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Notre magistrature eut le sens de l'art ; l'ouvrier la seconda ; et les grosses ressources de la Ville permirent de faire beau.
Le souci du beau chez nos édiles, se montre, dès le XI 11^ siècle, dans une infinité de
LA SPHERE D'ACTION
détails : les statues polychromées et dorées, placées aux puits publics dès 1290 ' prouvent qu'on ne laissait rien sans décor. Il en est de même de tous les édifices du Xllh' et du
XI V« siècle, surtout de l'Hôtel de 'Ville, commencé en \3y6, avec sa splendide salle à l'étage, ses peintures, ses verrières ; dont la façade fut ornée de niches et de statues, où l'or et la polychromie venaient ajouter leurs splendeurs aux sculptures et à la statuaire. Il nous
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faudrait parler de la construction de l'enceinte, de celle des portes de la ville, des travaux faits au Beffroi, à la flèche des Huiles, où nous voyons presque toujours la peinture et la sculpture concourir à donner à l'architecture toute sa valeur. Toute construction ou agrandissement d'église, jouissait des subsides de nos magistrats, fiers de voir produire de si beaux monuments dans leur cité. Dès qu'une maison était délabrée, les Deelviaiinen, en vertu de leur Keure, la faisait reconstruire '.
Le XV«= siècle fut le temps d'apogée. Le faste déployé par la cour des Ducs de Bouigogne qui lésidaient à Bruges, l'opulence de ses familles nobles et de ses riches négociants, contribuaient pour une large part, à rehausser l'éclat dont les rues de la Venise du Nord brillaient à cette époque... Bruges cependant vit ses canau.K devenir déserts et ses quais abandonnés. Le silence régna dans ses rues. Mais ce que notre Ville conserva toujouis, ce fut le sentiment de l'ait. C'est surtout lois de la décadence qu'on voit apparaître le souci de notre magistrature pour la beauté de la ville. Jusque là l'action directe de la magistrature avait été peu nécessaire : il lui suffisait de bien choisir, parmi les artistes qu'on avait sous la main, quand il fallait faire travailler. Mais lors de la décadence, à côté d'un consentement purement administratif, comme pour la construction, en saillie, de la jolie tribune de Herman van piwh^g,-. ,/,- .1/. fj. aws.
Oudvelde, piés du pont fia- Vi.e pnse du .empart extérieur vers la p..rle .ie Ste Croiï. iSoS.
mand. en i5i4^; l'on voit
d'autres autorisations de construire, conditionnelles, comme celle qui fut accordée à Jacques Cnoop, deux ans plus tard. Il pouvait faire une emprise d'un pied, pour établir une colonne portant lencorbellement de sa façade, à condition qu'il construisit celle-ci en pierre de taille blanche \ On autorise la construction d'un mur aveugle à front de rue; mais ici on stipule que le mur sera décoré de créneau.\ et qu'on y aménagera une porte servant a l'ornementation de la ville, tôt chieraet van de stede -t.
On pousse, il est vrai, à la démolition des pignons en bois, surtout à partir de 1634 ■" ; et nous devons à cette mesure la perte de bien de belles choses ^. Mais l'édilité voulait savoir ce qu'on mettrait à la place. La façade en pierre ou en briques devait être construite conformément au « patron « à déposer; elle ne pouvait avoir une hauteur moindre que celle qu'elle remplaçait, et l'on subsidiait sa construction '.
Défense est faite, sous peine d'amende, de démolir sans autorisation (1526-41) ^ et condamnation est prononcée de reconstruire d'après un plan imposé, dans les quatre mois"; des engagements sont souscrits de reconstruire, en un temps déterminé, sous