‹ Bruits d'oreille et sympathique: Contribution à l'étude du traitement par l'infiltration anesthésiqueChapitre 10 sur 43 · RAD ES · texte numérisé non relu

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provoqués le plus souvent d’ailleurs par une excitation périphérique locale ou régionale (cicatrices cervicales, moignons de bras causalgique).

Que le sympathique puisse jouer un rôle dans certains cas cela semble donc établi.

Mais faut-il étendre son domaine et l’incriminer toujours ? Non, sûrement et pas un auteur, que nous sachions, ne l’a fait. ;

Néanmoins il nous semble que dans son article prônant les bienfaits de l’infiltration du stellaire dans les bourdonnements d’oreille, Malherbe ait quelque peu étendu le rôle du sympathique.

Parlant ainsi des lésions de l’oreille de nature endocrinienne, l’auteur s'exprime de la sorte : « Ces lésions ne vont pas sans occasionner des troubles qui se traduisent non seulement par la diminution de l'audition mais aussi par des phénomènes nerveux spéciaux d’origine sympathique : bruits auriculaires ou bourdonnements de toute nature très fréquents et vertiges plus rares. II existe un véritable complexe endocrino-sympathique qui conditionne en somme ces états morbides.

Et plus loin : les différents symptômes cliniques qu’on observe dans la plus grande majorité des affections de l’oreille: les bourdonnements et les vertiges reconnaissent comme cause le déséquilibre manifeste créé entre ces deux systèmes : endocrinien et sympathique ». Ceci est certes possible, en tout cas loin d’être démontré et les faits d’ordre expérimental

manquent pour venir appuyer une telle opinion. Mais

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aussi Malherbe s’appuie-t-il sur les résultats qu’il a observés, de ses infiltrations novocaïniques du stellaire pour donner plus de poids à ses assertions. Il utilise ainsi non seulement la méthode comme moyen thérapeutique mais comme moyen diagnostique.

« Par cette action directe sur le sympathique on peut voir s’atténuer ou disparaître les signes d’extériorisation de souffrance de l’oreille, bruits et vertiges » et le résultat positif ou négatif de linfiltration du sympathique permettrait de reconnaître la nature sympathique du syndrome clinique.

Et l’auteur conclut : en principe le mode de développement des réflexes auriculaires : bruits et vertiges est un : il se rapporte en définitive à une irritation du ganglion cervical inférieur du grand sympathique avec action sur l’artère vertébrale et par là sur la circulation du labyrinthe.

Cette affirmation nous paraît beaucoup trop absolue. Si les faits expérimentaux manquent et seraient d’ailleurs d’une interprétation bien délicate lorsqu'il s’agit de manifestations purement subjectives comme le sont les bruits d'oreille, rappelons certains faits cliniques qui indiquent combien il est difficile d'apprécier avec exactitude l’étiologie d’un symptôme pathologique.

On connaît le syndrome décrit en 1925 par Barré. Cet auteur décrivit un syndrome sympathique cervical dit postérieur auquel il assigna les composants suivants : syndrome subjectif cranien le plus fréquent et le plus important ; céphalée occipitale, état

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vertigineux aux changements de position de la tête sans modifications labyrinthiques instrumentales, une otalgie avec bourdonnements d'oreille, une fatigabilité visuelle sans signes objectifs, des algies et crises vaso-motrices faciales. Anatomiquement Barré met en cause le nerf vertébral qui fournit le plexus autour de l’artère de même nom. Ces troubles seraient liés à une arthrite cervicale chronique.

Ainsi dans un tel syndrome, les bourdonnements seraient produits par l’irritation du N vertébral venu du ganglion étoilé. Une action appropriée supprimant cette irritation sympathique paraît logique si l’on admet cette interprétation pathogénique. Cette irritation sympathique déterminerait des troubles par les modifications de la circulation labyrinthique.

Mais des phénomènes pour ainsi dire contraires, ont été observés : la scurocaïnisation de la base du cou n’a-t-elle pas reproduit les mêmes accidents que ceux observés par Barré: c’est-à-dire bourdonne-

ments, vertiges et nystagmus. C’est ce que Draganesco a observé précisément.

Et Leriche également a vu, après intervention sur le sympathique, apparaître de la céphalée, des vertiges, des bourdonnements d’oreille.

Voici donc des actions opposées sur le sympathique : irritation dans un cas, suppression dans l’autre qui sont à même d’aboutir à une manifestation analogue dont les bourdonnements d’oreille.

Ceci s'explique si l’on admet, comme telle est la

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tendance actuelle, que l’action des nerfs sympathiques ou para ne s'exerce point nécessairement dans un sens déterminé et qu’on ne saurait concevoir un véritable antagonisme entre les deux systèmes, déséquilibre des deux systèmes plus souvent qu’une altération dans un sens bien déterminé de lun ou de l’autre.

C’est dire dès maintenant la difficulté d’une thérapeutique décisive, et des échecs dans les cas qui paraissent les plus favorables ne sont donc pas pour surprendre.

Ces notions cliniques et pathogéniques établies, on voit que, s’il est vraisemblab'e qu’une origine sympathique puisse être cause de certains bruits d'oreille, il est impossible pratiquement de distinguer les uns des autres.

Aussi n’était-il pas question de pratiquer l’infiltration du sympathique aux seuls cas semblant justiciables de cette thérapeutique.

C’est donc d’une façon systématique que nous avons procédé. Néanmoins, quelle que bénigne que nous paraisse être cette méthode thérapeutique, elle ne peut être considérée comme aussi simple et acceptable qu’une prescription médicamenteuse ingérable ou injectable.

Aussi dans toutes les observations que nous rapporterons plus loin, les malades avaient reçu les diverses médications habituelles qui étaient restées

sans effet.

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