ETUDE CLINIQUE
Il est indispensable de bien comprendre tout d’abord: l’appellation de bruit d’oreille. Tout bruit perçu par l’oreille ne nous intéresse pas ici.
Le véritable bruit d’oreille est une réaction des éléments sensoriels auditifs de sensibilité spéciale (Bonain). Ceux-ci réagissent à toute excitation par des sensations sonores comme l’œil réagit par des sensations lumineuses. On leur a d’ailleurs donné le nom d’acouphènes par analogie avec les phosphènes par lesquels l'œil réagit.
Leurs caractères cliniques
Comment se présentent ces bruits en clinique.
Ils peuvent être non seulement perçus par le malade, mais parfois même par l’entourage. Ces bruits objectifs ne sont pas en réalité des bruits d’oreille proprement dits.
Ce sont avant tout des bruits subjectifs et seul le sujet peut en donner une description.
C’est dire la difficulté qu’on éprouve comme tou-
MB
jours en ces cas pour faire préciser les caractères exacts de ces bruits, pour essayer de les localiser.
Ils peuvent se manifester de façon intermittente.
Ils sont souvent continus, mais on comprend de suife que selon ieur intensité plus ou moins grande ils pourront paraître s’atténuer ou disparaître selon le milieu dans lequel évolue le sujet.
Dans l’atmosphère ordinaire, au milieu des bruits de la rue, des éclats de voix d’une pièce, les bourdon nements plus intenses sont pour ainsi dire noyés. En milieu calme, au contraire, ils reparaissent intégralement. Aussi est-ce souvent la nuit, au repos, qu’ils seront particulièrement ressentis, au point de troubler le sommeil.
Leurs caractères sont des plus variés : ronflement d’un moteur, bruit de la mer, bruit que perçoit l’oreille appliquée contre l’orifice de certains coquillages, bruit de pluie ou de grêle, bruit de l’eau qui va bouillir, son de sifflet, bruit de locomotive, sons musicaux. Toutes ces descriptions sont bien classiques aujourd’hui.
Il n’est cependant pas inutile de les rappeler, car leur intérêt n’est pas purement descriptif.
Il importe en effet dans certains cas de savoir si le bourdonnement dont se plaint le malade et que l’on va essayer de traiter est réel. Un malade peut avoir intérêt à se plaindre d’un bruit inexistant.
On comprend la difficulté d’établir sa conviction lorsque le bourdonnement est isolé sans autre manifestation pathologique objective.