I. Keure vers i3o5, art. 22 ; CB, I. 32?. ^ ^. F, 11. 3o
. Gr
av.,p. 7i.*3./Wrf.,3o8.*4AA.i^fr,>«.xvi-s.,
AA.c. i6t2, fol. 38v;c. i6i6. fol.45; AE, XLIII, 25 (i5g3);
et ,
:i-dessus, p. 2o3. ^ 5. Plus haut. p. 234 (incendi
HalUgehode«, i6r7-36, fol. 465 v, ^ 6. Ci-dessus, grav. p. 5
on livre LArtdesfailades.^X.neluu etiaearl.
raerts. * 7. AE, ILIII, 25. Qua-t-on fait de tous ces . patro
ns •;
Cfr. subsides £l?,</f« leghel. dans les comptes,
^ 8. AE, XLllI, 26. ^g. Ibid.
LA SPHERE D ACTION
peine d'amende (i532) "; on autorise d'abattre deux maisonnettes, dans une avant-cour, à condition de bâtir une grande maison à front de la rue Wulthaghe, appelée aujourd'hui rue des Bouchers = ; on pourra démolir une arrière-maison, moyennant d'élever, au niveau des maisons voisines, une maison, sise rue Neuve, etc. etc. Voilà qui prouve le souci du Magistrat tôt chieraet van de stede.
Et ce souci n'était que raisonnable. Tout le monde ne mettait-il pas Bruges, au premier rang des villes de l'Europe occidentale? Nos ancêtres savaient que leur ville était belle. Le Bourgmestre était fier de « faire voir la ville » au Comte de Nevers ■', et l'on s'enorgueillissait de montrer la Halle au Duc '^. Mais les témoignages sur la beauté de notre ville nous viennent surtout d'étrangers.
Gramaye. qui n'est toutefois pas d'une grande autorité, rapporte un témoignage, celui d'iïlneas Silvius Piccolomini, qui avait visité Bruges avant de devenir Pape, sous le nom
de Pie II, en 1458. Cet illustre voyageur, qui était homme à bien apprécier les choses, disait que Bruges était une des trois plus belles \dles qu'il eût vues '. L'érudit professeui de Louvain, Adrien Barlandus écrivait. \Lis 1340 ; « Les édifices publics et privés ont d ms cette ville, une beauté et une splendeui telles qu'il est impossible de l'exprimer. Pour tout dire en un mot, toute cette ville semble n'evister que pour nourrir l'àme et sitishiiL les yeux. Belles sont les villes de (j m \ 1 Anvers, de Bruxelles, de Louvain, de Malnies ; mais elles ne sont rien auprès de Biuges ". »
Le Florentin Louis Guicciardini, qui mouiut à Anvers en i58q, inscrivait sur sa ente de Bruges: BRUG.*: FLANDRIC.VRUM
I RBIUM DEÇUS, et Urbi aedifidoriim piililii itudtne magnijîcentiaque iiitore acforma tlegentissima celiberrimum olim emporium.
II dcchie que les édifices du culte et les InbitTtions y ont plus de splendeur et de prix qu en toute autre ville du pays. 11 admire surtout la Grand' Place, et en cela, il fait pieuve de bon goiit : elle était bien belle, a cette cpoque -.
L auteur des Délices des Pays-Bas.
ipicb avoir parlé de la magnificence de
nos édifices publics, déclare que les maisons
sont fort belles, mais la plupart antiques
et bUies tout autrement qu'on les voit dans
1. /i/rf.. *a. /Wrf., 28.^.?. I.ii cup. IV, 95. Je ii'jii junuiis pu retrouver Germatiiae, ap. Sanu., JI. ill-, ijôS, il.
, Q(, * 4. Ibid. « 5. JoANNls Bapt. tiRAMAYE, Antiq. Flandr., Lov.-H le texte dAEneas Sylvius, malgré bien des recherches. ^ 6. Calahg. .5i. *7. Edit. Amsterdam, 1612, trad. Kiliabn, 298, b.
ruS. l'a
les autres villes; les toits n'avancent point sur les rues, mais au contraire les murailles montent plus haut qu'eux, font païaître les maisons comme aulant de tours à créneaux » '. Pour se faire une idée de la splendeur de notre ville, il suffit de jeter un coup d'œil sur la vue cavalière gravée en i5fÎ2, par Marc Gheeraerts, pour le magistrat, et dont la Ville conserve encore les cuivres. Un portefeuille de vues anciennes, à la Bibliothèque de la Ville, marqué 462-4" ; les vues anciennes t-xposées à Cîi'iuiihiise m: conservées chez des particuliers, dont les principales sont repiodniies dans ce livre, ;ndent à nous faire une
nus
idée de l'aspect pittoresque qu'avaient nos 1
Voyez toutes cts tours et tourelles aux formes élégantes et variées, s'élançanl au-dessus de tous ces beaux pignon;. :
les sept tours de la maison Zet'eiitun c les cinq tours de la Cour du Prince, cclks du Franc, de IHÔtel de Ville, de la Loge des Florentins, de la Loge des Bourgeois, des Hôtels de Gruuthuse, de Ghistelles, de St-Pol, de Bladelin. de Luxembourg d'Egmont ; puis celles de tous ces hospices, chapelles, églises, semblant implorer les bénédictions du Ciel sur la pros périté des nations étiangères ; celles des corps de métiers et des brugeois que le commerce et l'industiie avaient enrichis.
Sur les ponts se trouvaient des niches abritant des statues ; bien des pignons en buis ou en pierre, étaient richement sculptés. De gracieuses enseignes, œuvres de forgerons artistes, projetaient leurs élé gantes silhouettes dans la rue ; devant les maisons, on voyait des banc de pierre, sur lesquels se reposaient les bourgeois ; le boutiquier avait laissé basculer la partie inférieure du volet de sa large baie, pour y étaler sa marchandise multicolore ', et ces étalages étaient souvent protégés par de gracieux auvents, dont les riches dorures étincelaient au soleil.
Comme à toutes les grandes époques d'art, on comprenait que la polychromie extérieure des monuments s'imposait. Si la Grèce et Gènes au soleil puissant, si la France ont pratiqué ce décor d'une manière quasi générale, nous aurions encore le motif de notre ciel gris, pour pratiquer la polychromie extérieure ^. Tous les détails sculpturaux et les statues de notre Hôtel de Ville furent dorés et polychromes, dès 1379 — plus tard Jean van Eyck même y travailla ^ ; — l'ancien greffe fut polychrome, en iSSy. Les toitures des Halles et du Beflroi étaient décorées d'écussons peints. Pas une girouette qui n'eut sa dorure et sa coloration. Tout
I. Hiiix., Franc. Fopfbns, 1711, i. 263. ^ ; .'lUe de Bruges, i85o. ^ 3. Voiv la maison, E. 5i
,248 *4.RDH,:
qui décoraient auirt'Jois li :33.*Ô.I,v. 337. (1434-35)
LA SPHERE D'ACTION
comme le portail de N.-D de Paris, celui de N.-D. était orné de peinture et de doruie. Les pif;nons en bois étaient ornés de polychromie ' ; et partout on trouve des traces de peinture sur les décors sculptés de nos vieilles façades, des entrées monumentales des hôtels des nations etc. ^. Les puits publics, les statues qui les ornaient, étaient rehaussés de dorure et de polychromie ; il n'y avait pas même le piloii, au coin du Marché, qui ne fut peint et doré 3. L'on n'a jamais compris, avant la fin du XVI I^ siècle, que l'architecture pût se passer de sculpture, de couleur et d'or.
Nous avons à la Bibliothèque de Bruges un précieux manuscrit du curé L P. Van Maie {n" 432 du catalogue) qui décrit toute la Ville de Bruges. On ferait bien de le publier, malgré le peu d'exactitude de l'auteur sur bien des points historiques, à cause des nombreuses choses disparues qu'il a décrites.
Il y a surtout un manuscrit du XV<^ siècle, écrit et enluminé à l'époque de la splendeur de Bruges, qui décrit, en plusieurs volumes, la ville de Bruges, ses monuments, ses œuvres d'art. M. Weale dit "avoir découvert ce manuscrit en Allemagne. Mais combien vagues sont les renseignements qu'il a communiqués i, et voilà un quart de siècle que ce manuscrit échappe à l'étude : les savants, d'ordinaire, sont plus généreux.
* Nous connaissons les ravages, au point de vue artistique, causés par les Gueux; et les conséquences de leurs violences à Bruges ■\
L'administration, devant la décadence, ne put pas maintenir sa sévérité pour conserver l'aspect de la cité. Alors que vers 1575, nous voyons encore frapper d'amende un propriétaire qui a démoli, sans une autorisation que l'on ne voyait donner que rarement, nous constatons que, dès i585, l'on se mit a concéder toutes sortes de démolitions : portail avec niche et statue de Ste Godelieve, flèches des tourelles postérieures de l'Hôtel des Florentins, tourelle rue du Vieux Bourg, etc.; et l'on est SI satisfait de voir restaurer l'Onde Sc/iermcis. rue des pierres, qu'on offre douze canettes de vin au généreux propriétaire •'.
La peur du feu a été une grande cause, au XVI Ii^ siècle, de la démolition de nos pignons en bois. Les idées fausses, en fait de goiit, firent démolir le Palais du Franc, la Watei halle, tandis que les hôtels consulaires, la Cour du Prince, les hôtels de nos grandes familles tombaient en ruines. Notre enceinte, que Carcassonne aurait pu nous envier, tomba sous la pioche, avec la plupart de ses splendides portes, par ordre de Joseph IL Le même empereur causa la ruine de nos magnifiques couvents ' ; enfin la Révolution française supprima nos corporations et bientôt leurs Maisons furent, pour la plupart, démolies. C'est elle aussi qui organisa le pillage administratif de nos œuvres d'art ^, dont l'Anglais, le Juif et plus tard l'Américain allaient venir nous disputer les derniers débris. Allez voir, au Musée Archéologique, ce qu'on a encore pu sauver des décombres de démolitions, depuis iSôS, et vous aurez une idée ce que Bruges a été au point de vue artistique.
* Cependant, jusqu'en i83o, l'aspect général de la ville s'était conservé assez bien. Depuis lors, on a malheureusement démoli nombre de pignons, et des plus beaux " ; et chaque année encore le. mauvais goût de certains propriétaires ou maçons en fait disparaître quelques-uns. Ainsi, encore en 1904, au Quai des Ménétriers.
Les coins pittoresques ne manquent toutefois pas en notre ville ; et des travaux.
I. Voir la grav.. p. l^-i. ^ 2. KDH, xiv. 2ÔÔ. ^ 3. I. 37-jq. ^ 7. Voir les Couvents de Bruges, Carte Marc Hlie df rltiUr. sur les tableaux enlevés à la Belgique, m lyç pièces publiées sont instructives. ^0. Cfr. VS. plancLes Brtiege et KunsI, et ci-dessus, grav., p. 243
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