‹ Bruits d'oreille et sympathique: Contribution à l'étude du traitement par l'infiltration anesthésiqueChapitre 11 sur 43 · TRAITEMENT DES BRUITS D'OREILLE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES BRUITS D'OREILLE

Que de traitements n’ont pas été essayés contre les bourdonnements d’oreille.

Avant d’envisager le chapitre thérapeutique qui nous préoccupe spécialement, nous ne ferons que rappeler les diverses médications classiques :

la révulsion sur les mastoïdes est très ancienne, les sédatifs du système nerveux : valériane, cimi-

cifuga racemosa, les bromures à haute dose,

la ponction lombaire a donné en quelques cas des

améliorations. Elle est à essayer après échec d’autres traitements.

Nous insisterons néanmoins sur le traitement par lacétylcholine en raison de l’efficacité qu’on lui préte généralement et des discussions que peut soulever son mode d’action.

Le traitement par l’acétylcholine est de tous les agents médicamenteux employés jusqu'ici, celui qui paraît à nombre d’auteurs le plus actif.

D'après Bénech, l'injection d’acétylcholine serait un véritable test de l’angiospasme labyrinthique.

Elle aurait une action hypotensive des plus mar-

quées due à une dilatation des artérioles aisément constatable par l’examen du fond d’œil.

L’injection ou l’absorption d’une petite dose d’adrénaline avant l’emploi de l’acétylcholine supprimerait l’action hypotensive sans supprimer la vasodilatation. Elle éviterait ainsi surtout après une injection intraveineuse, quelques ennuis dus à cette action hypotensive.

Les injections d’acétylcholine se font tous les deux jours à,la dose de 0,10, soit par voie sous-cutanée ou ‘intra-musculaire, soit par voie intra-veineuse. Dans ce dernier cas l’injection doit être faite très lentement après absorption préalable de quelques goutles de solution d’adrénaline à 1/%0. On pratique dix injections à raison d’une tous les deux jours. L'action est pour ainsi dire nulle sur les vertiges. Il y a parfois une légère amélioration de la surdité.

Comment agit l’acétylcholine sur les bourdonnements d’oreille ?

On admet, comme on vient de le dire plus haut, que c’est par son effet vaso-dilatateur. En sorte que les bourdonnements d’oreille qui seraient atténués ou supprimés par cette thérapeutique seraient ceux düûs à un trouble circulatoire lié à un spasme artériel.

Pour renforcer cetet action vaso-dilatatrice on peut associer l’yohimbine paralysant du sympathique. Nous avons ainsi obtenu quelques améliorations plus nettes qu’avec l’acétylcholine isolément.

Enfin la chirurgie a dit son mot dans le traitement des bruits d’oreille. Il ne semble pas qu’elle ait donné

des résultats appréciables. Au congrès de 1934, Moulonguet concluait qu’il n’existait pas actuellement de moyen chirurgical radical de supprimer les bourdonnements d’oreille. Il est impossible, écrivait-il, de promettre à un malade une guérison complète puisque même la section de la 8° paire peut laisser persister des bourdonnements. De plus il ne faut pas oublier que la plupart de ces interventions aggravent la surdité et que dans un certain nombre de cas elles aggravent les bourdonnements.

On voit avec quelle circonspection extrême il faut envisager pareil traitement.

Mais la chirurgie ne serait-elle pas à nouveau à l’ordre du jour en s’adressant au sympathique cervical ? C’est maintenant ce mode d’action thérapeutique sur le sympathique que nous allons examiner.

Bourdonnements d'oreille et actions thérapeutiques sur le sympathique

Si l’on admet que le sympathique puisse être cause, dans une mesure plus ou moins exclusive, de bruits d'oreille, comment agir sur lui ?

A. — Thérapeutique médicale.

Si les sympathomimétiques tels que l’adrénaline ont donné des résultats dans les vertiges, par contre leur effet est nul ou contre-indiqué dans les bourdon-

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