DISCUSSION
La discordance des résultats obtenus est frappante à la lecture de ces divers groupes d’observations.
Des quatre malades de Malherbe, trois ont été entièrement guéries de leurs bourdonnements; guérison qui persistait trois semaines après dans un cas, plus de 2 mois dans un autre. Une seule malade n’était qu’améliorée. Au total 75 % de guérisons et 100 % d'améliorations. Cette statistique serait impressionnante si elle ne portait pas sur un nombre aussi restreint d'observations.
À l’opposé sur 7 cas de bourdonnements d’oreille, isolés ou associés à d’autres manifestations, Dreyfus n’a obtenu qu’une guérison ; les 6 autres infiltrations du stellaire se sont soldées par un échec complet; piètre résultat pour la méthode qui ne fournit dans cette statistique qu’un pourcentage de guérison de 14 %.
Les observations que nous avons relevées personnellement produisent à leur tour un autre son de cloche Des 31 cas de bruits d’oreille que nous avons traités par l’infiltration du stellaire nous avons observé 7 fois une guérison, les 24 autres cas ont été l’occasion d’un échec total. Notre statistique nous fournit donc un succès dans une proportion de 25 %. Elle est donc loin de la conclusion extrêmement favorable qui naît
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de la lecture des observations de Malherbe. Elle ne justifie pas celle trop pessimiste de Dreyfus. Et nous pensons qu’une méthode qui peut donner la guérison dans un quart des cas est loin d’être à dédaigner.
Indications.
Nous nous sommes d’ailleurs demandé s’il ne serail pas possible d’élever le nombre de guérisons ou d'améliorations manifestes obtenues en essayant de préciser les indications de cette méthode. On réserverait ainsi de n’infiltrer que les cas où un succès pourrait être espéré, rejetant tous ceux ou l’échec serait certain.
En réalité nous sommes loin d’avoir pu attendre ce but.
Une question préalable mérite d’être posée :
Quelle est la valeur de la guérison obtenue ?
Dans les cas de Malherbe, les bourdonnements avaient cessé pendant plus de trois semaines et de deux mois; dans celui de Dreyfus, quinze jours après linfiltration l’amélioration persistait; dans les nôtres nous n’avons pu affirmer la cessation des bruits que pour une période portant sur les huit jours ou les quinze jours qui ont suivi l’injection anesthésiante. L’impossibilité de revoir les malades ultérieurement par suite de leur négligence, constitue toujours un facteur de difficulté dans l’appréciation lointaine d’une thérapeutique.
Aïnsi peut-il s’agir d’une guérison temporaire, nous n’en savons rien. Une deuxième injection, faite au cas où les bruits réapparaîtraient, donnerait-elle les mémes résultats que la première, rien ne permet de l’affirmer. Une intervention chirurgicale serait-elle alors à envisager, se basant sur le résultat favorable de la première infiltration, seule l’expérience pourra nous fixer sur ce point.
Dans quels cas peut-on espérer une guérison ?
Aucune indication formelle ne nous a paru devoir être retenue de l’étude de nos observations. C’est d’ailleurs l’opinion de Malherbe puisqu'il fait de l’infiltration stellaire un test pour affirmer ou non la participation sympathique dans la production des bourdonnements d’oreille.
Néanmoins il nous semble que l’on peut souligner les quelques points suivants :
— Les bourdonnements au cours de l’otosclérose n’ont jamais été améliorés.
— Si un cas de guérison dans une otospongiose est relevé dans les observations de Malherbe, tous les autres cas de Dreyfus et de nous-même concernant cette affection, sont restés sans aucun résultat.
— Il en est de même pour les deux cas de neurolabyrinthite syphilitique (Obs. VI et XXVII).
— Tous les cas guéris ou améliorés concernaient des malades de moins de 60 ans (sauf obs. IV).
— C’est dans les bourdonnements ou une cause vas-
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culaire peut être envisagée que l’on a, semble-t-il, obtenu des résultats : soit cause d’ordre général, tels que les bourdonnements chez des malades hypertendus, (obs. V, XVI, XXV), ou cause locale : où notamment l’inflammation chronique de la caisse entretenue par le catarrhe tubaire ne va certes pas sans entraîner des modifications circulatoires locales et un certain nombre de nos malades améliorés par l’infiltration stellaire rentre dans ce cadre.