été rapportée d'Egypte par les .luifs et que les croisades l'auraient introduite dans l'Europe occidentale. On la trouve dans nos coiiliées, dès le VI<: siècle.

I. AA Sl-Jacq.. compte lie i:e ^ 5. RDH. I. 328. ^ 6. RDH, i. 3 ^ 8. AA St Jacques. ; c. 1529, fol.

= .,nnee. *.. K,.

z; AA S. Sauv-, R, 6. ^ 9. Ibid.,lo\.

iiRV, i;,. 100-10;. •)!: o. Jim., 107. <jt; 4. AA, Seci . ifs,>l,,tieli , iS oct. 1,^84. oliilitb. 1608 174Ô. ^ T.ViUKBll.\, Rekrnde Pastors van i,t GiUis.t^.Tli. i3. ^ 10. Dk Meïkr, 1. C, I. 217. 207; 217-18. ^ II. Uid., 217-18.

Nous avons mentionna ' la tradition, que nous ne pouvons documenter, de l'existence, au Sablon. d'une léproserie qui aurait été transférée, vers 1012. au champ delà Madelaine, à St-Bavon. Mais nos textes parlent de cet hospice dés i236 -. En 1 SyS. quand l'hospice hors ville fut démoli, ce qui restait de lépreux fut installé provisoirement à l'Hospice de Nazareth, Marché au fil, qui s'appela dès lors Hospice de la Madelaine ; et ils restèrent dans ce local.

Le nombre des lépreux, qui avait été très considérable, était beaucoup diminué au commencement du X1V'= siècle -\ mais il y eut, semble-t-il. une recrudescence du mal vers i335, si l'on peut se fonder sur les nombre de paires de gants données tous les ans +. Au commencement du XVI 1 li^ siècle, il y avait encore vingt ou trente lépreux, à Bruges; au milieu du même siècle, la maladie ne se présentait presque plus '. Aussi l'hospice fut-il changé en prison ou maison foi le, en 1732 ".

L'hospice appartenait à la Ville. 11 était duigé par un doyen et des assesseurs ; plus tard, par des tuteurs. Un Cuié y faisait le service religieux : des frères et des sœurs soignaient les malades.

Une nouvelle église y fut construite, et consacrée par Berthold de Linda, entre le 4 août et le 2 septembre i386 ?.

Nous n'avons pas de léglementation de l'hospice, antérieure à la Ketiie. donnée en i33i. par le Comte de Flandie et nos Echevins *. Un autre règlement, également du X1V« siècle, se tiouveaux archives des Hospices s. Le nouveau règlement de 1480 '" fait comprendre que le mal avait diminué.

Les lépreux étaient désignés sous plusieurs noms : besiecieii lieden, ^ieheu. yii'jst rail laserscepe, ac/ier^ieken, (ailleurs aussi Hoof^lw sicckcn).

A Bruges, d'après les chartes que nous xcnons de citer, les Aliker:;ieln'n formaient une Gilde. réservée aux Brugeois et à ceux qui étaient nés à un mille de la ville. On pavait un droit d'entiée, comme dans toutes les Gildes.

Le lépreux ne pouvait circuler dans l'échevinage sans porter sur ses habits, un manteau ou garde-corps de couleur grise, appelé Vlieg/ier, et être coitfé d'un chapeau de feutre noir, sous peine d'amende et de confiscation de son habit supérieur. Il ne peut venir dans la ville enclose du nouveau rempart, sauf la veille du carême, le Vendredi-Saint et le jour de YOmmeganc du St Sang. Ils ne peut tenir d'animaux domestiques Ils ne peut vendre ni (eufs. ni laitage, ni bêtes, sous peine d'exposition au pilori. Ils ne peut piendre de l'eau qu'à son propre puits. Ces textes nous apprennent encore que l'entrée des églises était interdite aux lépreux; que ceux qui vivaient de la charité publique ne pouvaient sortir sans crécelle (cliquette ou tartarelle) ; qu'ils ne pouvaient recueillir l'aumône que dans une écuelle en bois, pour que les personnes charitables ne touchassent pas leur main ".

D'autres mesures encore étaient prises pour protéger la population non atteinte. Ainsi la femme d'un lépreux et son domestique même ne doivent par circuler en ville sans le Vlieglier, sans panier au bras, etc. '^.

En règle générale, tout Brugeois affecté de lèpre devenait sujet de la Léproserie ; il devait habiter l'hospice ou une maison construite sur l'un des vier sticx. Je crois

I. Plus haut. 2; 28. ^ =. WG, IV. 228 ; CB, 1. 104 ; c. 128,\ IJ, 389. ^ 3. CB, l. Ô78, art. 47. ^ 4 I, v. 10. ^ 3. llcmoire ique du dép. de la Lys. Paris. Inipr. Irapéiiale, an xil, 80. ^ 6. CB, 11. 749. ^ 7. AA, r, iô85 86, fol. i23 v.; Bbbdèrb, /.rs tiixil. A Cambrai et de Tournai, izj. jfe 8. De Mever, Aiia/rcles mcdic, I. 22 24. ^ ci. CB, l. 368 78. ^ 10. CB, 11. Ilô. Kèclemeuls cités plus haut et De Mever, 1. c. ; CB, I. 368. 374, art. 32. ^ 12. Charte i33t, art. 5 ; CB, i. 36<), art. 7, Ô2-.39-

LA SPHERE D'ACTION

trouver deux de c autorisé, en i3i3 liors de celle poi

Cl nors abiicr u mais 1

relations. Ainsi, il devait se gard faisait trop souvent.

Le lépreu.x. à Bruges, sursis n'était pas le cas partout : sa m,u

I norte .Sie-Cal ; maisonnette c mat^istrat stip

se

ne ". Ainsi Geoij^es van Coolkerke fut s'était fait construire au Schreiboovi, des conditions spéciales, quant à ses omener avec des personnes saines, ce qu'il

de Gruuihuse. les portr:

sus, le croquis de ce qui

; et d'une leiigii

icS^S.de l'Hospice de la Madel

jpitis diminutio juridique, ce qui vendue qu'à des lépreu.\ ou à des éirangeis. sous peine d'annulation de la vente •' : ses volailles étaient saisissables par chacun «.

Son import à faire à l'hospice était fixé, son droit d'hériter était limité et il tombait sous le droit de foimorture de l'hospice ^.

Le lépreu,\ se tiouvaii sous la sui veillance du Comte des Ribauds et de ses seijents. Les veilleurs des lépreu.x étaient habillés de livrées spéciales ". Du temps de Damliouder, ces veil- Icui s (/»('.sï)'^'/;c'' .vj étaient encoie au nombre de deux et leur salaire, à chacun, n'était que de huit livres et deux sous '.

Comme souvenir de nos lépreu.x, signalons, au Musée de la Poterie: le tableau des di.x kpieux de .Ican Claeissiiis (ib'Vji,

liait d'une des religieuses de la Léproserie (i5i 5). La lianniéie, peinte sur toile, de noire Léproserie (i5o2), est au cabinet des Estampes, à Paris. Elle porte, entre autres, la représentation de Lazare, en costume de lépreux brugeois, les cliquettes, les armes L'use '''. Voyez, à la page -jb, cides-

ne.

* I! La malpropreté de nos pères, écrivit Michelet, fut l'origine de la diffusion d'une i horrible maladie, de la lèpre ; cette malpropreté était entretenue, au moyen âge, par i les lois ecclésiastiques; l'usage des bains était prohibé; on regardait comme un crime de i

Clippetmeench : Dr Mevkr, 1. c, l. 2,S ; Soltieiboom i;/r. IJ, i^^. ^ 2. Dr Mrvrr. 1. c, i. 2,î ; CH, 1. ô;6. a deiJ3i,arl ô. ^ 4 CB, l. 375 .«. 5. CB, II. uo. uJ ; - WG, iv. 228 ; CB. l. 104. * 6. 1, lv.104 * 7. D, 548. * 8. Grav, 2o5 et Paul Lacroix, Vie milit. ttrrlig., jçi ; cfr. Van Praki-, Rrchercltes sur Lmis de Giiiuthme, 70. 34a.

E, xixvi. Jt ô. en, AVf/

« se laver le corps ; pas un bain durant mille ans ' ! » Cette tirade si bien alignée porte complètement à faux. Sans nous arrêter à transciiie les dispositions de toutes les anciennes règles monastiques qui prescrivaient les bains à jours déterminés, disons que Bruges était abondamment fourni d'établissements balnéaires, et que, pour une installation publique que nous avons aujourd'hui, en dehors de celles de l'Hôpital, du Séminaire et de quelques autres établissements, il y en avait trente et plus, au XIV"^ et au XV": siècle. Le compte de i3oq en mentionne sept, et encore ne nomme-t-il que des Etuves oîi l'on avait du punir des délits ^ Celle du Scemiuclc est signalée par le compte de i36o, et celle de r//ru;/';77«- (1418) a laissé son nom à une rue.

L'Hôpital St-Jean avait son installation balnéaire double, en i35i :

l'une pour les malades, l'autre pour les sœurs ■•.

Il semble même que la Ville ait eu une étuve publique, depuis [3o3, ai: Ghistelhof4. Au XV« siècle, nous voyons la distinction entre Etuves poin hommes et etuves pour femmes ^ De^ ordonnances sévères piniissaient d'am.ende les délits contre la moralité, commis dans CCS élablissements, comme en témoignent les amendes enregistrées dans nos comptes et dans les Vetiiiydboiickeii. L'on ne pouvait y héberger personne ''.

Au XVi^ siècle, on défendit, sûus peine d'amende assez forte, de les ouvrir les dimanches et jours de fêtes ; ainsi que les jours de grandes cérémonies religieuses, et le jour de

la Procession du St Sang, avant la rentrée de celle-ci ".

L'on dirait que les abus avaient déjà discrédité ces établissements, au XV« siècle ; car une ordonnance de 1433 défend aux Arbalétriers du jeune serment de St Georges, de s'y rendre « en parure » '*.

rf, 108. — Vi ,IJ,45o. *.

t au XI II- s.

^ t.. I, VI.

<D d'Aussy, Fabliaux^ ;IJ,4.S9-*8.IJ,45q.

23o LA SPHERE D'ACTION

Le nombre des étuves était bien diminué, au XVI'^ siècle. Les registres des Sestendeelen en mentionnent très peu '.

Aujourd'hui Bruges ne compte qu'un seul établissement, celui des Bains St-Sauveiir, qui a succédé à celui qui a existé longtemps, à la place de la Vigne. L'aménagement du Bassin rt'..» natation en iqoi-3, mis à la disposition du public en 1906. pcui être mis à l'actif de l'administration communale. Elle compléteia les installations balnéaires et les cabines, en igo8.

* L'hygiène publique comprend le problème de l'alimeniation d'eau potable, problème toujours difficile à résoudre pour nos grands centres, surtout en pays plat.

La distribution, telle qu'elle existait en 1847, a été décrite alors -. Mais un projet établi sur une base scientifique, a été présenté, en séance du conseil communal, du 24 octobre 1896. 11 s'agissait de l'eau du bois du Vloetemveld, vers Eerneghem. Peu après, il.fut question de l'eau du Bocq : lès pourparlers ne sont pas encore terminés. Entretemps, on a foré des puits artésiens. En iqoS, ily avait 171 pompes publiques, dont 12 fournies par des puits artésiens ; 64, par de l'eau de source ; 3o, par la Moerbui^e ■'. Le public est averti, par une inscription, si l'eau fournie est potable.

Ce qui étonnera, c'est que la question de l'alimentation d'eau avait reçu, à lîruges. une solution, au XI I L siècle.

II est certain qu'il existait, avant 1282, un engin pour distribuer l'eau et un Engijnmeester dirigeait le service. Cet engin devait se trouver alors du côté élevé de la ville, entre le Minneifater et la rue des Marécliau.\'. Un vaste réseau de tuyaux de plomb, placés sous les rues, appelé de Moerbiti^e, Moederpipe ou tConduit amenait l'eau dans les puits publics. Nos comptes des dernières années du XI 1 1*; siècle, renseignent des raccommodages nombreux faits en 1282 et années suivantes, notamment ceux de 1288 et de 1291 ■», qui furent notables. On prolongea les tuyaux, en 129g, vers quelques quartiers enserrés par l'enceinte nouvelle '. Nous voyons entretenir cette canalisation à travers les siècles, et jusqu'à nos jours '-'. Une description complète du réseau fut faite en i5i 1, par Jacques Prumbout, gardien du Waterhuiis t. .lean Lotin, charpentier-hydrographe, en fit une description, vers l'an 1600*. Van Maie, Curé de Vladsloo, notre compatriote, en donna une description, vers 1732".

Les eaux utilisées dès le principe, pour alimenter la Aioerbiii^e, ont été celles du bassin de la Boterbeke, avec toutes celles venant des plateaux de l'ouest de la ville, recueillies dans une dérivation de la Botcrbeke vers Ste-Claire et la Reie. Lors du creusement de la grande enceinte, en 1297, cette dérivation fut aménagée pour servir également de fossé de défense '". Les eaux furent aussi recueillies dans un bassin ou vivier, en 1290". Ce bassin pour l'eau potable, se trouvait près de St-Bavon '-. Il servait également à la pisciculture '■' et la pêcherie en était affermée, alors même que le vivier fût devenu inutile comme réservoir d'eau '^.

Notre magistrature eut, dès i3o6, l'idée d'utiliser aussi les eaux de l'est et du sud de la ville, pour l'alimentation des habitants. Le projet consistait à aller prendre l'eau de la Lys, à Deinze. Ce travail fut déclaré d'utilité publique, en i33o, par Louis de Nevers. L'on commença les travaux, et ils furent poursuivis, de i36i à 1367. Les Blancs Chape-

38. a(x). aSi. ^ 2. l< 1S47, S2. ^ 3. K. looô. 1711. ^ 4, IJ. ial-w : ia; . ^ .v IJ, ôoS. * '<- I, v. .loo-

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