‹ Bruits d'oreille et sympathique: Contribution à l'étude du traitement par l'infiltration anesthésiqueChapitre 4 sur 43 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Si l’existence des bourdonnements d’oreille a depuis longtemps attiré l’aftention des otologistes, a suscité nombre de discussions et provoqué maints essais de traitement, la question reste en réalité loin d’être résolue, tant du point de vue pathogénique que thérapeutique.

Le terme courant de bourdonnements d’oreille ne correspond pas d’ailleurs à toutes les manifestations présentées par les malades et c’est pourquoi c’est ce terme général de bruits d’oreille que nous adoptons.

Encore faut-il bien spécifier que l’on n’étudie là que les bruits subjectifs ayant leur origine dans l’appareil auditif même.

Symptômes fréquents au cours des affections de l’oreille moyenne et interne, ils constituent dans certains cas l’élément dominant pouvant se présenter même à titre isolé, constituant dès lors presque toute la maladie.

Comme en n’importe quelle branche de la pathologie humaine, toute manifestation anormale de l’organisme présente un intérêt pathogénique.

Là encore l'interprétation, comme nous le reverrons, n’est pas décisive, n’est pas unique.

HMOTEE

Mais ce n’est pas surtout ce point de vue qui nous a guidé dans l'élaboration de ce travail.

C'est avant tout l'intérêt pratique que ces bruits présentent : ils prennent, en effet, parfois une extréme importance et leur caractère, dans ces cas, très pénible, a légitimé les tentatives thérapeutiques les plus diverses. À

Sans doute, à lire les articles ou traités consacrés à cette question, peut-on se croire au premier abord * loin d’être désarmé :

Quelle thérapeutique médicale ou chirurgicale n’a pas été proposée ?

Quelles guérisons n’a-t-on pas proclamées ?

L'expérience est venue démontrer la valeur relative de toutes ces méthodes. Si des succès ont été obtenus, le pourcentage de guérison de chacune, reste faible. L'association ou plutôt la succession de ces thérapeutiques laisse toujours un nombre important de cas rebelles. Aussi bien la plupart de ces malades sont allés de spécialiste en spécialiste, ont accepté théra-. peutique sur thérapeutique, ne conservant avec constance que leur mal.

On comprend alors l’intérêt et l’espoir suscités tant chez le patient que chez le médecin par l’annonce de guérisons obtenues par un nouveau mode de traitement.

Le point de départ de ce dernier qui nous occupe est directement inspiré des travaux de Leriche sur le sympathique et sur les résultats atteints dans certains syndromes pathologiques par son infiltration anesthésique.

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En raison des relations anatomiques entre le système sympathique et l'oreille interne et l’oreille moyenne, comme nous Île rappellerons brièvement plus loin; en raison des accusations portées depuis longtemps déjà contre le sympathique dans la genèse des bourdonnements d’oreille, il était certes logique d’essayer de traiter ces bruits d’oreille par la novocaïnisation de la chaîne sympathique cervicale au niveau du ganglion étoilé, méthode qui avait amélioré ou guéri certains syndromes cervicaux.

Un article de Malherbe dans la Presse Médicale du 19 mai 1937 sur la plainte de l’oreille et son traitement, les résultats qu’il annonçait, attiraient aussitôt l’attenfion des spécialistes sur l’extension à l’otologie de l’infiltration anesthésique du ganglion stellaire.

Bientôt une thèse récente reprenait l’étude générale du sympathique et du parasympathique et apportant sa contribution à ce dernier mode de traitement des bruits d’oreille y ajoutait quelques observations nouvelles.

C’est à la demande même d’un malade ayant entendu parler de cette thérapeutique et souffrant de bourdonnements d’oreille pénibles qui avaient résisté à tous les traitements classiques, que nous avons été amené à essayer cette méthode et à vouloir nous rendre compte de son efficacité.

Or, une remarque s’impose en lisant les observations données par Malherbe et celles de la thèse de Dreyfus : c’est la discordance entre les résultats observés par le promoteur de la méthode et par ceux qui l’ont ensuite appliquée.

SPAS

Néanmoins il nous paraît difficile de conclure d’après le nombre restreint des cas présentés.

Aussi espérons-nous donner une idée plus juste des résultats que l’on peut espérer, en nous basant sur nos observations personnelles ou recueillies dans les services où nous sommes passés.

Le nombre des cas sur.lesquels nous nous reposons pour essayer de dégager la valeur et les indications que pourraient présenter la méthode en question s’élève à 31, chiffre encore modeste certes, qui permet toutefois une évaluation plus sûre de la thérapeutique.

Et la conciusion à laquelle nous aboutissons ne consacre ni un enthousiasme débordant ni un pessimisme excessif.

Après avoir rappelé :

1° Les caractères cliniques des bourdonnements d'oreille,

2° les raisons anatomiques

3° et pathogéniques qui font incriminer le sympathique et les essais thérapeutiques de ce côté, nous exPOSErOpS :

4° la technique employée,

5° les observations que nous avons recueillies,

6° les résultats que nous tirons de leur examen confronté avec celui des observations déjà publiées.

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