I. Cfr. GT
2^4 LA SPHERE U ACTION
lieis, den dei deu teghel, à tout pinpriétaiie qui faisait mcilre des tuiles sur une toiture ccjuverle en chaume, ou qui faisait couvrir en tuiles, une maison nouvelle '. Ce subside pioduisit de bons effets, et l'on crut pouvoir le icduire au quatrième carreau -. Même, en 1467, on ordonna de ne couvrir qu'en tuiles, les nouvelles consti uctions, dans les rues principales, et les constructions importantes, par toute la ville ^. Le subside de la troisième tuile fut lemis en vigueur, en i535, et les couvertures nouvelles en chaume, prohibées 4.
Dès le XIV" siècle, la 'Ville avait sa tuilerie à elle. Elle avait acquis, en i33i, le domaine d'Ayshove, à Ramscapelle. à titre de franc alleu, pour y établir une briqueterie, qui fut mise en œuvre la même année 5. Le compte de l'e.xercice i332-33 mentionne la fabrication de i58.3oo briques et de 3.3oo carreau.t de couverture. On y fabriquait aussi des tuiles-i'aîtières. L'établissement fut agrandi en i333 ; et, en i334, on y fabiiqua près d'un million de deckteglielen. La cuisson se faisait à la tourbe, et la Ville exploitait elle-même sa tourbière û. Elle était exploitée en régie, au XV^ siècle '.
Plus tard, on fit la guerre aux pignons en bois. Des Hallegeboden de i6i5, 1634, condensés en celui du 12 décembre i635, les condamnèrent définitivemenl ^ Quelques années plus tard, les comptes mentionnent le subside du tiers de la dépense, en faveur des propriétaires qui reconstruisaient en briques, des façades en bois ' ; et celui de 1662 nous apprend que ce fut le cas pour une soixantaine de maisons. Entre 1G20 et 16S0, la plupart des pignons en bois disparurent.
Moyennant ces précautions, et par suite du dépeuplement de la ville, la fréquence des incendies diminua.
Les Deelmannen, en vertu d'une ordonnance de i3iq, avaient à surveiller l'état des forges et à prendre les mesures nécessaires pour éviter le danger du feu '".
* Le service d'exstinction des incendies se faisait sous la direction de l'Ecoutète, qui avait à y maintenir l'ordre. Nous voyons, en 1290, ses suppôts sous le nom de lyndraghers, porter des barils d'eau, et ses serjents y aller avec des torches. Souvent on l'y voit entouré de ses massiers et accompagné de son Greffier ". Tout travailleur était rémunéré par la 'Ville, d'après qu'il avait fait usage de seau.x, de settiers, de marmites, de pots ; et, séance tenante, on donnait des méreaux, brandteekeiw, aux travailleurs, qui pouvaient se les faire échanger contre monnaie, dès le lendemain, chez les trésoriers '=.
Le tocsin, sonné par les gardiens du Beffroi '\ convoquait les sauveteurs; et hi trompette se faisait entendre du haut de la tourM. Mais quand le veilleur de St-Donatien avait été le premier à sonner l'alarme, la Ville le récompensait de sa vigilance ''. Au premier signal, le concierge de l'Hôtel de Ville devait jeter à la rue les seaux de cuir (aesvaten) aux armes de la Ville, dont il avait la garde "^, ainsi que les cognées, les bêches, les échelles, les crocs à arracher les chaumes flambants. On avait aussi de grands bacs à eau, sur chariot 't. Vers le milieu du XVt^ siècle, l'on avait des pompes à incendie, speten '*•.
Les mesures de police étaient rigoureuses ; dès qu'on supposait que le sinistre fût volontaire, l'enquête était poussée avec rapidité ; et une prime éiait promise à qui arrêterait un incendiaire '".
La Ville, avec ses nombreux canaux et ses puits publics, dans presque toutes les rues, ne manquait pas d'eau. Cependant, un cri du 9 mai 1495, émané du Magistrat,
1. AA, c, 1417-18, fol. 5a V. ^ 2. I, V. Sic ; AE, xLlil. 3o. ^ 3. AA, Groeuenb. oiighccot., fol. î25 V. ^ 4. AE, .\r.lii, 3t. ^ 5. Plus haut, iû. ^ 6. I J, 44O. 448. 450. ; — IJ. 4S0 ; I, iv. s63. ^ 7. I, v. 3oq. ,^24. ^ 8. A A, Reg. Hallegeb.. ic>i7-56, fol. 41» v. ^ a. GB, 33. ^ 10. CB, I. 362. ^ ir. I, iv. .28. 1.17. 100-200. ^ 12. I. m. 3o« ; Alpii. i>k Scnoiir, Mircaux </e bicnf... de Rriig.. i65. ^ 13.1,111.171; VI. 334 (1488). ^ 14. D. 545. ^ i.'i.(i3i») 1,111. 171. * 10. D, ,S24. ^ 17. I, IV. 85. .2S; VI. 474 * iS, I. iv. 321. A i9' I. V. 7S-76 ; VI. 475.
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enjoignit à chaque chef de maison, d avoir une citerne pourvue d eau échelle et des seaux '. Chaque quartier devait organiser un guet de nuit doute l'origine des Wachtj éviers ^.
Depuis le XV« siècle, les quatre ordres mendiants fixés à Bruges, fuit service des incendies'; il en a été de même des Frères Tertiaires dt les Frères Alexiens ou Celliies, et les Frères dits Slaelijsers ». Mais c les Capucins, qui, depuis leur installation en notre ville, se sont d l'exercice de cette œuvre de charité ".
Dans leur couvent se trouvait un dépôt de seaux, aux armes de la Ville, et, nous nous rappelons encore, qu'au temps de notre enfance, et jusqu'à l'expropriation de 1867, une pompe à incendie de la Ville était installée dans une dépendance de leur couvent, le long du Capucine reit/e, et qu'au mur, sous un auvent, étaient suspendues
de grandes échelles à incendie, comme on le
voyait dans la cour des halles, près de N.D. et à
bien d'autres endroits de la ville.
La vraie pompe à incendie, à action continue
est due à Jean van der Heide, chef des pomplL'^^
d'Amsterdam, et elle remonte à 1670. Elle fui
perfectionnée, vers 1735.
Un règlement sur le service d'extinction deincendies fut fait le 26 avril 1752. Nous y appie
nons que chacune des cinq poiTipes, dans k
Spej'tehiiysekens des Capucins, des Récollets,
des Dominicains, des Carmes et des Augustins,
avait un doyen choisi par la Trésorerie, ayani
sous ses ordres un certain nombre d'hommes,
74 en tout, qui, lors des incendies, porteront
une plaque au chapeau. Les doyens sont exempts du service de
L'Hôte
pooitelijke luacht,
et doivent être choisis parmi les maîtres des maçons, des charpentiers, des plombiers ou des couvreurs. En même temps, on défend de faire ou de réparer des poutres engagées dans des cheminées, et l'on prend des mesures quant à la construction des foyers ". Au XIX« siècle ce service fut dévolu aux pompiers qui, avec les sergents de Ville, faisaient en même temps l'office d'agents de police. Le service était bien pauvrement fait, mylgré les réorganisations de 1842 et de i855. Le matériel se composait en giande parue de pompes, remontant au XVI 11^ siècle.
Bien de nos concitoyens se rappellent encore le lieutenant Poppe, qui commandait la garde municipale, depuis i835, et était le chef des agents de police et des pompiers, parmi lesquels plusieurs étaient octogénaires et hospitalisés chez les Frères de Charité ?.
Le matériel fut mis à la hauteur du progrès en 1877-78; et, en 1881, un corps sérieux de pompiers fut créé, grâces aux idées de progrès qui poussent l'administration de M. le Comte Visart de Bocarmé, bourgmestre, et de ses actifs collaborateurs. Le
Keg. HMegebode,
LA SPHERE D'ACTION
corps a été porté à 120 liommes, en 1904; et il deviendra un corps armé, en vertu d'un Arrêté Royal du 20 octobre 1907. En 1906 ont été placées les sonneries élecliiques d'alarme; des plaques, placées dans, les divers quartiers, indiquent les maisons où l'on trouvera du secours; et le tocsin, devenu inutile pour la convocation des pompiers, a pu être supprimé, pour les cas ordinaires.
3. l'CClaira^C public. — Nous connaissons des textes concernant l'éclairage public de Londres 114 16), de Pans (i55<S). d'Amsterdam (1669). A Londres, l'obligation d'éclairer la rue devant sa maison, de la Toussaint à la Purification, incombait à chaque habitant, en 1690. Il en était de même à Paris, comme nous l'apprend une lettre de Madame de Sévigné. du i3 avril 1689. Je connais des gravures avec lanternes de rues, pour Paris (1719) et pour Londres (1760). Il n'e.\iste, à ma connaissance, aucune vue ancienne de Bruges où l'on puisse voir, a la rue, d'autres lanternes que celles qui éclaiiaient Il'> niches avec slalucs de la Vierge.
Les nombreuses 'Vieiges placées en rue à Bruges, et cet éclairage, plus nnpoitant ici qu'ailleurs, fourni par la piété populaiie, ne fut-il pas la cause que Bruges resta quelque peu en retard pour l'éclairage organisé par l'administralion? Aussi Bruges avait-elle décliné, quand les grandes villes songèrent à s'éclairei', la nuit.
"■ Niius avons parle du guet ordinaire et e.\tra-
ordinaire '. Il se faisait, éclairé par des torches ou
des falots. Kn temps de troubles, on postait, devant
le l^etfioi et ailleurs, des hommes avec des falots
oLi des torches -. et le guet faisait même le tour
des remparts \ En 1379-80. la Ville ne consuma
pas moins de soi.xante douze mille torches, pour
éclairer les nies, les places publiques et ses bandes
guerneies. qui fuient très occupées celte année ■*.
L'année lin mariage de Marie de Bourgogne (14771.
la Ville en paya cinquante-huit mille \ mais l'on en
avait fait une giande consommation, dans les fêles.
Les gens qui sortaient le soir, emportaient
une lanleiiie à main dans laquelle brîilait une
poiv. iiioiiu... i„,.v,.i,,„t,r„„;,..iei .ieSi iio.K.ii.Mi. cluindelle de suif '^' : il était défendu de sortir sans
Arciin'k.'J'Hi'u..' l'^.k b]rt;i-ui''e't'tM'l'l4;o iH^o „o). s'éclaircr, après la cloche du soir, sonnée au Beffroi
entre neuf et dix heures ?. Le bourgeois cossu se
faisait accompagner d'un serviteur portant un falot {vierpanne) ", monté sur une longue
hampe, dans lequel on brîilait de la poix ou des étoupes imbibées de résine. Les membres
du Magistrat qui ne possédaient pas de falot, en recevaient un de la Ville (141 1) ".N'était-ce
qu'un symbole? Je ne le crois pas. L'usage le plus général consistait à s'éclairer de
torches [torhen, handtoortsen) qu'on portait soi-même ou qu'on faisait porter par des
serviteurs. Ils devaient être très pittoresques, ces cortèges de nuit, qui accompagnaient
,. Plus haut, ,33. *2.I, ll.„S;ni. 177unie. ^ .l.I.V. 524. ^ 4. 1,11.404. * 5.1. VI. 7. D, 546. ^ S. Plus haut, i33. ^ a. I, IV. 174.
uite. Tortycke, ghedrayder Kenr ; pa ^ 6. AA, /iesoMiei. 1672-76, loi. «4.
opposition à slichUr Ke
nos bourgeois se rendant en soirée ou rentrant chez eux, entre une double file de porteurs de torclies. De vastes éteignoirs, posés obliquement de part et d'autre de la porte cochère, servaient à éteindre ces torches. L'on en voit encore un à la maison dite h. toit maison-noire, rue des Tonneliers, 2'i. Il y en a encore à Gand, au Silckel et aux hôtels marqués n^^ 16 et 20, rue Savaen '.
Nous n'avons pas découvert l'époque à laquelle l'éclairage public a été organisé régulièrement à Bruges. Une lanterne fut placée à chaque porte de la ville, en 1436 ; mais c'était en temps d'expédition militaire -. Il ne figure aucune lanterne sur le plan de Marc Gheeraerls. On trouve cependant aujourd'hui ça et là. à un coin de rue, une petite fenestrelle, délicatement ornée, qui a pu servir à recevoir une chandelle dont l'éclairage se serait projeté en rue. .'\insi, au coin de la maison de la rue Neuve, touchant au pont de Gruuthuse.
De vastes lanternes cariées, dont le volumineux couvercle se relevait, furent installées plus tard. Elles étaient suspendues au-dessus de la rue, système qui fut déjà reçu à Paris, veis 1719 et y resia en vogue jusque vers 1840. Le réverbère ou lanterne à réflecteur doit dater du milieu du XVI II^ siècle. Nous savons qu'un réverbère fut placé, à l'essai, pour l'éclairage d'hiver, au mois de septembre 1783 dans la rue des Pierres ^. A l'occasion de ce projet d'éclairage, on voulut introduire un husegeld spécial; mais le méconlenlemeni fit reculer devant cette mesure. Cependant l'essai répondit à l'altente, et l'insiallation de l'éclairage « par les soirées d'hiver » fut adopté. B.-.l. Gailliard indique la même année 1783 ^ comme celle du placement de grandes lanternes en cuivre, dans les rues. Alors fut créé le corps des Lan/eer/j-on/^^eA-f/s. qui, il y a un demi siècle, distribuait des caries de nouvel-an illustrées.
Lorsqu'en i836. on parla une première fois d'éclairer la ville au gaz, il y avait 3q3 réverbères, dont i5 seulement étaient à quinquet.
L'usine du gaz fut construite à Schipstalle, en 1846. Il y avait encore 143 léverbèies à l'huile, en 1840; mais l'année suivante on commença l'éclairage au gaz. de la rive droite de la Reie. eiihe la Coupure et la Poterie. Ce n'est qu'en 187;: que le nouveau contiat avec la compagnie Desclée stipula, que tt.us les becs à gaz brûleraient toute la nuit et pendant toute l'année. L'éclairage intensif commença par la rue des Pierres et la rue Sud du Sablon, en iqoo.
ô. $cctions et iiiCô. — Le souci de donner des noms au.x rues n'a jamais dii préoccuper nos anciens Magistrats : les noms se sont généralement établis par tradition. La topographie, la conformation du sol, l'aspect du site ont inspiré les habitants pourdésigner des endroits spéciaux. Voir ci-dessus, p. 22. Les anciennes voies (Steenslraat), leurs aboutissants (fîo)'e//a), les lieux fortifiés (Btirg), les lieux de réunion [Mallenberg], les églises et couvents ont fourni une autre source de dénominations. Bien des rues ont acquis leur nom d'un personnage important qui y demeurait (in de strate daer Lois husinghe van Cassel in staet, rétro Walteri Cants). D'autres artères l'ont pris à leur situation [tusschen ij ^andbriigghen, itp die poortgracht, bachten Scermcrs, upt proofsche), à leur destination (Hotttbre/cersdam, Ramen], à l'enseigne d'une maison très fréquentée par le public : local de jeu, étuve, auberge. Le nom d'une nation étrangère, qui y avait sa maison consulaire, d'un bâtiment public (Wttlhnusstrate). d'une corporation, qui d'y était fixée (Zilversmitstrate), servirent à créer des dénominations.
I. HvMANS, Gandet Toiiritai, 29-Ô0. ^ a. I, v. 118. ^ 3. BuïCK. AE, XI.vlll. J49- * 4. GK, 3J4.
238 LA SPHERE D'ACTION
L'adminislralion n'intervenait pas. On faisait une nouvelle rue ; elle se dénomlnait par Nieiiiustiate, mais le peuple y ajoutait la note spécifique \Sl-Gillis Nieustrate), afin qu'il n'y eiit qu'une seule rue neuve, ne portant que ce nom générique.
Ce fut la domination française qui introduisit la manie d'une immixtion de la bureaucratie jusqu'en ces choses, et qui enleva au peuple la liberté de désigner, comme il l'entendait, les artères et les places de sa ville. Telle, la domination piémontaise imposa à toutes les villes de l'Italie, y comprise la Rome des Césars et des Papes, à honorer dans leuis rues et leurs places publiques, débaptisées de leurs noms séculaires, les Victor- Emmanuel, les Humbert, les Garibaldi, les Cavour et autres illustrations de même valeur. Entre 1807 et 1810 on nous a doté d'une Place Napoléon (Grand'Place), d'une Place de la Préfecture (Bourg), d'une rue de l'Impératrice (rue des Pierres), d'une rue impériale (celle des Dominicains), d'une rue d'Austerlit^ (rue Ste-Catherine), |^'\.\ne. rue d'Yéna (lus haute), d'un Quai Napoléon, (quai long), d'un quai Joséphine (quai de la Poterie), d'un quai Marengo (quai des Teinturiers), d'un Quai d'Eylau (quai du Miroir). Heureusement, ces noms ne survécurent pas à la ciiute de l'aventurier Corse.
Nous ne savons quand nos rues ont commencé à porter des plaques indicatrices '. On renouvela celles-ci. en 1844. C'est alors aussi qu'on s'avisa de tiaduire les noms de nos rues ; et l'on sait avec quel succès on se livra à ce travail ! D'ailleurs, pourquoi traduire? Fail-on cela à Paris, à Londres, en Allemagne, en Italie? En traduisant, on atlenU souvent l'absurde, plus souvent le ridicule. De plus, on se base sur une fausse conception de la mentalité de l'étranger, et l'on suppose gratuitement que le français est la lanuue univei selle. L'on eut le tort suitout de mettre la traduction française à la premiéie place Ces plaques furent renouvelées en fonte en 1859, avec inscriptions en relief. Un iraviiil de remaniement se fit en 1879-80, puis, en 1884. Les résultats furent peu heureux : on conserva les traductions, seulement on donna le pas au nom flamand. Mais combien de noms sont restés baroques et estropiés. Ce travail serait à refaire ^.
Dans les derniers temps, il a falki donner des noms à de nouveau.x boulevards. On a, en grande partie, suivi, les errements mndernes ; on a donné des noms de personnages, à des rues ou boulevards que ceux-ci n'ont jamais habité. Quand il a fallu, en 1899, régler' la question des noms des rues dans les parties annexées au territoire, on a conservé quelques noms traditionnels ; mais on a, par contre, baptisé soirvent au hasard, sans tr'op de succès.
* Un fait administratif, antérieur à i 280, c'est la division de la ville en sections -^ Ces secrions étaient partagées en dizaines, en 1490 * ; en cirkels ou wj^cken, en 079 ^. Ceuxci étaient alors au nombre de cent dix-neuf. Le nombre des doyens de voisinages était de soixante-quatorze, au temps de Damhouder », et, en 1793, les Wj^kmeesters étaient au nombre de quatre vingt quinze ', nombre qui était encore celui des wyken, quand on supprima leur indicaiion dans le numérotage des maisons, en vertu d'un règlement du 3i mars 1866. Le premier numérotage des maisons, à Bruges, date de 1790 **.
7. X'oiiiaitiantioii Oee fête». — Parfois, pour i-enseigncr sur ce qui se faisait ailleurs, la Ville envoyait des délégués aux têtes les plus remarquables, avec mission de rendre compte, par écrit, de ce qu'ils auraient vu ".
I. A G..ncr. .le fut en 17S5. ,\ E, Lviir. 102. ^ 2. Cfr. Kr)H, XX. i.î (14 <\C-v. 1SS4'. ^ .>. l•lu^ li.iut, 9,. ^ 4. A.^. A'-i-. H„.7,geboden. »!>. I, vl. 35i. ^ 5. AE, xtlll. 41. ^ o. IJ. 4q.i. ^ 7 Pioctsscii verbiu/e. 2 et paiiiw. ^ S. liuyCK, AE. ILVUI. 35;. <)> o I. VI. 402 (1495).
Nous connaissons les fêtes célébrées à Bruges, après la victoire des Eperons d'Or, en i3o2'; comme aussi à l'occasion des entrées solennelles des Souverains, de leur mariage, de l'institution de l'Ordre de la Toison d'or, des chapitres de cet Oidre, de la procession du St Sang, des victoires les plus profitables. Nos comptes communaux en ont annoté les dépenses ^, et indiquent leur caractère populaire. Ces fêtes comprenaient, au K1V« siècle, le décor des rues '.
Celui-ci se faisait par voisinage ou par initialive individuelle. On oiiiait les façades de branches d'arbres (;;;e/(?;i), et beaucoup de nos anciennes façades portent encore les anneaux de fer, dans lesquels on les posait, lise faisait aiissi par des tentures (husen behanghen), et il se pourrait que les branches en fer à simple ou à double boucle,
qu'on remarque encoie à de nombreuses façades anciennes, aient été placées pour y suspendre des draperies ; à moins qu'elles n'aient servi peut-être à sécher les laines teintes. Le magistrat publiait par cri public ou Hallegebod, qu'il offrait des prix aux voisinages, aux sociétés ou aux particuliers qui exhibaient le plus beau décor et la plus brillante illumination -t.
Le décor des rues compiL-nait, toujcjurs d'après les ddcunu-nts, le décor de la porte, par laquelle le personnage qu'on accueillait, taisait son entrée ; celui des Halles, de l'Hôtel de Ville, et autres monuments publics; par du drap, aux couleurs de la Ville — bleu, blanc et rouge, ou semé du (j couronné, ou des initiales du personnage reçu.
Ajoutez-y la jonchée des rues et des salles de réception; les cortèges aux
Maison au Quai du Kosaiie, coin du pelitMarclié aux poissons, 1716. flambcaUX ; leS illumina-
tions, pour lesquelles on offrait des prix aux voisinages; l'illumination de la tour des Halles, au moyen de lanternes en papier ', le décor des places par de grands mats, sur lesquels des roues
I. Ad. Duclos, Onze Helden, 2" éd., 1902, 475. ^ s nner ici les références que nous avons en portefeuille r des) textes. ^ 4.1,v. 376. 52i ; GT, i5i, etc. * 5. 1, ■
V. p. xl-xHj. ^ .V II est impossible Tout ce que nous disons est appi
LA SPHERE D ACTION
passées en étaj^ère portaieiu des pektonncn ', el les feux de joie; l'illumination sur les louis des églises ^ ; des banquets, des bals à l'Hôtel de Ville •'; des joules sur la Reie; des sérénades; des lâcher d'oiseaux; le jet d'argent au peuple; l'installation de fontaines débitant du vin.
Sur des écliafauds, établis sur les places publiques et aux carrefours, on installait des emblèmes sculplés et polychromes, œuvres de maîires-sculpteurs et de peintres réputés, ou bien l'on représentait des mystères déclamés ou présentés en pantomime.
Les cloches sonnaient à toule volée, par toute la ville. Avant la construction du caiilion à clavier, on haltait, au mariciui. v\\\ lyihme joyeu.x sur la face externe des cloches du Betfioi. Les ménestrels allilrés l.iis. lient eiilendre les sonneries des trompettes d'aigeni delà Ville, du haut des balcons de la Halle, ou bien ils se postaient derrière les baibacanes de la poite par laquelle l'iiole désiré faisait sa joyeuse entrée.
Nous ne parlons pas du décor de la flottille, qui pouvait ramener de Gand ou de Damme, ni de celui du débarcadère qu'on lui construisait.
Le cheval du prince ou de la princesse, ou la litière de celle-ci. était entouré des magistrats ou de jeunes gens de la ville, en grand nombre, portant, même en plein jour, de grands flambaux allumés, peints aux couleurs du souverain, ornés de son blason; et des jeunes filles jetaient des roses effeuillées devant la princesse.
Certains événements heureux étaient célébrés par l'organisation d'Line démonstration militaire, le soir, à la lumière des torches. — vraies retraites aux HambeaLix. Ainsi,
; ijixposi
dOr, 1907. Quoique .
. Par ex-, AA S. J^cq., c. 1490, fol 5o; C. 1491. fu
; de la Sie Vierge., Réplique ou copie cuntemporaiiie et de haute valeur, du tableau de Hugo der Goes, conservé au Musée Communal. — Cathédrale de Bruges.
en 1488, trois soirs de suite, les métiers se réunissent au Bouri;. Chacun d'eux est précédé d'un héraut d'armes. Le magistrat entouré de tous les serviteurs de la commune, munis de falots ou de torches, reçoit les corporations. Le cortège se met en marche, pour parcourir les principales rues de la ville. En tête marchent les ménestrels, suivis
LA SPHERE U ACTION
du Bailli et de l'Ecoutète. Puis vient la magist rature. Revenu au Bourg tout le cortège passe devant le Magistrat, qui, entouré des Ménestrels, du personnel administratif et d'une couronne de douze porteurs de torches, salue et remercie les participants. C'est ce qu'on appelait Wapeninghe ommeganc ou droogen atuet ■.
Toutes les fêles étaient accompagnées de solennités religieuses, telles que messes d'actions de grâces. Te Deuin, etc. qui avaient lieu d'ordinaire à St- Donatien.
Certaines icjouissances leveiuiient tous les ans. Les ménestrels de la Ville donnaient pendant la nuit du nouvel an et tous les soirs, pendant la foire de mai -. Le lundi perdu, aux grandes fêles et à l'occasion de la Foire de mai comme de la Procession du St Sang, les sonneries de trompettes des trompers ende pipers valider Halle, jetaient leurs notes joyeuses dans les foules. A ces mêmes jours, les cloches du Beffroi étaient mises en branle. La grande cloche, londue en 1743, s'appelait indifféremment triitmph- ou H. Bloedldok^.
Dés avant le XVI^ siècle, le carillon (voorslag, wekkers) faisait entendre aux heures et au.\ demi-heures, des airs piqués sur le tambour, mù par le mécanisme de l'horloge. Le carillonneur en titre jouait au clavier, les dimanches et au.K granei . . <ousseau. j^^ fétes, de 1 1 heures à midi, ainsi que les deii.x
jours du marché hebdomadaire, soit le mercredi et le samedi (i632) -t.
* La kermesse traditionnelle de Bruges a été, de tout temps, celle de la Foire de mai : Nundine (1200), de Briiggemaerct (i3o4), la Fieste de Bruges (i3g2), i ommeganc. Ces mots contiennent l'idée de marché ou foire et de temps de festivités. Pendant la foire, on vendait « vyn a banieres >i en bien des maisons, les plaids étaient suspendus, et la Ville payait un salut du St Sacrement avec Salve, chanté à St- Donatien '. Nous avons parlé déjà de sa durée et de son institution ''. Cette fête, qui amenait tant de marchandises diverses en ville, a certainement été grefîée sur les fêtes du St Sang. Les documents font penser que le St Sang fut apporté dans nos murs, vers la fin d'avril 1 149 7. Cet événement aura été remémoré tous les ans, vers la même époque. Aussi trouvons-nous la procession du St Sang en 1 291 *, établie probablement depuis longtemps, et elle prend son plein développement, en i3o3", comme suite, sans doute, de la délivrance de Bruges, en i3o2 '".
Cette fête de mai, trop profondément religieuse, ne pouvait satisfaire le goût de l'administration de 1867. Il lui fallait une kermesse si l'on oeut dire, purement civile. Celle-ci fut fixée à la dernière semaine du mois d'Août. L'on entendait tous les jours le carillon, pour la distribution des pri.\ de lune ou de l'autre école officielle. C'était maigre. Le If mars 1890, le Conseil Communal décida de reporter cette semaine de fêtes vers celle qui comprenait le 1 1 juillet, anniversaire de la bataille de Groeninghe. Cette fête
l.GG, R3Q-40;Cfi. Hidl.Soc. dH. et d'Arc/ièo., Gnnii. XV. 254. ^2. Ms. 402. Bibl. Biiig,, f.. XLvm. 320. ^ 4. AA. Feiieb. 1620-Ô3, fol. i5i v. 162. 19.Î, elc. Cfr. RDH, xv i83 ; xvl. loi. ^ 5. G' ^ 7. Cfr. RegeiUs Thitrry d Alsace, Bull. Soc. d'H. et dArchéol., Gand, xvi. 162 ; Anii. même s( XXII. 65. ^ 9. liid., 67. ^ 10. Ibid. , et xï. 201 ; Ad. Duclos. Onze Helden, a- éd., 35?. 458 ; AE, ixxi.
fut célébrée ainsi, à partir de 1891, année où Sa Majesté le Roi et Son Altesse Royale Madame la Princesse Clémentine l'honorèrent de leur présence.
Nous avons ainsi notre fête de Mai, qui remémore les Matines Biiigeoiscs, et celle de juillet, qui rappelle la Bataille des Eperons d'Or.
* Ce n'était pas le magistrat qui organisait les tournois, les joules, les behourds etc. La cour, les seigneLirs, la Société noble et chevaleresque de l'Ours blanc, la Gilde de St Georges, quelquefois de riches bourgeois ', surtout à l'occasion du mariage d'une
fille =, prenaient l'initiative de ces têtes et les organisaient. Mais le magistrat accordait de forts subsides, faisait dresser les lices richement ornées, payait les rafraîchissements servis pendant les intermèdes ■'. Elle faisait annoncer la fête par ses hérauts, dans tout le pays de Flandre *. C'est la Ville qui paie la location des fenêtres à Cranenbiirg:, à la Lune, à Coolkerke, maisons à l'ouest du Marché ; ou dans des maisons assez vastes, quand on joutait dans les rues. Elle payait les hérauts étrangers à la Ville, qui veillaient à l'observance des règles chevaleresques en usage dans le « fait d'armes », faisait les frais des lances, bourdons ou masses ; offiait des prix, tels que des faucons, des hanaps, des cornes décorées d'orfèvrerie, des joyaux ornés de diamants ou de rubis, le bijou représentant l'Ours, des agrafes d'or. Elle faisait les frais du banquet offert aux chevaliers et à leurs dames. Il lui arrivait d'indemniser des chevaliers pour les chevaux tués sous eux, pendant le combat *.
Ces fêtes avaient lieu le F janvier, le mardi-gras ou vers cette date, à la mi-caréme, mais surtout au mois de mai, à l'occasion de V ommeganc ; quelquefois au medeifintre, en décembre. Elles duraient trois jours, mais se prolongeaient quelquefois jusqu'au cinquième ou même au huitième. Elles avaient leur brillante veille, avec cavalcade, et devenaient l'occasion, pour la société de l'Ours Blanc, de larges distributions de vêtements aux miséreux, inscrits aux menses des pauvres des paroisses de la Ville '\
Mirecl dux 8i + «"o aémolie vers i : M. Hub. Hûste, architecte â Bruges.
, II. 435. ^ 2. Exemple, (1J34-:
. 437; V. 295. 382.^5. GT,
244 ^^ SPHERE U ACTION
Le tir au but ou à l'oiseiu. ce déhissemen.t si prisé des classes moyennes, était également l'avorisé par la Ville. Nous avions, dès le XI V'^ siècle, ieu\ sociétés d'arbalétriers et une société d'archers Les francs-archers de Ste-Croix dépendaient de la Gilde de St Sébastien, et e-xistaient déjà en 1487 '. La Ville offrait une pièce de vin du Rhin ou de vin de liqueur, lors de la fête annuelle des arbalétriers -.
L'on pourra se faire une idée des fêles organisées par nos Gildes en lisant, dans le Jaerboek de celle de St Sébistien. publié par le D'' De Meyer, la lettre d'nivitation au Scliielspel de i533 ^. L'Empereur concédait le « sauf-conduit n à tous ceu.v qui s'y rendaient. La fête dura trois jours. La Ville donna 3oo livres de gros flamandes pour les pri.K, plus cent livres pour les frais divers. Deux buts étaient construits, l'un sur le pont St-Jean, l'autre sur le pont du Roi : ils étaient reliés par une galerie richement décorée, construite au-dessus de l'eau de la Reie.
A l'usage de tirer au but. placé au fond d'une galerie, plus longue ici qu'ailleurs ■*, vint s'adjoindre, au XVI !<= siècle, celui de tirer en hauteur. Alors on plaçait le papegqy sur la toiture d'un moulin ou sur une perche, qu'on fixait dans la couronne d'un arbre du rempart. Mais, en i65i, la Gilde de St Sébastien ht ériger, dans son local, une perche placée à demeure, q^ii fut toujours renouvelée depuis lors ^
* Ajoutons quelques mots sur les autres amusements autrefois en usage à Bruges, et que la magistrature réglementait.
Les jeu.\ de hasard étaient défendus antérieurement à i 2r(y ", et Marie de Bourgogne supprima, en 1477, les maisons oij l'on jouait aux dés et même au jeu de quilles '. Parmi ces jeux de dés, nous trouvons dans les textes antérieurs à l'année i 5oo, le jeu de dés simples [dobbelne), la ratle iputci fj-uii). le jeu de l'oie {gansen iferpen], le trictrac (queecspel, verheeibart). l,c paiL a bouler, appelé alors Rolieii'cgli. puis Rollebaen. aujourd'hui Bolletra, ainsi que le Klnsbane iwiui beaucoup d'attiait, dès le XIV<= siècle **. Le jeu de paume jouissait aussi de toutes les faveurs, et nombreuses étaient les maisons (Caetsspelen) au XV"^ siècle, où l'on se rendait pour se livrer à ce jeu. La municipalité réglementait ces maisons et les surveillait aussi sévèrement que les éluves et les tavernes ".
Au cœur de l'été, en plusieurs villes de Picardie et de Flandre, on tenait la chasse aux cygnes, qui avaient été préableinent réunis. Cetle chasse se faisait en barquette, et elle durait plusieurs jours. Elle devenait l'occasion d'une vraie kermesse, d'illuminations et de fêtes populaires. L'on devait prendre le cygne vivant ; et si quelqu'un en luait un, en le capturant, il devait, commeamende,donner autant de seigle qu'il fallait pour cacher entièrement l'animal suspendu parle cou '". Nous n'avons pas trouvé de preuves de l'existence de cette coutume, en notre Ville.
Nous avons des indices dès le W<^ siècle " et des preuves certaines, à partir du XV1<^ siècle '-, des excursions qu'on faisait à Blankenberghe, et des bains de mer qu'on y prenait à cette occasion. La vogue de ces excursions de Brugeois était fort giande, au commencement du XVI 1 h' siècle ; elle battait son plein, en 1775 ''.
S. |pi(ioccHi>atioiia esthétiques. — A partir du XI 11^ siècle, notre Ville devint un vrai joyau d'art. Le sens artistique des populations d'origine franque avait crée un art nouveau. Les corporations avec leurs règles sévères pour la collation de la maîtrise,
.;(•..* 4- !ti,t. -^iz. * 5. /bi,i. * ... I, IV. tè. t'tt Ndf., n, J4S; et (les Pniernostermamqnfs. 17,12, It, 17 ; Cfr KDH, v. 407,06 lau- :.. !•-, IX. .Î2., U4W. *.ï./W-,322. :-2i